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Tome quatrième. M - P.
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2.42. MES

réparer, & d’en construire. Auguste, Tibere, Caligulamême, Claude, Vespasien, Tire, Domitien, Trajan,&c. embellirent le monde par des grands chemins. Pourla manière dont ils croient construits, Voyez. Bergier ,dans son admirable ouvrage fur les grands chemins ,ëc Vitruve.

On plaçoit de mille en mille des pierres quimarquoientla distance du lieu où elles croient, à la ville d’ou onvenoic, ou à la ville où l’on alloir. C’étoit une inventionutile de Caius Gracchus, que l’on imita dans la fuite.Tous les chemins militaires du cœur de l’Iralie ne feterminoient pas aux portes de Rome, mais au marche(forum), au milieu duquel étoit la colomne milliairequi étoit dorée , d’où lui venoic le nom de millìariumaureum. Pline & les autrës ; écrivains de la bonne anti-quité prennent de cette colomne le terme & 1 originede toutes les routes. Pline, L z > e. y. dit • Ejusdem Jpatiimensura currente àmillíario in capite fori Romani statut o.C/est de là que fe comptoient les milles ; & commeces milles étoient distingués par des pierres, il s’en for-ma l’habitude de dire a d tertium lapidem . ad duodeci-mum , ad vicejìmum , &c. pour dire à trois milles, àdouze milles , à vingt milles, ëcc. On ne voit pointque les Romains aient compté au-dela de cent, ad centefl-mum , íorsqu’il s’agiffoit de donnera quelque lieu unnom pris de fa distance. Bergier croit que c est parce quela juridiction du vicaire de la ville ne setendoit pasplus loin. Quoi qu’il en soit, il y avoir de ces colomnesmilitaires dans toute l’étendue de l’empire Romain, 8 cfans parler d’un grand nombre d’autres;on en voipéneoreune debout à une lieue de la Haye dans la níaison decampagne de la noble famille de Perfyn. On y voit lenom de l’empereur Antonin. Les colomnes fous les em-pereurs portoient d’ordinaire les noms des empereurs,des césars, des villes ou des particuliers qui avoientfait faire ou réparer les chemins, quelquefois aussi reten-due du travail qu’on y avoir fait ; & enfin la distancedu lieu où elle étoit à l’endroit du départ, ou au termeauquel ce chemin menoir.

Tout ce que je viens de marquer, ne regarde que lesvoies militaires. Les Romains avoient encore des cheminsd’une autre espèce. Leur mot Iter, qui est générique,comprencit diverses espèces, comme le Sentier. ( Semita )pour les hommes à pied ; Le Sentier pour un hommeà cheval , ( Callis ) ,• les Traverses (Tramites ). Les voiesparticulières, par exemple, avoient huit pieds de largeurpour deux chai rots venant l’un contre l’autre. Le che-min pour un simple chariot ( aílus) n’avoit que quatrepieds ; le chemin nommé proprement iter pour le passaged’un homme à pied ou à cheval n’en avoir que deux.Le sentier n’avoit qu’un pied ; semita semble être com-me si on disoit semi-iter. Le sentier pour les animaux(Callis ), n’avoit qu’un demi-pied. La largeur des voiesmilitaires étoit de soixante pieds romains; vingt pourle milieu de la chaussée, & vingt pour la pente de cha-que côté. Toutes les routes militaires,& même quel-ques-unes des voies vicinales > ont été conservées dansun détail tres-precieux dans l’itinéraire d’Antonin ; ouvra-ge commencé dès le tems de la république Romaine,continué sous les empereurs , 8 c malheureusement altéréen quelques endroits par les copistes. L’autre est la tableThéodosienne, fait du tems de l'empereur Théodofe,plus connue fous le nom de table de Peutinger, outable d’Augíbourg, parce qu’cllea appartenu aux Pcutin-gers d’Augíbourg; Velfera travaillé à réclaircir. II y along-tems que je recueille de quoi donner une éditiond’Antonin plus exacte que celle de Zurita , qui esttrès-vicieufe en une infinité d endroits. J efpere de publierce travail aussitôt après que l’impreffion de ce diction-naire fera achevee. Revenons aux chemins militaires

des Romains. , .

Ce qui en est resté jusqu’anjourd nui nous fait.connoî-tre qu’ils étoient, généralement parlant, fort droits.Telle est la voie Appienne , que l’on voit encore presquetoute entiere entre Rome & Capoue , quoique construiteplus de crois cens ans avant Perc Chi etìenne* Elle traver-soit en ligne droite les marais Pontins que Ion avoircombles en cet endroit; en d’aurres routes Ion avoirperce des montagnes, comme l’on voit encore au lieu,nommé autrefois Imercifa , 8 c aujourd’hui Lasso Forato,

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où la voie Flaminienne traverfoit le mont Apennin. âOutre que ces chemins étoient droits, ils étoientuniformes dans touc fempire. Cinq pieds pour un P* iS ’mille pas pour un mille, une colomne ou une pierreavec une inscription à chaque mille. Mercure érant re-gardé par les Grecs & par les Romains comme le rnest a S crdes dieux , les voyageurs fe mettoienr fous fa protecti 00 *On érigeoit souvent sur les grands chemins des pienesen son honneur, soit pour rassurer les voyageurs patl’idée que ces pierres leur rappelloient de la proreéh° nde ce dieu, soit pour s’acquitter d’un vœu que q l ‘ el "qu’un lui avoir fait dans le danger, ou dans la vue u enobtenir un bon succès de son voyage. Ces pierres étoientcarrées , & on les appelloit Herm^e; nous avons remar-qué au mot Hermes que c’étoit le nom que les Grecsdonnoient à Mercure. Voici l'inscription d’une de ce*pierres, trouvée en Espagne , auprès de Zamorra > copL epar Florian d’Ocampo > & rapportée par Zurita dans st» 1commentaire fur Antonin.

DE O MER....

V 1 A C O.

M. ATíLIUS.

SILONIS. F.

QUIR. SILO.

EX VOTO.

Viácus est un surnom de Mercure, comme dieu de*grands chemins.

Quand j’ai dit que les mesures itinéraires étoie» 1uniformes dans tout l’empire Romain , cela doit s’enten"dre des mi:les ik des stades romains ; car rien n’evapccbeque des auteurs qui ont écrit en grec > ne fe soient fe sVl *de stades distéiens de ceux des Romains t c est ce quoi 1va voir ci dessous. Ees Gaulois & les Espagnols avoientleurs lieues que nous expliquerons aussi ; mais une chosequi mérite d’être remarquée, c’eít qu’encore aujout"d’hui les anciens milles romains de 75. au degré st» lCen usage entre les pilotes de Li Méditerranée. Ceux &1 Océan font les leurs plus grands d’un cinquième, &ils n’en mettent que soixante dans le degré , c’est-à-dire»que leur mille, qui est le mille italique, répond à u slCminute de degré. On le peut nommer Italique , parc®qu’il est usité dans plusieurs provinces de lTtaìie.

Mesures itinérairesILES GaVLOIS , DES GERMAINS ,et des Espagnols.

Nous entendons ici par les Gaulois les habitai 15la Gaule, depuis Jules César jusqu’à la chute de 1 ,

Romain. Ces peuples se servoient du mot Leuca ,

Lega , dont nous avons fait le mot Lieue. Che? ^la lieue étoit de cinq mille coudées romaines, ct ,acoudée, d’un pied & demi , au lieu que le mille roi»n’étoic que de cinq mille pieds, cinq pieds pour 1111La lieue gauloise étoit donc au mille romain, c0ÍIÎ cC9 à 6,6 à 4, la différence toujours d’un tiers. Voy cZ ^que nous en avons dit aux mot Leg , Leuca 3. &

Nous y avons rapporté les passages qui prouvent sila lieue gauloise étoit d’un mille 8 c demi romain- jbon d’avertir ici que Bergier & quantité d’autre S ‘ cconfondent l’ancien mille romain avec le milled’aujourd’hui, disent qu’un mille italique & 1111fait la lieue gauloise , ce qui 11’est pas vrai, à moins sine veuille dire que du tems d’Antonin le mille r f c e ^ fétoit le même que l’italique, ce qu’il seroit aisé de»re> ^,puisqu’i! compte de Bologne à Modéne vingt-cinq n Tjj ci -qui font des milles romains, & il n’y a que vingts c,sitaliques : ainsi la lieue gauloise est d’un cinqui en ‘ c jj) C spetite qu’un mille italique ëc demi, de soixanteau degré. x foX\è

Voici un passage pris d’un traité des mesures y ^5par Rjgaut entre les auteurs Finïum Régies 0 ' u '- a n>r:tmots en sont remarquables. ífiud fclendum efli ^^erd-mensura qua ad viatores , feu ad c tir fore f P er ^ QfpoMinima pars Jladìum c fl , habens pafliis c. xX \stadia milliarium reddunt mille pajfus habentei 71 -externr lut Ó“ dimidias apud Galles , Icuvarn facít > .

pajfus mille quìngentos : dua leuvœ ,sive milliard rr rjfóífGermanos imam rafiamefficmu.C’cíidí-âue, il