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ont beau jeu dans ce pays-là. II n’y a que les Nairos quipeuvent porter les armes- Le reste du peuple n ose mêmeconverser avec eux. Si un Poliar^ rencontre un Nairosfur son chemin , il se retire à côté avec beaucoup derespect.Les uns ni les autres ne dépensent pas beaucoup enhabits : ils n’ont qu’un morceau d'étoffe de soie à fleursou de toile de coton , qu’ils se tournent trois ou quatrefois autour du corps, depuis la ceinture jusqu'aux talons >ou feulement jusqu aux genoux. Les hommes ont descheveux longs, aussi noirs que du jais, bien unis par der-rière , par devant & aux côtés de la tête, & liés avecun cordon fur le haut un peu vers le derrière. Les fem-mes ne lient point leurs cheveux avec un cordon ; ellesles unissent , 8c y font un nœud d’une maniéré fort adroi-te , d’où ils leur pendent par derriere & aux côtés de latête, avec quelques boucles ou salures. Les hommes &les femmes portent quantité de bracelets d’or, d’argent,d’yvoirc, de cuivre & d’autre métal. Les bouts des oreil-les leur pendent jusqu'aux épaulés; plus il y a de trous,plus on en fait d’érat; tout le monde fe garnit les oreillesde quelques ornemens. Les riches y mettent des pierre-ries. Les femmes mariées ne font regardées que commecn regarde ailleurs les concubines, à cause de la facilite dudivorce.
Presque toutes les maisons, ou du moins la plupartfont fort basses Sc construites d’argille ou de terre. Il y ena fort peu de pierres. Hlles sont couvertes de paille, oudébranchés de palmiers & de cocotiers. Les murs & lepavé font enduits de fiente de vache. Les portes des mai-sons sont si basses , qu’on ne peut y entrer qu’en fe bais-sant. Il y a peu de fenêtres , mais beaucoup de petitstrous fans vitres, par où les chambres reçoivent la lu-mière. Les chambres n’ont ni cheminées, ni lits. On fait" la cuisine à l’air, & l’on se couche sur des nattes éten-dues par terre ,-ce sont-là presque tous les meubles des In-diens : le reste ne consiste qu’en des pots où l’on cuit lesvivres > Sc en des écuelles de bois Sc des cuilliers faites denoix de cocos.
Les Malabares ont leur langue particulière. 11 y en abeaucoup, fur tout dans les cours des rois 8c les villesmarchandes , qui parlent portugais Sc hollandois.
A l’égard des choses que la côte de Malabar produit,elles font en grand nombre. Il y a des cocotiers en quan-tité: l’arbre triste & l’arbre sensitif y croissent, de mêmeque l’herbe nommée dutroa ou datura , le cardamome ,le riz blanc 8c noir, le kitseri, le catiang, le poivre,l’oignon, le borreborri, les caramboles, les ananas, letamarin , &c. La mer 8c les rivières fournissent d’excel-lent poisson ; Sc sor la terre, outre la plupart des ani-maux connus en Europe, il y en a plusieurs particuliersau pays.
MALABRIGO , port de PAmérique méridionale, auPérou dans l’audience de Lima. Son nom, qui ne veutdire'que mauvais abri^ marque assez qu’on n’y est pasà couvert des vents. Il est à onze lieues du port CherepeSc à cinq de Pascamayo , en allant au sod-est, vers Tru-xillo. A deux lieues de Malabrigo , ou environ, il y aune baie fablone'use , dont la côte est fort basse, quis’é-tend jusqu’à Malabrigo , 8c où l’on trouve quelques basfonds ; de forte qu’on doit toujours avoir la fonde à lamain pour venir à l’ancrage , & fe tenir à cinq ou six bras-ses d’eau. Lorsque vous approchez d’une petite montagne,au-dessus du vent, vous n’en avez que quatre brasses &demie, vous voyez alors une fente fur cette montagne,Sc après savoir amenée au sud, il faut mouiller. II entombe de rudes bouffas , qui causent d’ordinaire de gros-ses Lames. Si vous y venez tout droit de la haute mer ,vous verrez une autre petite baie au sud & à l’extrémiréde la premiere. La côte au nord est raboteuse & crevassée,& au milieu on volt une montagne ronde qui est la mar-que du Havre. De Malabrigo au port de Guanchaco,qui est sous le huitième degré de latitude méridionale , ily a quatorze lieues. * Supplément aux voyages de ÌVoodesRogers, pag. 38.
1. MAL AGA, ancienne ville d'Espagne dans la Béti-que, sor la Méditerranée. Ptolomee , /. 2. c. 4. la nommeMaXcma. Pline , l.$. c. 1. la nomme aussi Malaca ; & ditqu elle appartenoit aux alliés du peuple Romain. Ma-laca cum fiuvio , f œderaterum. II y avoir une riviere. An-tonin dans son itinéraire, décrit une route de Castulon à
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Malaca , & une autre de Malaca à Gades. Il compte deuxcens quatre-vingt-onze milles dans la première, Sc cène_çjuarante-cinq pour la seconde ; il met Malaca à douzemille pas de Ménoba , Sc à vingt-un mille pas de Siuel ouSuel. Strabon, l.$.p. ty6, dit que c’étoit une coloniedes Charhaginois, & une ville de grand commerce , poul-ies habitans de la côte qui est à l’opposite, Sc que l’on ysaloir beaucoup de vivres. II la met à autant de distancede Calpé , qu’il y en avoit de Calpé à Gades. Le nom mo-derne de la ville est Malaga. Voyez, ce mot. Celui de lariviere est Guadalmedina. L’une Sc sature sontdu royau-me de Grénade.
2. MALACA > ville d’Italie > selon Phavorin, Lexic.
1. MALACCA, ou Malaca , ou Malaque , grandepéninsule des Indes au midi du royaume de Siam , entre legolfe de Siam à l’orient. Sc 1 » golfe de Bengale , & le dé-troit de Malaca a l’occident. On estime que la longueurde cette péninsule , le long de la côte, est d’cnviron 270lieues. Le terrein en est humide.& bourbeux. II fournitcependant des bleds, divers animaux & d’excelJens fruits ,quoiqu’en assez petite quantité. Dans cette étendue deterre font compris sept royaumes ; sçavoir,
Ligor, Pahang Malaca Queda,
Patane, Ihor, Pera,
^Voyage de la compagnie aux Indes orientales , f. 2.p. 207.
2. MALACCA ou Malaca , royaume des Indes orien-tales dans la presqu’ifle de Malacca , dans fa partie occi-dentale . 8c sor le détroit de même nom. Cet état relevaanciennement du royaume de Siam ; mais dans la fuiteun nommé Mamudes , originaire d’Arabie, s’en empa-ra. Sa largeur est de huit à dix lieues, Sc fa longueur detrente. * Voyage de la comp.ig. aux Indes orient, t. 2. p.207 & 238.
Les habitans ont le teint couleur de cendre. Ils portentles cheveux longs , sont fort adonnés aux plaisirs charnels,8c fe regardent comme les gens du monde les plus sensés.Aussi peut-on dire qu’ils sont fort intelligens. 11 s aimentbeaucoup la poésie , Sc composent quantité de chansonsd’amouretres Sc de comédies. 11 s fe portent à cet exercicepar une inclination naturelle & par l’espérance dont ils seflattent d’acquérir une réputation immortelle.
On convient que leur langue est composée des meilleurstermes, & des expressions les plus énergiques de toutes leslangues deS peuples des Indes qui les environnent, & onla regarde comme la plus belle & la plus agréable de tou-tes les langues d'Orient ; de sorte que ceux qui ne la fea-vent pas ne sont propres qu’à demeurer dans leur pays , &sont regardés avec mépris.
3. MALACCA ( Le détroit de ) dans les Indes, entrela péninsule de Malacca qui lui donne son nom, Sc l’isle deSumatra. II communique du côté du septentrion au golfede Bengale, Sc du côté du midi à la mer qui sépare l’islede Sumatra de celle de Bornéo. Les Portugais nomment ce
détroit le détroit de Sincapour.
4. MALACCA , capitale du royaume du même nom ,dans la partie méridionale de la péninsule de Malacca (a),sur le détroit auquel elle donne son nom. On prétend qu’ily a environ deux siécles & demi que l’endroit où cetteville est située , étoit une campagne inculte où il n’y avoirque sept ou huit cabanes de pêcheurs ; qu’avec le temsd’autres pêcheurs de Pégu , de Siam 8c de Bengale s’y étantaussi habitués, y bâtirent une ville où ils établirent desloix, Sc en quelque sorte une nouvelle langue , afin den’avoir rien de commun avec leurs voisins, Ils nommèrentcette ville Malacca, Sc en peu de tems elle s’accrut telle-ment,par le grand concours d’étrangersqui s’y rendirent detoutes parts, qu’elle devint enfin la capitale d’un royau-me (A). Les Portugais s’en emparèrent sous la conduitedu général Albuquerque , non fans beaucoup de sang ré-pandu ; mais elle leur fut enlevée en 1640 par les Hollan-dois après une résistance de six 'mois. ( a ) Voyage de la.compagnie aux Indes orientales , t. 2. {b J Gemelli Careri ,Voyage du tour du Monde, t. 3. p. 3 23.
Les anciens ont cru que Malacca étoit une ifie, à causede la grande quantité de canaux qui coupent son terrein.Les modernes mieux instruits nous apprennent le contrai-re (a). II s’y rend une riviere qui ensuite se jette dans lamer.En basse marée l’eau en est douce , & faumache quandla mer a monté : certe riviere a cent pieds de large. Leflux & reflux y sont rapides ( b ). Elle traverse la ville de
Malaca