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Tome quatrième. M - P.
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parlé aux mots Cercle & Longitude : ainsi je ne ré-péterai point ce que j’en ait dit dans ces articles. Leslieux situés fous un meme méridien ont la même longi-tude , parce que ce que l’on appelle longitude, n’elt quela diltance d’un méridien à l’autre.

Comme tous les méridiens íe terminent aux pôles ouils feréunissent tous, ii s’enfuit que les degrés de longitudefont plus grands fous f équateur, Sc vont en diminuantjusqu aux pôles. C’est ce qui fait dans les canes cette in-clinaison des méridiens qui y font marques ; & cetteinclinaison est ce que l'on appelle en géographie Projec-tion. Voyez. ce mot.

Qnoique chaque point du globe ait son méridien qui passepat les pôles Sc par un point de l’équateur, on compte lesdegrés de longitude par degrés depuis i. jusqu à 360. Ceseroit un avantage que tous les hommes convinssent d unpoint fixe fur le globe où passe le premier méridien.

La plus ancienne position du premier méridien, selonPithéas de Marseille, étoit à l'isle de Thulé, située àl’extrémité la plus orientale du monde connu alors ; maisil faut convenir avec le P. Riccioli que la Thulé desanciens Sc surtout de Ptolomée , n’est point l'Islande ,comme on le croit communément ; puisque Ptoloméela met au nord de l'isle d'Albion par les 30 degrés zomin. de longit. fur 6z deg. 15. min. de latit. pour lemilieu de l’isle ; au heu que le milieu de l’Islande estde zo. degrés plus au couchant & d’un degré Sc demiplus au nord que la Thulé de Ptolomée. Cependant il neseroit pas impossible que Pithéas, mieux instruit quePtolo-mée fur la vraie position de Thulé, ne l’eût véritable-ment placée où est l’Islande ; la partie orientale de l'Islandeest coupée par le même méridien qui passe à l’extrémitéoccidentale de l’isle de Fer. Ainsi l’opinion de Pithéasétoit la même à peu près que celle de Hondius.

La seconde position est celle d’Eratosthéne qui faitpasser son premier méridien par les Colomnes d’Her-cule à Abyla, en Afrique, près de Ceuta, & à Calpe > enEurope , près de Gibraltar. Ce méridien a été suivi parquelques Arabes.

La troisième est celle de Marin de Tyr 8 c de Pto-lomée qui placent leur premier méridien aux isles Fortu-nées , comme étant le dernier terme du monde connu enson tems ; mais Ptolomée les suppose fous un mêmeméridien , & c’est en quoi il se trompe.

La quatrième est celle d’Abulfcda , fameux géographeArabe. II mec son premier méridien au détroit de Gi-braltar, précisément 10 deg. à l’orient du méridien dePto-lomée. Alpharas& Aibiruni, auteurs Arabes, qu’Abulfedacite souvent, prennent de-là leur premier méridien ;mais Nassir Eddin & Ulug Begreportent 1e leur dix degrésplus à l’occiden. Par exemple,

j» Long. Latit.

Samarcan- \ Alfaras, 99 d. o m. 40 d. o m.

de est se- J Aibiruni, 88 d. zo m. 40 d. o m.

Ion ) Nassir Eddin, 88 d. zo m. 40 d. o m.

C Ulug Bcg, 99 d. 16 m. 39 d. o m.

II faut remarquer qu’Alfaras, Aibiruni 8 c Naísir Eddins’accordent pour la latitude , Sc qu’Ulug Beg s’en écarted’un degré. Pour la longitude, Alfaras Sc Ulug-Beg nediffèrent que de 16 minutes, Aibiruni & Nassir Eddinne différent point du rout, la raison en vient d’être ex-pliquée. Alfaras & Aibiruni ont leur premier méridienau détroit de Gibraltar. Nassir Eddin & Ulug-Beg ontle leur aux Canaries dix degrés plus à l’occident : ainsicette différence une foiy supposée quand elle est précisé-ment de dix degrés ils font d’accord.

Cinquièmement, les Indiens Sc quelques Arabes voyantque les autres astronomes comproient leurs longitudesd’occident en orient, selon l’ordre des signes, les ontvoulu compter d’orient en occident, selon le mouve-ment qu’ils attribuoieut au premier mobile. Ilsprenoiencleur premier méridien à Cancadora, l’extrémité la plusorientale qu’ils connussent ; mais, outre que ce lieu estpeu connu, nous n’avons aucune raison intéressante àle chercher.

Sixièmement, les astronomes Espagnols qui sc fontformés fur les tables Alfonsines, ont pris pour leur pre-mier méridien Tolède. L’abbé de Vallemonr prend occa-sion de ce méridien pour jetter un ridicule fur cette nation:mais il a tort. Les auteurs des tables Alfonsines ont choi-

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si Tolède pour leur premier méridien , parce que c’etoitle lieu de leurs observations. C'est ainsi que Ptolomée 3rapporté les siennes au méridien d’Alexandrie, Copernicles siennes à Frauenberg , Ticho Brahé & Kepler à Urani-bourg, Langeberg (Longomontamu) à Copenhague, SCM M. de l’académie royale des sciences à l’observatoircde Paris. Pigasct Sc Herrera s’en font tenus au premierméridien de Tolède, comptant indifféremment à l’orientou à l’oedident jusqu’à 180 deg. moiué de la circonfé-rence totale qui est de 3 6c.

En septième lieu, les Chinois comptent leurs longitudesde Peking, a l’orient & à l’occident : c’est ainsi que lestables géographiques font calculées dans l’Atlas Chinoisdu P. Martini.

8. Les Espagnols & les Portugais ayant de grandes dis-putes fur 1 eiendue que chacun donnoir à ses conquêtesdéja faites , & à celles qu’ils sc propofoient déja ; lepape Alexandre VI. tâcha dc les accorder en leur parta-geant le globe en deux hémisphères par une ligne méri-dienne qui devoir pasl'er à 36 degrés à l’occident de Lisbon-ne. Cette ligne détachoit, pour ainsi dire, le Brésil du lestede l’Amérique, de sotie qu’il demeurait aux PortugaisSc le relie de l’Amérique aux Espagnols, qui en échangepetdoient beaucoup du côte de Forient.

9. Cette ligne de Mur quation du pape ne leur plaisantpas, ils convinrent d’un autre méridien qui fut nommela ligne de la Démarcation. Elle passe à trois cens soixante-dix lieues de l’isle de S. Antoine, la derniere de cellesdu Cap Verd.

Quelques navigateurs, croyant avoir remarqué que Fai-guille de la boussole 11e déclinoit point du tout de la méri-dienne auprès des Açores, ont fixé à ces sises leur premierméridien ; mais tous n’ont pas choisi la même sise.

10. Les uns , comme Jansson dans fa mappemonde del’an 1604. Sc dans celle de l’an 1607. Nicolas Fischer ouVisscher, en latin Piscator dans son or bis maritimus 8 cautres, ont pris ses isles ses plus occidentales , favoitCorvo & Flores qui font fous un même méridien.

11. Robert Dudley, dans son livre Arcano del Mare »prétend que la boussole est exactement tournée vers sepose, mais dans le méridien de Pico. Ainsi il comptetoutes ses longitudes de l’isle de Pico, qui lui sert de pre-mier méridien, pour tout 1e calcul des longitudes de cegrand ouvrage.

1 z. Plusieurs géographes, comme Jansson dans ses pla-nisphères, Ortelius dans fa mappemonde, Gérard Merca-tor 1e Jeune , Pierre Bertius dans son Ettropa contracta >8 c autres, par les raisons prises du peu de déclinaison dela boussole en certains parages., ont fait passer leur pre-mier méridien par l’isle du Feu, l’une des isles du Cap-Verdj d’aurrcs Font fait passer par l’isle de S. Vincent;c’est ce que Godefroi Vendelin appelle le MéridienAtlantique d’autrespar l’isle de S. Nicolas. Ces méri-diens coupent l’Islande vers fa partie occidentale plus oUmoins, selon l’isle que ces auteurs choisissent entre cellesdu Cap Verd.

13. Ces méridiens pris des isles du Cap Verd, laissentles isles Canaries à l’orient Sc à environ cinq degrés plusou moins, selon l’isle déterminée. II semble que l’on enrevienne aux Canaries. Ptolomée & ses Arabes qui Fontsuivi, ont disposé les géographes à cette préférence : maison n’est pas d’accord fur 1e point des Canaries ou doitêtre fixé le premier méridien. S’il étoit vrai, connuePtolomée Fa cru, que ces sises fussent fous un même méri-dien , & ce qui est la même chose, siir une même lignenord Sc sud , la difficulté seroit aisément levée : mais sty a plus de cinq degrés Sc demi de différence dans leurlongitude. II a donc fallu choisir un lieu entre toutes cesisles, Sc c’est furquoi les scntimens sc font partagés»Jansson dans ses quatre parties du monde publiées est16Z4. Guillaume Blaeu dans son atlas, Sc beaucoup d’au-tres Hollandois trouvant dans ses Canaries Fisle de Tene-rif où est le fameux Pic , haute montagne que l’on voitde très loin en mer, ont cru que la Providence avoir rois"là certe especc de borne pour servir 'de premier méri-dien. Nicolas Visscher dans fa mappemonde & quantit®

d’autres .Hollandois s’y font conformés ; auffi quelques-

uns ont-ilsappellé ce méridien IcMìridien Holeandois»

14. D’autres géographes ont choisi la côte occiden-taje de l’isle de Palma, fur la fausse supposition que l’isl®