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tter au port le 28 de Décembre 1696. II en étoit mortsix pendant leur course. Les habitans, accourus furle rivage, leur apportèrent du vin & des rafraîchisse -mens. 11s mangèrent des cocos, des racines appelléesPaíaván; mais ils ne voulurent point de riz, le prenant pourdes vermisseaux. On fit venir deux femmes que la tem-pête avoit autrefois jettées fur la même côte deGuivam,8c qui, sachant un peu la langue de ce pays, leur servi-rent dìnterprétes.-Ce fut par ce moyen qu’on appritqu’il consissoit en trentc-deux ifles. La structure de leurspetits vaisseaux & la forme de leurs voiles, qui fontles mêmes que celles des Marianes , firent juger que lesisses fays n’étoient pas fort éloignées de ces dernieres.Le pere le Clain dit que c’est une des isses Pays qu’ondécouvrit de loin en 1686. Les uns l’avoient appelléela Caroline , du nom de Charles II, roi d’Espagne, 8cles autres Tisse de Saint Barnabé , parce qu’on la décou-vrit le jour de la fête de cet Apôtre. Elle fut encorevire en 1696, par un vaisseau que la tempête obligeade changer de route, en allant de Manille aux Ma-rianes. 'Le gouverneur des Philippines avoit souventdonné ordre au vaisseau qui va presque tous les ansatlxMaf ianes de chercher cette isse;mais ces ordres avoienttoujours été inutiles. Au rapport de ces étrangers, cesIsses, jtisqu’alors inconnues, font extrêmement peuplées.Qiiand on leur demanda quel étoit le nombre des ha-bitans, ils prirent un monceau de fable & de pous-sière , pour faite entendre la grande multitude d’hom-mes qu’on y trouve. Quoiqu’ils fussent à demi nuds,ils avaient des maniérés & un certain air de grandeur,,qui faisoient connaître qu’ifs avoient des fentimens. IIse trouvait parmi eux un chef d’habitation avec sa fem-me qui étoit fille du roi. Le mari avoit le corps peintde certaines lignes dont l’arrangement formoit diversesfigures. Les autres hommes de la troupe avoient aussiquelques lignes, semblables, les uns plus, les autresmoins. Mais les femmes & les enfans n’en avoient point.Le rour & la couleur de leur visage approchent assezdu tour & de la couleur du visage des habitans desPhilippines. Les hommes n’ont point d’autre habit qu’u-ne espécé de ceinture qui leur couvre les reins 8c lescuisses, 8c qui fait plusieurs tours. Ils ont fur leursépaules plus d’une aune 8c demie de grosse toile, dontils se font une espece de capuchon qu’ils lient par de-vant, 8c qu’ils laissent pendre négligemment par der-rière. Les hommes 8c les femmes sont habillés de lamême maniéré, excepté que les femmes ont un lingeun peu plus long, qui descend depuis la ceinture jus-qu’aux genoux. Leur langue est différente de celle desPhilippines, & même de celle de isses Marianes. Leurmaniéré de prononcer approche de celle des Arabes.La femme qui paraissait la plus considérable avoit plu-sieurs anneaux 8c plusieurs colliers d’écaille de tortue,ou d’autre matière qui étoit inconnue, 8c qui ressem-blait assez à de l’ambre gris. Pendant les soixante &dix jours qu’il avoient été fur seau à la merci desvents, ils avoient vécu du poisson qu’ils prenaient, 8cne buvaient point d’autre eau que celle que la pluieleur sournissoit. Comme ils n’ont point de vaches dansleurs isses, ils voulurent s’enfuir, quand ils en virent,aussi bien que quand ils entendirent aboyer un petitchien. Ils n’ont point non plus de chats, ni de cerfs,ni de chevaux, ni généralement aucune bête à qua-tre pieds : ils n’ont même guère d’autres oiseaux queceux qui vivent sur la mer. Ils ont cependant despoules dont ils se nourrissent, mais ils n’en mangentpas les œufs. Malgré cette disette de tant de choses,ils sont gais 8c contens de leur sort. Ils ont des chants8c des danses assez régulières. Ils chantent tous ensem-ble , & font les mêmes gestes, ce qui a quelque agré-ment. II 11’a point paru qu’ils eussent aucune connois-sonce de la divinité, ni qtfils adorassent les idoles. Onn’a remarqué en eux qu’une vie toute barbare. Toutleur soin est de chercher à boire 8c à manger. Ils ontune grande déférence pour leur roi 8c pour les chefsde leurs bourgades ou habitations. Ils n’ont pointd’heures réglées pour leurs repas ; ils boivent & man-gent en quelque rems 8c en quelque endroit que cesoit. lorsqu’ils ont faim ou soif, & qu’ils trouvent dequoi se contenter. Mais ils mangent peu à chaque fois,
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8c ils ne font point de repas assez fort pour suffiretoute la journée. Leur civilité 8c la marque de leurespect consiste à prendre la main ou le pied de ce^lui à qui ils veulent faire honneur, 8c à s en rrottout doucement tout le visage. 11 s avoient parmi leurpetits meubles quelques scies faifes, non de fer > 11131d’une grande écaille qu’on appelle dans le paysbo , 8c qu’ils aiguisent en la frotanr contre certainpierres. Ils avoient aussi nne scie de fer àe la *° n _gueur d’un doigt, 8c ils parurent fort étonnés a ocasion d’un vaisseau marchand qu’on bâtissoit avnm. de voir la multitude des instrumens de charpterie dont on se servoit. Ils n’ont point de métauxleur pays. Leurs armes sont des lances ou des 1faits d’ossemens humains. 11 s sont naturellement fo tr P.cifiques. Lorsqu’il arrive entre eux quelque querelle» el ^se termine par quelques coups de poing qu’ils senenc fur la tête ; ils ont cependant du feu 8c de lavacité. Us n’ont pas tant d’embonpoint que les b atans des isles Marianes ; mais ils sont bien proportionnés & d’une taille à peu près semblable à celle ^Philippinois. Les hommes & les femmes laissent f í0l ~tre leurs cheveux, qui leur tombent fur les ep aUles.
PAYS-BAS , Belgïum , contrée de TEurope, eomposée de dix-sept provinces, situées entre TAimagne, la France Sc la mer du Nord. Le nom de 1 a ; ^Bas, appellé en allemand Nìdderland , & en statua»Ncderlanà , a été donné à ces pays, à cause de I esituation à Tégard de TAUemagne, 8c parce qu’ils l®dans un terrein fort bas, & en plusieurs endroits p lubas même que l’Océan. Ces provinces des Pa/s-bas»possédées long-tems par plusieurs seigneurs, fureslt efin réunis par l’Empereur Charles V, de la ma » 0d’Autriche, qui joignit à ce que ses peres lui avoie^laissé le duché de Gueldres, le comté de Zutphen ^les seigneuries d’Utrecht, d’Over-issel & de Gro» 11 ^gue. Ces dix-sept provinces ainsi unies dans un I ecorps, croient les duchés de Brabant, de Limbousi»’de Luxembourg & de Gueldres ; le marquisat d’Any e ^*appellé le Marquisat du Saint Empire ; les comtés »Flandres, d’Arcois, de Hainauh, de Hollande,Zeelande, de Namur 8c de Zutphen; & les fe’&Ffa,ries de Frise , de Malines, d’U trecht, d’Over-Iué ^de Groningue * Longuerue , Desc. de la France, P ar '
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L’empereur, duc de Brabant, prenoit les tltre ’ et ptoutes ces provinces, rant des grandes que des Ftes -, c’est à cause des dix-sept titres qu’il portoit ss"a compté dix-sept provinces des Pays-Bas. Cettesion néanmoins 11 ’étoit pas juste, par rapport au Svernement -, car le Marquisat du Saint Empire etellement uni 8c confondu avec le Brabant, qu’Asl ven qnoi consiste le marquisat , étoit chef de l’° n ,quarte quartiers du duché de Brabant ; & le com ^Zutphen, joint à la Gueldres, ne faifoít c l u / , 1 j| en iequartiers de ce duché. D’un autre côté la eb^-Qr-de Lille faifoít, avec le bailliage de Douay & j eSchics, une province séparée de la Flandres. G j eV, outre cela ayant ôté à la France Toiirnay gSTournesis, voulut que certe ville 8c ses dépen ‘ , csl .fissent une province. Enfin Valenciennes, si u . r i e .clavée dans le Hainauh , en étoit cependant fcP 3 ^ £S
Sous Philippe II , roi d’Espagne, les habitas ^provinces des Pays-Ba; se révoltèrent & 1^5 fitiir
rent conserver que les neuf plus méridionales » £sp3'
autres qui sont au nord secouèrent le joug - s .
gnols & formèrent une république qui e^^P^ cés~santé de PEurope. On les nomme les ^ RC p a ys-BasUnies; & les autres furent appellées les t jnrentlaCatholiques, parce que les Espagnols y n^j-ovinces-religion catholique ; au lieu que dans les P y 0 yez,unies le Calvinisme devint la religion c * on ’>° a ' £S , y oyez*au mot Province, Tarricle Provinces-!'aussi Pays-Bas Catholiques. , stn côte
Les PAYS-BAS CATHOLIQUES sont h s£li .
du midi, & sont nommés Catholiques, pa rce ^ g ran degion catholique y est feule reçue dans la ^ ^espartie des provinces. Les Hollandais ayan^ p rJU ,çoisconquêtes en Brabant 8c en Flandres, e