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la muraille, sons les quatre évangélistes de marbre,plus grands que nature ; la sculpture en est excellente.A côté de la coupole, dont la voûte, auffi-bien quecelle du chœur, est de marbre , il y a plusieurs scul-ptures très-belles contre la muraille. Au-deiius des qua-tre évangélistes , 8c dans le fond du lambris , est repré-senté le martyre de íàint Laurent. Parmi plusieurs belleschapelles, on remarque celle de saint Jean-Baptiste , àgauche en entrant : elle est de marbre, enrichie tout au-tour de figures de marbre, de coìomnes & de balus-possédoit ìe "royaume de Naples. Les pol- tres : on y garde , dit-on , les cendres de ce saint pré--- curseur. Le portail 8c le clocher au-dehors est tout de
marbre blanc 8c de pierre noire, 8c tout le portail est
chasser encore la garnison Françoise , 8c de raser le FortLanterne. 11 s se choisirent Octavien Frégose, qui prit letitre de Duc , 8c s’accommoda avçc François I , quilui céda cette dignité, 8c le déclara administrateur detout Tétai de Genes, pour la couronne de France, àlaquelle Frégose jura soi & hommage, 8c donna uneplace forte pour otage de sa conduite.
Les Génois surent fideles à la France, jufqu’à ce queProsper Colonne , 8c le marquis de Pefquaire vinrentse présenter devant la ville. Ils setvoient la couronned’Espagne qui possédois le royaume de Naples. Les pos-tes étoient mal gardés pendant que Ton traitoit pour 1 ;capitulation ; les Espagnols cn profitèrent ^ se saisirentde la ville, & mirent tout au pillage. Frégose tut dunombre des prisonniers. André Doria reconquit l’état deGenes au profit de la France ; Sc cette couronne Tauroitconservé , si elle avoir sçu ménager ce grand homme.Le roi de France voulut établir a Savonne un com-merce préjudiciable à la ville de Genes, 8c en donna ladouande au connétable de Montmorenci, qui par-là setrouvoit intéressé à soutenir ce projet. Doria qui étoit Gé-nois , 8c qui aiinoitía patrie, voulut s’opposerau tort qu’onlui vouloit faire ; cela joint à d’autres mécontentemens ,1 ’engagea à retourner du côté de Charles V, Tennemijuré de la France. Aidé des galères impériales, il se pré-senta devant Genes, Sc la prit ; le château tint quelquetems ; mais il se rendit 8c fut rasé auffi-tôt. Doria refusa3a souveraineté qui lui sut offerte : il se contenta d’avoirprocuré la liberté à son pays.- Les Génois reprirent Sa-vonne , en ruinèrent les murailles, & en comblèrent leport. Ils se rendirent maîtres d’Ovada, de Novi 8c deGavi. Vers Tan 1614, elle acheta le marquisat de Zuc-carel qui lui fut d’abord contesté , puis cédé par le ducde Savoie, Sc après le traité d’Utgecht en 1713 , elle aété mise en possession du marquisat de Final que I’em-pereur lui avoit vendu.
Louis XIV, mécontent des Génois, fit bombarderleur ville en 1684; mai s le roi Louis XV son arriere-petit-fils, les a soutenus en 1747 contre la maison d'Au-triche, & les a empêchés d’être subjugués par cette maison.
La ville de Genes, capitale de cet état, est presqu’aumilieu du pays , auquel elle donne son nom ; elle estsituée,partie dans une plaine , Sc partie dans une colline:elle s’étend en longueur ; mais elle est fort pressée dansfa largeur, d’un côté, par la montagne qui régné presquetout le long de la ville , & de Tautre par la mer; ce quiforme une perspective naturelle , 8c tort agréable. Soncircuit est de cinq milles , Sc elle est fermée de mu-railles très-fortes; du côté du Septentrion elle est cou-verte des montagnes. Elle est très-bien peuplée, &c laplus marchande de TItalie, après Venise. Sas étoffes defoie, comme velours, satins , &c. le répandent danstoutes les parties du monde. On la nomme Genes lasuperbe : aussi rien n est plus beau que les dehors de sespalais, & rien n’est plus commode que le dedans. Lesrues en sont fort étroites, ce qui oblige les Génois àle servir de litières. * Journal d’un voyage de France &d'Italie, p. 157.
Entre les édifices publics, on vante T église de FAn-nonciade, desservie par des religieux de Tordre de saintFrançois. Monconis , .f^oyagts , t. 1 , y\ 101, la décritainsi: c’est une assez grande nef qui aune aîíe de chaque côté.Les coìomnes de marbre blanc 8c rouge sont cannelées ,àc la moulure est de marbre blanc ; tout le reste de lavoûte est de plâtre en compartimens : on volt dans lesvuides de très-beaux tableaux ; 8c tous les omémens,festons , cadres^ 8t bas-relieís font dorés 6c ouvragés ;en forte qu’il n’y a qu’or, azur 8 c marbre. A droite decoupole , est une chapelle qui a quatre coìomnes torsosqui forment T autel : elles sont d’un marbre qui ressemblea 1 agate. Le couvent est spacieux , superbement bâti,& on y monte de Téglise par différens degrés. II y a cloî-tre fur cloître, 8c au-dessus des jardins pleins d’orangers;8c encore plus haut un réservoir d’eau. * Journal d'unvovape de France & d’Italie, p. 260
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garni d’une infinité de hautes coìomnes de marbre dé-liées , 8c qui font une agréable architecture. On dit quele plat dans lequel Hérodias présenta la tête de saintJean à íà mere, se trouve dans le trésor de cecte église,avec un vase d’émeraude d’un prix inestimable, apportéde Céfarée en Palestine. Une tradition nationale allure 1que c’est un bassin, 8c que c’est le même dans lequelJesus-Christ mangea Tagneau pafchal avec ses disciples.L’égliíè de saint Ambroise est desservie par les Jésui-tes ; c’est une des plus magnifiques de la ville : là gran-deur , ses peintures exquises, ses belles coìomnes sontadmirables." Ses piliers sont d’un marbre dont la couleurest très-vive, 8c leur grosseur est prodigieuse. La chairedu prédicateur est toute de marbre, aussi-bien que sonescalier. Le maître-autel est orné de coìomnes de mar-bre , entre lesquelles son; les statues de saint Pierre 8cdeS. Paul de même matière. Les chapelles sont artistementdécorées de coìomnes 8c de balustres, le tout de mar-bré , d’un bout de Téglise à Tautre. Le lambris est couvertde peintures excellentes , 8c le pavé est d’un marbre par-faitement beau. Là quantité de marbre que ce pays four-nit , donne une grande facilité à le rendre si commundans les églises. C.elle de saint Cyr en est remplie : lespiliers qui soutiennent la nef , les coìomnes des cha-pelles , le chœur, Tautel , les marche-pieds 6c les balus-tres , tout y est de marbre. Au couvent des Théatins ,on volt cloître fur cloître, dortoir fur dortoir ; au-dessusde tout cela, il y a des jardins remplis d’orangers 8ç decitronniers, où les eaux coulent abondamment 8c en diffé-rentes maniérés. On monte par degrés en trois différensjardins qui sont les uns fur les autres ; 8c au-dessus , ontrouve un moulin à l’eau 8c une citerne ; il y a encore au-dessus de tout cela, une plate-forme, de laquelle on voittoute la ville. L’églife de saint Mathieu est remarquablepar les reliques que Ton y vénéré ; celle des Domini-cains à cause de son dôme. La maison des peres de lamission est grande & belle. Dans Téglise de sainte Ma-rie de Carignan, on voit (le très-belles statues ; la plu-part sont du Puget : il y a sur-tout un saint Sébastienqui, pour la force 8c l’expreffion, égale Michel-Ange,8c toute Tantiquité. L’égliíè de Notre-Dame de la Vigne ,celle des Cordeliers, & quelques autres n’ont rien deremarquable qu’une profusion de marbres.
Le palais du Doge est un des plus beaux 8c des plusgrands bâtimens de TEurope ; mais il n’est pas tant ornéde marbre que ceux des nobles. D’une grande cour onmonte dans une sale magnifique , au-dehors de laquelleon voit les deux fameuses statues d’André Doria, 8c deJean André , les libérateurs de la patrie. A côté de cettesale, il y a plusieurs appartemens, avec leurs cours par-ticulières , embellies de coìomnes de marbre. En mon-tant deux escaliers , on trouve la sale du grand conseilpour Télection du Doge, 8c à côté, 1e collège pour lesaffaires du gouvernement , où s assemblent ving-scptsénateurs ou procureurs ; ces derniers ne donnent pointleurs avis dans toutes les affaires publiques. De Tautrecôté, sont les appartemens du Doge, assez spacieux nonseulement pour lui, mais pour tout autre souverain,
* Voyages de Gémelli Carréri, t. 6 , p- 438,
Le Doge est élu du corps des sénateurs, 8c gouvernedeux ans , après quoi on en élit un autre : on le traite desérénité , 8c les sénateurs à’excellence. Quand le Doge
L’églife Métropolitaine est fous Tinvocation de saint sort de charge, on lui députe une personne qui lui ditLaurent : elle surpasse les autres églises en grandeur , votre sérénité a sait son tems , votre excellence peut femais elle n’égale pas en beauté celles de saint Ambroise retirer chez elle.
8c de TAnnonciade. Le chœur est de menuiserie , à pié- La bourse est assez grande ; mais elle n’a rien de «la-ces rapportées, qui forment de très-beaux tableaux de gnifique.
figures «1 $se, uerípectivcs fans peinture. En haut, dans Le palais du prince Doria est hors de la porte de saint