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Tome quatrième. M - P.
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MER

On y voir avec une grande exactitude tous les portsSc les giscmens des côtes, fur tout le long de la septen-trionale , de 1 occidentale & de la méridionale, avec lesfondes Sc la variation de la Bouffole. La côte orientale ,a la réserve de certains golfes , y est moins détaillée ;parce. que n’érant pas si importante alors aux desseinsdu czar, on n’y avoir pas encore fait les mêmes observa-tions que fur ccllequi est opposée dont il étoit le maître,

Le Mafanderan étant une province située au midi &au bord de cette mer, on la nomme quelquefois parcette raison la mer de Mafanderan. D’Herbelot dit :la mer Caspienne , que nos géographes appellent merde B.ichu, est nommée par les Persans Deria Bacu& Bachuiest du nom de cette même ville, aussi bien queDeria Chilan , Deria Dilem , & Deria Thaba-tRESTAN, qui font autant de provinces qui secondent lelong de ses bords. Deria signifie en langue persiennela mer II remarque ailleurs que le mot Colzum, qui dé-signe la mer Rouge, est aussi attribué à la mer Cas-pienne & a la mer Noire par plusieurs auteurs, orien-taux. Les Turcs ne donnent pas à la mer Caspienne lenom de Colzum Denghizi ; ils le gardent pour la mer■Rouge, ils appellent celle-ci Cosgoun DENGHis.i,cequi signifie la mer des Corbeaux. Le mot de Cosgounfe peut aussi prendre pour le bruit que font les vaguesde cette mer fur les rivages. Quelques géographes per-sans Pont ausiì appellée BahrKhozar , mer de Khozardu nom que le pays où est Astrakan a porté autrefois.

La mer Caspienne , telle que nous la connoissonsprésentement, est fans contredit le plus grand lac dumonde dont nous ayons connoissance. Elle est situéeentre les 37 & les 47 deg. de latitude, & entre les 77Sc les 8 3 deg. de longit. enforte qu elle peut avoir en-viron 1 p° lieues d Allemagne en fa plus grande longueiîr, tres. Ce port est d’autant plus précieux, qu’on a un ex-en comptant depuis l’embouchure du laïck, jusqu’àla trême besoin de ports fur une mer telle que celle-ci,cote de la province de Mafanderan, & environ 70 lieues qui ctant assez serrée & fort orageuse devient très dan-d Allemagne en largeur, depuis f embouchure de la ri vie- gçreufe, fur-tout dans les vents d’est Le d’ouesl. * Hï-m de Kur, au sud de la province de Schirvan jusqu’à l’em- floue des Tatars , 9. part., p. 643. not. 2.siouchure de la riviere de Khessel. Le tour de toute cette Les philosophes fe font -jusqssici fort tourmentés pour*n e r peut être tout au plus de quatre cens cinquante mil- comprendre, comment il fe peut faire que la mer Cas-Rs d Allemagne. . pienne > recevant les eaux d’un si grand' nombre de ri-

,L«s eaux de la mer Caspienne font rrès-falées vers le ,vieres,& n’ayant point de communication avec les autresJ'I’-cu, & moins vers les côtes, à cause de la gran- mers, piîisse toujours rester fans aucune augmentation visi-

MER 0,0.9

fer fur I*une.ou l’autre côte, elles font verdâtres.à foc-cunaire, comme toutes les eaux de mer. excepté versla cote de Ghilan où elles paroissent blanches, à causedu fondd argille qui régné tout le long de cette côte , Scdans le golfe de la Jemba où elles paroissent noires, parceque le fond est par tout fort marécageux de ce côté.

Cette mer a par tout soixante à soixante & dix brassesde profondeur vers le milieu ; mais fur les côtes ellea fort peu d eau, Sc fur-tout vers la côte occidentale ,où, à une bonne lieue dans la mer, on trouve rarementplus de dix-huit pieds d eau. Sur toute la côte de Ghilanon n’en trouve que depuis six jusqu’à neuf à la nyîmedistance, c’est ce qui rend cette province inaccessible ducôté de la mer. Et comme vers la province du Schirvantoute la côte n’est qu’une feule roche jusqu'à la riviered'Agragan , dans le Daghestan , ou aucune ancre ne sau-toir mordre, elle n’est guère plus accessible, quoiqu’il yait plus d’eau.

II n’y a aucun port fur toute la côte occidentale decette mer, à l’exception de celui de Bach u ou Baku, daftsle Schirvan, encore îlest-il bon que pour de petits bâ~timens, puisqu’il n’a pas plus dc dix pieds d’eau. Lameilleure rade qui soit fur cetce côte, est celle deTerki ; on y mouille assez sûrement entre l isse de Zezèn(ou Tchetchen Ostrof ) Sc la terre ferme ( sur neuf à dixbrasses d’eau près de la côte, car près de fisse il n’y aque deux ou trois brasses. Sur la côte orientale est leport de Mankischlack, ) ou Manguslave au pays deKhowaresme au nord de l’embouchure de l’Amu. Iíest excellent, Sc c’est Tunique bon qui soit fur toutecette mer ; mais comme il est entre les mains des Tar-tares, de même que route la côte orientale de cetteil estssort peu d’ulâge à ceux qui en sont les maî-

mer,

quantité de rivières qui viennent de tous côtés y0r ter leurs eaux; en sorte qu’on trouve des endroits^ns cette mer vers les côtes du Ghilan & du Mason-a ^ lan > où les eaux font douces. Elle est extrêmement°ndante en exceilens poissons, les esturgeons, les sou-de 11S .’ ^ es truites saumonées , les poissons blancs ( fortec Poisson dont on fait cas en Moscovie, ) Sc plusieursl UtlCs sortes que cette mer nourrit, viennent au prin-etïls en si g ran de quantité chercher les embouchuresb cs r ssieres & l’eau douce, qu’il est incroyable corn-

ble de ses eaux. Le pere Kircher, Mund. subterran. /.- 2»c. 13. §. 1. p. 8j. sort d’embarras en fupposonc quel-ques conduits souterreins dont quelques uns communi-quent à la mqr Noire Sc les autres au golfe Persique ?Sc voici comme il en parle : Nous croyons qu’il y adeux conduits : le premier passe sous la Géorgie , Sc laMengrelie Sc fe termine au Pont-Euxin , de foire quetout l’espace de pays qui est entre ces deux mers,pris dans fa largeur Sc par rapport à ce canal, peut êtreappellé un pont fous lequel coulent ces eaux souter-

Pa • au ® ries carpes Sc des brames, ce qui est asseztticulier dans les eaux salées. Toutes ces différentes

u ‘ cn on en prend chaque année en cette saison. On y reines; voici les preuves qu’il en apporte. Un auteur

r °uve anin -? s. ^ -st ofc Persan nommé Paradiaqui a traité de Thistoire de Tre-,

bisonde, raconte dans un livre de géographie touchant lamer Caspienne, qu’il a remarqué que fur la côte de lamer Noire auprès de Megzell, cette mer s’élevoit derems en tems à gros bouillons > & cet auteur person enallègue cette raison. On a remarqué depuis long-temsque quand les vents d’est fouissent impétueusement dansla mer Caspienne, dans le même-terns les eaux de la

gr C 5 S rie poissons y font beaucoup plus grandes & plusv. es qu’ailleurs, fur-tout les poissons blancs que lesappellent Bielluga. Ce poisson est particulier

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qu

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a la

nier Caspienne Sc à la mer Noire; & c’est de là

‘ e quelque,-uns concluent que ces deux mers onr uneq^^vunication souterreine. On trouve de ces poissons

ont jusqu’à 20 pieds de longueur. Us ont en quel- mer Noire commencent à bouillonner plus que de coû-u lle manière la figure du brochet Sc le goût de l’estur- tume avec une extrême agitation des vagues de cette° n > mais la chair en est toute blanche , & c’est de-là mer, Sc qu’au contraire , quand les vents d’ouest agitent

S® vicm k

nom de poisson blanc ; c’est le mêmeaussi dans le Danube > Sc qu’on

a , ou que l’on prend ai

f pelle Hansen en Autriche. Les carpes y font pareille-

la mer Noire, on remarque une agitation pareilledanála mer Caspienne ; ce qui, poursuit fauteur persan ,

-~, yw , u , nuuiv,^. __est une preuve convaincante que ces mers fe commu-

d’une grandeur extraordinaire, & il n’est pas rate niquent l’une à f autre le mouvement & l’agitation pacssì on en prenne vers l’embouchure du Wolga qui ayenc des conduits souterreins qui doivent être très-grands.c ^tfà cinq pieds de long. O11 y trouve outre cela des ll ajoute , pour confirmer ce qu’il avance, que la mer1Cns marins, & de gros poissons fort monstrueux qui Noire jette de ce côté fur le rivage des choies qui ner, 0 ™ 3 Presque que la tête & la queue . & qui ne font lui conviennent pas, mais à la mer Caspienne , commet S ° 0n s à manger. On prétend que ces derniers ont une certaine sorte d’algue , Sc des ferpens des plan-auv t de . force > que venant à s’açcrocher avec la queue ches de vaisseaux & des troncs uaibies dune espèceme ^orits bâtimens des pêcheurs, ils les peuvent aisé- particulière à la mer Caspienne; ou ï conclut que cesJ’ 1 ren verfer ; ce sont apparemment les monstres du mers font intérieurement unies une a autre.

‘î 15 de Mêla. Les Persans avouent eux-memes qu st y a des ni ar-

La mer Caspienne n’a point de flux ni de reflux, ques auxquelles on peut connoitre la communicationCe «e sont que les vents qui la font monter ou bais- souterreine de la mer Caspienne avec le glose Per&>

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