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que. II y a dans ce dernier un goufire à deux journéesde Balsora, dans lequel la mer s’abyme Sc baisse con-sidérablement , & ensuite les eaux rentrant dans leurlit, il ne reíte plus la moindre trace de ce gouffre. Or,dit le P. Kircher, onn’en peut rendre d’aurre raison, si-non une certaine correspondance avec la mer Caspienne,qui étant agitée par les grands vents, envoye une partiede ses eaux dans la mer Noire , 8 c alors se trouvant horsdu niveau des eaux du Golfe Persique , celle ci vien-nent prendre la place qu’elles trouvent vuide ; mais lors-que le vent d o.uest rechaffe les eaux dans la mer Cas-pienne , alors elle renvoie au Sein Persique celles qu’ellecn avoir reçues.
Oléarius, Voyages , t. i. p- k 4 > nelì point dece sentiment, Sc ne laisse pas de le confirmer en partiefans le vouloir -, car il dit : Cette mer ne s’en enfle pasdavantage, Sc néanmoins on ne sautoir dire où toutesces rivières s’écoulent ; il y en a qui croient qu elle lesenvoie par des canaux souterreins dans 1 Océan. Les Per-sans nous disoient qu’auprès de Ferabat, entre les pro-vinces de Tabrissan Sc de Masanderan il y a un gouffreoù toutes ces eaux sc perdent dans une abyme, fous desmontagnes voisines mais d’autant qu’il faudroic que cegouffre fût quasi, aussi grand que toute l.i mer pour engloutir les eaux de tant de rivières, j ai de la peine à meranger de cette opinion. Au contraire, poursuir-i], je mepersuade aisément que Ion peut alléguer pour la merCaspienne les mêmes raisons qui empêchent 1 Océan desc déborder, encore qu’il y entre une infinité de. riviè-res , savoir qu’outre les brou,liards qui y règnent &qui en consument une bonne partie, le reste retournepar des conduits secrets aux sources des fontaines & desrivières, suivant la parole du Sage, que routes les ri-vières viennent de la mer Sc y retournent, soir que lapesanteur de l’eau de la mer qui n’est pas toute dans soncentre, pouffe ceile qui est plus bas vers les fentes dela terre jusqu’aux sources, & que cela sc faste avec tant deviolence , qu’en sortant elle s’élance plus haut que lamer même ; soit qu’il y ait dans la terre des veines quiattirent l’eau Sc qui la distribuent aux fontaines Sc aux ri-vières.
Le traducteur de l histoire des Tatars, fournit aussison sentiment fur cette mer. Je ne vois rien, dit il , quiempêche que ces eaux ne puiílent se vnider par le fondde la mer , de la même maniéré qu’elles y eut i ent par lesbords ; car . puisque tant de mines submergées, tant delacs & d’étangs formés par des tremblemens de terre nenous laissent pas douter que la terre ne soit toute entre-coupée de veines d’eau qui communiquent de tous côtésà la superficie , ces veines ne peuvent aboutir au fonddes mers que pour en recevoir I eau qu’elles rejettentfur la terre ferme par une infinité de sources. A moinsde cette circulation perpétuelle des eaux, il scroit im-possible que toute la terre ne fût submergée en très peude rems, si tant de rivières qui viennent de tous côtéssc dégorger dans les mers, dévoient tirer leurs sourcesd’ailleurs que de ces mêmes mers.
Cependant, poursuit cet auteur,on prétend qu’il y a unabyrne dans le grand golfe de Carabuga ( nous en avonsparlé dans l’article de la mer Bleue ) qui est: vers les 42deg. de latitude par où les eaux de cette mer doivent scvnider en partie ; Sc même un officier qui a été quelquerems prisonnier chez les Usbccks, a assuré qu’il avoirété sor ce golfe avec un petit bateau, & que ses rameursavoient eu befoifi de toute leur force pour pouvoir sc re-nie à la cote. U prétendoit que depuis Feutrée de ce golfèdans la mer Caspienne, 1 attraction du tournant cie cetteabyme, qui sc trouve vers le milieu du golfe,est si grande,que pour peu que 1 on s éloigné des bords, on ne peut pasmanquer d’êrre englouti pat la rapidité du tournant. Lenom de ce golfe qui veurdire, en langage carrare, BoucheNoire, paroit donner quelque autorité a cette notion ;cependant l’historien qui la rapporte ne veut pas la ga-rantir : Supposé même , dit-il, qu il y eut une semblableabyme dans le golfe de Carabuga, il est impossible qu’ìlsc puisse vnider par-là une quantité d eau proportionnée2 celle qui entre par tant de rivières en cette mer ; parconséquent, conclut-il, il en faudra toujours revenir auxfìltrations souterreines pour le restant de ces eaux.
Cet auteur fait la même faute qu’Oléarius, c’est de
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supposer chacun que le gouffre dont ils parlent est unique,ce qui ne paroit pas fort raisonnable. Celui d’01éari uSdoit être entre leTabristan & le Masanderan, ceft’ 2 "dire lur la côte méridionale. Celui de Carabuga est bienloin de-là, dans la côte orientale. En voila deux ; poutpeu que ceux-ci soient vérifiés, il s’en trouvera peut-être encore quelques autres, Sc voila la difficulté levee.Ce qu’un seul n’a pu absorber, d autres le eoiffumeiout.11 y a bien de 1 apparence que ce gouffre de Carabugacommunique avec la mer Bleue.
Outre les lai tares , on trouve fur les bords occiden-taux de cette mer, des Arméniens, des Juifs Sc des Ai a "bes.
Les Arméniens sont dispersés dans les territoires deMusckur, de Ruítan , & principalement dans celui deKaobaiiah. Lluíkurs d’emrt eux, 4111, avant la rébellion»étoient de tres riches marchands , lent ailés setablir 3Schamachie, à Derbend Sc à Rakti. Outte la lang ueAruicmcnne > ils patient celle qui est en usage dans I epays qu ils habitent. iss sent Chrétiens, Sc ont presquetous ues terres : mais on ure d’eux des contributions ph lSfortes que des Mahométans -, car, outre le tribut que cha-que haouant elt obligé de payer , on exige de chaque Ar-ménien un Katatsch , c’eii-adire une capitation. Ils onten général beaucoup souffert des rebelles, qui ont ruineleurs habitations. Les Legis , òc autres B .tbares , en o»temmené beaucoup avec leurs femmes, Sc leurs enfans encaptivité : il y cn eut quelques uns qui sc cachèrent dan sdes bois. 11s reviennent peu à peu , furtou^dans les terri-toiles qui appartiennent a la Ruffie , Sc y rétablissent letií svihages. 11 y a actuellement un cloute Arménien près deSchamachie, d’où on tue presque tous ies prêtres Armé'niens qui lont dans ces villages , tous les Arméniens son cobligés , par ordre du Chadschy-Daud-Kan, de portescomme les Juifs une piécededrap jaune fur leurs habû sà l’endroit de l’eltomac , afin qu on les recunnoislé , &que les Musulmans ne pêchent pas, en leur disant Sda # 1Ay\t ,, c’est-a due , D eu te benijje. 11 y avoir plus d’Aï"meniens dans le territoire de Kaballah que dans les au-tres , Sc on ne leur fie point de mal, parce qu’étant sortriches , ils fournissoienr de grosses contributions aUDaud Beg : mais ce Chadschy Daud-Kan ayant établiun de ses fils en qualité de Naib dans ce territoire eí>1727 , ce Naib entreprit de faire ambraííer le Mahomé'tisme aux Arméniens , leur imposa de grosses contribu-tions , Sc en fit circoncit plusieurs par force. Le Daud'Beg leur fit dire que son fils en avoir agi ainsi fans fa pat'ticipation , Sc que s’ils vouloitnr lui fournir une cer-taine somme, il leur accorderoit le libre exercice de leuïreligion-, ils la fournirent, Sc retournèrent faire l’oss cCdans leurs Eglises : mais les prêtres Mahométans les at-taquèrent comme renégats , Sc les forcerenr de retour-ner dans les Metschets : ainsi ils font Mahométans mal-gré eux.
Les Juifs sont aussi dispersés dans divers territoires >ont divers villages parmi les Chaitaki, dans le Schir-van , à Rustan, à Cuba ; il y en a quelques-uns qui so^rle négoce à schamachie. Ils parlent la langue en usag cdans les diíïérens territoires qu’il s habitent .- mais leurtRabins entendent l’hébrcu.’ Us vivent du produit de se tirsbestiaux-, trafiquent des esclaves Chrétiens-, ArménieMSc Géorgiens : mais ce commerce est actuellement àç*fendu à ceux qui habitent les lieux soumis à la Ru Use*Ils payent la capitation comme les Arméniens. La plu-part sont de la tribu de Juda . quelques - uns de cessede Benjamin ; ruais il y en a beaucoup qui ne faveurde quelle tribu ils sont ; 8 c les Rabins disent po urraison , que leurs prédécesseurs avoient été emmenés eUcaptivité de Jérusalem, par le roi de Moufloul ( Nint**}'qu’ils furent exilés en ces lieux , Sc que c’elí de ces exise squ’ils descendent. Les Juifs Sc les Arméniens sont etU'ployés aux ouvrages les plus vils & les plus pénibles, dou-leurs on ne leur laisse dc biens , que ce qu’il leur en fautpour leur subsistance ; ainsi ils sont fort pauvres. Ceux si' 11habitent parmi les Chaitaki. sont obligés de servir f* 1guerre , quand I’Asmey le leur ordonne. Lorsqu’un Ju",étant à cheval, rencontre un Musulman , il est obhr cde mettre pied à terre, fi le Musulman le lui ordonne,& en cas de refus 4 le Musulman peut le batoe , rsin .^qu’il le jugera à propos, fans cependant le tuer - & 1