ORE
tiCe pitres rivières & de ruisseaux, devient l’Oreno-LO^ anS à caire l 7 12 ->il rectifie ainsi ses idées :, ren oque se forme de deux rivières principales qui£ ont aucune liaison avec la Caketa ni avec l’Àmázonc.a principale a sa source áu Popayan , dans des mon-a §ncs, au midi de Santafé de Bogota. Elle arrose auF ed ces mêmes montagnes une place nommée pares Espagnols S. Juan de Los Llanos. Elle court long-j e ras e " fermentant vers l’orierit, se tourne ensuite vers. n °rd-est , & reçoit l’âutre riviere dont j’ai parlé. Celle-ss’M sasuurce entre Pamplona & Merida dans la Ca-* le d’Or , Sc courant vers Eorient, elle se joint avecrenoque ; elles continuent ensuite leur cours dans" même lit jusqu’à S. Thomas ôc jusqu’à la mer. Deaec . Indes occid. /. 17. c. 18. & suiv. traite ainsi laRouverte de cette riviere.
1 est certain que ce fut Christophe Colomb qui dé-QUvrit l’Orenoque à son troisième voyage en 1498 ,* tant entré dans un golfe où il pensa périr, & qu’ili Ppella Boca del Drago. Lorsque la marée fut basse,rut entraîné à dix lieues en mer par le courant, Sc°"va qu e p eau étoìt encorg douce -, il remonta en-Ulte le golfe de la Baleine où l’Orenoque se déchar-S e >6c reconnut toute l’embouchure de ce grand fleu-
! e -* P. de Charlevoix, Histoire de Saint Domingue
l °m. 1 ,
11 n’y a point à douter qu’Améric Vespuce, qui l’an,*499 , visita ces côtes jusqu’au cap de la Vêla , n’aitfaic* a même chose, & après lui Pinson vers l’an ryco ;*} ìai s aucun Espagnol n’y est entré avant Diégo de Or-? as , qui l’ a n 1531, obtint des lettres de Charles V, parles quelles il n’étoic permis qu’à lui seul de visiter leî-°"tinent de P Amérique méridionale, depuis le cap dea Vêla jusqu’à deux cens lieues vers le levant, d’y"rener des colonies & d établir un gouvernement dansC£s provinces. II arriva près duMaranon, où il prit dans1111 canot quatre Sauvages qui avoient deux pierres com-des émeraudes. L’une étoit grosse comme le poing :s festoient entendre qu’il s’en trouvoit quantité au-ela d e i a riviere , Sc qu’environ à quarante lieues au-e dans du pays, il y avoir fur le bord de la rivierej, ne haute montagne couverte d’arbres qui portent dee "cens. Ces assurances lui faisoient souvent souhai-ec avec ardeur d’entrcr dans cette riviere, mais neP°uvant approcher plus près, à cause des bancs, &a J a nt brisé un de ses navires contre les rochers, era-e "fuite par un fort courant vers l’ouest au-delàc m" embouchure, il courut le long de la côte decontinent, jusqu’au pays de Paria, dont après fai. ° rc le gouvernement fut accordé à Jérôme d’Ortal
c, í3î -
, v -ei U i_ C j envoya son lieutenant avec deux cens sol-cinq barques, découvrir la riviere d’YvAPATi,h f ta nt entré il arriva à Caroa , lieu déja connu ,de 'r* Vers * a riviere de Carinaca. II monta ensuite celleso . av ^na , qui traverse des déserts, Sc fit pri-dé? n J ers ,piques Caribes qui lui dirent qu’il avoirla s la Guiane derriere lui, mais qu’il avoir devantl^cieuse région de Meta , dont les habitans croient“ s ^ possédoient de grandes richesses. (Yvapati n’estf 0 111 différent de l’Orenoque , &Sanson la nomme vers*>e p em E° u chure Yayapari,& dans son cours la riviereA eii Ari a. Celles qui font nommées ici tombent dans ceCro . Ve * Ea riviere de Mata en est aussi une. ) Plusieursnc > comme Herréra le rapporte, que cette riviere quitireur 3 r£ S>on de Méta, est la même que celle quip e ]lf *°urcedu nouveau royaume de Grenade , ct est ap-quip 2 ^ Urme Q ue pat les naturels du pays : mais ceux3 rt J? nc Parcourue, conviennent que le pays de Mata estf,t r e P ar l’Orenoque, & que cette riviere est si dif-dec 1CC d" Maranon , qu’enrr’elle & lui il y a de gran-ì Provinces.
Eitan S ^fagnols partirent de Cabaruto, dont les ha-îi Ve S f" 1 ' avoient montré le chemin de Méta, & ar-ête Sc^A’ ' ini ? cataracte jusqu’où Diégo de Ordas avoirles ro h° U ^ CaU H'ccipitoit avec un grand bruit fur
fu rcnt . C eiS ’' a f°’ r déchargé leurs chaloupes qui
Inhabité ° rCC i eS a "'delà, ils entrerent dans une contréesie Urs î’ - 3te P^ ei " e dc campagnes, & après plu-1 urnees ils parvinrent à l’embouchure de la ri-
ORË 68/
viere qui traverse le pays de Méta. Ils y descendirent àterre, tirèrent leurs chaloupes & suivirent un cheminfort ennuyeux au travers des marais jusqu’au village desXaguas , Sauvages qu’on disoit être fort furieux ctmangeurs d’hommes. Après y avoirpris beaucoup de vi-vres, parce qu’ils les firent fuir, ils passèrent de l’autrecôté de la riviere , & entrerent dans un autre village, oùentr’autres animaux ils trouvèrent des chiens muets,que les Sauvages appellent Maye Sc Auries , & doncla chair égale celle des chevreaux en délicatesse. Ils pré-tendoient y passer l’hiver ; mais en ayant été attaqués avecperte peu de rems après, ils furent contraints de rega-gner leurs barques & de s’en retourner à Paria. Ce futtout ce que sirène, jusqu’à l’an 1636, les Espagnols danscette riviere.
■Walter Raleigh, Anglois, dans la relation du voya-ge qu’il a fait dans la Guiane, dit qu’Antoine Berreo,voulant y entrer , partit du nouveau royaume de Gré-hade & descendit par la riviere de Cassanar , quitombe dans la grande appellée Pato , & que cette der-niere se décharge dans la MetA, qui se rend enfindans la Barraquan, appellée plus bas Orenoque.Suivant l’idée que Berreo donnoit de son voyage > toutesces rivières font comme autant de branches de la gran-de dans laquelle elles se perdent avec leurs noms. Ber-reo étant descendu avec son monde par le Cassanardans la Méta & de-là dans la Barraquan, partie en mar-chant le long des bords des rivières, & partie portépar des chaloupes , il en perdit plusieurs qui furentbrisées contre des rochers, gsú. renversées parle grandcourant, & enfin il arriva/ fur les limites de la con-trée d’Amapaia, située le long des rivages de l’Oreno-que & riche sur-tout eiî or. II y séjourna six mois,& après plusieurs combats contre des Sauvages fort har-dis, nommés Anabas , il fit la paix avec eux & enobtint huit statues d’or fin. On trouve , dans la rela-tion de Raleigh , une fuite de l’expéditioii de Berreo,ctlaconversation qu’ils eurent ensemble. L’Anglois mêmese fait honneur d’avoir tiré le secret de l’Espagnol ; maispar la relation qu’il en fait lui-mênìe, on voit que Ber-reo , ne se fiant guères à lui, battit la campagne & n’eutgarde de lui dire les choses comme il les savoir. Quoiqu’il en soit, les Espagnols firent encore d’autres ten-tatives z & envoyerent même dans ce fleuve une coloniequi y bâtit la ville de saint Thomas. * A la fuite desvoyages de Coréal , t. 2. p. [178 & suivantes.
On ne fait précisément par combien d’embouchuresl’Orenoque sc décharge dans lá mer : la plus communeopinion en fixe le nombre à cinquante ou soixante quiforment un labirinthe de différentes isles assez grandes.La principale embouchure répond à l isse de la Trinité.Le flux & reflux de la mer sc font sentir dans l’Ore-noque jusqu’à 160 lieues. II croît & décroît d’une fa-çon singulière. II employé cinq mois de l’année à croître.Sa marche est presque imperceptible , scs progrès fontlents & font à la longue une augmentation considé-rable , fa profondeur alors est au moins de cent brasses.II est un mois entier à la même hauteur ; ensuite ils’abbaisse, & continue cinq mois à décroître. II n’a alorsque 60,70 ou 80 brasses de profondeur, scion queson lit est plus ou moins rétréci. II est un mois dansson plus grand abaissement, après quoi le retour pério-dique des eaux recommence. Les mois qu’il employéà croître sont avril, may, juin , juillet & août. Toutle mois de septembre il sc repose sans altération. II dé-croît pendant les mois d’octobre, de novembre , de dé-cembre , de janvier, & de février. Tout le mois deMars il reste au même point de diminution. Par unetradition constante on a observé que tous les 2y ansla crue de l’Orenoque est d’une brasse plus grande quependant les 24 autres années. Ge désordre plein de ré-gularité sc fait aisément remarquer par les traces quele fleuve imprime fur les rochers ,
Les isles qui sont à l’embouchure de l’Orenoque etantinondées six mois de Tannée , il est difficile de conçevoircomment les Guaraunas, qui les habitent, peuvent yfaire leur séjour. Cependant ils ne les abandonnent pas.Dès-que le tems des crues approche, les Guaraunasenfoncent profondément en terre de grosses poutres àl aide desqueiles ils forment une espèce de sol sols y