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en tirant au midi, & ces cinq mille stades » évaluées enmesure astronomique, font sept deg. d’un grand cercle ,donnent la position de la ville de Méroé à iy degrés &demi de l’équateur. Cette position de la ville de Méroé ,qui se rapporte assez juste à celle que Ptolomée lui donneau quatrième livre de sa géographie, est encore confirméepar un autre passage de Pline > qui dit que la ville de Mé-roé n’a,point d’ombre , non plus que celle de Syene, &.que cela arrive deux fois Tannée , lorsque le soleil est audix-huitiéme degré du taureau , ôc au quatorzième dulion. In Meroe , qu& eft caput gémis JEthiupum , bis inanno abfumi umbras ,fole duodevicefimam tauri partem ,&quartam-decïmam leanis obtinente. Or il est sur que,quand le soleil est dans les degrés que je viens de nom-mer, il a environ seize degrés & demi de déclinaison,qui est la latitude que les anciens ont donnée à la ville deMéroé, & qui résulte de son éloignement de celle deSyene. Je pourrois encore prouver par les climats la po-sition de la ville de Méroé. Les anciens Tont mise aumilieu du premier climat, dont le plus long jour est de15 heures, ce qui donne par le calcul 16 deg. & demi,qui est la même latitude que nous avons donnée à Mé-roé fin- les observations & fur son éloignement de la ville
de Syene, J’ai négligé dans ce calcul la réfraction, parcequ’eile ne fait pas une différence notable. L’isle de Mé-roé étoit formée par la rivière du Kil , & par deux au-tres qui venoient du coté de 1 Orient, comme nous avonsdit. InfíUunt in Nilum , dit Strabon, duoflumina ab Orien-te delata , & Meroem ingentem insuíam complechtntur.Je ne fais si les anciens ont connu d’autres rivières quecesdeux-là , qui fe jettent dans le Nil du côté de To-rient ; mais on voir par les mémoires de du Roule , qu’iln’y en a que deux de considérables ; la rivière de Tacaze& celle de Dender. La riviere de Tacaze , grande com-me la moitié du Nil, a bien Tair d’être l’Astaboras desanciens ; c’est l’opinion de Jean de Barros , le Tite-Livedes Portugais » & deux choses ne permettent pas d’endouter. La premiere est que, selon les Jésuites qui ontété en Ethiopie . elle entre dans le Nil à dix-fept degrés &demi de latitude, qui est à quelques minutes près la mêmehauteur que Ptolomée donne à Tembouchure de TAsta-boras, sept cens stades au-dessous de la ville de Méroé »comme on volt par Strabon , par Diodore & autres. Laseconde . qui me fait croire que le Tacaze est la memeque TAstaboras , est que cette riviere ■ s’appelle autre-ment Atbara , comme on le voit parle rapport de Scheiksde Nubie , ôc par celui d’un Récollet qui a passé cette ri-vière , en allant en Ethiopie. Or les noms d’Atbara &d'Astaboras ne font pas fort différens. Je suppose quePAtbaraest son véritable nom,&que les Grecs Tont altéré.Pour la riviere d’Astape, ce fera apparemment celle deDender ; car il n’y a que deux rivières considérables,Atbara ôc Dender , qui entrent immédiatement dans leNil du côté de Torient. Détendue du pays que j’ai désigné ,est à peu près la même que celle que les anciens ont don-née à Tisie de Méroé. Diodore & Strabon Tont fait lon-gue de trois mille stades, & large de mille, c’est-à-dire ,qu’ils lui ont donné cent - vingt lieues de longueur furquarante de largeur , ôc cela fe trouve ici à peu de choseprès, au lieu qu’il s’en faut bien que le royaume de Go-jame,ni la presqtTiste formée parla riviere deMareb,approche de cette étendue. Détendue & la figure queDiodore & Strabon donnent à Tiste de Méroé , convientassez aux pays dont je parle, c’est-à-dire , celle d’unbouclier. Quelqu’objection qu’on me fasse, je répondsque ce font ícs rivières qui font la figure & la plus gran-de partie de ce plan , & que ces riviere* avec leurs sour-ces , leurs cours ôc leurs embouchures, font tirées de lacarte que les PP. Hieronymo Lobo, François d’Almeida,& autres Jésuites Portugais ont faites fur les lieux, qu’el-les font prises de la déposition dés Scheiks de Nubie,interrogés séparément par du Roule, des itinéraires desJésuites François , ôc du sieur Poucet , dont le pereGobien a fait imprimer le voyage, & quelques autresvoyages manuscrits des Recollets Italiens, envoyés dans^e pays par la congrégation de la Propagande, dont j’aieu les copies collationnées. Outre les convenances quej’ai rapportées entre Tisie de Meroe ôc le pays que jepropose pour la représenter, on y peut joindre les pluies,la fertilité du pays, ôc la chasse des éléphans. Strabon dit
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que les pluies réglées ne commencent qu’à Méroej ôcPline , que [ceux qui furent envoyés par Néron P° araller chercher les sources du Nil, commenccrent à trou-ver dans ces endroits des arbres ôc des herbes ; Héros*demum circa Meroem sylvarumque aliquid apparus^ >ceiterasolitudines. Et c’est la remarque que le pere Breve-dente a faite dans ces mêmes endroits. Nous quittâmes»dit ce pere , la ville de Corti & ía riviere du NU »pour entrer dans le désert de Bibouda. On commença 3voir des arbres & des herbes, les pluies commençant 3se faire sentir dans ces quartiers, au lieu que tout le refl®jusque-là n’est arrosé que par le débordement du N^ 'ou par le'moyen des machines qui élèvent ses eat>X,pour les répandre fur les terres, & c’est ce que Poucetdéclare aussi dans son itinéraire, lis pouvoieni bien dú e >comme Pline , esttera solitudines , eux , qui avoie llEmarché plusieurs journées dans des sables ou dans desterres arides, où ils n’avoient trouvé ni eau, ni herbe»ôc rien autre chose que des affreuses solitudes, ôc c’elfans doute dans ces lieux déserts que Cambyse , roi dePerse , ayant perdu une partie de son armée, fut oblig 6de retourner en Egypte , sans être parvenu jusqu’à cettepartie d’Ethiopie , qui commence à être cultivée ôc M"bitée : mais Grecia Nendax a dit que Cambyse avojtpris Méroé , ôc qu’il avoit changé le nom qu’elie portottauparavant en celui de fa sœur, qui s’appelloit Méroe»ôc que cette princesse y étant morte, elle y avoitenterrée. On a fort loué la fertilité de Tisie de Méroe,ôc le grand nombre de ses habitans , ôc cela convientencore parfaitement bien au pays donr je parle. Le p e ‘ ePauler , Jésuite , dit qu’au-delà du Nil, vis-à-vis d £Sennar, le pays fourmille de monde , & que Ton y v oltmille & mille petits hameaux répandus dans toute 1*campagne. J’ai une route de la même ville de Sennar 3Souaquem , isle ôc port de la mer Rouge , où il est dj Eque le pays que je décris , est bien cultivé & bien peuplaEt dans la description de Nubie , faite par du Roule s Lltle rapport des gens du pays , il paroît que dans ces en'droits la terre est d’uneli grande fertilité , que Ton y s 3lCtrois récoltes par an. Enfin, c’est un peu au dessus deMéroé que Ton commençoit à voir des éléphans, sel 011Pline.Les Ptolémées, rois d Egypte, entr’autres le farr.eU*Philadelphe , qui s’estsi fort attaché à la connoissance y®la nature & des beaux arts, envoyoient vers ces endrot[ sà la chasse de ces grands animaux , ôc avoient fait b^ lCquelques places pour la commodité de ceux qu’ils yvoy oient, ôc Ton a remarqué dans la route de Senn aCà Souaquem , dont je viens de parler, qu’au-delà de ; 3riviere d’Atbara, vers la même hauteur qui est désig neepar Pline, on trouve dans les montagnes des élépbs sen quantité. 11 me semble que pour achever de rendsma conjecture plus vraisemblable , 31 ne saudroit P*,que trouver la ville même de Méroé dans l’isle , dont Jviens de parler , ou au moins en découvrir les rui* ,ou les vestiges. Si Ton en vouloir croire Jofephe ôcliodore, qui la mettent à la jonction du Nil & de 1 ’^'staboras, il n’y auroit qu’à chercher le confluent dedeux rivières, qui ne sautoir être douteux ; mais on j 31assez que l’histoire éthiopique d’Héliodore n’est si lll ' croman , ôc il y a bien de Tapparence que Thistoriette si 1 'fait Jofephe touchant Texpédition de Moïse en ÊthioP ,e Jlorsqu’il étoit, dit-il, a la cour de Pharaon, & 8^ n , e u gde ses troupes, ne mérite pas plus de croyance, puisqu £ jne se trouve ni dans TEcriture , ni dans Philonain 'vaut mieux s’en rapporter à Strabon, qui dit quede Méroé étoit sept cens stades au-dessus de la jonch ade TAstaboras ôc du Nil, ou à Pline, qui y metXante ôc dix mille pas. On trouve vers ces endroit®ville de Guerri , que nos voyageurs disent être uneplus considérables du pays. Ne scroit-ce point ce sid’autres appellent Méroé 011 Gueguere, par une es?, ^de rédupheation ? Mais il y a peut-ête de la ternes 1 '^pousser si loin des conjectures, Ôc Tacadémie fait P ^session d’une sevère exactitude dans la recherchevérité. j--
MEROM , ou Marom , les Eaux de MfRO* 4 . j e squées dans Josué , c. n.v. y. sont, à ce qu’on cs0lC ,’ r g-eaux du lac Séméchon , puisque la ville d’Hafar, ou' . -gnoit Jabin, étoit fur ce lac, comme le dit Joseph- s* ^/. c, 6. ôc qùe Josué dit que Jabin ôc les rois fer 3