MAL
on trouve à l’orient les Etiopen , les MerouAN , & lesToaux, peuples errans. Elle va se perdre au pays desQuelamoueches dans le golfe du Mexique.
MALINES fur U Dylle ou Tylle, ville des Pays-Basdans le Brabant, & capitale de la province à laquelle elleo 11 ne son nom, 11 y a archevêché , Sc un conseil souve-rain ou sénat. Cette ville est nommée Malines par lesrançois, Mechelen par les Flamands, Sc Machel par les
etnands. Mechlinia , qui est le nom latin qu’on lui°nne aujourd’hui, ne différé guères de celui que lui don-nent les anciens écrivains. Le MS. du martyrologe de'-.ambrai écrit Maflinas , d’autres lisent Maghlinia , Mu-, Machela , Melina Sc Melinìa. Benjamin, inMa-ximilian. x.itíner . assure que cette ville fut anciennementnommee Salinœ , Sc du Vivier , lac. de Viviario , /. i. c.*°. prétend que le véritable nom est ffalinium ; mais ni1 un ni 1 autre ne cite ses auteurs, de forte que leur opi-nion ne paroit fondee que fur des conjectures. Parmi lesdiverses étymologies du nom de Malines, la plus raison-nable est fondée sur une chartre de Pépin , datée de Paris1 an 7 s 3, & dans laquelle il donne à son Parent A don ter-rant in Brantspantii medio , ubi Scalda Tylam excipil,dittarn Frattels Maflinas , quod nobis , ajoute cette charrie,Jonat maris íineam .* Grammaye.antiq. ttrbis Mechlinïenfïs.
La valeur de ses habitans, suivant une chartre de sesprivilèges, lui fit donner vers l’an izoo , I e surnom deBelliqueuse. En 1450, lorsque le pape lui accorda un jubi-le , elle fut surnommée Videur eus ? Maîtrises. Le parlementqui y fut établi environ l’an 1474» lui fit donner le sur-nom de Prudente, comme la propreté de ses places &lamagnificence de ses habitans la firent appeiler Malines laBelle.On la nomme encoreMalines IzVierge, parce quejus-qu’aux guerres du dernier siécle elle n’avoitjamais été prise.
Arnaud de Ziriczée veut que Malines ait été autrefois aubord de la mer. II se fonde sur les annales d’Utrecht ,qui portent que S. Servat fit retirer la mer du pays desTungres ; Le il y eu a qui assurent que l’on trouve dansla terre des mats de navires, des planches goudronnées& divers autres débris de vaisseaux. Quoi qu’il en soit,la situation la plus certaine c’est celle que lui donne lachartre de Pépin , qui place cette ville au milieu du Bra-bant , au confluent de la Dyle & de l’Escaut. Cependantquoiqu’elle fût au milieu du Brabant, elle ne laissoit pasd’avoir son territoire séparé , ainsi que nous l’apprend lavie de S. Rumold. Aujourd’hui elle est encore située aumilieu du Brabant, à quatre milles d’Anvers , Sc à pareilledistance de Bruxelles & de Louvain, Philippe le Bon donnaau territoire de Malines le titre de province ; elle a le der-nier rang entre les dix-fept provinces des Pays Bas.
La chronique de Cambrai fait mention de la ville deMalines , & donne à entendre qu’originairement elle étoitbâtie au-delà de la rivìere par rapport au monastère de S.Rumold. On y lit ces paroles : Apud Maflinas quoquetnonajhrium eji canonitorum , ubi quiescit pretiofus mar-tyr Rumoldus genere Scotus , qui vitam heremiticam ducensinibi martyrisât us efi. Or, si S. Rumold menoit la vie he-rémitique, la ville étoit donc au-delà de la riviere ; & sile monastère étoit apud Maflinas , il n’étoit donc pasdans la ville. Ce fut vers l’an 930 que la crainte des dépré-dations des Barbares obligea d étendre les murailles de laville au-delà de la Dyle. Il est constant que du tems deNot-ger, évêque de Liège , le côté qui prend depuis la portede Sranswyck , anciennement appellée la porte de Liège»jusqu’à la porte de Meckerspol , étoit fortifié d'une mu-raille & d’un fossé , Sc que l’autre côté, avoir seulementUne enceinte de bois ; mais avant l’annee 1300 , ce cotese trouvoit fortifié comme l’autre. Depuis on y a ajoutedivers ouvrages.
Suivant la chartre de Pépin, qui donne en 7/3. laVille de Malines à titre de fief, il paroît que les rois deFrance avoient alors le domaine direct du pays ; Sc qu’ilu’y a aucun doute que les rois successeurs de ce prince oules empereurs, Sc ensuite les ducs de Lorraine , n ayentjoui du même droit. Ils y établirent des comtes en differensteins, mais ils cesserent avant l’an 1000. Néanmoins 1 em-pereur Frideric , par un diplomé du 10 Janvier de l’année*490 , érigea le domaine de Malines en comté noble &^rpétuel. Charles V ne prit point dans fes titres celui
comte de Malines ; on en ignore la raison.
Charles IV , duc de Bourgogne , Sc souverain des Pays-
MAL f f
Bas, établit à Malines en 1473 un conseil ou parlement,à 1’imitation de celui de Paris. Il fut composé de 3 5 mem-bres , au nombre desquels étoient compris le duc &son chancelier , & ces juges connoiíloient des appella-tions de diverses provinces. Jusqu’en 1503 , ce conseilsuivoit ordinairement le souverain ; mais il fut rendu sé-dentaire à Malines par Philippe roi de Castille , qui enchangea la forme Sc les statuts.
Le sénat est composé d’un fchout, qui administre la justi-ce au nom du prince, Sc le représente en quelque maniéré.
Il est chargé d arrêter Sc d’accuscr les criminels, de leurfaire subir la peine prononcée par le sénat,de veiller sur lesofficiers de justice ; & par un privilège du duc Jean , ilpeut, du consentement du sénat, convertir la peine deshomicides en une amende pécuniaire, & remettre ou fairepayer les amendes ordinaires, dont la troisième partie tour-ne à son profit. Les autres officiers sonr deux consuls oubourgmestres, six échevins ou sénateurs qui jugent lesaffaires des bourgeois, à la charge d appel , Sc qui sontchargés de veiller à la conservation des privilèges de laville. Ces échevins sont assistés de jurais , dont le nombrea souvent varié. 11 est fixé aujourd’hui à quatre , leurfonction consiste à veiller qu’il ne soit fait aucun tort auxbourgeois. 11 y a encore deux syndics Sc deux secrétaires.Le trésor public étoit autrefois administré par deux no-bles & deux sujets tirés du corps des métiers. Aujourd’huideux membres de la noblesse avec un bourgeois statuentfur les charges extraordinaires , Sc le trésorier paye sorleurs ordonnances.
Du tems du paganisme, on adoroit à Malines une idolefous le nom de Nachker, c’est-à-dire le maître de la nuit,Sc ce nom se conserve encore dans celui de Neckerspol,auprès de cette ville. On croît communément que S.Willebrod commença à jetter quelques semences de l’e-vangile ; mais il est certain que S. Lambert Sc S. Hubert,évêques de Liège, y établirent la religion Chrétienne, Scque le chapitre de la métropolitaine doit son origine oudu moins fes premiers accroissentens à S. Rumold. Lenombre des chanoines n’a pas toujours été le même : ils’est augmenté jusqu’au nombre de seize , outre douzeprébendes fondées en izyo par Acnould Sellarius , cha-noine Sc écolâtre de cette église. A la tête de ce chapitreil y a un prévôt qu’on nommoit anciennement abbé, Scun doyen.
L’archevêché de Malines n’est pas ancien. L’église col-légiale de saint Rumold avoir premièrement été soumise àla jurisdiction des évêques de Liège , Sc ensuite à celledes archevêques de Cambrai. En 1339 elle fut érigée enmétropole par le pape Paul IV , qui établit, à l’instancede Philippe II , roi d’Espagne, un archevêque avec untitre de primat des Pays-Bas , & d’abbé d’Affligera ; &pour former la mensc archiépiscopale , on prit la moitiédes revenus de cetre abbaye. On lui donna pour suffragansles évêchés suivans ;
En ç Anvers,
Brabant* 4 Bois le Duc.
En f Gand '
Flandres j ■
En ì P1 ' eS ’
Gueldres. { Ruremonde.
Antoine Perrenot de Granvclle , déjà évêque d’Arras,
premier ministre de Philippe II, roi d’Espagne , fut le pre-mier archevêque de Malines en 1539.
Depuis l’érection de cet archevêché , il s’est tenu troisconciles provinciaux : le premier à Malines en 1370Martin Rithove, évêque d’Ypres , qui y présidoir en l ab-sence du cardinal de Granvelle qui étoit à Madrid : le se-cond fut tenu à Louvain sous le même évêque d ptes,en 1374 ; le troisième à Malines en 1607 , par lare eve-que Hovius. r .
On compte , soit au-dedans de cette ville , oit au-de-hors, sept églises paroissiales : celle de S. dans
l’églife métropolitaine , dont le bâtiment e vaste Sc beau.II fut commencé en. 12.30 , Sc fini Ven ement en 143 4 ; la,grande tour fut commencée en i45| » «es offrandes despèlerins qui y avoient gagné les indulgences du jubilé en143 1. La seconde paroisse est la collégiale de Notre-Da-me au-delà de la Dyle. En 1643. Disme deBriamont,chanoine de la métropolitaine, fonda le chapitre qui est