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force ceux d’entre les gens mariés qui ne s’y portent pasde leur gré, ou on les oblige de mettre un autre hommea leur place. On peut de trois frétés en prendre deux ;mais il faut qu'ils ioient mariés ; car on ne sauroit forcerceux qui ne sont pas établis. Ces gens ainsi levés, foieofficiers j soit loldats, soit cavaliers , font obligés de fenourrir, de fe monter, de s’armer & de s’entretenir àleurs dépens durant toute la campagne ; & comme ilsn ont pour la plupart ni armes à feu, ni poudre, ils
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l’on enterre de l’argent & des joyaux avec les morts , aîinqu'ils puissent s’en servir, pour avoir en l’autre inonde lesmêmes commodités qu’en celui-ci
Les Juifs, quoiqu’en grand nombre dans ce royaume,&d’un íecours avantageux, n’y font pas plus considérésqu’ailleurs. On les choisit pour les plus vils emplois : ilsn’ont que la nourriture pour tout salaire ; 8c ils sont si su-jets aux taxes, aux insultes & aux bastonnades, qu’onpeut les regarder comme le jouet perpétuel de l’avaricc
ne marchent qu’avec des épées, des lances Sc des bâtons. Sc delinjultice des grands, & lobjet de l’aversion de cous,
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11 y en a cependant dans chaque ville ou village un certainnombre proportionné à la grandeur du lieu , qui doiventtoujours etre armés & prêts à marcher au premier com-mandement.
Quoique le royaume de Maroc soit divisé en septpiovinces qui font assez grandes, il n’est pas cependantfort peuplé ; pareeque Ion terrein est sablonneux , secSc ingrat dans fa plus grande partie. 11 n’est abondantqu en chameaux , qui y font à bon marché ; il a beau-coup de mines de cuivre Sc il produit une grande quan-tité de cire & d’amandes, dont il fe fait un grand débiten Europe. On estime qu’il peut y avoir trente mille ca-banes d’adouards, qui font près de cent mille hoçnmespayant Garammc -, c’est-à dire, payant annuellement au
11 feroit impossible de faire le calcul des revenus du roide Maroc. II n’a presque point de domaines. Les plus so-lides de ses revenus consistent dans la dîme de tous les biensde ses sujets, dans la taxe annuelle de sis écus par tête furtous les Juifs mâles, depuis l’âge de quinze ans & au-dessus.Un autre revenu considérable provient des impôts arbi-traires qu’il exige, soit des Juifs, soit de ses autres sujets,fans aucune autre raison que fa volonté. II tire auísi beau-coup de ses alcaïdes à qui il abandonste tout le revenu de
leurs gouvernemens.
Ce font les alcaïdes qui gouvernent tout le royaumefous l’autorité de leur prince ; car le roi n’a ni cour de justi-ce, ni conseil particulier , ni ministre. II est lui s cu l sau-teur, sinterpréte Sc le juge souverain de ses loix, qisi n’ont:
dent'" aînnfi k T' ce ,? u ’ iis P offé - «Wes bornes que fa volonté. Cette autorité, qui paroîc
' qUG1 ll$ commencent d etre sujets des quilsont & qui est effectivement si despotique , ne laisse pas d’en
conn °îtte une supérieure, c’est celle du moufei Sc de ses
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atteint l’âge de quinze ans. Un adouard est une efpecede village ambulantcar il y en a tres-peu de bâtis &de stables en Afrique : il est composé de quelques fa-milles Arabes, qui campent fous des tentes, tantôt enun lieu, tantôt en un autre , selon que la bonté du ter-rein les invite Sc que la subsistance de leurs bestiaux,en quoi consiste tout leur bien, le requiert. Chaqueadouard a son marabou Sc se soumet à la conduite d’unchef, qui est élu. Chaque famille occupe une tente oucabane , Sc y couche péle-méle avec les bœufs, les mou-tons , les chameaux, les poules , les chiens, &c. Rienn’est comparable à la misère & à la malpropreté de cesArabes. Cependant ce font eux qui font les revenus duroi les plus réglés Sc les plus certains. C’est ordinaire-ment un Noir de fa garde qui va exiger leurs tributs,
& qui, quoique seul, fait jouer le bâton , comme il luiplaît, contre les défaillans fans qu’on ose s’en plaindre.Quand les Arabes transportent leurs adouards . ils roet-teuc leurs femmes avec leurs enfans fur des chameauxdans des machines d’osier, couvertes de toile Sc faitesk" forme de niches, mais toutes rondes. Elles font ga-ranties par-là de l’ardeur du soleil, Sc néanmoins ellespeuvent prendre l’air de tel côté qu’elles veulent. Si leschameaux ne suffisent pas pour leur bagage , ils le char-gent fur les taureaux & fur les vaches , qui ont des bâts ;ce qui ne fe pratique, je crois, nulle part ailleurs.
Quant aux autres habitans du royaume, ils font peubraves, peu aguerris, adroits à cheval & à la lance,forts, infatigables & spirituels ; mais ils font impolis,Jaloux, lascifs, menteurs, superstitieux , hypocrites , four-bes , cruels & fans foi.
Ee roi prend le titre de grand chéris-, c’est-à-dire, lepremier & le plus puissant des successeurs de Mahomet,oof >1 prétend descendre par Ali & par Fatime, gendreoc nlle de ce faux prophète. Ces Arabes tiennent pourauits > même de leur vivant, tons les innocens , les es-prits foibles Sc ceux qui savent faire quelques sorcelleries,bs font bâtir fur leurs tombeaux après leur more desc hapelles, 0 ù on va en pèlerinage , Sc dont on fait des? ï Cs inviolables pour l’impunité des crimes & contre* c °l^re du roi. Enfin lorsque quelqu’un d’entre eux^Çnt à mourir > les parens & les amis en font paroîtrec wn lCou P de douleur ; & même si c’est une personne de1 onction , ils louent des pleureuses. Avant que dc met-lu c ‘ e corps en terre, on le lave, on l’envelope dansvî neuf. Sc on le fait porter dans une biere fui-V ' lt don grand nombre de personnes, qui marchent fortCttt ’ Roquant Dieu Sc Mahomet à haute voix. On5 Cle ensuite le mort dans une fosse étroite par en hautpl l)s a ^e par en bas, afin que le corps, discnt-ils, y étantpe ï( j i a ife , fort plus prêt au jour du jugement, Sc neVeiit^ ^ as tetns à chercher fes os ; raison dont ils se ser-t 0 ffibc' 11COre pour ne pas enterrer deux personnes dans un. au « On porte encore des viandes fur ces fosses, &
officiers que le roi n’a pas le pouvoir de déposer, quoi-qu’il ait celui de les établir. Il est soumis comme les autresaux décrets de cette justice, qu’il ne pourroit décliner, ulc moindre de ses sujets Fy appelloit. Mais ils n’ont garded’en venir là ; la vengeance feroit sure Sc la mort inévita-ble.
Le commerce qui se fait dans ce royaume est avanta-geux aux négocians, tant du dehors que du dedans. Leroi qui y trouve son utilité particulière ne néglige rienpour se l’attirer ; Sc fes alcaïdes savent bien , par des em-prunts qu’ils accumulent & qu’ils n’achevent jamais d’ac-quitter, arrêter ceux que l’intérêt du gain y attire, Sc queles premieres caresses 8c apparences du bon traitement por-tent à s’y établir. Quelque repentir que causent à ceqpc-ci les injustices Sc les avanies fréquentes qu’on leur faicsouffrir, il ne leur est jamais permis de s’en tirer, à moinsqu’ils n’abandonnent leurs dettes Sc leur fortune.
z. MAROC, grand empire d’Astique dans la partie laplus occidentale de la Barbarie, formé des royaumes deMaroc , de Fez, de Tafilet, de Sus & de la glande pro-vince de Data. Cet empire peut avoir deux cens cin-quante lieues d’étendue du nord au sud, & cent quaran-te, de l’esi à l’ouest. 11 est borné du côté du nord par lamer Méditerranée ; à l’orient par la mer Atlantique ; aumidi par le fleuve Data, Sc à l’occident par la mer Atlan-tique. II faut pourtant en excepter quelques places que lesprinces Chrétiens tiennent fur les côtes ; du côté de lamer Méditerranée, Ceuta, Melila & Oran qu’occupentles Espagnols. Les Portugais possèdent aussi Mazaganfur l’Océan ; de forte que l’empereur de Maroc a pré-sentement pour places considérables fur ses côtes.
Sur la Méditerranée
Sur l’Océan.
■ Sainte Croix,Safy,ì Salé,
La Mamorre »I LaRacbe,Argile,-Tanger
Zaffarine,^Tetouan.
- if dci-nier siécle. Le fameux
Cet empue seforma dans le de^^ Ismaël son
Mouley Archi, rot de statuer, oc j
frere & son successeur réunirent les royaumes de Maroc ,rtere octoniucce } a vaste province d
de Fez, de Tafilet, Sc de ou», y
Dara fous une même puissance. Ohm. , état de 1 era-
pir î d MAROC P province du royaume de même nom enAfrînne Elle s’étend d’occident en orient > depuis le montNefife jusqu’à celui d’Animmey ; du côté du nord elle