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Tome troisième. G - L.
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lieu de la ville. II est d’une figure irréguliére, tirant surla ronde, & a environ cinq lieues du Japon de circuit.II consiste en deux enceintes ou châteaux extérieurs. Letroisième, qui est au centre, est proprement le lieu de lademeure de l’empereur ; il est flanqué de deux autreschâteaux bien fortifiés , mais plus petits, avec de grandsjardins derriere le palais impérial. J’appelle ces différen-tes divisions des châteaux , à cause qu ils font chacunséparément entourés de foliés Sc de murailles. Le pre-mier ou le plus extérieur occupe un grand terrein ; ilentoure le second 6c une partie du palais impérial, Scil est entouré de murailles Sc de folles avec des portesde résistance bien gardées. II contient tant de rues, defossés Sc de canaux , qu il est difficile à un Européend’en lever le plan.

C’est dans ce château extérieur que demeurent lesprinces de l’empire avec leurs familles : ils habitent despalais magnifiques Sc commodes, bâtis fur des rues avecdes cours spacieuses , Sc lont fermes par de bonnes Scgrostès portes. Le second chateau occupe Un moindreterrein : il fait face au troisième qui est la demeure del’empereur, Sí est entouré du premier ; mais il est sé-paré des deux autres par des murs, des fossés, des ponts-levis, Sc de grosses portes. La garde de ce second châ-teau est beaucoup plus nombreuíe que celle du premier:il contient les íiiperbes palais de quelques-uns des pluspuissans princes de l’empire , des conseillers d’état Scdes premiers officiers de la couronne, Sc en général detoutes les personnes , dont la fonction est d’approcherle plus de la personne de l’empereur.

Le château où demeure l’empereur lui-même , est situéfur un terrein un peu plus haut que les autres , fur lehaut d’une colline applanie exprès , pour y bâtir le pa-lais de l’empereur. II est entouré d’une muraille forte 6cépaisse, de pierres de taille , flanquée de bastions , à-peu-près , à la maniéré de l’Europe. On a élevé un rem-part de terre', du côté intérieur de la muraille , Sc au-dessus on a mis pour ornement Sc pour défenses plu-sieurs bâtimens en carré long , des guérites bâties enforme de tours, qui ont plusieurs étages. Mais les bâti-mens du côté où demeure l’empereur, sont fur-toutd’une solidité extraordinaire , tous de pierres de taille,d’une grandeur énorme. Elles sont posées l’une fur l’au-tre , fans être assurées avec du mortier ou avec descrampons de fer , afin, dit-on , qu’en cas de tremble-ment de terre , ce qui arrive fréquemment dans le pays,les pierres cédant au choc, la muraille n’en reçoive au-cun dommage. Dans l’intérieur du palais il s’eleve unetour carrée, plus haute que tous les autres édifices. Ellea plusieurs étages ornés de toits, Sc d’autres embellisse-mens curieux , qui de loin font paraître le château su-perbe. Le grand nombre de toits recourbés, avec desdragons dorés au haut Sc auxl angles , qui couvrent tousles autres bâtimens renfermés dans le château , font lemême effet. Le second château est fort petit , Sc res-semble davantage à une citadelle, fans aucun ornementextérieur. II n’a qu’une porte Sc un seul passage pour yaller du côté du palais de l’empereur, fur un pont longSc fort haut. Le troisième château est à côté du second,& approche fort de fa structure : ces deux derniers sontentourés de murs hauts St forts ; Sc pour une plus grandedéfense, ils font environnés de fossés larges Sc profonds,remplis d’eau, qui y paste de la grande riviere. C’est dansces deux châteaux que l’on nourrit Sc qu’on éleve les en-fans de l’empereur, de l’un St de l’autre sexe : derriereles appartemens de l’empereur, il y a encore un terreinélevé, embelli à la maniéré du pays , par des jardinscurieux Sc des vergers terminés par un agréable bos-quet qui est au haut de la colline ; il est composé dedeux especes particulières de planes , dont les feuillesétoilées mêlees de verd , de jaune Sc de rouge, flattentbeaucoup la vue. Ce qu on dit de ces arbres, est dignede remarque : c’est qu’une espece est dans toute fa beautéau printems , & 1 au tre enautomne. Le palais n’a qu’unétage, Sc ne laisse pas d’être assez haut. II occupe ungrand terrein , & a plusieurs longues galeries, de gran-des chambres que 1 on peut aggrandir ou diminuer avecdes paravents. Elles sont dispofees de sorte qu’elles re-çoivent toujours autant de jour qu il en faut. Les princi-paux appartemens ont chacun leur nom : tels sont, parexemple, l’anti-chambre , où toutes les personnes que

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l’on doit admettre à /audience, soit de l’empereur, sode fes premiers ministres d’état Scies conseillers prives»s’assemblent pour des affaires ; la salle de mille nattes,où /empereur reçoit l’hommage Sc les préfens accoutumés des princes de l’empire, où il reçoit auffi les an^bassadeurs des puissances étrangères ; diverses salles d audience, les appartemens de la famille impériale Sc al jj reS ‘La structure de tous ces divers appartemens , est d agrande beauté , selon le goût d’arfchitecture du pays. fplafonds, les solives Sc les piliers font de cèdre, de cal1 ^phre ou de bois de jéféri, dont les veines formeirt naturellement des fleurs Sc d’autre figures curieuses. D aI ?plusieurs appartemens on met une simple couche cvernis fort mince, en d’autres on le vernit ou bien 0 ~le ciíèle ; les bas-reliefs sont des oiseaux ou des bra 1 ^ches que l’on dore proprement. Le plancher est "° uvert des plus belles nattes blanches, avec un bord 0une frange d’or. Ce sont là tous les ameublernensl’on voit dans les palais de l’empereur Sc des princesl’empire. On dit qu’il y a un appartement caché Sc * 01 ?terrein, qui , au lieu de plafond, a un grand réfer v °,!jd’eau ; que c’est-là que l’empereur fe retire lorsflU ^tonne, parce qu’ils croient que la force du tonnerre erompue par l’eau ; mais Kœmpfer ne donne cecicomme une chose qu’il a seulement ouï dire. II y a e *?core deux chambres fortes, où l’on tient les trésorsl’empereur: elles sont assurées contre le feu Sc lesleurs , avec de fortes portes de fer Sc des toîts def^vre. C’est dans ce château que résidoient les fuccen eU ^de l’empereur Jéjas, le premier de cette famille qu > 1gna fur le Japon. _ .

Les palais des grands ont cela de singulier, qu ils 0plusieurs portes magnifiques, Sc la principale est n ° ^mée la porte de Vempereur. La coutume est, queles grands font bâtir un palais neuf, si-tôt qu’il est,^état d’être habité , /empereur y vient prendre unque le propriétaire lui fait préparer. Après qu’il esl C.sorti, on condamne par respect la porte , afin que F esonne n’y puisse jamais passer après lui.

La riviere de Tonkav passe par Iédo, dont elle f eI çplit les canaux. On peut juger de cette ville, parla P 3s gtie que vit Kœmpfer le jour de son entrée dans c f.capitale. Nous entrâmes , dit-il, aux fauxbourgs d’so. ^qui ne sont qu’une continuation du fauxbourg de S> n, ^ sva, n’y ayant rien qui les sépare qu’un petit corp s •garde. La mer en cet endroit /approche si fort de la c .line, qu’il n’y a qu’un rang de maisonnettes bâties £íì .la colline Sc le chemin , qui régne pendant quelque ^le long de la côte, Sc /élargit ensuite, formantrues irréguliéres, d’une longueur considérable. Ap reS ] as -demie-heure de marche, ces rues deviennent ph^ges, plus uniformes, belles Sc régulières. Cela»grande foule de monde que nous vîmes , nous sij c (r ^gprendre que nous étions entrés dans la ville, A1 e ° efì inous traversâmes un marché au poisson , où l’ 011 v fieplusieurs sortes-de plantes marines , de coquillage’ gepétoncles , des écumes de mer St du poisson : ofl ^ rgeau Japon de tout cela. Nous allâmes par la gr aIlC l e u pdu milieu, qui coupe toute la ville du sud au n° sd ’ fí tspeu irrégulièrement : nous passâmes fur plusieurs P" ^magnifiques , bâtis fur de petites rivières Sc despleins de vase, qui amloient à notre gauche versteau, Sc à notre droite du côté de la mer. Noi ,s V p r ju'auffi plusieurs rues qui aboutissent à la grande. ^“ f :l 'rcipale qui coupe la ville par le milieu vers le o° r C defant une ligne un peu courbe, 8c qui a cinquante?^uslargeur , contient une foule incroyable de monde-y trouvâmes fur notre chemin plusieurs trains des P ^ f p.de l’empire Sc des grands de la cour , des dawchement mises , portées dans des chaises on oapalanquins: parmi ces sortes de-'personnes, n ° U ' S te ind reune compagnie de gens à pied, nommés po ur e c j 3 ns I ele feu. Ils étoient environ cent, Sc marchoien* 1 ^ e urmême ordre militaire que les nôtres en EurOp e ‘capitaine marchoit au milieu. , quantité

Aux deux côtés des rues, il y a une g ran<3 ?’ 3r tifans»de bout ques bien garnies de marchands , ^ v en'

de vendeurs de drap, de soie ; de droguistes, vairesdeurs d’idoles , de libraires, d’émailleurs, d ap"

Sc d’autres. Un drap noir suspendu couvre u / s( j u côt>de la boutique, lesouvriefs sont un peu avanc