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Tome quatrième. M - P.
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quelque progrès dans Nismes, ce ne fut qu’environ Panj 3 5 , qu’on changea divers établissemens du Paganis-me en d’autres plus conformes à Teíprit de la vraieReligion. Néanmoins comme les Gotbs voulurent ab-solument faire regner PArianisme , les Chrétiens ortho-doxes ne laissèrent pas d’être encore l’objet de la per-sécution qui ne finit que par la conversion du roi Re-carede. Ce prince fit présent de sa couronne à l’églísede S. Julien.

Cette ville étant ensuite tombée au pouvoir des Wisi-goths , souffrit beaucoup fur la fin du septième siécle,ayant osé soutenir un long siège contre le roiWamba.

Dans le huitième siécle, Nismes, malgré ses efforts, suc-comba sous la puissance des Sarrazins qui s étant emparede PEspagne,vouloient réunir toutce qui en a volt dépendu.Ses habitans ayant marché à la rencontre de ces nouveauxconquérans, défendirent pendant quelque tems le passagede la rivieredu Vidoure; mais ces derniers Payant enfintraversée , & s’étant établis d’abord à Galargues & à Satu-rargues, qui font à trois & quatre lieues de Nismes,prirent enfin cette ville Sc quelques autres places duLanguedoc qu’ils conservèrent environ vingt années. Pen-dant ce rems l’exercice public de la religion Chrétienney cessa , & les églises furent changées en mosquées ; maisaprès que Charles Martel eut délivré la Guienne desSarrazins, par la célèbre victoire qu’il remporta à Poi-tiers > où plus de trois cens mille de ces infidèles péri-rent, il vint assiéger Nismes qui tenoit encore pour eux,Sc Payant prise d’afiaut, il la brûla, & renversa presquetour ce qui n’avoir pu être consumé par le feu; néan-moins l’amphithéâtre& quelques autres monumens écha-perent à ce ravage. Les Wisigoths, qui vinrent peu aprèsdu côté des Alpes, rétablirent un peu cette ville ; maisles Sarrazins la reprirent encore une fois, & la gardèrentJusqu’à ce que Pépin reconquit tout ce pays. Nismes sucdans la fuite gouverné par des vicomtes fous Pautoritédes ducs de Septimanie.Ces vicomtes de Nismes se rendi-rent propriétaires dans le dixième siécle & prirent quel-quefois le nom de Comtes : car on volt que Berrhe,mere de Raimond, à laquelle ce territoire appartenoitPan 960, dans la septième année de Lothaire , fils deLouis d’Outremer, prenoit la qualité de Comtesse; maisfous le régné de Robert, fils de Hugues Capet, Herrnen-garde, en ses chartres, ne prend que le titre de vicom-tesse.

Raimond, comte de Toulouse, usurpa pendant quel-ques aminées le haut domaine de Nismes , quoique leshabitans,^évêque & le vicomte prétendissent être vassauximmédiats du roi. Les comtes ou vicomtes deCarcassoneSc de Beziers avoient aussi leurs prétentions fur Nismes,de forte que les rois d’Arragon , de qui routes les terresde ces Seigneurs relevoient, croyoienr avoir aussi droitfur cette ville & fur son territoire , appellé le Ncmosez. ;mais Jacques, roi d’Arragon, y renonça en faveur deS. Louis Sc de la couronne de France, par une trans- ■action de Tan 1258. Quant aux prétentions des comtesde Toulouse, elles furent anéanties avec eux.

Sur la fin du douzième siécle, Phérésie des Albigeoiss’étoit répandue jusqu’à Nismes. Le mal s’étant fortifié ,le pape Honorius 111 exhorta instamment les habitansde cette ville de rentrer dans le sein de l’église, commeon le volt par ses Lettres, qui font encore dans lesarchives du lieu meme. On déféra à ses ordres ou solli-citations en 1226 , mais ce ne fut pas pour long rems;de forte que le saint pere fut obligé de faire agir lesarmées des princes catholiques, pour mettre ces réfra-ctaires a la raison. Cette hérefie finit a Nismes au décèsde Jeanne, leur derniere Comtesse, & d’Alphonsc, comtede Poitiers, son mari, vers lan 12.70, & le Languedocfut alors réuni à la couronne de France.

En 1417, Nismes, qui appartenoit à Charles VI, roide France, fut pris par le prince d Orange, qui étoità la tête des Anglois ; ce fut alors que le château desArènes fut ruiné, & réduit en l’état ou on le voir au-jourd'hui. Depuis l’extinction des Albigeois jusqu’en l’an.

60 la religion catholique ne souffrit plus aucun trou-ble dans Nismes ; cependant il y avoir déja du te msque plusieurs personnes suivoienr la réforme de Calvin.Plusieurs Ministres venus de Genève l’y avoient prêchéesccrettement ; mais comme ceux-ci, après que leur Secte

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êut fait du progrès, ne gardèrent plus de mesures e»iy6o , il y eut bientôt plusieurs troubles & divers mas-sacres au sujet de la religion, & on y bâtir un temp cen 156y , pour les Calvinistes; mais il fut brûle e* 11368 , rétabli en 1569, & dura jusqu’en Tannée 160} >qu’il fut abbatu par ordre de Louis XIV. Quelquerems après, ce même monarque fit bâtir à Nismes,château ou fort à quatre bastions qu’on y voir aujour-d’hui, pour la tenir mieux en bride. Depuis que cetteville avoit été sous le domaine des rois de France , etavoit obtenu de grands privilèges; mais comme elle parulen abuser Sc vouloir fe rendre indépendante ; âpresqu’elle eut embrassé le Calvinisme ; quelle fe disting u *même par fa fierté, entre toutes les villes de son P 3 * 11 ’pendant un tems assez considérable, elle fut contia.in repar la force de se soumettre, & se vit dépouillée dpartie de ses privilèges. C’étoit-là qu’avoit été P 11 * 3 iel edit de grâce & de pacification Tan 1629.

On prétend que saint Sernin, disciple des Apo treS ’fut le premier qui apporta le Christianisme en L all _guedoc , & par conséquent à Nîmes , & qu’il y c °!|jvertit d’abord Honeflus natif de cette ville. Quoi st^en soit, saint Castor, qu’on dit être né dans les A*enes,fut le premier évêque de Nismes, & la cathédrale 11a été dédiée dans la fuite. ,

II s’est tenu à Nismes quatre conciles; le premier eTan 389 : le second en 886 ,contre JWiv/, clerc E S Pgnol, qui fe portoit pour archevêque de Narbon n *Théodat, véritable archevêque de Narbonne, y c , ï0 - z

avec trois autres métropolitains, Gilbert de Nismesdu nombre- des évêques. Un troisième en 897 ; en

ét oisfin I e

quatrième en 1096 par le pape Urbain II, qui iet ° ll £ j enoit à Rome après la célébration du fameux concileClermont. Ce pontife y donna Tarchevêché de Narb 0 * 11à Bertrand, évêque de Nismes.

Cette ville jouit d’un ciel pur & serein pendant P r ^ Sque toute Tannée , & fe trouve située dans un des Pagréables pays du monde. Une belle plaine couvertebeaux jardins, dont les graines fe répandent daso toTEurope , fait une partie de son terroir. L’autre est c °‘ eSposée de plusieurs coteaux & vallons couverts deSc d’olivicrs, & d’autres coteaux nommés Garlgues» stfont des endroits couverts de bois taillis, où cr otpour Tordinaire le thim , le serpolet, la sarriette, * Ê ^marin. Ces Gangues produisent une belle es P ccC : fl gvermillon, qui s’y ramasse fur des feuilles de cet ^arbustes, où un petit ver le jette. On en compt" ^couleur rouge de Garance, Sc le fyrop de Kerrnes , stenvoie dans les pays les plus lointains. Dans tout ce ^ri toire les vins, le gibier & le bétail, sont des P* u s pcellens de la province. Enfin , tout ce qui P cUt .f° T) entbuer à rendre la vie délicieuse, s’y trouve te* £rassemblé, qu’il n’est pas étonnant que les coloniesptiennes, Grecques Sc Romaines, ayent préféré ceau leur, , . . M-

Un des plus considérables monumens antiques ^g L1 remes, est l’amphithéatre nommé les Arènes. II est u coJl -ovale, parcequeles jeux qu’on y faisoit, étoie ^sacrés à Castor 8c à Pollux > frétés jumeaux, st l ’ e jj e stthologie des Gentils disoit erre nés d’un neut- g f ecomposé de deux rangs d’arcades, dont le 1101 p 0 r-monte à vingt-deux : elles sont Tune fur laLitre^ eoCment quatre portiques tout autour; un contour set'quatre-vingt toises. Comme les Goths en firentteresse, on volt une fort gùande brèche que rqui les y forcerent. _ eV iiie»

Le pont du Gard, qui n’est pas loin de c vC ggCest une des plus belles antiquités du monde, ce f e svoi cle plus hardi qu’on ait jamais pu imaginer- ^ \\

en même tems d’aqueduc pour conduire les Ajsa>*rfontaine d’Eure depuisUscz jusqu’à Nismes,en ^ j,bi-passer fur la rivière du Gardon d’une ll ^ nta ^ |Via ge esttre, à la hauteur de vingt-cinq toises. . °”j nt re * eícomposé de trois rangs d’arcades à plein ^, r je*unes fur les autres, qui font trois ponts les t ^,autres. L’aqueduc qui est au-dessus du trol . ie , s latg®& qui en fait le couronnement a quarte P 1 ' c jsém ellt& cinq de haut dans œuvre. On ne * aiC „., e duc c ° lY fà quel usage scrvoîent les eaux que cet aq - crl £ P° lî

duisoir à Nismes: les uns veulent qu eUes s