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Tome quatrième. M - P.
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qui choisissent presque toujours pour leur demeure le bordde la riviere ou les marigots qui en sortent.

On trouve à dix ou douze lieues au-dessus de l’isie deSaint Louis, une pointe de terre assez considérable , où leterrein s’ess trouvé si bon, qu’il s’y est formé sept ou huitvillages, dont le principal s’appelle Buckfar. A mesurequ’on s’éloigne de la mer, on trouve le pays plus gras& assez bien cultivé ; il abonde en mil ou maïs.

Le Niger peut porter en tout tems des barques de 40 àj o tonneaux, depuis son embouchure jusqu’à Donguel :c’est une étendue de cent quarante lieues ou environ.

11 y a en cet endroit un banc de rochers qui traversetoute la riviere , 8c sur lequel il ne peut passer que descanots. O 11 trouve encore des bancs de fable & de terre àAbdala & à Santavis, qui empêchent la navigation desbarques depuis le mois de Décembre jusqu'à la fin de Mai.

Dans les autres mois, les barques peuvent monter jus-qu’au rocher Felou: c’est une étendue de deux cens quatre;vingt-sepe lieues.

On a remarqué que le Niger faisoit plusieurs isies con-sidérables > plusieurs marigots & plusieurs lacs, entre les-quels il y en a deux qui font fort grands. Le premier estle lac du Pania Fouli : on le trouve à la droite de la ri-viere , à trente-sept lieues un quart de la Barre. On y entrepar un bras de la riviere , appellé la riviere Portu-gaise , avec aussi peu déraison qu’on a nommé l’isiet auxAnglais celui qui est voisin de la Barre ; car il est certainque les Portugais n’ont jamais eu Rétablissement de ce cô-té. Quoi qtt’il en foie, cette riviere, qui n’est, à proprementparler, qu’un canal naturel qui joint le Niger au lac , &par lequel l'eau de la riviere reflue dans le lac au tems deson inondation , Sc en sort à mesure que la crue des eauxdiminue ; cette riviere, dis-je, n’a que cinq à six lieues delongueur. Voyez Pania Fouli. Le second lac que le Nigerfait, ou du moins dont il augmente ses eaux dans le tems deson inondation , s’appelle Cayor. II est situé à la gauchede la riviere , à cinquante lieues ou environ de la Barreen la remontant. O 11 ne le connoît pas parfaitement, onfait feulement qu’il est très grand, & plus considérable quecelui du Pania Fouli.

Les isies les plus considérables que fait le Nigerau-dessus de celle de Saint Louis, font cePes de Bste-che , de Buckfar & du Palmier, dans le pays dOval ;celles d Ivoire ou de Morfil, de Bilbas & de Sadel, dans lepays des Foulis ; celle de Cagneux, au dessous du rocherFelou, & celle deLon',ouau-dessusdu même rocher, dansle royaume de Galam.

Nous avons vu ci-devant que le Niger couloir presquetoujours de l’est à Fouest , depuis qu’il étoit sorti du lacBournou,jusqu’à deux lieues & demie près de l’Qcéan oc-cidental , 8c que dans cet endroit il faisoit un coude , &tournait tout-d-’un. coup au sud. II n’est alors séparé de lamer que par une digue naturelle ou langue de sable & deterre . qui dans quelques endroits n’a pas cent toises delarge,&dansd’autres une ou deux, Sc jusqu'à deux lieues

& demie. Après un coursd’environ vingt-cinq lieues du __ rr ... ,

nordau sud, il s’ouvre enfin un passage dans la mer par âansìtìangagcâugíays ,Terredu Dialle.Onttotí'C^ ^les r y degr. yy min. de latitude. Ce passagea quelquefois lieues de la Barre un marigot, c’est-à-dire , un gp

volages , c’est-à-dire , qu’ils sont sujets à tourner dessudessous -, maix ceux qui les montent s’en embarrassent pÇJJ*Ils ont soin de bien attacher au fond 8c aux côtés ce qu 1 ^y mettent ; & quand il leur arrive de virer, ils en »° nquittes pour retourner le canot, après quoi un d’cuxen ^dedans Sc le vuide , & les autres qui ont soutenu le but 1ment pendant ce tems-là y montent, & continuent levoyage. lt

Les ouvertures ou passes que la riviere se fait dans ^Barre pour se jetter dans la mer, ne sont pas toujoursmême endroit : selon la grosseur de ses eaux 8c la rapi slde son cours, elle s’ouvre ces passages, tantôt dans un h ^tantôt dans un autre ; de sorte que l'isle du Sénégal, 0est le fort Saint Louis, lé trouve quelquefois à qu alieues, & quelquefois seulement à deux lieues dcBarre. C’est uniquement cette Barre qui empechenavires de quatre ou cinq cens tonneaux d enddans la riviere, & d’aller mouiller sous le fort de o* 11 ,^Louis. Cette incommodité oblige la compagnie du Sensgai à l’entretien dune barque montée de quelquesNeglibres : d’un autre côté , cette difficulté met la compag ! jdans une entiere sûreté contre les attaques de ses ennew>§»tels qu’ils puissent être. La saison la plus commode p°passer la Barre, est depuis le mois de Janvier jusqu a clui d’Aotìt : les vents sont alors variables , 8c I eporte en haut, c’est-à dire vers le nord : deux circonsl a ^ces qui favorisent le passage, parce que la mer est aplus t i rritable, & que du moins elle donne lieu d’ att c nque les vents & la marée ne s’opposcnt point directen 3au courant de la riviere. Ce choc impétueux des eauxla mer qui montent contre celles de la riviere qui h esC ^ tdent , fait ces grosses lames qui s’élevent extrêmeshaut, ôc qui se brisent sur la Barre de maniéré àtrembler les plus hardis.

Cet Obstacle étant surmonté , on se trouve dans ubelle riviere d une largeur très considérable de dix -* 111 ^vingt & vingt-cinq pieds de profondeur , dont l’ eaU «jparfaitement belle, & le cours est aussi agréable 8c auni, que son entrée est rude & dangereuse. Le terrein Hl'on trouve à gauche, en entrant dans la riviere, 8c sl ulsépare de la mer, est cette langue ou pointe de sable &°vant, fin & sec comme de la pouffiere, que le veut

leve 8c fait voler çà & là. On Lappelle Pointe de

P "fil!-

rie : elle est plate , inculte 8c stérile ; elle n’a pas

cent toises de la ge à quelque distance de la Barre,s’élargit dans la fuite jusqu’à deux lieues 8c deux heudemie, & conduit la riviere en suivant le bord de j apresque droit au nord pendant près de vingt-cinq F ^Lorsqu’on a monté la riviere environ une lieue gmie au-dessus de son embouchure, on trouve q uepointe, en s’élargissant, devient meilleure 8c sablon ^Elle commence à se couvrir d’herbes 8c de ver bétail*c’est en cet endroit que la compagnie fait paître sonLa droite de la riviere, après que l’on a passé la B ar p’^.incomparablement plus agréable 8c meilleure quete de Barbarie : on l’appclle Terre de Guinée , c’e> ‘

ripmi-lipiip n , . Ce passage a quelquefois lieues de la Barre un marigot, c’est-à

sillínî ai ' gC ' T ’ 5 ' 1 cst scrme P ar tme <% l,e de canal naturel de la riviere qui conduit au villagedifficile & ’ í ° nt )e jf a Ìet est très- carr. Ce marigot a une barre à son entrée qui est

"" ... fois dangereuse. 11 renferme deux petites isies, ' ro it-

est sor la grande riviere s’appelle l’isle de Bocos. Llà que la premiere compagnie avoir bâti son c °.^i'L’isle qui est derriere celle de Bocos est inculte 8c in ^tée. On Lappelle Yijle de Mogue. Entre l’isle de ç° ^ ^la grande isle de Biféche, on trouve une iîle delieues de circonférence , on l’appelle Yijle de Je an ^t><:Elle est accompagnée de deux autres,qui lui so !ir ? ç Qt) z àparallèles, 8c à peu près de même grandeur. El es _ j aLest de celle de Jean Barre , & dans le même rn3 ^ )lir . Ilpremiere s’appelle Guiogoa, 8c la seconde Dote 1 e jey a encore un islec peu considérable, à la fête deJean Barre , on Lappelle l’islet à Galet. On troav■ , z

vis l’isle de Bocos un petit Islet, au milieu de la n ^ ^oisqui 011 a donné le nomd’isletaux Anglais. Enviro» 1 ^ ?quarts de lieues au-dessus , on rencontre l’isle du ^ c enommée aussi l’isle de Saint Louis, à cause du tnom qui y est situé. La pointe de la grande isle <w n égah *est environ à deux lieues plus haut que 1 isle u ^ cet co-la droite de lariviere,Le royaume de Cayor fini

difficile & tres-dangereux, à cause du peu d’eau qu’il y adessus. Elle est formée par les vases & par les fablesque la riviere emporte avec elle dans ses déborde-mens, & que la mer repousse continuellement vers laterre. Cela soffiroit pour rendre son embouchure im-praticable ; mais la violence du mouvement de la ri-viere, & la pesanteur de ses eaux y font deux ouvertures;Se c’est proprement ce qu’on appelle les Passes de la Barre.La plus grande a pour l’ordinaire cent cinquante à deuxcens brasses de largeur, 8c depuis une brasse 8c demie ,jusqu’à deux brasses de profondeur. II s en saur de beau-coup que cette profondeur suslîle pour des batimens ,même médiocres : il n’y peut passer que des barques dequarante à cinquante tonneaux , qui ne tirent que dixpieds d'eau au plus ; le surplus leur est nécessaire pour letangage, qui est rude sor cette Barre, où il s’éleve des Jamestrès-grosses,courres & qui se brisent d une maniéré à épou-vanter ceux qui n’y sont pas accoutumés. La petite est droi-te, dc a si peu de profondeur, qu’il n’y a que les canots desNegres qui y puissent passer. Ces canots son: extrêmement