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Chartiers , Hui font tous ramassés en cet endroit. 11 y aun bain dans cette rue, qu’on appelle le bain duporte-pavilLon ; c’est qu’il a été construit pár un homme quigagna un fort grand bien à louer de petites tentes auxrevendeurs dans les places de la ville ; il n’en prenoitque deux liards de louage par jour , Sc y gagna plusd’un million.
C’est-là ce qu’il y a de plus remarquable dans le quar-tier appellé le petit Cadjouc : celui qu’on appelle le grandCadjouc est au-delà, Sc s’étend jusqu’à la campagne.On y voit le palais d’un général des mousquetaires , dutems d’Abas le Grand. II eut la tête tranchée ; ses biensfurent confisqués. On logea les Capucins dans ce palais,à leur arrivée à Ispahan, le roi les traitant en ambassa-deurs de France. II est joignant le bazar, qu’on nommede Moujlophy , qui aboutit à une mosquée de mêmenom , derriere laquelle il y a des moulins à eau. II n’ya point de moulins à vent à Ispahan, ni en aucun en-droit de Perse ; les moulins font à eau ou à bras , outirés par des animaux. Proche ces moulins est le Kafial-Khoné ou le Lavoir mortuaire , auquel une moitié de laville va laver les corps morts du commun peuple, avantque de les ensevelir. On voit encore dans ce quartier,le palais de Cheic-Baahdin-Makatned-Gebed-Arnely ,c’est-à-dire l’Ancien, la Gloire de la religion, Mahamedl’Entasseur de montagnes, qui est ce fameux docteur Per-san , lequel composa l’Abbrégé du droit civil Sc du djoitcanon, en vingt livres, qu’on appelle la Somme dlAbas,parce que ce fut par ordre d’Abas le Grand, qu’il le com-posa. On lui a donné ce surnom pompeux, pour mar-quer I’excellence de fés ouvrages fur la théologie prati-que , parmi lesquels on estime singulièrement cetteSomme. Ce palais est le dernier édifice de cefauxbourg.11 n’y a que des campagne* au-delà, jusqu’au village deCheherejloon d’un côté , St au bocage de Mahamed-Aly-Bec de l’autre, que les Européens appellent l'ijle,parce que la riviere y fait en serpentant plusieurs petitesisles, où l’on va fe divertir à la pêche Sc à la chasse.
Le FAUXBOURG D’ABAS-ABAD, ou la colonie d’A-bas, commence à la porte impériale. On l’appelle auffile quartier des gens de Tauris , parce qu’il a été pre-mièrement peuplé d’une colonie que ce grand princeamena de Tauris. C’est le plus grand fauxbourg, déten-dant depuis le pont d’Ispahan jusqu’au pont de Mare-non, qui en est à une grande demi-lieue, à l’occident :c’est auffi le plus bel endroit de la ville ; car comme ilest bâti de nouveau , les édifices en font magnifiques,Sc les rues larges Sc droites ; au lieu que celles de laville font la plûpart tortues. Les principales rues de cefauxbourg ont au milieu des canaux larges Sc profondsd’un bout à l’autre, Sc un double rang d’arbres, l’uncontre les maisons, l’autre fur le bord du canal. II n’ya point auffi d’endroit dans la ville , où il demeure tantde gens riches Sc de qualité.
La premiere rue qu’on rencontre, en entrant dans cefauxbourg par la porte impériale , est longue d’environdouze cents pas en droite ligne , aboutissant à la ri-vière. Les plus grandes maisons sont, le palais de Maha-med-Taher , un des astrologues du roi ; le palais de Sa-routaki, ce premier ministre eunuque dont on a dé j aparlé, avec un bain Sc un bazar qui portent son nom ;Sc par-de-là on arrive à une rue de traverse, qu’on ap-pelle le canal royal , à cause de la largeur Sc profondeurdu canal qui coule au milieu. On le passe fur deux petitsponts, Sc l’on trouve au-delà une mosquée qui porte lenom de Melec-Bec le Taurisien,qui en est le fondateur;le palais de Mohamed-Moitmen-Baagbon-B achi , qui estl’office, qu’on appelle en Turquie Bojlangibachi , c’est-à-dire capitaine des gardes des jardins du roi , par oùl’on entend tout le palais ; le palais de Chelebi- Stam-boli, comme qui diroit le gentilhomme Conflantinopoli-tain, qui est un gros marchand qui négocie en ce pays,lequel a fait bâtir, joignant son hôtel, un bain, un bazarSc une mosquée, qui portent son nom.
Joignant ce palais, il y a un bel édifice, qu’on appellela maìjon du fils de Apys-Alla, qui etoit un grand jouail-lîer. II y a à cet édifice, de même qu’à plusieurs autresde ce fauxbourg, des tours à vent, faites pour rafraîchirle logis durant l’été. Les Persans les appellent Bad-guir,c’est-à-dire preneurs de vent . Ce sont des tuyaux qui sor-tent hors du toit, comme les tuyaux de cheminées, mais
beaucoup plus hauts Sc plus gros : ils font carrés cTof ‘naire, conduisant l’air dans la chambre, au-dessus utoit de laquelle ils s’élevent ; 8c si peu qu’il y ah d aIs ,’un lieu en est tout rafraîchi. Ces tuyaux sont fermesfhyver.
Ce palais est près de la grande place du fauxbourg»ou fe tient le marché, C’est une place ronde , couverted’un seul dôme, qui tient aux quatre rues qui y abou-tissent. On voit, à l’un des côtés de cette place, un h aUpavillon carré , au sommet duquel on joue des instrumens au coucher du soleil, Sc à minuit, comme dans 13place royale ; ce qui est le privilège des grandes ville*ièulement. Abas I le donna à ce fauxbourg, pour y art 1 "'ter plus d’hábitans. Près de la place est un cimetierenommé Cha-Chamion , où l’on voit une chapelle t> atlCfur le tombeau d’un saint , dont le nom est inconnu»Plus loin on trouve le collège qui porte le nom de j 3mere du roi , à cause que la mere d’Abas II en est I 3fondatrice. C’est le plus grand collège de ce faubourg*il sert auffi de mosquée, la chapelle qui est à côté étamfort grande. On trouve ensuite le palais d’unaveugle, qu’on nomme le fils de Daoudcan , à q ulroi Sephi 1 envoya arracher les yeux Sc à tous fes e »‘fans mâles. Puis l’on trouve la mosquée de Lombort, epalais de Mir-Mafi'oum , où l’on voit des portes de tatout d’une pièce , hautes de dix pieds Sc larges, deCe Mir-Mastoum étoit le Douadar ou le garde-écritojdu grand Vizir Califé-Sulton ; cet office est comme cd»de premier secrétaire dans notre pays. Vers le bout <j cla rue, il y a deux bains proches l’un de l’autre, & epalais du Melec-EL-Toujar , c’est-à-dire le roi des nl j lT ~_chands, dont l’office est pareil à celui des consuls da»les villes où il y en a d’établis. Comme on ne con» 0 , 1point d’autre grandeur en Orient, que celle qui naît »la puissance des emplois ou de celle des richesses,donne le nom de palais à toutes les grandes maifo» 5 ’de quelque qualité que soient les gens à qui elles apP altiennent. ,
Les autres principales rues du fauxbourg d’Abas-Ab a »sont la rue duPied-de-l’Ormeau, qui aboutit au ciffl etier _dit Setti-Fatmé ; la rufe des Briquiers, où fe voit I e P a <lais d’ Ogour-Loubec , premier président du divan , 3Abas II ôta la vue par la faction de Mahamed-Bec, ‘ ol ]grand Vizir ; le palais de Negef-Coulibec. On trouve e»core dans cette rue le palais de Mirpi-Can-bec , êp a »marchand , qu’Abas I employoit souvent en des a» 3 » ^secrettes , dans les pays étrangers où il alloit poUt f°commerce ; le palais d’un autre négociant en pierrÇ rie 1nommé Kémalbec ; Sc enfin la rue de Buguer-P 1 ? 0 ( \ sou Je Fou, où il y a un grand hôtel Sc une mosquéemême nom. Divoné veut dire auffi le téméraire ■> / rtrépide. II y a encore dans cette rue un fort gra»" • plais, divisé en plusieurs corps de logis Sc plusieur* jtídins où Abas I relégua, l’an vingtième du siécle k 3 ^grand nombre d’eunuques inutiles à son service, ^accabloient le ferrail. * \ e
Le fauxbourg de Chems-Abad s’étend puil;long de la riviere. Ce nom signifie le jéjouril contient six cents onze maisons, Sc est situé 3 3 f, ilche d’Abas-Abad. On le divise en vieux Sc no»^ 3 ’ ]ene demeure presque pas un homme de distinction ° a rC gpremier canton, parce qu’il est trop éloigné du co» 1 ^^du monde Sc du palais royal. L’autre est usl n ° tn éesquartier, bâti au siécle précédent ; les rues en fo fít ? n ded’arbres Sc de canaux : on n’y voit cependant \ p j a i-remarquable que deux cimetières, 8c la maiso». y 0l jsfance d ’Ogourli-Bec, premier président de j u ^ lC §£ fpa*le régne d’Abas II. Les jardins en sont larg® s
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Le FAUXBOURG DE CHEIC-SABANA c<T< £™? è la
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pour ainsi dire , au cœur de la ville , étant sis» . \lgauche du faubourg de Cadjouc , tirant à 1 ° f r ’î à-dir ea pris son nom de Cheic- Jousouf- Benna » ce un fre 3 »F ancien Joseph Maçon, qui y est enterré da n* » ^1>Z-fépulcre. C’étoit le fameux architecte qui c° nd q vat jdtiment de la vieille mosquée d’Ispahan. A 035 e ta d®
mit dans ce fauxbourg les Chrétiens, qu’il transp j u _
11 . , 1 , ..... ti - - habites' .. 1
.. 7 . 1 tr-ia liante Arménie Sc de la Médie. Ib y b»bh®^ jq i eSrànt quelques soixante ans, au bout desqueb ^ ^ ri-envoya loger tous au bourg de Julfa, au-de 3 cQ qu Cviere d'Ispahan, avec les autres Chrétiens, P