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Tome quatrième. M - P.
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du lac, Sc l’autre au-dessus fur une hauteur, qui aune belle esplanade. O11 y voie un château antique,où réside le bailli, que les Bernois & les Fribourgeoisy envoient tour à tour pour cinq ans. * Etat & Dé^lices de la SuiJJe , t. 2. p. 3 f 4. Sc suiv.

La vHle de Morat est célèbre par trois sièges mé-morables qu’elle a soutenus : le premier (a), e n 1032 ,contre l’empereur Conrad le Salique-, le second (b)en 1292 , contre Rodolphe de Habsbourg ; & le troi-sième (c) en 1476, contre Charles le Hardi, der-nier duc de Bourgogne. Ce dernier fut suivi de cettebataille mémorable , qui fut livrée aux portes de Mo-rat , entre ce duc Sc les Suisses, Sc où le premier futvaincu & son armée mise en déroute, de façon qu’ellelaissa tout son bagage Sc ses munitions en proie auxvainqueurs. Les habitans de Morat en célèbrent la mé-moire de rems en temspar des fêtes & des réjouissances.On voit encore en quelques endroits des murailles lesbrèches que firent les boulets de canon. Quand onconsidéré aujourd’hui l’état des murailles & des forti-fications de cette ville, on ne peut concevoir commentelle put tenir tête à une armée comme celle du ducde Bourgogne. On voit dans la maison de ville le por-trait de ce duc, Sc c’estle même qui fut trouvé dansfa tente. II y paroît à demi-corps, la tête presque rasée,comme celle d’un moine , Sc avec un air très-fie r. ( a)Wipo, In vira Conrad! Salici, (b) Fugger , OestreichischEhren Spiegel. (c) Etterling , Chronic.

Le grand temple est ce qu’il y a de plus remarqua-ble à Morat : 11 a été bâti depuis peu d’années. La nefest voûtée, & il y a un très-beau plafond de plâtre ,orné des armes de Berne Sc de Fribourg, Sc de cellesde la ville. La rue, qui est près de ce temple, est bor-dée des deux côtés de maisons, dont les devans sontfaits en arcades > tellement qu’on y peut passer à l’abrides injures de l’air. Cette ville est riche. Elle a unbeau domaine, entre autres la seigneurie de Chatel.

A un quart de lieue de Morat, on voit sur le grandchemin d’Avenche, une chapelle remplie d’ossemensde Bourguignons qui périrent dans la bataille Sc dansle siège en 1476. Au-dessus de la porte de la chapelle ,on lit cette inscription singulière que les Suisses y ontfait mettre :

Deo op t. max.

Caroli inclyti et forîissimíBorgundiì ducis exer.citus,

Muratum obsidens ab HeiVETIISc je sus hoc sur monumentumreeiquit, a n n o Mccccmyi.

Le territoire de Morat est un pays de vignes, aussibien qu’unc partie du bailliage, Sc entre autres les Vul-lies ; mais le vin en est médiocre. Le reste est un paysde champs, de prés, de bois 8 c de marais. La Broyé,sortant du lac de Morat, forme un canal d’une lieuede long, & va se jette r dans celui d’Yverdun. Par cecanal on peut aller de Morat dans le lac d'Yverdun,Sc par ce dernier à Yverdun , à Neuchâtel, Sc de-làdans le lac de Bienne, & ensuite dans l’Aare, & del’Aare dans le Rhin , ce qui rend Morat assez com-merçant. Au bord septentrional du lac de Morat, &à l’occident du canal de Broyé, on trouve un grandmarais qui touche les trois lacs voisins, Sc qui a quatrelieues de tour. Quand la Broyé est débordée , ce maraisest tellement inonde que les trois lacs n’en font qu’un ,& il y a grande apparence qu’anciennement tout celan’étoit qu’un lac. Ce marais sert de pâturage aux com-munautés voisines. II ne seroit pas impossible de ledessécher ; mais il faudroit bien de la dépense : cepen-dant on en seroit bien dédommagé par le terreinquel’on gagneroit.

Le lac de Morat peut avoir 25 brasses de pro-fondeur. Le poisson qu’il nourrit est beaucoup plusdélicat que celui du lac de Neuchâtel, quoique cesdeux lacs soient peu éloignés l’un de l’autre. * Etat& Délices de la Suisse , t. 2. pag. 3 .

Le bailliage de Morat se trouve fur la routed’Avenche à Berne (a). 11 appartient en commun auxcantons de Berne & de Fribourg. Ce bailliage est auxfrontières des deux langues : car dans la partie qui est

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au nord & à l’orient de Morat on parle a ^ nia ^Sc dans la partie qui est au midi Sc à l’occid en ,

partie qui est au midi esc à row«*--- ^Morat, même dès le village de Meki, en al' c ®'Merlach , qui est aux portes de la ville , on parlecois ou romand. Dans la ville de Morat les d eUX egués sont également en usage. II y a deux égli leS > | }

françoisc, qui s’affemble dans les deux templ esville, comme étant la plus ancienne ; Sc J’autremande, qui s’assemble dans les mêmes templ eS ,que l’église françoisc ne les occupe pas, Sc dan s ^temple qui est hors de la ville, dàns le vill 3 ^ ^Montillier, lorsque l’église françoisc occupe Je S,temple de la ville. Autrefois la langue françosse ^jj cportoit de beaucoup fur l’allemande, & dans J a8 c dans le bailliage ; mais depuis quelques annéesles tribunaux tout sc traite en allemand. Du r e ** e -jj ele bailliage est de la religion protestante, Sc l a ^de Morat en particulier a eu pour prédicateurProtcstans François, entre autres le fameux Guih* ^Farci. La communion de Genève fut établie à ^° ra v0 iícommencement de l’année 1/30 , à la pluralité des -(£), en présence des députés de Berne Sc de FribourAy avoient été envoyés pour présider à cette a ~ ^Le reste du bailliage imita bientôt les habitans dville. ( a) Etat & Délices de la Suisse , t. 2. P 1(b) Histoire de la réforme de la SuiJJe , t. 5 *

de

1 *

p. 24.

1. MORAVA ou MoraWa (La), riviere ^

Turquie, en Europe. Elle a fa source dans la Bulg a ^aux confins de la Servie, dans les montagnes si 1 ' 1 ^parent la Bulgarie de la Macédoine , au midi ^plaine de Cossava qu’elle arrose. Elle coule du ^nord, reçoit un ruisseau qui vient de la gauche > ^qui ayant sa source auprès du tombeau d’Amurat, r , û5à Pressina ; elle sc grossit de la Liperitza un P eU (d n cloin, & sc partage en deux branches qui enfestune assez grande iste. Celle de la droite s’app eMorava de Bulgarie, parce qu’elle continuedeQ a-ler dans cette province. En sortant elle reçoit #va, déja grossie de la Lietniza Sc de la Mouchas' j 4poursuit sa route dans la Servie. La branche ^gauche entre d’abord dans la Servie, serpentant ravers le couchant jusqu’à Urehup ou Précop > 1vers le nord-ouest , Sc enfin vers le nord ; reçois al G e sde Précop la Toplisse riviere, Sc auprès de Z aZÍrivières de Hibar & de Rasca jointes dans un 1Tiellie c jveSc sc rejoint enfin à l’autre branche. C’est cette b saI1 £cSde la gauche qu’on appelle la Morawa de Servie*deux branches enfin réunies , la riviere coUst u f íU'le nord , Sc sc partage de nouveau en deux fches qui font une isle triangulaire, & elle sc p £t - e ptle Danube. Sa plus grande embouchure est à * 0 . oìi (-de Semendria. L’autre est à l’orient de Cousit? >gade située dans Piste même. ,

2. MORAVA ou MoraWa (La), riviere ° e £Ìl }iC

ravie, de Hongrie Sc d’Autriche. Elle a fa ^° atC spi'confins de la Bohême, dans les montagnes QP* S ]çtrent le comté de Glatz du marquisat de ]e

auquel elle donne son nom. Elle coule de > a v ehmidi, passe à Altsladt, à Krumberg, à FiseuB 11 ^'^,1bohémien Ruda. Elle reçoit plus bas la Des^vient de Schonberg, puis la Sazava Sc la Bre ztt ^ v£ sSmêlées ensemble, Sc continuant de s’enfler de ^ t jscruisseaux à droite Sc à gauche, elle forme UIie . v g cU'isle où est Lirra, en bohémien Litowcl ; elle aírl ^ 0{i t ! afuite à Olmiitz où elle reçoit deux rivières,principale est la Fistritz. Plus loin elle sc sépare ^ ll£ llebranches, enferme une isle des deux côtés de e 0 fuif eelle reçoit la Beceva, la Blata & la Rum? e ’ jÇre Iirla Hana, la Russawa au-dessus & au-dessous rr ia dissi*

- — L /% si â n\ v m a .«m a M.. ta à ta 1 f ta ta - - .....r 1 fl *

en bohémien Kromerirz ; elle environne sta geSc au-dessous reçoit l’Oslawa ; peu après esi e e soC haU r »en deux branches, qui, en s’écartant & se râ ^ u ée ® S 'forment trois isles dans lune desquelles est 5 sâ tsRÌ rS 'rrow. La branche droite baigne WescH»^bles st tfC

Skalirzjla gauche ne baigne de lieux connde entf ari £Goding ; elle se grossit ensuite de laTeye, e pt°'en Autriche, ou plûrôt courant entre ce jyjçR-*vince Sc la Hongrie jusqu’au Danube. Vo] tZ

vie.