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couture , & leur tua cinquante mille hommes. Ce quiéchappa prit la route de la Macédoine ; mais on leur enferma le chemin : ils gagnèrent le mont Hemus où ilssouffrirent beaucoup.
Une partie détachée de leur flotte avoit été ravager laThessalie 6c T Achaïe , & ils avoient fait beaucoup de pri-sonniers ; mais les villes étant bien pourvues , ils n’enPurent prendre aucune. Zonare dit que Célodeme Athé-nien ayant amassé quelques troupes 6c des vaisseaux , les■Vint attaquer du côté de la mer y 6c les mit en fuite : ilsallerent pourtant jusqu’en Crète 6c à Rhode ; 6c c’est decette incursion qu’il faut entendre ce qu’Ammien Marcel-lin , L 31, dit que les Scythes assiégèrent les villes de Pam-phylie. La peste quife mit parmi eux , les ayant extrême-mcstt affaiblis, ils repasterent dans la Macédoine pour ypanerl hyver, & la peste acheva de les ruiner. * Zozime ,1.i,c.24,&3 5 . •
L an 170, les Goths, qui s’étoient retirés fur le montHemus , y furent attaqués par la peste 6c par la famine ;Glaudius les attaqua 6c les forqa de demander quartier : onen mit une partie dans les troupes Romaines ; 6c ondonna aux autres des ferres à labourer. Quelques-unsdemeurèrent en armes jusqu’après la mort de Claudius ;Peu retournèrent en leur pays ; tant de ceux qui étoientdans laThrace que de ceux qui, après avoir couru l’Ar-chipel, s’étoient retirés en Macédoine. Les Romains fevantèrent d’avoir dissipé une armée de trois cent vingtmille Goths, 6c fait périr deux mille vaisseaux. Ceux quiétoient restés en armes pillèrent Anchiale, ville de Thrace,& tâchèrent de prendre Nicopolis, dans la basse Mœsie,mais les gens du pays les dissipèrent.
Les Goths après tant de désastres ne purent demeurertranquilles. Cette nation inquiète 6c belliqueuse dès lecommencement de l’empire d’Aurelien , se jetta sur laPannonie. II donna ses ordres pour enfermer les vivresdans les villes, afin d’affamer ces Barbares ; cela ne futpoint suffisant, il fallut livrer une bataille qui dura juf-qu’à la nuit fans rien décider ; mais pendant foblcuritéles Goths repassèrent le Danube , 6c envoyerent dès lelendemain demander la paix. Aurelien remporta fur euxplusieurs victoires, 6c on remarqua qu’il y avoit dansleur armée des femmes qui étoient habillées, 6c còmbat-toient comme les hommes. Une médaille de l’empereurTacite parle d’une victoire qu’il remporta fur les Goths,6c une inscription lui donne le titre de Gothique .
II n’est pas vraisemblable que , fous l’empire de Dio-ctétien cc d’Herculius, les Goths soient demeurés tran-quilles , lorsque les Carpes, les Basternes & les Sarmatesprirent les armes , 6c turent défaits par les Romains.Constantin étant venu à bout des guerres civiles quiavoient troublé le commencement de son régné , livraaux Goths plusieurs combats ; mais Eutrope ne dit pomten quel pays ils étoient alors.
Ce fut du tems de cet empereur, que les Goths relu-rent les lumières de l’évangile ; mais elle leur fut annon-cée par des Ariens, qui les infectèrent de leurs erreurs,dit Jornandes. Ils la conservèrent long-tems 6c la portè-rent dans tous les pays qu’ils conquirent. Ce peuple fedivisa par la fuite en OJlrogoths ^ 6c Wijìgoths. Plufieursécrivains ont cherché en vain a nous donner^ la raisonde ces deux dénominations t ils ont fait paroitre beau-coup d’érudition , 6 1 n’ont rien prouvé. L’opimon laplus simple 6c la plus vraisemblable est que ceux qui s e-tablirent à la gauche du Danube, fe nommèrent Ojtro-goths ou Goths orientaux , 6c ceux qui s’etablirent en-deqà fur la droite prirent le nom de Wifigoths .
Bar cette division ils devinrent deux nations distinctes,dont chacune avoit son roi. H y av01 ^ parmi eux, dit Jor-nanties de Rébus Geticis , c. ry, deux familles royales ,I une des Amaks , d’J mêla, ancien roi de la nation. Ellecommandoit auxOstro^oths, l’autre des Balthes , nomtiré du mot B a lth qui signifie hard'up i elle comman-dos aux Wisigoths.
Guerre des Goths contre l’empi- re ‘
Ce fut fous l’empire de Valens, vers l’an 37 0 ;.^ ue ladivision des Goths lé fit l e plus connoître : ils obeiíloientalors à deux rois; Frìtigerne gouvernoit les ''Viíigotns,6c Athanaric les Ostrogoths : la plupart étoient encorepayens ; 6c quoique Fiitigerne fût allié des Romains , n
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he laissa pas de persécuter 6c de faire des martyrs ; maisfous Athanaric ennemi des Romains 6c de Frìtigerne, lapersécution fut bien plus grande. L’an 364, des partis desGoths ravageoíent ia Thrace. II paroït par l’histoire d’Am-mien Marcellin, l. ï 6 , qu’ils fe mêlèrent de l’affaire deProcope,qui diiputa 1 empire à Valens. Celui-ci j aprèsla mort de son concurrent fe mit à la tête de fes trou-
pes , alla attaquer les Goths ; mais ils lui demanderent lapaix 6c l’obtinrent en lui donnant des otages.
Peu de tems áprès les Huns, sortis de la Tartarie,vinrent tomber fur les Goths, en firent un horrible car-nage , 6c les forcerent d’abandonner leur pays. Ceux-cidemanderent la permission à Valens de passer fur les ter-res de l’empire : il la leur accorda, 6c leur céda une par-tie de la Thrace, l’an 377. _ .
Un officier de Valens, nommé Lupicin, fut chargé déleur fournir des vivres. Sa mauvaise conduite les irrita :ils prirent les armes, le défirent.'Valens marcha contr’euxen personne 6c y périt. Enflés du succès de cette victoire,ils avancèrent jusqu’à Adrinople, où étoient les trésors deValens, mais ils l’aísiégerent inutilement. Ils acheterentl’amitié des Huns 6c des Alains qui leur donnerent destroupes ; avec ce renfort, ils allerent attaquer Constan-tinople , la capitale de l’empire. Us ravagèrent la cam-pagne , 6c voulurent investir la ville 6c la prendre d’as-saut ou par famine ; inais f impératrice veuve de Valens,ouvrit alors le trésor public , 6c anima si bien les habi-tans , qu’ils sortirent en bataille , repoussèrent les Goths.
Ils échouèrent aulsi devant Périnthe 6c Thessalonique il’on attribua la délivrance de cette derniere aux prièresde S. Assole , qui en étoit évêque. Après avoir manquéle pillage de ces villes, ils fe jetterent dans la Macé-doine , la Thrace , la Scythie , la Mœsie, 6c fe répan-dirent jufqu’aux Alpes Juliennes , qui bornent f Italie dece côté-là , ravageant toutes ces provinces , 6c laistantpar-tout des marques de leur avarice &C de leur fureur.
* Flèclûer , Hist. de Théodose le Grand , L 1. Zonm ,
1 . 4. Ambros. Epìst. 59.
Gratien après la mort de Valens , envoya Théodosevers la/Thrace contre les Goths , les Huns , les Alains 6 iautres Barbares. Fritigernequi lès ávoit àppellés , n’étoitplus le maître : ils étoient divisés. Théodose les trou-vant en cet état, les battit en fit un grand carnage, &chassa le reste au-delà du Danube. II porta lui-mèmecette nouvelle à l’empereur, qui ne la trouva pas vrai-semblable ; on envoya des gens dignes de foi pour s’eninformer , &c ils confirmèrent par leur rapport celui queThéodose avoit fait ; 6c Gratien par reconnoissance l’af-focia à l’empire.
Us revinrent dans laThrace dès la même année 379;carThéodoíè, ayant pris possession de l’empire cfOrient,dont la Thrace 6c l’illyrie orientale faisoient partie , lesy alla joindre encore une fois. Ils s’étoient armés à laRomaine, depuis la défaite de Valens. Frìtigerne leuravoit appris à fe rallier 6c à observer quelque discipline.Leur armée grossissent tous les jours du nombre infini deleurs compagnons , que f espérance d’un grand butin at-tiroit de tous côtés; ainsi ils étoient à craindre. Friti-gerne à qui ils avoient refusé d obéir , les avoit aban-donnés. Dès qu’ii s’agissoit de piller , ils n’obfervoientplus aucun ordre ; 6c cette multitude qui venoit les join-dre , ne íaisoit qu’augmenter la confusion 6c caulér desdivisions entr’eux pour le partage des prises qu’ils avoientfaites. Théodose les surprit 6c les battit entièrement. Lebruit de cette victoire s’étartt répandu, d’autres Goths 6Cles Alains qui ravageoíent les autres provinces , s’arrête-rent 6c firent la paix : plusieurs prirent parti dans fes trou-pes, 61 les autres promirent de sortir des terres de l’em-pire. Mais l’empereur étant tombé malade farinée sui-vante , ils crurent avoir trouvé l’occasion de fe venger deleurs pertes ; au lieu de sortir des terres de l’empire ,comme ils s’y étoient engagés , ils y appellerent de nou-velles troupes de Barbares, 6c y firent plus de ravagesqu’auparavant. Ceux de leur nation qui s’étoient mis engrand nombre à la solde de l’empereur leur facilhoientsecrètement feutrée des provinces. La terreur fe répanditparmi les peuples ; les gens de guerre ne recevant de lacour que des ordres lents 6c indéterminés, ne (avoient àquoi fe résoudre. On avertit d’abord l’empereur Gratien dela maladie de Théodose, 6c du péril cle f empire r quelquesofficiers de farinée , avec ce qu’ils avoient pu ramasser
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