118 MAR
tamarins, 1c galbanum, l’opopanax, le sagapenum, lebaume blanc, le poivre , la canelle, le sel ammoniac& une infinité d'autres choses. Cependant Marseille ScVenise ont beaucoup perdu depuis que les Hollandoisse sont établis si puissamment dáns les Indes orienta-les. Les drogues qui viennent des Indes occidentales ar-rivent à Marseille en droiture ou par Cadix. Ce sontl’ipecacuana > le kinfona, le gingembre , la casse des Isles,l'indigo, le roucou, le baume du Pérou, le baumesec, celui de Copahu > &c.
On y rafine parfaitement le sucre des isles de l’Amé-rique: les savonneries de la ville font très-belles aussi,£c consument les huiles de Provence Sc celles qu’on tirede Candie & de Grece,
Marseille est la patrie de MM. Mascaron, évêqued’Agen ; du chevalier d’Hervieux, savant dans les languesorientales ; de Rigore , savant antiquaire^ ; du PereFeuillée Minime, savant parmi les astronomes; du P.Plumier du même ordre, Sc qui a découvert plus de900. plantes, qui avoient échapé à plusieurs autresvoyageurs de l’Amérique.
Le port de Marseille est dune figure extrêmementlongue & fort avancée dans les terres. 11 occupe presquetoute la longueur de la ville. H n est pas bien large &ne peut recevoir des vaisseaux de haur-bord. Son en -trée est défendue par la citadelle & par le fort saintJean. C'est dans ce port que se retirent les galères duroi, où elles font à l’abri du vent de nord-ouesl.
Un vaisseau venu de Seyde vers le quinze de Juin17ZO. y apporta la peste qui de-là se répandit dans pres-que toute la province. Cette maladie enleva dans la feuleville de Marseille environ quatre-vingt mille personnes.
L’églisc de Marseille est une des plus anciennes desGaules. Les Provençaux soutiennent même qu elle aété fondée par le Lazare qu’avoit ressuscité notre Sei-gneur. Ils disent que les Juifs chassèrent de JérusalemLazare avec Marthe & Marie-Magdeléne ses sœurs,Marcelie leur servante, saint Maximin , saint Celidoinequ’on croit être l’aveugle né & Joseph d’Arimathie,disciples de Jésus Christ , qui les exposèrent sur unvaisseau sans gouvernail, fans voiles & fans rames ,qu’ils arrivèrent heureusement à Marseille; qu’ils se sé-parèrent pour aller prêcher l’évangile dans la Provenceèc que Magdeléne & Lazare demeurèrent à Marseille,dont Lazare fut le premier évêque. II y a de fort bon-nes raisons pour prouver le contraire de cette tradi-tion , mais il ne les faut pas aller débiter en Proven-ce : les Provençaux ne font pas traitables fur cet arti-cle. Le parlement d’Aix condamna au feu un livre dede Launoy , où ce fameux critique combat toit cettetradition. Quoi qu’il en soit, on a établi à Marseille unculte particulier à saint Lazare , & à sainte Magde-léne, que l’on regardoit comme sa sœur. S. Victor of-ficier des troupes fut martyrisé dans cette ville l’an 290.S. Défendant Sc ses compagnons, que l’on croit avoirété de la légion Thebééne, furent martyrisés dans laville ou dans le territoire de Marseille. Le bienheureuxJean Cassien, premier abbé de saint Victor de Mar-seille, étoir le fondateur de cette abbaye. * Baille t ,Topogr. de s Saints, p. 197.
L’église cathédrale de cette ville est sous l’invocationde Notre-Dame de la Majeur , Sc son chapitre est com-posé d’un prévôt, d’un archidiacre, du sacristain Scd’un capiscol, de neuf chanoines capitulans, de dixbénéficiers appellés dans les anciennes chartres Clericiintitulati . & c . Le chapitre seul a la collocation de tousles bénéfices, Sc l’évêque n’a voix dans cette occasionque comme chanoine.
Il n’y a dans Marseille que quatre paroisses, donttrois ont chapitre ; savoir , la Majour ou la cathédrale,saint Martin & Notre-Dame des Acoules : outre ces pa-roisses , il y en a trente Sc une ou trente deux dans lediocèse.
Marseille a toujours reconnu Arles pour fa métropo-le ecclésiastique, nonobstant les prétentions contrairesde Parchevêque de Vienne, dont la ville éroir la mé-tropole séculière de la premiere Viennoise, dans la-quelle Marseille étoît comprise.
Environ à une lieue de la ville, il y a trois petitesisles qui ne font proprement que des écueils. François
MAR
I. fit bâtir fur la plus petite l’an IJ29. le château d’If»à cause qu’il y avoic des ifs dans cette isle. A côté decette premiere, est celle de Ratonneau qu’on nommoitautrefois lìsle de S. Etienne. Il y a aussi un fort qui sucbâti par les Marfeillois en 1597. du consentement dagouverneur de la province. Dans la troisième isle, nom-mée Pomégues, il n’y a qu’une tour. Ces trois islesfont stériles, Sc fans leur situation importante elles nemériteroienr point qu’on en parlât; ce qui démontrequ’elles ne peuvent être les mêmes isles que les Stoe*chades dont les anciens ont fait mention.
Le terroir de Marseille est bien cultivé Comme ilest naturellement maigre, on prend de grandes pré-cautions pour le fumer , Sc cette terre froide Sc plâ-treuse échauffée par le fumier produit d’excellents rai-sins, de bonnes olives Sc les meilleures figues damonde.
2. MARSEILLE, bourg de France dans le Beauvoi-sis, il est situé entre Gerberoi & Crevecœur, à qua-rte lieues de Beauvais Sc à deux de Gcanvilliers, furune petite rivière qui tombe dans Terain proche Mi 1 -ly, Sc qui a fa source deux lieues au-dessus de Mar-seille où l’on tient marché tous les samedis. On y tra-vaille beaucoup en bonneterie Sc en chausserterie. Unquart de lieue au-dessous de ce bourg on voit l’abbayede Beaupré appartenante aux Bernardins réformés ,avec une belle église Sc une vaste maison. Celle deLannoy qui appartient aux mêmes religieux , est à unelieue au dessus de ce même bourg & fur la même rivière.* Mémoires drejfés fur les lieux en 170p.
3. MARSEIL-VEYRE , lieu de France dans la Pro-vence au voisinage de Marseille. Châtelain dans sonmartyrologe universel, veut que le nom de ce lieuvienne de Majsdia vêtus , vieille Marseille, & non pasde M affilia spécula , ou phare de Marseille, comme onle croie communément. Non-seulcmenr sa situation lepersuade, mais encore fa tour fur un rocher au midide Marseille, Sc d’où l’on observe les bâdmensqui pas-sent Sc ceux "qui arrivent, afin de donner à la villele signal du nombre Sc de la grosseur desbâtimens.
MARSELLAN , bois de France dans la maîtrisede Tarbes; il est de deux cens cinquante-deux arpensSc demi.
MARSENSE Oppidum. II est fait mention d’uneville de ce nom dans une lettre de l’Empereur Maxi-me à l’empereur Valentinien.
MARSHF 1 ELD , bourg d'Angleterre dans la pro-vince de Glocester. On y tient marché public. Etatprésent de la Grande Bretagne, t. 1.
1. MARSI, anciens peuples d’Italie aux environsdu lac Fucínus, aujourd'hui le lac de Celano. Oncroit communément qu’ils avoient les Vestini au sep-tentrion > les Péligni Sc les Samnites à l’orienr, le La-tium au midi & les Sabins à l’occidenr. Les anciensleur donnoient une origine fabuleuse. Les uns les fai-soient venir d’Asie avec Marsyas le Phrygien , qu’ApoI-lon vainquit à la flûte, comme on le voit dans cesvers de Silius Italiens, l. 8.v. §03.
Sed popidis nomen posuit metuentior hospes,
Quum fugeret Phrygios trans aquora MarJ'ya Crenoî »Migdoniam Phecebi superasus pectiné loton.
D’autres les saisissent descendre d’un fils d’UIysse Scde Circé. On dit qu’ils ne craignoient point les morsu-res des scrpens, dont ils se garamissoient par le moyende certaines herbes Sc par des enchanremens. Quoi qu’sten soit, les Marft étoient un peuple courageux, com-me le prouve l’histon e de la guerre Massique ainsi ap-pel lée de leur nom. * Plinius , 1. 7. c- 2.
2. .MARSI, peuples de Germanie. 11s habiroient avecles BruPleri au midi de la Frise, au nord de la LipP eSc à l’occident du Rhin. Tacite, annal. I. 1. c. 46. àtique Cecina en vint aux mains avec eux & eut l’avanta-ge. II y en a qui croient que le fameux temple de Ta"'fana,que ruina César, c. y 1. étoît chez ces peuplé*Voyez. Masaci.
z. MARSI ou il Ducato di Marsi. C’est, sein"Baudrand, Dilt. édit. 172s une petite contrée de l’A'bruzze ultérieure au royaume de Naples, autour â