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Tome quatrième. M - P.
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'Magdebourg , voulant honorer la mémoire de ce prince,quelle avoir lieu de considérer comme son fondateur,lui fit dresser vis-à vis de la maison de ville une statueéquestre , accompagnée de celles de ses deux femmes,Edithede Adélaïde, & de plusieurs figures d’hommes ar-més , qui tiennent les armoiries de ses principaux do-■maines héréditaires. Ce monument subsiste encore ; il estenfermé dans une espèce de loge percée dune maniéréà laisser voir de rous côtés ce qu’elle contient.

II est clair que cette ville ne fut pas d’abord sujette ason archevêque pour le temporel, & qu’elle resta soumiseimmédiatement aux empereurs ; mais ces princes lui per-mirent ensuite de se gouverner elle-même, félonies loix.néanmoins qu’elleavoit reçues de leurs prédécesseurs, &moyennant qu’elle reconnût toujours la haute souverain-neré du chef de l’empire ; dans la fuite elle s’est soumiseen partie à la jurisdiétion temporelle de ses archevêques,qu’elle regardoit pourtant plutôt comme les premiers com-missaires impériaux , que comme ses véritables souverains.Aussi a-t’elle toujours eu quelque démêlé avec eux & lechapitre; & enfin dutems de ses derniers archevêques »elle avoit presque retiré à elle toute l’autorìté dont ilss’éroienr empâtés. Joachim-Frédéric de Brandebourg,suc obligé de lui céder par convention le droit de dispo erde toutes les charges séculières , & même de quantité depostes ecclésiastiques, ne se réservant de jurisdiétion quedans les causes matrimoniales. Encore ne devoit-il en

connoître que conjointement avec un certain nombre de

conseillers ecclésiastiques & laïques nommes par elle.Comme il y avoit deja eu beaucoup de disputes au sujetd une porte de la ville qui est proche dc la cathédrale , cemême archevêque consentit aussi que les bourgmestres eneussent les clefs, pourvu qu’ils s’obligeassent de la lui ou-vrir à quelque heure qu’il voulût entrer dans la ville, ouen sortir.

Le siège épiscopal, qui fut transféré de Vallerslebendans cetre ville , est le même qui avoit été établi par l’em-pereur Charletnagne à Schieder ou Styde fur l’Emmer,dans le comté de Schwalembourg, qu’on nomme aujour-d’hui le comté de la Lippe. L’empereur Fleuri I. l’avoittransféré de-là à Wallersleben, d’où Othon I. son fils,l’ôta pour le placer à Magdebourg, & le fit ériger en ar-chevêché , comme nous Lavons dit. L’archevêque obtintmeme dans la fuite le titre de primat de Germanie ; maisïl n’a jamais été reconnu en cette qualité par les trois éle-cteurs ecclésiastiques, ni par l’archevêqne de Saltzbourg.

Adalbert, qui fut tiré du monastère de faintMaximin deI icves, fut le premier archevêque de Magdebourg l’an968. Norbert instituteur de l’ordrede Prémontré, & letreizième archevêque de cette ville , accompagna l’em-pereur Lothaire jusqu’à Rome , & vint à bout de termi-ner les différends d’Innocent & d’Anaclet qui se dispu-toient la chaire de saint Pierre. Ce service lui valut le ti-tre de primat de Germanie que ses successeurs ont con-ssrmé. Albert de Brandebourg, fils puîné de sélecteur JeanL fut son quarante-deuxiéme archevêque. Ce prélat, quiavoit ete sacré en 15 13. eut le chagrin de voir Luther pu-her sa nouvelle doctrine dans Magdebourg même, & nemanqua pas de s’oppofer fortement à son progrès. Ce-pendant, pour avoir la paix , il permit l’an I j 3 6. à la no-esse & au peuple des diocèses de Magdebourg & d’Hal-berstat le libre exercice de la nouvelle religion, a condi-tion que le s chapitres , les monastères & cloîtres fubsisle-toient en leur premier état. Jean-Albert de Brandebourg,s on cousin, lui ayant succédé en 1345. les habitans, quisoient presque rous embrassé les opinions de Luther,chasscrcnr les chanoines, & furent soutenus par Jean-tedéric électeur de Saxe, ce qui fit mettre cette ville au, ar l de l’empire. Sígismond, fils de Joachim II. électeure Brandebourg , quarante-cinquiéme archevêque , pritëout pour la confession d’Ausbourg, & voulut abolir en-tiereinent les cérémonies de l’églisc catholique dans sont l0 cefe ; mais il mourut en 1556. lorsqu’iltravailloitfor-^toent à cette entreprise. Son successeur Joachim - Fredé-k‘ c de Brandebourg, déja évêque de Havelberg & de Le-Pf- S 5 1 postulé la même année par le chapitre. Mais ce

la lnce > ayant ouvertement embrassé la réformation & s’c-c ^tt marié, ne put obtenir de l’empereur les régales def e g? rc hevêché , ce qui ne l’empêcha pas de rester en pos-l0tl jusqu’à l’an 1/98. où il succéda à son pere Jean-

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George danssélectorat de Brandebourg. Il fit aussi-tôt po-stuler son filsChnstian-Guillaume pour cette prélature.Ce-lui-ci se maria aussi, & resta néanmoins en possession decer archevêché > jusqu’à ce que les troupes impériales lefirent prisonnier en 1631. & l’emmenerenr à Neusladt enAutriche, où il abjura la religion protestante. Le chapi-tre avoit déja quelques années auparavant élu à fa placeJean-Auguste fils de sélecteur de Saxe. D’un autre côtésempereur Ferdinand II. avoir obtenu des bulles du papepour cet archevêché en faveur de l’archiduc Léopold sonfils, après avoir fait défense au chapitre de procéder àaucune élection. Ne an moins Jean-Auguste trouva moyende se mettre en possession, Ze y sot confirmé-quelques an-nées après par sempereur même. Il fut le dernier arche-vêque de Magdebourg , P a >ce quïl sot stipulé par letraité de Westphalie qu’après fa mort cet archevêché í'e-roit possédé en fief perpétuel de sempire par sélecteurde Brandebourg, en compensation de la Poméranie cité-rieure & de Fisse de Rugen, qtte ce dernier cédoit auxSuédois. Ainsi-depuis fan 1666. auquel Jean-Auguste-mourut , Magdebourg & le reste de l’archcvêché quisoc sécularisé , sont en puissance de cet électeur.

Au reste, cetre ville a beaucoup souffert par les guer-res & divers ancres accidens. En 1013. elle sot presqu’en-riérement ruinée par Bolesias , roi de Pologne. En n8o.un incendie, qui commença pendant les fêtes de Pâques ,la réduisit presque en cendres. En 1214. l’empereur OthonIV. vint camper devant elle avec une armée nombreuse ,& en détruisit les dehors & les fauxbourgs ou étoient leséglises de saint Pierre , de saint Jacques & de sainte Ca-therine , qui après leur rétablissement furent renfermesdans la nouvelle enceinte. Les mouvemens qui furent lesfuites des opinions nouvelles, y onr aussi causé de gran-des désolations , en l’exposant plusieurs fois au bandesempire & à de longs sièges ; savoir, en iy 47. lorsqu’elleeut chassé les chanoines , sc fiant fur sappui de Jean-Frédéric électeur de Saxe : en 1549. lorsqu’elle eut refuséde recevoir sinterim de Charles V, le nouvelélecteur tìeSaxe, Maurice, qui avoir eu la commission de la contrain-dre , lui fit souffrir un siège de quinze mois. Mais celuiqu’elle soutint en 1631. contre les Impériaux qui étoientsous la conduite du comte de Tilli, lui sot bien plus fu-neste ; car ayant eu le malheur d’être prise d’assaut, ellesot abandonnée à la fureur du soldat qui y commit tousles désordres imaginables ; six grandes églises paroissiales& celles de plusieurs cloîtres , dont la plupart étoientcouvertes de plomb & quelques-unes même de cuivre ,du moins en partie, furent entierement ruinées ; & detoutes les maisons particulières, il nen échapa aux flam-mes que cenr trente-neuf. Magdebourg a été fort long-tems à se remettre de ce malheur ; présentement elle esten aussi bon état qu’elle ait jamais été.

La cathédrale de cette ville est un bel édifice , doncl’Archevêque Albert I. jetra les fondemens en 1210. Carcelle qu’Othon avoit fait bâtir, & la principale paroisseavoient été détruites par le feu. Cette seconde cathédralequi n’a pas été placée fur les fondemens de la premiere,a été construite avec des proportions peu ordinaires. Elledevoir avoir quatre tours d’une égale hauteur ; mais il n’yen a que deux qui ayent éré achevées ; les deux autres n’oncque la moitié de l’élévation quelles dévoient avoir. Lahauteur de la voûte du milieu est égale à la largeur detout le vaisseau, & fa longueur est égale à la hauteur destours qui sont finies. Derriere le grand autel du chœur sevoyent les tombeaux de sempereur Othon & de simpéra-trice Edithe , dont les ossemens onr été retirés des ruinesde l’ancienne cathédrale. Sur le devant du même chœurest une belle statue de marbre qui représente saint Mau-rice patron de cette église, tenant d’une main un écu avecl’aigle de sempire, & de l’autre un étendard qui celuidont les habitans , ou les milices de la ville sc fervent,lorsquïls ont- à marcher contre l’ennemi. Cette cathé-drale est dédiée à ce Saint, patee que la premiere savoirété en conséquence du vœu qu’Othon I- son fondateuravoir fait avant la bataille quïl donna aux Hongrois prèsdu Lech fan 6yo. au cas qu’il pût remporter la victoire.II y a proche de la chaire du prédicateur une chapelle quel’on nomme communément la chapelle d’Othon , parceque cet empereur y est represcnte avec lïmperatrice Edi-th e . en bas-relief au-dâî d’un autel. Othon y tient de