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Tome troisième. G - L.
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arriere-petit-sils de Deucalion : elle se retira dans la par-tie méridionale du Péloponnèse , où elle demeura jus-qu’an retour des Héraclides, qui l’en chassèrent : ellepassa alors dans le pays des Ioniens qu’elle força de lelui abandonner : ceux-ci passerent ensuite en Aíìe, avecle fils d’Oreste : l’íonie demeura aux Achéens , qui luidonnerent le nom cl’ Achaïe.

Ce peuple eut ses rois, & après I extinction de la fa-mille royale, prit, comme les autres, le parti de íe gouver-ner en république. II fut entraîné par le torrent, commetout le reste du Péloponnese, dans le tems que lesrépubliques de Lacédémone , d’Athènes ôc de Thè-bes íe disputaient la primauté. Avec elles il sucombasous la puissance des Macédoniens ; mais il profita desrégnes foibles & tumultueux des premiers successeurs d’A-lexandre le Grand, Levers le tems que Pyrrhus, roi d'E-pire, passa en Italie, dit Polyb,/. 2, les Achéens jette-ront les fondemens d’une république qui fut le derniereffort de la liberté des Grecs. Les peuples de Dyme, deFatras , de Tritée & de Phares firent ensemble uneétroite alliance , dans laquelle plusieurs autres peuples en-trerent. Ils établirent pour toutes les affaires communesun secrétaire & deux préteurs, qui étoient alternative-ment pris des villes de surdon. Vingt-cinq ans après, ilsjugèrent à propos de n’avoirplus qu’un seul préteur. On lecréoit vers le tems que la constellation des Pléiades com-mençait à paraître, comme Polybe, l. 5, le rapporte;& il dit que le premier de ces préteurs, lorsque leurnombre eut été réduit à un seul, fut un certain Marcusde Caryne, & qu’il y avoit quatre ans qu il étoít dansce poste, lorsqu’Aratus deSicyone commença d’acquerirune grande réputation. II faut donc, dit le P. Pétau,Ration, tinip. que cette république ait commencé laderniere ennée de la x 24 e Olympiade qui revient à la473 e de la formation deRome, Le à lan du monde 3703 ;car Tannée suivante Pyrrhus passa en Italie. II remarqueailleurs que le royaume de Pergame Le la républiquedes Achéens commeneerent à-peu-près dans le mêmerems.

La valeur d’Aratus de Sicyone contribua beaucoup àl’aggrandissement de cette république. Ce jeune guerriern’avoit que vingt ans , lorsqu'il commença à se rendre re-doutable , la quatrième année de la préture de Marcusde Caryne, la onzième de la premiere guerre Punique, &la vingt-neuvieme depuis la naissance de cette républi-que. Son premier dessein fut de rendre la liberté à toutesles villes de la Gréce, dont la plus grande partie étoitopprimée par des tyrans , 011 pzr des garnisons Macédo-niennes ; il commença l’exécution de ce grand projetpar fa propre patrie , délivra Sicyone de la tyrannie deNicolas qu’il en chassa , Le fit recevoir cette ville dansla ligue des Achéens, Tan Soi de la fondation de Rome,Tan du monde 3731. Plus de cinq cens exilés étant reve-nus à Sicyone, redemandèrent les biens dont ils avoientété dépouillés : Aratus, fur leurs plaintes, passa en Egypte,& tira de Ptolomée-Phikdelphe cent cinquante talens ,avec lesquels il satisfit à leurs justes demandes. Huit ansaprès il fut élu préteur de la république d’Achaïe ; Leaprès un an d’intervalle, il eut une seconde fois le mêmehonneur. Ce fut dans le tems de cette seconde préture ,qu’il mit Corinthe en liberté, en chassant de la forteressela garnison Macédonienne qui y étoit commandée parPerlée le Stoïcien. Plusieurs villes suivirent cet exemple ,& entrerent dans la confédération , vers Tan 511 de lafondation de Rome. Lacédémone avant Cléomene étoitaussi entrée dans cette société à laquelle elle demeurainviolablement attachée jusqu’à ce qu’il Ten retira , Lela fit entrer dans ligue des Etoliens , autre confédéra-tion opposée à celle-ci. * Plutarch. in Arato. Pausan.Corinth.

La vue des Achéens étoit de ne faire qu’une feulerépublique de toutes les villes du Péloponnese. Ils avoienttoujours souhaite avec beaucoup d’ardeur Texécution dece grand dessein , Le Aratus les y encourageoit tous lesjours par ses exploits.^ Les rois de Macédoine, dont ceprojet blessoit les interets , ne songeoient qu’à le traverser ;Le c’est par cette raison qu ils mettaient, autant qu’ils pou-voient, des tyrans dans la plupart des villes ; ou bien ilsdonnoient à ceux qu’ils y trou voient déja établis, destroupes pour s’y maintenir. Aratus mit toute son applica-tion à chasser ces garnisons par la force , ou à engager

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par la douceur les villes à se joindre à la grande alliance :la prudence Le son adresse ne contribuèrent pas peu aTexécution de son projet.

» Dès le vivant d’Antigonus-Gonatas fils, de Demetrius-Poliorcète , il avoit fait prendre ce parti à plusieurs vil-les , entr’autres, à Sicyone dont il avoit chassé le tyranLe à Corinthe d’où il avoit mis en fuite la garnisonMacédonienne ; Antigonus étant mort, & Demetrius,son fils, n’ayant régné que dix ans, Aratus renouvella topsses foins pour remettre la Gréce dans ion ancienne liberte-Ii commença par TAttique qu’il délivra du joug desMacédoniens, ayant gagné par des presens considérablesDiogòne qui en étoit gouverneur. II délivra ensuite Argos,Hennione, Phiiasie Le plusieurs autres villes dont les tyransse rendoient eux-mêmes , de peur d’être prévenus par lspeuple , & recevoient Taíliance des Achéens.

Les Etoliens , Le Cleomene , roi de Lacédémone ,s’oppoferent à la rapidité de ce torrent , Le traverserentles desseins d’Aratus. Les premiers le firent secrettemenf ?& y employerent tous les artifices imaginables ; maisCleomene prit les armes , battit plusieurs fois Aratus &les autres généraux des Achéens. Pour lé rendre le maîtrede faire cette guerre comme il lui plairait, il supprima leséphores , renferma toute Tautorité dans fa feule personne,rétablit Tancienne discipline de Lacédémone, la dixièmeannée qui fut la 528 ou 529 de Rome : n’y ayant plusrien au dedans qui pût lui faire de la peine , il se donnatout entier à la guerre contre les Achéens. Ceux-ci íetrouvant trop foibles, Le í’e voyant pressés par Cleomenequi les avoit défaits plusieurs fois , résolurent , par le*conseils d’Aratus qui n’étoit plus en état de supporter lesfatigues de la guerre , d’appeller les Macédoniens à leursecours. La Macédoine étoit alors gouvernée par Ántigo-nus II, qui gouvernoit en qualité de tuteur de Philippe II,fils de Demetrius, comme nous avons dit.

Pour cimenter cette alliance , ils cédèrent aux Macé-doniens la forteresse de Corinthe , Le déclarèrent Anti-gonus généralissime de toute la Gréce, tant par mer quepar terre. Cette confédération donna aux Achéens lesMacédoniens , les Epirotes, les Phocéens, les Béotiens,les Arcadiens & les Thessaliens. Antigonus partit à la têted’une puissante armée. Cleomene s’avança pour lui disputerle passage de T isthme ; mais ayant appris que la ville d’ArgoSavoit abandonné son parti , il prit la résolution de setenir sur la défensive dans son propre pays. Les Macédo-niens entrerent donc dans le Peloponnèse, Le Tan 535de Rome se donna la bataille de Sellasui qui sut suiviede la fuite de Cleomene en Egypte , où il périt, commenous savons rapporté, §. 9. Antigonus donna la paix àtoute la Gréce , & íe retira, dit Polybe , /. 4. Un desprincipaux articles du traité fut que les Etoliens ne pour-raient faire entrer aucunes troupes dans T Achaïe. Aprèsfa mort, son pupille Philippe , qui n’avoit pas dix-sept ans»monta fur le thrône. II promettoit beaucoup ; mais laflatterie le corrompoit. Les Etoliens méprisèrent fa jeu-nesse ; & se lassant d’une paix qui ne leur permettoit pasd’exercer leurs brigandages , ils la violèrent ; commen-cèrent par ravager les serres des Messéniens qui étoientalors leurs alliés. Dorimachus ( a ) & Scopas comman-doient les Etoliens. Aratus ôt les Achéens les conjurè-rent en vain de cesser leurs hostilités dans le Peloponnefe »& d’en retirer leurs troupes. On en .vint à une rupture *Tan de Rome 534. La premiere bataille se donna prèsde Caphyf.s , ville d’Arcadie ( b ) , & les Achéens Yforent battus. Les Etoliens fiers de ce succès , continuè-rent de ravager Ie Péloponnese. Les .confédérés de Hligue des Achéens , dans laquelle les Messéniens venoientd’entrer , appellerent Philippe à leur secours ; & ee'prince à la prìere , de tous ces peuples, déclara la guerreaux Etoliens. On la nomma la guerre des alliés , socid 1bdlutn. Elle commença Tan 534 de Rome , du monde3764, lorsqu’Aratus étoit prêteur des Achéens. ( a ) Diodof•Excerpt. Valef. ( b ) Polyb. 1 . 4.

Vers Téquinoxe du printems de la même année ,étoit la saison où les préteurs de TAchaïe entraienten charge , Aratus le jeune fot mit en place au lieu d eson pere, Le Philippe prit la résolution de faire la guet^aux Etoliens. Dans le même temps les Romains , fous 1 *conduite du consul Emilms, se préparaient à faire la guerreà Demetrius Pharius roi d’IIlyrie, qui étant vaincu, cher-cha un asyle auprès de Philippe. Lycurgue qui, après fl*