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Tome quatrième. M - P.
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M A D

dionale, à deux lieues de la pointe d’Itapere ; & l’anscDauphine se trouve entre ces deux pointes.La variation desaunant est au nord ouesl 19 degrés. Depuis l’arsse Dau-phine il peut y avoir cinquante lieues jusqu’à l’anse deCaremboulle qui est sous les 25 deg. 30 min. de lat. mér.

Enfin , depuis Caremboulle jusqu’à la bouche de laiiviere Sacalite, la côte s’étend au nord-ouest depuis laSacalite jusqu’au 17 degré de latitude méridionale, elleva presque au nord en déclinant un peu au nord-quart denord-est ; & depuis le 17 deg. jusqu’au 14 la côte s’étendau nord qui est le bout de l’isie. Toute cette côte est entre-coupée dc belles & grandes rivières, de baies 8 c d’anses,où il y a de très-bons ports.

L’íntérieur de l’islc est plein de montagnes hautes &droites. Il ne laisse pas d’y avoir des plaines spacieuses,des pâturages très-gras , des rivières & des étangs où lepoisson abonde ; des fontaines agréables dont seau estpeut-être la meilleure de sunivers , & de grands boistoujours verds. Dans plusieurs endroits les citroniers &les grenadiers se mêlent avec d autres arbres qui produisentdes fleurs semblables à celles du jasmin d’Espagne , & cemélange forme naturellement des berceaux qui surpassenttoute sadresse 8 c la régularité de sart. Ces beaux lieux serencontrent sur-tout à quelques milles de la mer, & lefable délié que le vent y porte est propre à les entre-tenir dans leur beauté. On se plaint pourtant de ce quedans la plupart des bois il y a des fosses où samas des feuil-les & des branchages, des eaux de pluie & de source, en-gendrent une pourriture qui corrompu sair , & rend leshabitations voisines un peu malsaines aux étrangers.

Cette ifle sc divise en plusieurs provinces & régions,habitées par diverses nations qui ont toutes un mêmelangage , mais qui font de différentes couleurs, de diffé-rentes mœurs & presque toutes fans religion. U faut enexcepter les peuples que son nomme Zafferamini ou Rhai-piima qui habitent la bande du sud. Ils font entichés dequelques superstitions de la religion Mahométane. U yen a d’autres vers la bande du nord, qui se disent Zaffehi-brahim , c’est-à-dire lignée d’Abraham, ceux-ci tiennentquelque chose du Judaïsme , Sc ne connoissent pointMahomet.

Depuis la baie d’Antongil en venant vers le sud, tout lepays le long de la côte a été découvert par les Françoisjusqu’à la baie de S. Augustin,comme aussi toutes les terresqui sont dans le milieu de l’iíle , depuis le pays des Vohits-Anghombes > qui font fous le dix-neuviéme degré jus-qu’au bout du sud ; ainsi on a découvert toutes les pro-vinces suivantes :

Vohits-.Anghombes.

Eringdranes,

Antavares ou Mananzari,

Ambohitsmenes,

Enghallenvoullon,Nossihibrahim ou isie StcMarie,

Tamanoirs, ,

Journborn,

Itomampo -Manamboulle,

Icondre,

Anach imouíi,

Matatanes

Alhssach pays de la vigne,La vallée d’Amboulíe,Anossi ou Androbeizaha,Ampatres,

Caremboulles,Machicores,

Mahafalles,

Jouronhehoc »

Houlouue,

Siueh.

Toutes ces provinces font assez grandes ; la moindreest comme la Brie. Machicore la plus grande de toutes aenviron 70 lieues de longueur & 40 de largeur. Les pluspeuplées sont les Vohits-Anghombes & les Eringdranes.Ces pays font en perpétuelle guerre les uns contre les au-tres. Ces guerres ont pour prétextes de vieilles querel-les, & pour cause véritable, le désir de se piller les unsles autres & de s’enlever des bestiaux.

Divers petits tyrans qui ont usurpé sautorité, ou parforce ou par adresse , gouvernent ces provinces. Les en-fans succèdent aux peres, 8 c la même famille tient ainsiles habitans de fa contrée fous un joug continuel.

Les principales rivières de cette isie font,

Franshcre, Vohitsmencs,

Manampani ou Mana- Mandrerei,tengha , Yonghelahé, ou de S. Au-

Mangharac, guslin.

Mananzari,

La quantité des bœufs & des vaches que l’on trouvedans risse de Madagascar est prodigieuse. On y voit des

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bœufs de trois espèces. Les uns ont des cornes commeceux de France, d’autres les ont pendantes , & d’autresn’en ont point. Tous portent entre les épaules une bossede graisse en forme dc loupe, ce qui les avoir fait prendrepàr quelques voyageurs pour des chameaux.

Les moutons ont une queue qui traîne de demi-piedpar terre. Il y a des cochons domestiques , des cochonssauvages & beaucoup de cabris. On y rencontre assezsouvent un animal de la nature du loup 8 c encore plusvoráce. Les habitans le nomment farafe ; ils le craignentextrêmement, & entretiennent dans leurs cases du feujohr & nuit pour lui faire peur. Il y a des endroits peu-plés de singes fort méchans. Les chiens, les porcs-épis ,& les chats sauvages y font en grande quantité ; ces der-niers font aussi peureux que nos lièvres.

Les couleuvres font communes dans cette isie ; oh envoit de la grosseur de la cuisse, mais elles ne font au-cun mai. Il y a aussi des caméléons.

Dans les rivières 8 c les étangs on pêche de routes sortesde poisson d’eau douce, 8 c fur les côtes de la mer on prenddcsrâies, des foles, des dorades, des rougets, des tur-bots & des bonites. Les huitres y font grandes comme lamain, mais un peu douces.

Il y a quantité de perdrix rouges & grises ; elles fontd’enviroh la moitié plus petites quê celles de France, 8 cmoins succulentes. Les tourterelles, les ramiers & lespéroquets gris font assez communs. Ces derniers sur-tout,îorsqu’iis font jeunes , ont un goût exquis ; les canards 8 cles sarcelles s’y trouvent en abondance. On voit aussides faisans, des poules pintades, des poules communes,des poules d’Inde dont la race y a été portée d’Europe , &des oiseaux aussi grands que des cygnes , on les nommeflamans , ils ont les pâtes rouges, & volent extrêmementhaut. Les mouches à miel & les vers à soie y travaillentfur presque tous les arbres.

On trouve à Madagascar une noix qui sent toutes for-tes d’épiceries, de la grosseur de la muscade, plus brune8 c plus ronde ; cette noix est très-commune. Le poivre esten petite quantité vers le fort Dauphin , parce qu’il n’estpas cultivé ; il vient par grapes fur des arbrisseaux rem-parts , 8 c les grains font fort éloignés les uns des autres.Le raisin n’arrivepas à maturité, non plus que le bled ;forge 8 c l’avoine viennent mieux. Les arbres nommés ta-marins portent un fruit de la longueur d’une grandeécorce de fèves. IÌ y a des racines rouges 8 c blanches très-bonhes à manger. Le riz blanc croît en abondance , quandil est cultivé dans les marais ; le rouge produit beaucoupfuries montagnes. Entre les arbrisseaux , on*en remarqueun dont la feuille est semblable à celle du philariat, &propre à chasser les humeurs malignes du corps humain.

Outré les citrons, les oranges & les grenades qui fontd’un goût charmant, l’ananas peqt passer pour un fruitmerveilleux. Il fort de terre comme un artichaud, Se a lafigure d’une pomme de pin , fa peau est moins dure quécelle du melon ; il est plus agréable que les meilleursfruits de France ; il en faut pourtant manger avec modéra-tion, à cause de son froid exceffif.il y a des bananes commeau Cap-verd , des lamothes semblables aux petits pruneauxviolets, des vontaques qui ont l’écorce comme des cale-basses. Le tabac est très violent 8 c en grande quantité. Toutce que la terre produit se peut recueillir deux fois fan-née , excepté les cannes de sucre, qui doivent être laisséesdeux ans fur pied pour parvenir à une grosseur utile. *Rennefort , c. 25.

On remarque quatre sortes de miels à Madagascar ;savoir , le miel d'abeilles nommées Voatenteles , le mieldes mouches vertes nommées Sih ; le miel des fourmisde deux sortes , celui que les fourmis ailées font dans lecreux des arbres, 8 c celui que d’autres fourmis plus gros-ses font dans des mottes de terre élevées en pointes du-res & percées de divers trous ; tous ces miels sont trés-agréables au goût. Il y a aussi le Tentele sac on dr e , quesont de certaines mouches nommées Sacondro , qui seconvertissent après en papillons verds, jaunes 8 c rouges.Ce miel se sait sur les feuilles d’un arbrisseau appelle Sa-condro ; il est bon à manger : c’est un remède excellentpour les maladies de poitrine 8 c pour l’afthmc.*Flacourt,Hist. de Madagascar, c. 39.

Il se fait à Madagascar différentes huiles , dont leshommes 8 c les femmes se servent, soit pour se graisser