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Tome quatrième. M - P.
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tomber, & dans cet état on le domte par la faim. IIy a encore quantité de pourceaux sauvages, qui gâ-ten t beaucoup le riz ; de forte que les paysans, sont°bligé s de veiller la nuit pour le garder. Quand ils° nc tué quelques-uns de ces animaux, ils font unefosse 6e l’y enterre afin que personne isen mange ;^ a s il y a beaucoup de Mahométans parmi eux. Lesétrangers isolent mëme en manger qu'en cachette.

Le royaume de Patane releve de l'empeteur ou roià Siam, à qui il paye tous les ans pour tribut uneà tir d’or » qui peut valoir cinquante écus ou deux«ens francs. Quand on manque à payer ce tribut, ler °* de Siam se met en état de se faire rendre justi-Ce j & de réduire ses vassaux à leur devoir; car corn-ue le royaume de Patane n'a pas plus de cinquante5^ soixante lietfes de pays, les habitans ne sauroientrésilier. Ce royaume est fameux par ses révolutionspar l’état présent de son gouvernement. On dit queÍCS peuples, lassés d’obéir à des rois qui les maltrai-tent, sec erent le joug; 8 c qu’ayant fait descendretrône celui qui regnoit alors, ils y firent montera fa place une princesse, à qui ils donnèrent le titre■^ e reine , fans lui en donner l'autorité. Ils firent choixdes plus habiles d’entre eux pour gouverner en son nom^ fans fa participation ; car elle n eutre point dans lesecret des affaires, Sc elle doit fe contenter des res-pects Sc des hommages que chacun lui rend extérru-Xe ment comme à fa souveraine : ils ne lui laissent pasîv^me le choix de ses premiers officiers , mais ils ne lui^fissent jamais rien de tout ce qui peut contribuer àïes plaisirs. Rien ne l’empêche de s’y abandonner touteîntiere & fans réserve : car s’il ne lui est pas permis^e sc marier, il ne lui est pas aussi défendu d’avoirfies galans : elle en a autant qu’il lui plaît, & elle amême de quoi lëur faire des préscns considérables. IIy a un fonds qui est destiné pour fournir à la dépen-se de fes habits, Sc à f entretien de fa maison. Elledemeure ordinairement dans Patany, qui est la villecapitale de son royaume. La fleur d'or, qu’on payeT °us les ans au roi de Siam, sc présente toujours au110111 de la Reine, * Histoire naturelle & politique dur °yaume de Siam, p. 3 íj.

1. PATANE, ou Patany, ville des Indes, dans* a presqu’lsle de Malaca, fur la côte orientale du royatr-me de Patane, dont elle est la capitale. Cette ville estsituée dans une ìfle nommée Pulo Tikon ou Tikos.^Le a un fauxbourg & un bon port, d’où les habitans''ont trafiquer en divers endroits des Indes orientales,p quand ils sc trouvenf les plus forts en mer, ils en-* e vent Sc pillent tous les vaisseaux qu'ils rencontrent ,a ussi-bien les Chinois que les autres ; mais. tout ce quikntre dans leur port est cn fureté. Le fauxbourg de Pa-irie est fort long, mais étroit. La ville est de mêmedroite & longue. Du côté de la terre elle est environ-ne d'un marais, 8 c bien close à la maniéré du pays,Ce st-à-dire, d’une palissade de grandes poutres carrées,feulement un peu dégrossies par les côtés, bien enfon-n es e n terre avec le belin, comme on fait aux pilotis,^ touchant. Ces poutres paraissent aussi hautes au-oessus de la terre que le paraît le grand mât d’un vais-> depuis le haut pont jusqu’à la hune. Du côté deeau 3 il y a une petite riviere qui coule le long det0llc lo derriere de la ville. Entre les villes des IndesDentales, on P eut compter Patane pour une des plus, des plus fortes & des mieux pourvues de canon.Siamois ont trois pagodes dans cette ville, 8 c lesj ail °métans n’y ont qu’une mosquée. Les maisons de5 ^jlle sent faires de bois & de roseaux , bien percéesbien bâties. Le palais royal, &les apparremens duf md-martre, font environnés d’une forte palissade , quies séparé du reste de la ville. Les habitans ont le teint^ er >dté. IL font bien proportionnés dans leur taille,r Stieilleux& fiers; ce que leur démarche & leur trainm asse 2 connoître, fur tout parmi les gens riches,p l , ne sortent jamais qu’ils ne soient suivis d’une trou-da Domestiques. Ils sont néanmoins familiers & civilsv ‘ ls . eiIrs discours , aussi-bien avec les étrangers qu’a-Wr) ._ eu ts compatriotes. Leurs vêremens ne sont pas ma-fcm C ' Ues ‘ L es maris font extrêmement jaloux de leurstï5es j ils ne permettent pas à leurs meilleurs amis

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de les voir, non-plus que leurs filles. II y a tant deChinois à Patane , qu’ils surpassent en nombre les natu-rels du pays. La reine les estime beaucoup. On parlequatre langues dans cette ville, le patanois, le siamois,le malais Sc le chinois, de même que la plupart desautres villes des Indes. Les Malais lisent à la maniérédes Juifs, de droite à gauche. Les Siamois écriventcomme on fait en Europe, & leurs caractères font àpeu près comme la lettre romaine. L’adultère est punide mort à Patane , & dans les autres pays voisins, prin-cipalement parmi les nobles & les officiers de la cou-ronne. Le pere du criminel, ou si le pere est mort, leplus proche de fes païens est obligé de faire l’exécution;mais le coupable choisit le genre de supplice dont il veutmourir. Quoique ce vice soit si sévèrement puni, il n’yen a pourtant point qui soit plus commun. Pour lecommerce entre deux personnes non mariées, il n’estpas regardé comme un crime. * Voyage d’Olivier deNoort autour du monde , p. 104.

PATANS , peuples des Indes, dans les états dnGrand Mogol. Bernier, Lettre d’Etat, p. 2.78 , dit dansfa relation de l’Indouslan, que ces peuples, sortisautrefois de leur pays, situé du côté du Gange , versBengale , sc rendirent extrêmement puisians à Dch-11, 3 c firent plusieurs rajas ou princes des environs leurstributaires ; mais les Mogols, peuples de la grande Tar-tarie, s'étant emparés des Indes vers l an 1401 , cesPatans furent obligés de chercher des retraites vers lesm'ontagnes, loin de Dehli Sc d’Agra, Ils sc sont habituésdans ces montagnes, où quelques-uns d’entre eux sontdemeurés petits souverains, comme rajas , mais avecpeu de forces. Ces Patans font fiers 8 c guerriers, & jus-qu’aux moindres d’entre eux, fussent-ilsvalets 6L porteursd’eau , ils ont encore le cœur extrêmement haut, disantsouvent comme par jurement -.Que je ne puiste jamais êtreroi de Dehli , ft cela n’est ainft ! D’aìlleurs ils mépri-sent les Indiens, les Gentils Sc les Mogols ; & haïssentfur tout mortellement ces derniers ; car ils se souvien-nen ttoujours de ce qu’ils ont été autrefois, avant queles Mogols les eussent chassés de leurs grandes princi-pautés,

PATARE , ouPatara, ville d’Asie, dans la Ly-cie, dont elle étoit la capitale, scion Tite-Live , l. 37.c. 1 y. Elle avoit un temple célèbre , dédié à ApollonPararéen. Ce temple , dit Pompon!us Mêla, l. 1. c. 15.étoit aussi riche que celui de Delphes ; & l’oracle desdeux temples passoit pour mériter la même créance,Horace, l.q.od. 4. dit:

. . . Qui Lyciœ tenet

Dumeta , natalemque Silvam,

Délias est Patareus Apollo.

On ne consoltoit l’oracle de Patate que dans les sixmois de l’hiver : durant les six mois d’été, l’oraclsétoit à Delphes. C’est ce que Virgile explique dans I’E?néïde, /. 4. v. 143.

. . . Ubi hibernant Lyciam , Xantique Fluctua

Deferit , ac Delum maternant invistt Apollo.

La ville de Patare étoit située dans la péninsule , qu’E-tienne le géographe appelle la Chersonnèse des Lyciens.Cetoit, scion Tite-Live, L 37. c. 17. Sel. 38. c. 37*une ville maritime qui avoit un port. Ptolomée Phh a "delphe, après avoir accru cette ville, la nomma Ar-fìno'ê de Lydie , du nom de fa femme ; mais cette villene laisse pas de conserver foujours son ancien nom ,sous lequel elle fut plus connue que sous celui d Ar-sinoe. Ce fut autrefois un évêché suffragant de Myre.Saint Léon 8 c saint Paregoire y reçurent la couronnedu martyre, vers le troisième ou le quatrième liede.Cette ville fut le lieu du premier exil de saint Silveie ,pape, & fut aussi le lieu de la naissance de saint Ni-colas , évêque de Myre. * Strabon , 1 - M-P* • Ba.il-let , Topogr. des Saints, p. 3 7 °- ,.

PATARES ANGUSTlAE , nom quAmnuen Mar-cellin, l. zi.c. 8. donne au Bosphore Cimmérien. Aulieu de Patares, quelques manuscrits portent Pateres.La signification de l’un n’est pas, plus connue que celleTm. IV. P p p p p ij