PAR
fcli pour leurs conférences. Sur le bord de îa rìvîere,au coin de la rue du petit Bourbon, est le garde-meu-ro G dans une vieille maison nommée autrefoishôtel du petit Bourbon. On y volt une quantité de^ches tapisseries anciennes Sc nouvelles, dont les plusplies ont été faites fous le régné de François I. Les batail-es Sc liez triomphes de Scipion, faits pouf Henri II, fonte ce nombre. Ces deux tentures font ensemble cent vingt-aunes en vingt-deux pièces. Les tapisseries du des-ein de Raphaël, font l’histoire de Jofué» de quarante-tl °is aunes en huit pièces ; Psiché , en vingt-six de cent sixau nes ; les actes des apôtres , en dix pièces de cinquante-* r °»s aunes ; & l'hisloire de saint Paul » de quarânte-de ux aunes, en sept pièces. Le roi en a fait faire plu-*l e urs aux Gobelins , enrichies d'or & d’argent, fur lesdesseins de le Brun. II y en a une quantité si grande, qu’oncompte jusqu’à vingt-quatre mille aunes. On con-ler ve quantité d’anciennes armes dans une chambreP a rticuliere, Sc entre autres celles que François í avoira la fameuse journée de Pavie , où l’on volt sur la cui-fasse les coups qu’il reçut,avant que de se rendre auxEspagnols. M. deMarigni, surintendant des bâti mens du* 01 j qui, par son goût 8 c son zèle pour les arts , ren-, , a son nom immortel, a entrepris de faire achever le^ le ux Louvre : on y travaille actuellement fous ses or-dr «, & bientôt on âura la satisfaction de voir ce fu-P^rbe palais achevé.
Les premiers fondemens du palais des Tuileries fa-ïe *it jettés Tan 1/64 par l’ordre de la reine Catheri nede Medicis , en un lieu fort négligé , où pendant long-te ms on avoit fait de la tuile. Elle prit pour exécuterfou dessein Philibert de Lorme & Jean Bulan , tous deuxfrançois, & les plus habiles de ce rems. Il ne fut com-posé que du gros pavillon carré du milieu, de deuxcorps de logis, qui ont une terrasse du côté du jar-din j & de deux autres petits pavillons qui les suiveur.Ces cinq pièces, qui formoient ce palais , avoient de larégularité & de la proportion. Les faces des deux cô-* cs , qui regardent la cour, ou la principale entrée para place du caroufel, font décorées d'une architecturede très-bon goût. Le gros pavillon du milieu, couvertdn dôme carré , est orné de trois ordres de colonnesde marbre : savoir de Bionique, du corinthien, Sc du^°niposite , avec un attique encore au-dessus. Les co-° n nes du premier ordre font bandées & ornées fur lesj ar *des de diverses sculptures, travaillées furie marbre.
u côté du jardin ces mêmes ordres ne font que deP'Ç r te. Dans la restauration que Louis XIV fit faire de cep a ’ s en 1664 , furies desseins de Louis le Vau , dont^ançois d’Orbay a eu toute la conduite, on ajouta àc P a vill on j e troisième ordre, avec un attique, afinjr e Exhaussement répondît à tout le reste. Ce palaise prouve à présent disposé de cette sorte.
^..L°ute la face de l'édifice est composée de cinq pà-Sc de quatre corps de logis, de cent soixante-huitîr *. e ? trois pieds de longueur, dont l’architecture esttnf tee diversement ; ce qui n’empêche pas que le toutqu' Crn ^ e rsait une grande & magnifique apparence,
T l e ^bellit infiniment toutes les vues du jardin desq. 1 e jles, dont l’étendue a été distribuée d’une maniéréto!r 8enÌense ’ que dans un espace de trois cens soixanteGn es de longueur, fur cent soixante-huit de largeur,Ch a Cr ° UVe tout ce Htson peut souhaiter dans les plusq ui riaia »tes promenades. Ón y a fait des ehangemens,soit n ° nC P as P ea contribué à le rendre plus agréable zç ea P ar l’art avec lequel il est destiné, soit par les mor-l1 ns r sculpture des plus grands maîtres, dont lesç ntr 0nc historiques, & les autres mytologiqucs. On yH ac j e en sortant du château, & on rraverse une espla-dç s bordée de groupes de figures de marbre blanc furp t £ ^‘^destanx, & de deux grands vases fort bien fcul-se r ‘ Ou côté de la riviere, on y volt un chasseur quiS. R^°s e avec son chien : à Tautre bout, du côté delui. -, est un dieu Pan, ayant un Faune derriereCat ess e e j^' e , 11 représenté jouant de la flûte ; la déli-hailien p ^ouvrage prouve tout l’art de í’ouvrier. Auav ec j» ° nt d uarre Hamadryades ou divinités des bois,de q q *Ì rs artributs. Les trois du côté de la riviere font
^' Cs Plan u° U ’ ^ ^ eS tro ' s autres font de Coizevox. Deade on descend dans le parterre destiné par allées
3 ?ÂR 789
qui aboutissent tant à la grande, qu’àux contre-allées :les desseins en font très-bien entendus : ce font descompartimens de différentes espèces, avec des fleurssuivant la saison, entre lesquelles on remarque trois jersd’eau, bordés de gazon. Tout ce parterre est orné parles figures de l’enlevement d’Orithie par Borée, d’E-nee qui fauve son pere Anchise, chargé de se s dieuxPénates > & son fils Ascagne ; d’un côté & de Faune parI’enlevement de FOccasion par le Tems, & par A riequi , après s’être percé le sein» présente à son mari,Perus le poignard , en lui disant qu'il ne fait point demal. Ce jardin est ensuite divisé en plusieurs allées, quife rapportent à trois principales bien plus longues Siplus larges que les autres. Celle du milieu est de centfoixante-cinq toises de longueur, Sc large de seize , plan-tée de maronniers d’Inde ; il y avoit autrefois des ifsentre deux : elle est accompagnée de deux contre-al-lées, qu’on volt remplies du plus beau monde de Parisdans les heures de la promenade. Les deux autres, pa-rallèles à celle-ci, ont un peu moins de largeur, Sc fontformées seulement par des tilleuls. Entre ces trois gran-des allées, Sc dans les espaces qui se trouvent jusqu’auxterrasses, on avoit disposé des bosquets & des boulin-grins de toutes sortes de figures, avec des pièces dégazon rondes Sc ovales, creusées en pente douce , en-tourées de maronniers ; mais il ne reste plus que lespièces de gazon , & même entre les allées & la terrassedu côté de saint Roch, /il y en a de magnifiques quiforment des tapis. II y avoir une sale des festins, Scfort près de-là un théâtre découvert, dont les décora-tions étoient formées par des ifs Sc par des maronniersdinde. En 1716 tout cela fut détruit pour y construireun mail fermé par un grille de fer, qui en faisoit l’en-ceinte. Notre Auguste Monarque Louis XV alloit pren-dre fá récréation dans ce mail dans le tems de fa mino-rité , qu’il demeura à Paris. II y avoit au milieu unesale de billard. On y avoit planté aussi des allées d’ar-bres. Depuis que le roi est retourné à Versailles, on adéfait le mail Sc on a continué les allées pour la pro-menade. la terrasse du côté de la riviere est un grand em-bellissement polir les Tuileries j fa longueur est de deuxcens quatre-vingt fix toises, & fa largeur de quatorze.Cette terrasse est plantée de deux rangées d’ormes 8 cd’ifs entre deux , Sc est revêtue d’une très-belle maçon-nerie, & ornée d’avant-corps & de bossages du côtédu grand chemin ; & d’espace en espace on trouve degrands perrons disposés pour descendre commodémentdans des allées de traverse, qui coupent tonte Féten-due du jardin. On y voit d’un côté les plus beaux bâtimensde la ville, & de l’autre, les Invalides & la riviere,une campagne terminée par les montagnes de Meudon& de S. Cloud. C’est avoir parlé de la terrasse du côtéde Saint Roch, que d’avoir décrit celle du côté de lariviere. Les allées de ce jardin font terminées par untreillage, au-devant duquel fonr plusieurs figures. dontla prefniere à main droite est Annibal, qui compte dansun boisseau les anneaux des chevaliers Romains, aprèsla bataille de Cannes. A main gauche on voir Jules Cé-sar , le premier des empereurs Romains. A droite 8 cà gauche on voit les génies des quatre faisons, en for-me de thermes : aux deux extrémités sont deux prê-tresses vêtues à l’ahtique , & copiées d’après l’antique.C’est ainsi qu’on entre dans une fort belle place en ferà cheval , au milieu de laquelle est un bassin octogone jd’une grandeur considérable. Dans les côtés, au pieddes deux terrasses, on remarque fur quatre piédestauxle Nil, le Rhône, la Seine & le Tibre,avec les attri-buts qui les distinguent. Ces morceaux fonr de Con-stou & de Coizevox. Sur les deux bouts des terrasses, enface des Champs Elysées , on voit d’un côté Mercure àcheval, & de Faune la Renommée : on les a fait ve-nir de Mariy. On sort ehfin par un pont tournant ,coupé en deux parties, qui se rejoignent pour com-muniquer avec les Champs Elysées- •
Au-delà des Tuileries, est une p ace ans aquelle
on a élevé la statue équestre de Louis ,au-dessus,fur le bord de la riviere est le Cours de la reine. Ce futMarie de Medicis qui le fit planter , comme on le voità présent, pour servit de promenade. 11 est long dedix-huit cens pas, Sc composé de trois allées, que for-