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ìéur nourriture. Ce qn’il y a de surprenant, c’est qu’ilsn’avoient jamais vu de feu , & quand ils en virent la pre-itiiere fois, ils le regardèrent comme une espece d’anímalqui s attachoit au bois & s’cn nourrissoit. Les premiersqui en approchèrent de trop près s’étant brûlés - en don-nèrent de la crainte aux autres qui n’oscrent plus le re-garder que de loin , de peur, disoienc-ils, d’en être mor-dus , ou d’être bielles par la violente respiration de cetanimal. On leur fit connoître leur erreur , & en peu deteins ils s’accoutumcrent à se servir du feu comme nous.
Ils font basanés ; mais leur teint est; d’un brun plus clairque celui des habicans des Philippines. Leur taille est:haute , & leurs corps sont bien proportionnés. Quoiqu’ilsne fe nourrissent que de poissons, de racines & de fruits,ils ont tant d’embonpoint , qu’iís en paraissent enflés ;
mais cet embonpoint ne les empêche pas d etre souples& agiles.
Les hommes sont entierement nuds > les femmes ne lesont pas tout-à-fait, & font consister la beauté à avoir lesdents noiresl & les cheveux blancs. Ainsi une de leursgrandes occupations , c’est de fe noircir les dents avec decertaines herbes , & de sc blanchir les cheveux à force desc laver avec des eaux préparées pour cet usage. ElleSles portent fort longs , les hommes se les rasent presqueentierement, & n’en laissent qu'un petit floccon au hautde la tête de la longueur d’un doigt, à la maniéré des Ja-ponois.
Leurs maisons sont bâties de bois de coco , & de boisde maria . qui est un arbre particulier à ces isies. II y adans chaque maison quatre appartemens , séparés pat descloisons faites de feuilles de palmiers, entrelacées en for-me de natte. Le coît est de lâ même matière. Ces appar-temens sont propres, & ont chacun leur usage. On cou-che dans le premier, on mange dans le second , on ferrele fruit & les autres provisions dans le troisième, & lequatrième sert à travailler. Ces insulaires vivent tous dans■une indépendance absolue. Chacun est maître de sesactions, les enfans ne reconnoiffent leur pere Sc leurmere que selon qu’ils peuvent en avoir besoin.
Les hommes otu la liberté de prendre autant de femmesqu’ils veulent, pourvu qu’elles ne soient point leurs pa-rentes ; mais la coutume est de n’en avoir qu’une, Scmême le mariage n’est point parmi eux indissoluble , il nedure qu’autant que les deux parties sont contentes Tune deVautre ; mais de quelque côté que vienne la séparation ,la femme ne perd rien de ses biens. Ses enfans la suivent,6e considèrent le nouveau mari qu’elle prend comme s’ilétoit leur pere. Si la mauvaise conduite d’une femmedonne sujet à son mari de s’en plaindre , il peut ôter lavie a flamant; mais il ne lui est pas permis de la maltraiter.Sc tout ce qu’il peut faire, c’est de sc séparer d’dlc. Tantque le mariage subsiste , la femme a toute l’autorité dansla maison, ec le mari ne peut disposer de la moindrechose, à moins qu’elle n’y consente. Ce qu il y a de plusrigoureux, c’est que si elle est convaincue qu’il ait des atta-cnemens qui le rendent infidèle, elle l’apprend à toutesles femmes du village qui s’avancent vers la maison dumari dont on fe plaint, désolent ses terres , arrachentses grains, dépouillent ses arbres de leurs fruits, & fontpar-tout un dégât terrible. Elles fondent ensuite toutes
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lutter , afin d’éprouver leurs forces. Ils fe plaisent a ra-conter les aventures de leurs ancêtres, & à réciter les versde leurs poètes,qui sont pleins de fables & d’extravâgances.Un poète chez eux est un homme admirable, & ee titréseul lui attire le respect de toute lâ nation.
Les femmes ont aussi lents parties de divertissement oùelles viennent parées. Ces parures Consistent en des co-quillages , de petits grains dé jais , de morceaux d’é-caille dé tortue qu’elles laissent battre fur le u t fronten forme de pendant d’oreille. Elles y entrelacent desfleurs , & ont des ceintures de petites coquilles, qu ellesregardent comme un ttes-grand ornement. Elles y atta-chent de petits cocos fott proprement travaillés, & ajou-tent à ces diverses parures de certains tissus de racinesd’arbres dont elles s’habillent ces jours-là. Ces tissus res-semblent plutôt à des cages quâ des habits, tàlfi ils sontgrossiers. Dans leurs assemblées elles le mettent douze oiitreize en rond, debout & fans se renfiler. Dans cetre atti-tude elles chantent les vers fabuleux de leurs poètes avecbeaucoup de justesse. L’accord de leurs voix ne cède rienà la musique la mieux concertée. De petites coquillesqu’elles tiennent dans leurs mains font l’etfet des casta-gnettes. Leur action vive dans leurs chants , & leursgestes expressifs, joints à la maniete dont elles soutiennentleurs voix , ont de quoi charmer.
La vengeance est une des pallions les plus sortes de cespeuples. Quand ils sc croient offensés, ils sont si habillesen l’art de dissimuler, qu’ils renferment dans leurs cœurstonte l’aigreur du ressentiment qui les anime, eu sortequ’ils passent deux ou trois ans fans en laisser rien paraîtreau dehors, jusqu à ce qu’ils aient trouvé l’occasion de fe
satisfaire. Alors 11s sc livrent à tout ce que la vengeance
peur inspirer de plus violent. Ils s’irritcnt aisément 8ccourent aux armes, mais ils les quittent avec la mêméfacilité qu’ils les ont prises, Sc jamais leurs guerres nésont de longue durée. Ils ne sont pas naturellement bra-ves , Sc quand ils íê mettent en campagne , ils jettent degrands cris, à la maniéré des barbares , plutôt pour s’ani-mer eux mêmes, que pour effrayer leurs ennemis. Ilsmarchent fans chef , fans discipline & fans ordre, 8cn’ont ni arc , ni fléchés > ni épées. Ils sc fervent de bâtonsfaits en forme de traits ou de lances . Sc les armes n onepas de fer , puisqu’ils n’en font point usage ; mais du plusgros os de la jambe , de la cuisse ou du bras d’un homme.Ces os qui fe termineur en pointe, & qu’ils travailleurassez proprement,. sont fl venimeux par leur propre ver-tu , que la moindre esquille qui en reste au corps d’unbleslé, lui cause la mort, avec des convulsions . deátremblemens de tour le corps, des grincemens de dents ,& des douleurs inconcevables , fans qu’on ait trouvé jus-qu a présent aucun remède qui pût arrêter un poison stprompt & si subtil. Ces barbares ont quantité de ces traits,outre les pierres qu’ils sçavcnt lancer avec tant d’adresse 8cde raideur , qu’elles entrent quelquefois dans le troncdes arbres.
Ils ne portent aucunes provisions, & demeurent quel-quefois deux ou trois jours fans manger, uniquement at-tentifs aux mouvemens de leurs ennemis, qu’ils tâchentde faire tomber dans quelque piège. 11s n’onr aucunes ar-mes défensives, & ne parent les coups qu’on leur porté
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ensemble sur la maison , Sc si le mari Isa pas pris la fane . que pal agilité de lent c 1 P - ‘ ic ,a hon-
elles f, attaquent & k poursuivent Jusqn’i ce qt,'elles Mams qn'a p-m- , Sc feulemem poot ne pas a,o.r^^l’ayent contraint de l’abandonner. Une femme dcgoûíee -e de fe tetlta fans avoir^ ucn i.. à la W
de son mari, n'a qn'à dite à les païens qn'elle ne pen, pins tues, on fort couverts de dà-zàà,vivre avec lui ils von r aussi-tôt à la maison de ce mal- roue. Ils prennent la fuite , &. sc dislip enV oient
heurerrxloùx la pTìlemfia ïaccagent > & emportent frrôc qu’il» voient du sang répandu. v.cto-
tout ce qiísts trouvent. II est encore bienheureux quand promptement desambassadeurs &^d - P dcS chan-
ils ne .'abattent point. Cet empire des femmes sor les ma- «eux , qu. les «fuirent & sc moquent d eu Pris. est cause qu’uue infinité de jeunes gens ne songent tons insolentes & faty nque . & g be3llC oup de rap-
point à sc marier. Us louent ou achetent des filles qui leur Leur langue est ast». agréaip^onmes & dans les isleSsont données par leurs pareils pour quelques morceaux de port a celle que 1 on p .
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sor, ou d’écaille de tortue. Ils les mettent dans des mai-sons communes à cette jeunesse, qui vit avec elles dans un“ber inage qui fait de la peine à ceux de la nation qui ob-et vent quelques régies.
5-es insulaires aiment fort la joie & le plaisir, & feAillent agréablement les uns des autres. 11s s’assemblent^rne assez souvent, se régalent de poisson, de fruits &utiç certaine liqueur qu’ils font avec du coco râpé & duIls se divertissent à danser, à courir, à sauter & ï
H-s un pvu.v prononciation en
voisines , qrn est la langue sagaie l- f
est donce & visée. & o„ de ses ‘>8""’“st'j-lf "Doser les mots & quelquefois meme les syllabes d’unLot, ce qui causc 2JU des équivoques qui plaisent
fort à ces insulaires. j-..'
Quoique dénués de toutes les commodités de la vie &plongés dans la plus profonde ignoranee ,1s fe tegardencomme la nation la plus sage , la plus polie & la plus spirituelle qu’il y ait au m01lde< Amíl cous les autres peuple
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