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Tome quatrième. M - P.
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de Dieu. Sur l’autel de cecce seconde chambre , Scaussi du côté de l’orienc, on lit ces mots écrits en gros-ses lettres : Hic Verbum caro factum est ; Scles deux colomnes qui marquent le lieu de l’Annon-ciation , font disposées à cinq pieds de distance ,comme pour soutenir la voûte dans fa longueur : ellesont chacune dix-sept ou dix-huit pieds de hauteur. Lacolomne de l’Ange est encore dans son entier , maisl’autre est rompue par le bas : il s’en manque deuxpieds qu’elle ne pose à terre > elle demeure commesuspendue en l’air par une espèce de prodige ; carelle ne tient que bien peu à la voûte. Les Turcs quiavoient abattu une belle église , bâtie par sainte Hé-lène , au-dessus de la sainte Grotte , vouloient encoredétruire la grotte, & avoient déja commencé à renver-ser cette colomne ; mais une telle épouvante les prit,que pas un d’eux n’osa continuer l’ouvrage : ils rem-plirent les deux chapelles d’immondices , Sc répandi-rent les ruines de l’église au-dessus , afin de déroberla connoissance de ce lieu. Tout respire une extrêmepauvreté dans ces deux chapelles : les murs en sontgrossiers , fans être blanchis : fur les autels il n’y apour tout ornement que des chandeliers de bois fortsimples, & son n’y laisse pas même de cierges , parce queles Turcs, à qui l’on n’oscroit refuser les portes,y assoientquelquefois, commandoient qu’on allumât les cierges, && s’en scrvoient pour mettre le feu à leurs pipes.

On assure que la colomne qui est rompue, opéré tousles jours de grandes merveilles. On dit que les femmesenceintes, qui peuvent s’y aller frotter, accouchent heu-reusement ; qu’en y touchant du dos , on est délivré detoutes sortes de douleurs de reins ; en forte que non-seule-ment les Chrétiens , mais encore les nations infidèles yaccourent pour recevoir la guérison. On ajoute que desceintures que Ton avoir fait toucher à cette colomne ,ont produit les mêmes merveilles en différens pays.

Au fond de la grotte, du côté du nord, il y a une ouver-ture qui répond à un petit caveau de figure ovale , quisert de sacristie -, Sc au fond de cette sacristie, aussi du cô-té du nord, on voit un escalier fort obscur , qui fair lacommunication avec le couvert qui est fort pauvre , &dont toute la communauté consiste en un seul prêtre& un seul frere.

II y a plusieurs autres endroits remarquables, tant audedans qu’au dehors de Nazareth. Tout proche du cou-vent , du côté du septentrion, est un lieu où saint Josephavoitsa boutique. II y avoic autrefois en cet endroit unebelle église, autant qu’on en peut juger, pat quelquesbouts de murailles, & par des restes de beaux piliers. Ellesert maintenant d’habitation aux Infidèles.

A quelques centaines de pas du couvent » presque aumilieu de la ville, en tirant un peu vers le couchant, ontrouve un vieux bâtiment de pierres de taille, qu’on ditêtre un reste de la synagogue,où notre Seigneur étant en-tré (a ), on lui donna le livre du prophète isaïe , qui re-gardoit sa mission, & où s’étant fait admirer d’abord deses auditeurs, il en fut ensuite maltraité, lorsqu’il vint àleur reprocher l’aveuglement de leur esprit & la dureté deleur cœur ; de sorte qu’ils se saisirent de lui à dessein del’aller jetter dans un précipice (b), Ce précipice est en-viron à une demi-lieuc de Nazareth ; Sc c’est un des plusaffreux qui fe puisse voir. II est presque fur l’excrémitéde la montagne qui va du nord-ouest de cette ville au sud-est. II est extremement profond, & le côté de la mon-tagne par ou on avoit résolu de jetter le Fils de Dieu , esttout-afaic escarpe : il aboutit à une vallée étroite , quiest couverte de gros grès , difficile à marcher, maisagréable par la diversité des arbrisseaux, entre lesquels onmarche à couvert. A Tendroir où ceux de Nazareth con-duisirent le Sauveur , il y a une pierre d’une grosseurénorme , élevée & comme mise à dessein sur le haut dela roche du côté du précipice. On dit que lorsque notreSeigneur disparut , certe pierre se leva d’elle-même ,comme pour marquer le lieu du crime des Nazaréens ,Sc pour leur reprocher leur injustice ; mais quoiqu’il y aitquelque chose d’extraordinaire dans la situation de cettepierre , elle peut erre un effet de la nature & du hazard.Quoi qu’en disent quelques écrivains, on ne trouve pointen cet endroit les vestiges des pieds du Sauveur im-primés dans le roc, comme on les trouve fur la monta-

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gne des olives : on montre seulement au-dessous cj e c

lieu , dans la descente du précipice , une grotte

large

d’environ quatre ou cinq pieds Sc peu enfoncee. n y ^a qui veulent que notre Seigneur s’y cacha. » le haurla montagne s’étant ouvert pour le recevoir, Sc S y e *fau même moment refermé. On y a bâti un autel, oudit la Messe aux pèlerins , & c’étoit l’église d’un tn° na .re du voisinage. On y voir encore quelques peinturezmais si effacées qu’on n’y peut rien reconnoître. F°‘ !rnir du haut du précipice à cette grotte, il y a des d^ e _qu’on dit que sainte Hélene fit faire pour rendre se j amin plus aisé. (a) Luc , 4. (b) Le pere Naît , Voyag e aTerre Sainte, 1 . y. c. 16. ost

Près de cette grotte , en retournant vers Nazareth»rencontre deux citernes : Tune d’environ douze p je fdiamètre, où il y a de l’eau ; l’autre une fois plus 8^ a "

Sc qui est à sec. Toutes deux étoient pour l’usage dunaslere. , ea

Vis-à-vis de la haute montagne du précipice. 0 , [Cvoie une autre encore plus haute , & qui n’est S „moins roide. Leur sommet n’est éloigné que d’unc . ene portée de fusil, Sc le bas dans la vallée s’entre-tou^presque : le torrent qui passe entre deux dans les g 1 ' 31 ^pluies en fait la séparation. Toutes deux regardent 3pointe le champ d'Esdrelon , qui est une des plus a 0des plus fertiles & des plus grandes plaines qu’on evoir. Le torrent de Liston y passe environ à une >de ces montagnes ; mais il est à sec la plus grande Pde l’année. II n’a de l’eau en tout tems que depuis ^dor, dont il est proche, jusqu’à la mer de Galilée, ° l \ ctdécharge du côté de I’orient. II en a aussi toujours > ;

qu'on dit, vers le mont Carmel, au pied duquel il c ° /g }Sc va ensuite s’emboucher dans la mer Méditer 13du côté de l’occident. . mc

En montant la montagne vers l’occidenc de I 3 u.Maison, on voir sur la descente une grosse pierre , ^quelle on dit que notre Seigneur mangeoic queh) ^ fC -avec ses Apôtres. Sur un des côtés de cette pierre 0 ^

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marque comme des plis de robe, Sc la figurequ’elle fait sous les genoux, quand on courbe - vC -les jambes pour sc reposer. On voir ces plis , co í ' n , r ° e i vf enant jusqu’à mi-corps , Sc à présent on n en d eC t£[[ epas davantage, parce que la pierre est couverte d e ^ £ \%vers Jaune bout. Elle étoit ci-devant vers le han 1 . JlCmontagne , Sc il y avoit à quelques pas une f°‘ ce ,que les Chrétiens nomment la Fontaine de Saint 1 0 yéUne tradition veut, que notre Seigneur ayantS. Pierre chercher de l’eau en cet endroit , sa> nC a j 0t itfobéit, quoiqu’il fût qu’il n’y avoit point d’eau. O»qu’à son arrivée la fontaine commença à cousen. >pour cela qu’on Pappelle aussi en arabe Aain g e<i ££l teFontaine Nouvelle. Depuis environ cinquante all ^ nC j £fontaine ne paroît plus , Sc 1 a grande pierreviens de parler, est descendue bien bas dans se P c pjacÇde la montagne. Elle a été poussée hors tse ^ {C qtiipar un tremblement de terre Sc par 1 e t° n1 ’ ca ii)t*tomba dans la place où elle étoit, & tarit J a poistOn assort souvent dire la Messe fur cette P jcJÍ ’laquelle on a une grande vénération. •Njaz 31 ’^II y a une autre pierre fur le chemin de * t .-ust'au précipice , Sc pour laquelle les Chrétiens ^si de la vénération. On y apperçoit la c£ )\c û cSgenoux imprimés fort avant. On dit que c’est j £ cse s 'genoux de la sainte Vierge. Quand elle apP rl Sa°'sein que les Nazaréens avoient de préciph^ 1 estveur, elle assa après eux, Sc ayant été l ,^ e lC- ,rSchemin qu’il s’étoit miraculeusement sau ve ■ S $Sà cíl *mains, elle fe mit à genoux pour en rendre ^e^ cl ’de grâces à Dieu:ce fut alors, à ce qu’on preten ^ri ststte pierre reçut la forme de ses genoux. On aV °^,cer endroit de la montagne un monastère n 0 i ^jgieub eS ’Marie àe la Crainte : il étoit habité par des 1

mais on 11’en voie plus que les ruines.

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La montagne où étoit ce couvent iie jjei^ f

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