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Tome quatrième. M - P.
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devant de 1L1», Ophaz , vous aurez 1S, Paz. Je lesappelle serviles , parce qu’on ne retient ordinairementque la racine. Les Lettres, fur tout celles que l’on ap-pelle gutturales , font souvent retranchées du com-mencement des mots ; e’est encore ainsi que du mot syria-que VIN , Ano : les Grecs ont fait m ,no, Sc les Latinsnos ; de Cham a été fait Amman , &c. L’O aussi a étésujet à être retranché comme d”'Opx/Moç pour faire ra~mus, rameau; d’O’VojU*pour faire nvmen,nom-,Sc d’O’fb»pour faire rus , campagne.

Parvajim semble encore dérivé du mot Ophir , caren ôtant la premiere syllabe du mot Auphar , le restedu mot prend la forme du nombre duel, ce qui arrivedans les noms qui d’eux- mêmes ne signifient pas deuxChoses , comme dans C2>OV, Schamaïmfie ciel iQ>D,Maïm , Peau ; Oins, Tjaharaïm , le midi. : Et l’on enfera d’autant plus persuadé si on se rappelle que sousle nom d’Ophir on comprenoit toute la côte orien-tale de l’Afrique, depuis Sophala inclusivement jus-qu’au cap de Gardafui. Ainsi il est facile de conjectu-rer que le nom d 'Ophir ou Auphar , peut avoir étédonné à qutlqu’autre lieu considérable, aussi bien qU’àSophala; d’autant qu’il se trouve sur ce rivage quel-que autre port commode d’où les vaisseaux de Salo-mon ont pu apporter l’or en question, & que cesdeux lieux ont pu être appelles du seul nom de Par-vajim qui leur étoit commun, Sc les signifioit tousdeux.

Cela s’accorde avec les autorités des anciens. Jona-than , interprète Chaldéen, veut que ì’Ophas de Jére-mie, ch » 10. v. 9. soit Ophir. Dans l’endroit où Isaïedéclaré que les hommes seront plus rares que Paz. ScOphir , saint Jérôme prétend que Paz. est employé pourle nom générique de l’or, & aussi pour signifier l’orle plus pur; de maniéré que l’or à'Qphir étant uneespece de celui de Paz, on peut dire que toute ladifférence de ces mots est de l’espece au genre, Scque les noms différens de cet or ont été donnés auxlieux d’où on le tiroit. Le même saint Jérôme appel-le encore or pur ce que Jérémie appelle Ophaz , d’oùse tire cette conséquence qu’il a regardé Paz, OphazSc Ophir pour la même chose. Cela prouve que c’estavec fondement que Bochart a dit que Paz , UphazSc Ophaz étoient nommés Opher, & qu ’Ophir Sc Par-vajim étoient regardés comme les mêmes : ceci soitdit fans approuver son système, qui cherche ParvajimSc Ophir dans la Taprobane des anciens.

Dans une matière si obscure , il n’est pas étonnant queles fa vans se soient partagés. Paz Sc Phaz sont lamême chose, & s’écrivent avec les mêmes lettres. E11hébreux P Sc Ph sont également exprimés par la let-tre 3 ; toute la différence consiste en un point que l’onmet dans cette lettre. S est un P; 3 est un Ph , oule <d des Grecs. Or daus l’hébreu fans ponctuation cepoint disparoît, Sc devient sousentendu , s’il faut pro-noncer P. Ceci est en faveur des personnes , qui, neeonnoiffant point 1a valeur des lettres hébraïques , pour-roient s’éconner de ce que l’on dit presque indifférem-ment Paz Sc Phaz. Dom Calmer trouvant le motPhaz si semblable à celui de Phafis , nom d’une ri-vière de la Colchide, y met son Ophir. Ce Phasis estmis dans l’Ethiopie, nom que l’on a donné austi à laColchide, comme on le fait voir ailleurs. Huct enconclud que, s’il est vrai que les Colques soient unecolonie venue d’Egypte, les Egyptiens arrivant dansce pays, Sc y trouvant nn fleuve qui rouloit de l’oravec son sable, ils lui donnerent le nom de Phaz ouPhafis , qui est celui d’un autre fleuve de l’Ethiopievraie, lequel a la même qualité, & dont le commer-ce fréquent qu’ils avoient fait aux environs leur avoirdonné une entiere connoissance. C’est encore par lamême raison qu’il est arrivé qu’on a nommé Phasis uneautre rivière de Mauritanie, qui a donné son nom àla célèbre ville de Fez. Léon ì’Africain rapporte deuxétymologies de ce nom, i’une tirée de l’or que l’ontrouva en jettant les íondemens de cette ville, Sc l’au-tre du nom du fleuve fur le bord duquel elle est bâ-tie.

Qui pourroit se persuader que récriture sainte quirapporte, exactement &en détail, les actions & les na-

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vîgations de Salomon , eût voulu paffer sons silence P a- »Uphaz Sc Parvajim ? Car soie qu’on place ces contrees dans l’Inde, dans la Perse , dans la Colchide, ° 1 ^par tout ailleurs , la chose méritoit affez qu’on en coní'ei vât la mémoire. La cause de ce silence ne peutvei»que de ce que récriture ayant fait mention de h na ,vigation d’Ophir, elle avoir pat-là suffisamment indiquecelles de Paz, à'Uphaz Sc de Parvajim.

E'opinion de Saumaise est bien différente. II recori^noir que Paz Sc Ophaz sont des noms de lieux ; 1TialSveut que Paz soit la même chose que Tonáciov , *;

pierre précieuse qui porte le même nom queislede l’Arabie, où cette pierre se trouvoir, & si ue cnommoitaussi Pafìon, líátnov. 11 se sert, pour a PP U ^cette opinion, du témoignáge d’Hesyche, dont voici se§ Prôles, wáa-iûv 0 kou To 7 toutiov,áìÔoç 7 roÁvTif/.oç, c’est-a-dh'Cfion ou Topasion , pierre précieuse, d’où Saumaise concque l’Isle qui produisoit cette pierre , avoir été nom 1T1 ^Pazon Sc Topazon ; mais ce qui prouve que P aípeut être Topasos, ifle d’Arabie, c’est quêtons les aut eUdisent bien qu’elle produisoit la topaze, mais aL,cUnë dit qu’on y ait trouvé de l’or. 11 est vrai q lie -f &mai le, díins !e rnerne endroit, ìn Solin, assure quesignifie de l’or ; en quoi il est conforme à tous ses 1terprétes, à la réserve de quelques-uns qui ont re»ce mot Paz par pierre précieuse ; mais i’erreur tse ^masse vient d’avoir mal entendu Hesyche, ce docte g f ^mairien, dans l’endroit où il dit que Pazion , st CT wràÇiov , signifient la même chose. Sa méprise c ° n flCen ce qu’ayant vu dans quelque amen t v°mis au-d £Vdu mot ndÇiov , to náfim, il a confondu ce mot couss .sé de l’article Sc du nom. En quoi l’on peut dire qa fait une injure très-grande à Hesyche. TcTtátnov est cpierre précieuse que les Hébreux appellent n ’ 1 ®’’’Pitdath , d’où est formé le nom de Topase par un fiversement de deux consonnes radicales ; mais to ^signifie Paz , c’est-à-dire de l’or. Voilà avec com ^peu de fondement Saumaise avait conclu queisle,d’où l’on tiroit les topazes avoir été appellée *?j.n eSc Topafios. Saumaise , de même que Grotius, place* 1 uTopafios ou Topafios dans les Indes. Ils ont suivi eo c ®Etienne & saint Epiphane. Ce dernier, de XUmis , e. z. écrit que la topaze, pierre précieuse, seve dans une ville de l’Inde ; mais il auroit dû, P° lU llCter touc sujet de chicane ou de méprise, avertir q^les anciens ont étendu la mer des Indes jusq 11mer Rouge, ensorre que l’isle de Topafios , quoiq 1 ^ P.p £cée dans la mer Rouge, a pu être appellée mis»de la mer des Indes. Pour être convaincu qu **aux environs des côtes de l’Inde aucune isie fíOÍÍÌ j e sTopazios , à qui on puisse attribuer la produ<so OI1 . £rl . eTopazes , il n’y a qu’à faire attention que cette P^ otlSnommée Topaze, non celle que nousconnoiff 0115 .ce nom, mais la vraie Topaze des anciens,proprement la Chrysolite , étoit dite naître dan s 11d’Arabie, Sc non dans les Indes. , ce j

Ç’a été avec pins de subtilité que de vraisemP 1 .^ eque le même Saumaise a imaginé qu’OpHioDE S ^ cr j„dn golfe Arabique, est YOphas ou Y Uphaz de ^,ikture , que Paz , Ophaz , Topazion Sc Ophio d ® ,- run même lieu, & que du nom Ophaz on a f alC '

des. Cela est réfuté à l’article Ophiodes. -, < a{ SCII est étonnant que Bochart ait mis Paz , .

Parvajim dans l’ifle de Taprobane ; il assure h»que l’isle de Taprobane ne frit point connue ^ e £(jc0 celices, & du temsde Job les Indes n’avoienc P aS j 0 fr } c>été découvertes; or, comme dans le livre de '^se.28. il est expressément parlé de Paz , Bochat j>jflevoit nécessairement conclure que Paz n’est P° a yccde Taprobane ; conférez son Phaleg, l. 1 - c "son Chanaan, L s. c. 4 6. . , - Ja P ar

Ceux qui ont prétendu que Parvajim &°^ fansbâtie > ne se sont arrêtés qu’à la P Eononc * a . t, °|j C es q u *faire attention à fa situation, & anx autres de

peuvent la faire connoîtte ; car Pline, q ul , cC foi' cceux qui ont fair mention de la Parbatie » l a pflneavant dans les terres. On pourroit remarquer q | ene l’appelle point Parbatie , mais Barbatie ’^ >a j|| e u£îfond ce seroit une très-légere difficulté, 1le reste ayoit quelque rapport.