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pend sur leur tête. Communément ils n’ont pour cacherleur nudité, qu’un petit morceau de toile par devant,& un autre par derrière, ou une ceinture dont les deuxbouts pendent-.
L’isie deMadagascar n’est pas peuplée à proportion de fortétendue. On n’y compte pas plus de seize cens mille per-sonnes. Tous les habitans font noirs, excepté ceux d’unepetite province au-dessus des Matatanes ; & la plupartdes Grands , qui sont descendus des Arabes . & qui con-servent encore quelq Ue e hose de leur teint , quoiqu’ilse noircisse insensiblement par l’habitude qu’ils ont avecles véritables originaires. Les Arabes qui s’emparerent dcMadagascar au commencement du quinzième siécle, éta-blirent des commandans dans tous les quartiers de cetteisle , & fixerent le lieu principal j eiu . domination -au-dessus des Matatanes. *Cest ce qui Gît q Ue [ eiu - s descen-dans, que l’on appelle les Lavalefies, sont encore blancs,ou du moins nommés tels ; car ils le font de moitié moinsque la plus noire Bohémienne qui soit en France.
Les habitans de Madagascar sont grands, agiles; & ontune démarche fiere. Ils prennent quelquefois un air riant.Sc cachent une forte passion avec autant d’art que les plusgrands fourbes des nations les plus dissimulées. Ils ontdes lóix. On perce les mains aux voleurs, Sc l’on coupela tête aux meurtriers. C’est le rohandrian ou le grand dcla province qui juge avec les maîtres de village. Il neprend rien pour les sentences des criminels : il croit ga-gner assez en purgeant son pays d’un scélérat. Mais dansles causes civiles , selon la conséquence des procès , l esparties amenent des bêtes , qui demeurent au grand pourson droit. Le vassal suit toujours son seigneur à la guerre ;il fuit, quand il voit qu’il fuir, ou qu’il a été tué. Il souffre
_ la mort sans murmure > lorsqu’il ne peut s’en défendre ,
battent de toute leur force la terre de la plante des pieds, Sc se présente avec fermeté aux coups qui le doivent faire
ía tête Sc le corps, soit pour remèdes. L'huile de Palma-Chrifti entr’autres, estimée un grand remède contre lagoutte, est fort en usage. Les hommes & les femmes enprennent le fruit pour se noircir les dents : il approche dumaron d’Inde.
La gomme de Tacamâca ; l’encens & le benjoin setrouvent en abondance à Madagascar. L’ambre-gris sc re-cueille fur la côte. C’esl le frai d’un poisson ; il sc durcitau soleil, Sc est jette sur le sable. Si on en voit de gr an-des pièces , c’est l’assemblage fortuit du frai de plusieursde ces poissons. Puisque parmi les animaux terrestres il yen a qui nous fournissent la civette & le musc: il n’estpas difficile de croire qu’un poisson puisse donner un par-fum. * P\.cnnefort , c. 27.
On trouve du talc dont on garnit les fenêtres au défautde verre ; des mines de charbon, de salpêtre , d’acier Scde fer > dont les Nègres font des rasoirs, des sagaies &des inslrumens à couper le bois.
Quant aux minéraux Sc aux pierreries , on en trouvede diverses sortes, comme chrystaux, topases , grenats,amethistes , gyrasoles Sc aigues-marines. La pierre san-guine y est très-commune. On a aussi des agathes, descasiidoines & de diverses espèces de jaspe. * Flatourt ,cap. 37.
Il y a dans cette isle des villes, des bourgs 8 c des vil-lages ; des nobles & des esclaves Les villes sont au moinsde mille cases,entourrées de fossés de 6 pieds de profondeurSc d’autant de largeur, palissadées en dedans fur la crête dufossé. Le donac ou la maison du seigneur est construitede planches, élevée de la hauteur d’un homme ëc cou-verte de feuilles. Quand le soleil est couché , les habi-tans de la ville les plus alertes viennent tous les soirs au-tour du donac faire des postures & des cris de joie. Ils
& entrent dans des emportemens qui les seroient croirepossédés. Ils racontent en hurlant les grands exploits desancêtres de leur seigneur ; ils exaltent sa valeur , & enprédisent des merveilles. Les femmes dansent en rond auson d’un instrument fait d’une gtosse canne , sur laquelleil y â des fils tirés qui servent de cordes. Elles en jouentpresque toutes ; elles se l’appuient fur la mammelle gau-che , qu’elles font entrer dans une demi-calebasse qui estattachée au bout de l’instrument. Elles touchent les cordesde la main droite en chantant. * Renefort , c. 28.
Les autres habitations sont semblables à celles du Cap-Vetd, & si basses qu’on ne peut y demeurer debout. Lesbourgs sont entourrés de pieux ; les villages n’ont ni pieuxni fossés, Sc sont ambulatoires. Quatre Nègres élèventune case fur leurs épaules & la transportent où ils veu-lent. Ils vivent de la même maniéré que dans les villes.Quand ils sc rendent visite de seigneurie en seigneurie , leVisité prête à celui qui le visite celle de ses femmes en quiil trouve le plus d’agrément.
Les richesses des habitans de Madagascar consistent entroupeaux, que les hommes gardent, & en plantages deriz & de racines que les femmes scment. L’or & l’argentne servent qu’à Rajustement. La maniéré de semer estparticulière. Les femmes portent un bâton avec lequelelles font un trou dans la terre , où elles laissent tomberles grains de riz ; s’ils tombent à côté , elles les poussentdedans avec le doigt du pied. Elles plantent les racinesde même avec le bâton.
On fait à Madagascar des pagnes ou tapis de cotonde plusieurs couleurs , avec des fils passés au travers d’au-tres fils étendus comme la trame du tisseran. L’ouvrier neva pas fort vîte & n’a pas de métiers dressés comme lesnôtres ; mais des bâtons à terre > qu’il éleve Sc qu’il baisse.
La nourriture de ces insulaires est ordinairement dulait de vache, du riz & des racines. Ils rôtissent quelque-fois des morceaux de bœuf avec la peau nettoyée commecelle du cochon que l’on mange en France. Ils ont detrois sortes de vins ; le plus commun est celui qu’ils fontavec du miel ; il a le goût de vin d’Espagne, Sc on le nom-me Sich. Le vin de cannes de sucre, qu’on appelle Jouachcu Jouas arc , est un peu amer ; le vin de bananes , a
goût un peu aigre.
. L’habillement le plus pompeux pour ces insulaires, c’estle Pagne qu’ils portent fur leurs épaules. Ils en ont un* Utre qui les couvre de la ceinture aux genoux. Ils por-
nt des sandales de cuir, Sc une maniéré de panier qui
mourir. Si le grand est vainqueur, il est cruel ; il exter-mine ordinairement la race de son ennemi : s’il est vaincu& que son ennemi lui laisse la vie , le chagrin le prendquelquefois jusqu’à sc faire mourir. Ils sont capablesd’apprendre Sc d’exercer les arts & les sciences , Sc il y amême peu de métiers en Europe dont ils n’âyent l’idée& l’usage jusqu’à un certain degré. Cependant ils sontassez généralement paresseux : pour la moindre infirmitéils se reposent, & demeurent ensuite long-tems fans rienfaire. Quand ils font quelque chose, ils travaillent très-lentement , le tems ne leur coûte rien. Ils écrivent encaractères arabesques , de la droite à la gauche. Ils Rap-pliquent à l’astrologie, Sc font des prédictions par despoints nombrés, qui sc rapportent assez à la nomancie Scà la roue de Pythagore.
Les femmes de Madagascar sont soumises aux loix deshommes. Il s’en est vu pourtant qui, par leur courage Scleurs belles qualités . sc sont tirées de cet ordre. O11 faitmention entr’autres d’une Diane Rena, qui avoit conquistoute l’isie. En général elles sont belles Sc bienfaites ; ellesont les yeux beaux, les dents blanches & la peau fortdouce. La galanterie & la tendresse ne leur sont point in-connues , Sc leurs maris sont fort complaisons.
Pour le mariage on ne fait point d’information touchantles mœurs des filles ; tant qu’elles ont été libres > il leura été permis de disposer de leurs faveurs. Un grand a qua-tre femmes ordinairement logées séparément ; car il se-roit difficile qu’elles Raccordassent fur un intérêt aussisensible que celui de l’affection de leur mari. Quand unhomme veut se marier , il demande la fille à ses parens,Sc pour l’obtenir il leur donne des bœufs, des moutons,des menilles d’or Sc d’argent, ou autre chose selon sonpouvoir. Tout lui doit être rendu si so femme vient a sequitter. Il n’y a point de cérémonie de religion P our lemariage. _ ,, ..
Les enterremens sc font avec plus ou moins u appareil,selon la qualité & la fortune du mort. On enveloppede ses pagnes ; on le met dans un cercuei ait e deuxtroncs d’arbres bien joints. Si c’est un gran , on porte lecercueil dans une maison de bois quon appe le Emonou-ques, Sc sous laquelle on l’cnterre: si celtun homme ducommun, on le met entre des pieux. Un laisse auprès du
mort une pipe . du tabac, du feu , des pagnes & des cein-tures ; & il est servi quelque tems des mêmes mets doncil u soit pendant so vie.
Les habitans de Madagascar comptent comme les na-