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Tome troisième. G - L.
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ìiomme en Persan Sephaon. Plusieurs font monter lenombre de íes habitans à onze cents mille âmes. Ceuxhui y en mettent le moins assurent qu’il y en a sixcents mille. Le nombre des édifices est prodigieux ; onen compte vingt-neuf mille quatre cents soixante-neuf,dans l’enceinte ; & huit mille íépt cent quatre-vingt âudehors, tout compris , Jes palais , les mosquées , lesbains, les bazars , les caravanferais & íes boutiques ;car les boutiques, fur-tout les grandes & bien fournies,í'ont au cœur de la ville , séparées des maisons où l’ondemeure. On y trouve toujours Une telle foule dans lesbazars, que les gens, qui vont à cheval* font marcher de-vant eux des valets de pied, pour se faire faire passage.II est vrai qu’on va fort à Taise dans les autres endroitsde la ville. Cependant si Ton fait réflexion que les fem-mes en Perse, hors celles des pauvres gens, sont reclu-ses, & ne sortent qúe pour affaires , on trouvera quecette ville doit être effectivement des plus peuplées. Làconstruction d’Ispahan est fort irréguliere. ' De quelquecôté qu’on la regarde , elle paroît comme un bois oùl’on ne peut discerner que quelques dômes avec des tou-relles fort hautes , qui fervent de clochers aux Maho-métans.

Elle est bâtie le long'du fleuve de Zendefoud , fur le-quel il y a trois beaux ponts, que nous décrirons ci-après*l’un qui répond au milieu de la ville , & les deux au-tres aux deux bouts. Quoique l’eau en soit fort legere fiefort douce, ,on ne fe donne pas la peine, à Ispahan, d’enaller chercher, parce que chacun boit Teau de son puitsqui est également douce & legere.

Les murs de la ville d’Ispahan ont environ vingt millepas de tour. Ils sont de terre," assez mal entretenus, 8ttellement couverts par les maisons & les jardins quiy touchent au-dedans & au-dehors , qu’il faut , eqplusieurs endroits, les chercher pour les appercevoir. IIen est de même dans les autres villes du royaume ; 8í c’estce qui a trompé quelques voyageurs, qui ont rapportéque les villes de Perse n’ont point de murailles ; Ispahana de plus un château & un fossé. La beauté de cetteville consiste particulièrement dans un grand nombre depalais magnifiques, de maisons gaies & riantes, de ca-ravanferais spacieux, de fort beaux bazars , de canaux& de rues, dont les côtés sont couverts de hauts pla-tanes ; mais les autres rues sont, généralement parlant,étroites , tortues , & entrecoupées par des bazars oumarchés couverts. Ce qui fait qu’en tout tems on peut tra-verser Ispahan à pied sec & à couvert. Les rues ne fontpoint pavées, non plus que dans lès autres villes de Perse;mais comme Tait y est íeç, 8 í que chacun arrose devantfa porte, matin & soir , il n’y a ni tant de crotte ni tantde pouísiere qu’en nos pays ; mais il y a d’autres incom-modités assez considérables. Les rues étant voûtées, àcause des canaux fouterreins , qui passent par tous les en-droits de la ville , il y arrive quelquefois des écroule-mens, où les gens qui vont à cheval, courent risque defe rompre le cou. II y a dans les rues des puits à fleurde terre, où Ton court le même risque. Les égouts desmaisons font tous dans les rues, dans de grands trous oùl’on jette toutes les ordures du logis, & qui quelquefoisfervent de lieux communs. Cependant les rues n’en fontpoint empuanties, soit à cause de la sécheresse de Tair,soit parce que ces égouts sont nettoyés, tous les jours,par les pâyfans qui apportent les fruits & les autres den-rées à la ville, & qui, au retour, chargent leurs bêtes deces ordures, pour fumer leurs jardins.

La ville d’Ispahan est divisée en deux quartiers , Tunnomme Joubaré-Neamet-Olahi , qui regarde Torient; &l’autre nommé Deredechu-Heydcn , qui regarde l’occi-dent. Elle a huit portes, quatre à Torient 8c au midi;celle d t Hajfen-Abad ■ celle de Joubaré , qu’on nommeauffi la porte d Ab as , celle de Kerron ; celle de Sei-dahmtdion & quatre font face à l’occident 8c au sopten-trion ; la porte Impériale ou Dervaçe-Deulet , commeils parlent ; la porte de Lombon ; la porte d iTockcki,& la porte de Deredechte ; il y a encore six fausses por-tes, dont la plûpart n’ont point de nom. Ces deux quar-tiers, entre lesquels la ville est divisée, font proprementdeux factions qui engagent avec elles les fauxbourgs 8cle territoire de la ville. Le quartier de Joubaré renfermetout ce qu’il y a du côté oriental de la porte deTockchi.

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JLe quartier de Deredechte renferme le reste. On ' tles noms de Heyder 8c de Neamet-Olahi , hue Ples deux moitiés d’Ispahan , font les noms des deu^ p 2r -ces, qui mirent autrefois le peuple Períkn en, . cu-tis. D’autres disent que deux villages voisins etdnernis 8c partagés , parce que Tun tenoit pour une^ ^8c Tautre pour une autre , 8c que s’étant agg ran aI) -joints , il s’en est formé la ville d’Ispahan, où ce • eIÍtienne animosité subsiste si bien, que les deux P a a j n te-viennent souvent à de vrais combats. Venons ^geoso*nant à la Description de Chardins que nous íi . e f n <jeJ’entrerai, dit-il, t. 8, p. 14, dans la descnpfo^^la ville, par les quatre portes qui font face a 0 c esen rapportant ce qu’il y a de plus remarquable en cé r3*portes 8c la grande place royale ; 8c je com ir ; e £íì tpar la porte de Hassen-Abad, en tournant premiet ^de Toccident à Torient, & puis de l’occident au 1 Ptrion. qtií

A vingt pas de cette porte, on trouve deux tu ^aboutissent à un grand collège. L’une est appellee j,'.du Mouchi-el-Memalec , c’est-à-dire du s ec ^ et , a K^ pattat ; parce qu’un côté entier de cette rue a été b aMìrspi-Rt^i, qui avpit cette dignité. II y a fait c ? rl g íl iníUn bazar, un caravanferai, une mosquée , un bainínaifon à cassé. Son hôtel est assez petit, mais sot ^pre 8í orné de peintures 8c d’inscriptions. De -! 3 , 0 a p-tre dans une do ces grandes rues couvertes, glatitpelle ba^ar, qui mène droit à la place royale* esld’occident en orient. A moitié chemin , fur la v-jú*est un large palais qu’on nomme le palais de $ ar0 ,- \ ô£premier ministre de deux rois de Perse , Sep nlí is 5Abas II. C’est le logement des daroga ou g oU f' írde. la .ville. Joignant ce palais , il y a une P etltequée ; 8c de Tautre côté de lá rue, un peu plso j’J-*est le tombeau de Cha- Ahmed, un des douze p ryman-Mouza-Cazem, qui est un des douze prenisolises qui poùvoient succéder légitimement à Ma» v eselon les Persans. Au de-là de ce tombeau, ° n íU „ 0 e\l eun grand collège qui à quarante chambres. On

le collège des ânes , terme de mépris , par lequel ° n . £tégne les Arabes, qui, comme les Grecs, après av0l fa ps-les maîtres des sciences , font devenus très - ig n ° r jeíVers la place royale; on trouve fur la gauchebeaux caravanferais d’Ispahan. C’est un grand b 3tI

carré à double étage. On y entre par ún portique»,^^e-long , fous lequel il y a des boutiques d’un & 0côté. Chaque face a vingt-quatre logemens en

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autant en haut ; au milieu desqueís il y en 3grand que les autres, bâti fous un haut portiquss^ipe?ble à celui où est Tentrée , lequel est fait en deso 1 ' ,Tib seSplat fur le devant 8c orné de mosaïque.- Les &d’en-bas font le long d’uné galerie ou parapet, { fei ze 'terre d’environ cinq pieds ; 8c large de quinte - er re>Les Persans appellent ces galeries, ou rebords "qui règnent autour des caravanferais, Maatab í en -dire place à la lune, parce que c’est où on c f'j ie ir>e nt *viron huit mois de Tannée, pour être plus fr alC e c h aIïr8c on s’y met à l’ombre durant lé jour. cle

bre a de plus une place fur le devant, dela chambre même , profonde de la moitié, & pe un cdune arcade. Les chambres d’en-haut ont ch aC 0 si Iesantichambre 8c un balcon ; 8e c’est d’ordin alI J ta ge l* 1 ^marchands logent avec leurs femmes , le b aS ^sin :servant communément de boutique ou de u'ìnds so a *le derrière du caravanferai, il y a encore de p 3 vé e ’gasins. Au milieu de la cour , qui est fort ^ pi» tS

il y a un grand bassin d’eau , avec un jet, ^ sofff^

aux coins. C’est-là à-peu-près la structure - ^ on t fo'de tous les grands caravanferais d'ispahan t ? ( ] e

tis de pierre ou de brique. Celui dont j e v aU prop!! iela description, rend feize mille livres p ar a ? u d-JÍ asftaire. On nomme ce caravanferai M ac ~, 0 pfjui^ l ‘ r 'lc’est-à-dire le caravanferai de Mac-S° u ~ J fparce qu’il a été bâti du tems d’Abbas laq ue

un épicier qui avoit fait la boutique

un

subsiste encore. Proche de ce caravau er , ^ a ^,c

autre appelle d’abord caravanferai d es ^ en - ca ra . vavan, qui est une ville d’Arménie? ^ depuis ^ grlC Joitferai des vendeurs de riz, parce qu on y e Pgros. A présent, c’est un magasin de coton.

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