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Tome quatrième. M - P.
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, qui nc connòiflant pas assez la véritable grandeur^ Cs milles anciens, ont voulu mal-à-propos corrigerXie mesure exacte & uniforme par une autre fort in-c 8ale & fort incertaine. Cluvier entre autres, un de nosplus célèbres géographes, qui a donné un ouvrage siample & si détaillé fur 1 ancienne Italie, fur lequel Hol-stenius & Cellarius n’ont presque pas pu encherir,Cluvier , dis-je , n’a pas fait de difficulté de reprendreEu plusieurs endroits les anciens, & de vouloir réglerl^urs distances fur celles d’aujourd’hui. * Histoire de Pa-ndémie royale des Jeté»ces , année 1714. p. a J o.

Voici des preuves incontestables de Terreur des mo-dernes fur la valeur de l’ancien mille romain , dont 71font un degré; c’est la différence d’un cinquième, &cette différence fe trouve dans tous les égare mens desgéographes, quand on les examine fur l’ancienne mesurequi en récompense, s’accorde parfaitement bien avec lesdistances que fournissent les observations astronomi-ques.

Les anciens donnent 15 milles à la distancé de Bo-logne à Modéne. L’itinéraire d’Antonin marque plusieursmis cette distance, & toujours de 2.5 milles. La table dePeutinger la fait aussi de 2j milles. Les modernes necomptent que vingt milles de Tune de ces deux villes

à l’autre. * , p. 186. 194.

, Les observations dc Tacademie, faites a Rome oc aFlorence, nous ont donné la véritable situation de cesd eux villes, tant en longitude qu en latitude. Cette fi-xation est très-différente de celle que les modernesfuppofoîent. La différence des méridiens entre ces deuxvilles fe trouve plus petite de 45 minutes qu’ils ne TontE^u; Sc leur différence en latitude fe trouve plus grandede ro; cependant l’éloignement entre ces deux villesdans ces hypothèses , ne laisse pas d’être le même ; mais£°mme les modernes supposent que le degré contenoitsoixante milles anciens, ils ne peuvent y accorder les,a ances de la route nommée via Cajfia ( la voieCas-

dist

^ sl ne ) q u { conduifoit de Rome à Florence. Ils fontk°nc obligés d’en altérer les distances ; & lorsque Stra-ss 11 -, t- j. dit que la ville d’Arezzo est à mille stade

: stades ou

. vingt mille pas de Rome > tirant vers le mont Apen-11 » Clavier veut que cette distance se prenne du montPennin } & n on pas de la ville d’Arezzo; au lieu quev r n otte mesure des anciens milles réduits à leur va-^ Ur >nous expliquons à la rigueur ce passage de Stra-> & les itinéraires anciens ; ce qui fait voir leurî’a , u de & leur conformité avec les observations desdemic. Lés modernes n’ont pas mieux expliqué lesV . ,CnS dans la description qu’ils ont faite de la célèbreç, '0 Appienne, que Ton dit avoir été continuée par-;8iUs César, depuis Capoue jusqu’à Blindes. Strabonlt que cette derniere ville étoit éloignée de Rome parJ^ te route de ;6o mille pas. Ainsi, quoique Cluvierre ette Entre ces deux villes à peu près la même diffé-Ce en longitude qui résulte des observations, nesu Vant > cependant, accorder son hypothèse sur les mé-a res av ec cette distance rapportée par Strabon , nic j c celle des itinéraires anciens, il les a altérées d’un. ffXeme; c’est à dire , d’autant que fa mesure est éloi-ee de la véritable. * Hijioire de t académie , année

o 4 4 2J0 -

U n . fut ces mêmes principes que Olivier ayant trouvéfy e Xfcription dans la bourgade de Polla, au royaume dedç 3 1 s ' laquelle rapportoit les distances de cette branchere a voie Appienne, qui conduit à Reggio , la voulup 0 j., rc ( fufpc6te , parce que ces distances étoient op-u f® s 2 F'^ée qu’il s’étoit faite des mesures des anciens.Xès teil ‘ us - qui Ta vue aussi bien que' lui, Ta trouvéePu ~ aut ^ cn tique : la voici. Viam feci ab Regio ad Ca-lar ^ 15 & * n ea via V ont:es omneí ■> MilliarioS , label-qi l J )S t Ue Pofìvl ; Hincce sunt Nuceriam milita quin-autr’^n unum - Captta oEloginta-quatuor. Et ainsi deso u , es HEux de cette route dont les distances font mar-papp.’.^ ces distances, dont la plupart font confirméesCe "utetaiie d’Antonin , concourent à la situation dec ien VS *1 te ^ e ssu’elle résulte de la réduction des an-S milles à leur véritable valeur.quqi s 0n seulemenc * es modernes se sont trompés, lors-ont voulu contredire les anciens, mais ils les ontm expliqués, lorsqu’ils ont voulu les suivre. La

Lombacdie, qui répond pour sa plus grande parue aupays que les anciens appclloient (rallia Togata, est tra-versée en ligne droite par la célèbre vois Emilienne > &par d'autres routes dont íes distances font marquéesdans la table Théodosienne, ( ou de Peutinger ), quiest la feule carte géographique qui nous soit restée del’antiquité , dans ^itinéraire d’Antonin, & dans celuide Bordeaux à Jérusalem , dont sauteur est inconnu.Les modernes ont voulu suivre dans ces endroits les di-stances des anciens, mais ils font tombés dans un au-tre inconvénient; car réglant par C es distances les longi-tudes des villes, fur là fausse idée qu’ils avoient des me-sures anciennes, ils ont donne trop d’étendue à ce payspar rapport à la circonférence de là terre , mettantcinq degrés vingt-cinq minutes en longitude de Nice àBologne ; au lieu que par les observations faites en cesdeux villes , il ne se trouve que quatre degrés treize mi-nutes, c’est un cinquième de moins; & comme nousavons fait voir que le mille ancien étoit d’un cinquiè-me plus périr que les modernes ne le supposent, il estclair, que cette correction importante de la longueurde la Lombardie » fondée sur ies observations de l’aca-dérnie, revient parfaitement aux mesures des ancienscontre Topinion des modernes.

II fuit de-là que l’étendue du même pays du sep-tentrion au midi, que les modernes ont aussi réglée àleur manière fur les mesures anciennes, doit se trouverplus petite d’un cinquième par les observations , s’il estvrai, comme de l’Isle l’aavançé, que ces observationssoient conformes aux mesures des anciens. Cassini a ob-servé la latitude de Gènes de 44 deg. 25 min. & Petitcelle de 46 deg. 10 min. à celle de Trahone dans laValrelirie, & le résultat de ces deux observations donneaussi un cinquième de moins entre les parallèles de cesdeux villes , & c’est précisément ce que les modernes yont mis de trop. De l’Isle a fait une double carte , où ila tracé Tltálie, la Grece & les côtes de TAfrique, se-lon le préjugé ordinaire ; & par d’autres traits ces mê-mes lieux, selon le calcul rectifié sur les observationsastronomiques & fur les mesures des anciens, évaluéesà soixante &: quinze milles romains pour le degré. Ony volt, par exemple, que la situation de Gènes don-née par les observations, est fort éloignée de celle queles modernes lui donnent ; mais quelque extraordinaireque cette correction paroisse, il est encore plus surpre-nant que les mesures des anciens y reviennent ; & quenos auteurs modernes s’en soient tant écartés.

La troisième faute des modernes, est de n’avoir eu,ce me semble, aucun égard en certains points aux mesu-res des anciens , & cette faute est telle, qu’au lieu quela précédente leur avoir fait étendre certains pays, celle-ci leur en a fait trop étrecir d’autres. La distance deRome à la mer Adriatique, est beaucoup plus grandeselon les observations, que selon les modernes. On peurvoir dans la dissertation même de de Tisse un plus granddétail des preuves.

Les Latins exprimoient leur mille par ces mots, MilleFajjus , ou M. P. ou Mil tiare , en sousentendant lemot Saxiim , pierre, ou Milliarius , en sousentendantLapis-, car les grands chemins distingués par millesavoient des pierres, fur lesquels étoir gravé le nombredes milles qu’il y avoir de-là à la ville d’où la routecornmencoir. Nous parlerons ensuite de la lieue Leuca,quand nous aurons donné ici une idée des grands che-mins romains, où les milles étoient si régulièrementmarqués.

Des grands chemins Romains.

Les chemins font aussi anciens que les habitationsdes premiers hommes. On attribue aux CarthaginoisTai t de paver, ou ce qui est la même chose » Tare dcrevêtir les chemins de pierres & de cailloux maçonnésavec du fable. Toutes les nations policées ont eu soind’établir & d’entretenir des grands chemins. Les Athé-niens , les Lacédémoniens, les Thébains, y apportèrentune singulière attention : mais les Romains qui étoientfaits pour surpasser les autres peuples en tout, firentdes grands chemins d’une magnificence jusqu’alors in-connue. Ils établirent des magistrats pour en avoir foin :les empereurs né dédaignèrent pas de se charger de lesTom. IV, H h