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Tome quatrième. M - P.
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L 1 Autel est isolé , <k l’on peut tourner tout autour.Le petit tabernacle est de marbre blanc, en forme dedôme octogone, avec quatre portiques soutenus depetites colonnes composites de brocatelie grecque all-oue , dont les chapiteaux font de bronze doré à feu ,tr es-bien ciselés, avec des figures d’anges fur les pié-destaux, Le corps de ce tabernacle est fait de diver-sts pierreries de rapport, comme de lapis, d’agatc&a «U'es semblables. Tout Touvrage est soutenu fur unpied en cul de lampe, d’un marbre bleu extrêmementra re. De chaque côté sont les statues de saint Pierre& de saint Paul, d’un métal particulier, & de cou-rut de bronze. 11 y a dans la nef quelques chapel-assez belles, ôc ornées de colonnes de marbre, ain*6 que le jubé posé fur la porte du chœur avec unAttique. La menuiserie des orgues est bien travaillée.Le tombeau de sainte Clotilde , femme de Clovis, estau pfès des marches du grand autel. Dans une cha-pelle , à côté de la sacristie, est le mausolée de Fran-Çois, cardinal de la Rochefoucault, dont la figure enMarbre blanc est à genoux fur un tombeau de mar-" s e noir ; & fur le devant on volt les armes de l’ab-~ a ye de Sainte Geneviève, dont ce cardinal étoit ab-ké. Proche la porte, par laquelle les religieux passentPour aller au chœur, il y a des arcades ou niches,dans lesquelles font des figures de terre cuite , qui^présentent Jesus-Christ dans le tombeau, Sc res-suscité. Ces figures font admirablement bien dessinées:*Hes font dê Germain Pilon. Dans la cave de cetteéglise est le tombeau de sainte Geneviève, fait de sim-ple marbre, Sc sans aucun ornement. II n’y reste riend u corps de cette sainte qui a été mis dans la châs-Lh. René Déscartes, le plus savant Ôc le plus illustrePhilosophe de ces derniers siécles, y a cté apporté parPordre de Louis XIV ; le cœur de Jacques Rohault ya été déposé. On construit à présent une nouvelle égli-. à laquelle on travaille avec tant d’ardeur qu’onfspere la voir bientôt achevée. Le couvent est fortheau ; le jardin est agréable. La bibliothèque, qui oc-cu P e le dessus d’un des quatre grands corps qui for-llae nt tout le bâtiment de cette abbaye, est très-cu-neuse , & remplie d’une infinité de livres, rangés dansdes armoires d’une très-belle menuiserie. Sur le devantsont des bustes des hommes illustres de l’autiquité, &de quelques personnes distinguées du dernier siécle,foulés fur de bons originaux. On y conserve une gran-de quantité de belles estampes. A l’extrémité de cettebibliothèque, D n entre dans un cabinet particulier,° u les curieux ont de quoi se satisfaire fur toutes sor-te s de rares curiosités. On y conserve un medaillier dontMonseigneur le duc d’OrLans lui a fait présent. Lec ollége de Montaigu, ou des Capets, est dans ce mê-Me quartier. II a été fondé en 1314, par Gilles Ay-c ctin , archevêque de Rouen, sorti de l’ancienne mai-de Montaigu dite de Listenois. Le chapitre deNotre-Dame, & les peres Chartreux, en font les ad-ministrateurs. Le fameux Erasme, de Rotterdam, aa!t une partie de ses études dans ce collège , aussi-bienS^e Jean Galvin : on y entretient de pauvres écoliersJ* y vivent fous une discipline fort sévere. Jean Stan--?nt en a été autrefois principal. L’Eglisc de Saintsalaire qui est la paroisse d’une partie de ce quartier,e i dune ancienne fondation.

On va de là dans la rue Saint Jacques, qui com-m efi ce au petit Châtelet, à l’extrémité du petit Pont.e Petit Châtelet est une maniéré de forteresse anti-composée d’une grosse masse de bâtiment ouver-e dans l e milieu, qui scrvoit autrefois de porte à la1 * e , ausst-bièn que le grand Châtelet, dans le remsj î ede n’avoit point d’autre étendue que l’isse du Pa-Oe bâtiment fut réparé par le Roi Robert. On ysstingue encore, des culs de lampes, fur lesquels onv °>t élevé autrefois des tours qui ont été abbatuesfaire une terrasse > qui sert à présent de prome-J 1 , aux prisonniers. La premiere chose remarquable,ru °ç lencontr e en montant vers la porte où finit ladou ^ -* acc l ucs , est l’églife de S. Severin. On ne peutj} ter qu’elle ne soit fort ancienne, puisque le patronT porte le nom, en a été le fondateur. II vi-

u du tems du grand Clovis, qui > fur le bruit de

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la sainteté de fa vie, le fit venir de Savoye , où ilétoit Abbé, pour le guérir d’une fièvre dangereuse,donc il fut délivré par ses prières. Pendant le séjourque ce saint abbé fit à Paris , il demeura dans Fendroitoù l’église de Saint Severin a été bâtie. Ce n’étoit alorsqu’une solitude, au milieu de laquelle il y avoir unepetite chapelle dediée à saint Clément. II n’y a paslong-tems que le grand autel de cette paroisse est achevé.II est orné de huit colonnes composites de marbre »qui sont disposées fur un demi-cercle > & qui soutien-nent une coupole coupée, avec quelques ornemens debronze doré. Anne-Marie, mademoiselle de Montpen-sier, fille aînée de Gaston-Jean-Baptisle » duc d’Orléans,a fait une partie de la dépense de cet autel ; c’esl pour-quoi on y voie ses armes dans des lozanges fur les cô-tés. Entre les personnes distinguées par leur mérite,qui y font enterrées, on compte Jacques de Billi, sa-vant d’une profonde érudition ; Etienne Pasquier, ave;car général de la chambre des comptes, dont nousavons quelques ouvrages ; Scevole & Louis de SainteMarthe, si connus par leur mérite, Gilles Personnede Roberval, (géomètre Sc mathématicien , ami deGassendi ; Louis Moréri, dont le dictionaire histori-que poire le nom, & un seigneur de la maison descomtes de Frise Orientale, mort à vingt-trois ans. Del’autre côté, à l’extrémité de la rue Gaiande , est uneancienne église nommée Saint Julien le Pauvre , quifut autrefois un hôpital. L’églisc de Saint Yves est unpeu plus haut. Elle fut bâtie Fan 1347, par les foinsd’une célèbre confrérie de Bretons qui étoit alors à Paris,ôc qui y faisoit faire le service divin tous les jours pardes ecclésiastiques gagés. En avançant dans la mêmerue on trouve le couvent des Mathurins ou Trinitai-res. II fut fondé par saint Louis ; & Robert Gaguin,ministre Sc général de l’ordre , fit bâtir l’église dansle même lieu, où du tems de la premiere fondationde ces peres, il se trouvoit une vieille chapelle » danslaquelle on confervoit le corps de saint Mathurin, cequi les a fait nommer Mathurins. Depuis quelquetems 011 a embelli cette église considérablement. Legrand autel est orné de 'quatre colonnes d’un marbretrès-rare & très-précieux , d’une brocatelie jaune mar-quetée de couleur de feu, plus grande que toutes cel-les que l’on a pu voir de cette espèce. Les carrièresen sont, perdues. Ces quartes belles colonnes furencdonnées par les Trinitaires d’Espagnc, à un généralde l’ordre, lorsqu’ií faisoit sa visite dans ce royaume.Le petit tabernacle de cet autel est enrichi de colon-nes d’un marbre singulier, aussi d’une espèce de bro-catelle très-rare. Les chapelles qui sont du côté gau-che ont aussi pour ornement des colonnes de marbred’une assez belle ordonnance. Les chaises des religieuxsont dune menuiserie dont les panneaux se trouventcouverts de tableaux qui représentent l'histoite de Jeande Matha leur instituteur. Le chœur de cette égliseest séparé de la nef par six colonnes ioniques, qui sou-tiennent une corniche double, sur laquelle il y a desfigures d’anges, qui tiennent en leurs mains des in-strumens de la passion. Le reste de cette église est re-vêtu d’une menuiserie chargée de sculpture. Ces reli-gieux, avant qu’on les appellât Mathurins ou Trini-taires , portoient le nom de Freres Anes , parce quelorsqu’ils croient obligés de voyager, il leur étoit dé-fendu d aller autrement que fur des ânes, suivant leurinstitution faite l’an t 198, sous le pontificat d’Inno-cent III. En 1267, il leur fut permis.de se servir dechevaux. 11 s sont de l’ordre de la Sainte Trinité, dela Rédemption des Captifs, & leur principal institut estd’aller racheter des esclaves chrétiens des mains desinfidèles. Robert Gaguin , ministre 8e général de l’or-dre , auteur des annales de France > est enterré dans lechœur ; Sacro Bosco , mathématicien de réputation ,dont le traité de Sfhera mundi a été traduit en di-verses langues; le fameux Cujas, jurisconsulte, y sontaussi enterrés. On passe ensuite devant l’église de SaintBenoît, dont on tient que saint Denis, évêque deParis, a été le fondateur, & qu’il la mit fous l’invo-cation de la Sainte Trinité. C’étoit d’abord une ab-baye fous le nom de Saint Benoît Sc de Sainte Bal-que. Elle est occupée par des chanoines, qui dépen-T om. IV. K k k k k ij