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Tome quatrième. M - P.
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PAYERNE , Paterniacus, ville de Suisse, dans ìecanton de Berne, fur le bord de la Broyé, au milieud’une belle campagne, & le chef-lieu d’un gouverne-ment auquel elle donne son nom. Cette ville est peri-te , mais jolie. La Broyé coule devant Tune de ses deuxPortes , & on la passe fur un pont de pierre, à un coinAuquel on voir cette inscription :

Jovi O. M.

Genio LogiFortunéeReduci Aï-pius Augus-tus dedica.

* Etat & Délices de la Suisse , r. 2; p. 339,

Marius ou Maire, évêque dé Lausanne, bâtit où ré-élit Payerne eri 393 , & y fonda une église. Dans lasisite, Berthe, reine de Bourgogne, environ l’an 560,Y fonda une riche abbaye de Bénédictins, à laquelle«Hé attacha de grands revenus, leur donnant la sei-gneurie de la ville & les excmtant de toute jurìsdi-ction, quelle quelle fût, de rois, de princes, d’évê-ques. & de celle des papes même. Le gouvernementde ce monastère fut donné à saint Odilon, abbe deClugny , qui Punit à son abbaye de Clugny, dont Payer-ne sor toujours membre ; de forte que depuis ce rems »11 y eut en ce même lieu un prieuré conventuel, qui«toit à la collation Lbre de l’abbé de Clugny , & où11 devoir y avoir trente moines, selon un règlementfait en 13 16. Guilliman dit qu’il y a des actes anciensde Péglisc de Lausanne , qui attestent que Marins, évê-que d’Avranches, avoir bâti une église à Payerne, dansla quatorzième annee du roi Contran Mérovingien enSIS' * Longuerue , Description de la France, partie 2.pag. 267.

Les Bernois prirent Payerne fur les Savoyards en1536, chassèrent les religieux , & établirent à leur pla-ce un administrateur , qui en retire les revenus. Lesbourgeois choisirent leur chef de justice. Ce privilègevient de ce que Payerne , dès le rems qu’elle étoit sousla domination des ducs de Savoye, fit un traité d’al-Hance défensive avec ceux de Berne. * Etat & Déli-ces de la Suisje , f. z. p. 34o.

II y a à Payerne deux grands temples, rout prochel'un de l’autre, savoir l’ancienne église paroissiale &1 église de Pabbaye. Ce dernier a été abandonné à causede son obscurité, & on en a fait un grenier. On peurencore voir la hauceur de la voûte & la grandeur descolonnes qui la soutiennent. On dit que le roi de Bour-gogne Rodolfe II, y est enseveli avec Berthe son épou-se , fondatrice de l’abbaye ; mais quelque recherche qu’onfasse , on ne voie aucune trace de conioeau , ni la moin-dre inscription. II est vrai qu’on y a tout renversé, quand°n y a bâti le grenier. Le clocher a été conservé & onf« sert encore de sa sonnerie. II paroît par divers mo-n umcns de l’histoire que les derniers rois de Bourgo-gne ont aimé le séjour de cette ville. On dit que Ro-d°lse, le premier de ces rois, en fit fa résidence en 888.~«s habitans de Payerne sont renommés pour leur adres-* e a dresser des chiens de chasse.

Le Gouvernement de PAYERNE n’a pas le titre, c bailliage, quoiqu’il en vaille bien un, par fa bon-* c> C’est un pays uni, formé de grandes campagnes,® champs & de prés : son 'terroir est très fertile & ilrenommé particulièrement pour ses bons pois blancs.*• PAYS , partie plus ou moins grande du globeterrestre, habitée par un peuple ou par plusieurs na-tt°n s différentes, mais considérées sous une même no-don. On dit de FAfrique que c'est un pays brûlé parl Cs ardeurs du soleil ; que la France est un pays où lesPences & les beaux arts ont fait de très-grands progrès de-P l fis se régné de François premier 3 que la Hollande estUl1 pays coupé de canaux , &c.

On appelle Pays des petits cantons dont plusieursensemble une province, comme le pays de Cwx ,01 quelques autres. composent la Normandie. Quel-^efois on sousentend le mot pays, comme quand onu simplement le Vanta , le Ponthieu, &ci

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Pays sc prend quelquefois pour la patrie; on dit;par exemple ,pays natal, aimer Jon p ay s, quitter le pays,avoir l’accent de son pays.

On appelle le Plat Pays en termes de guerre, la cam-pagne où il n’y a ni villes , ni forteresses ; exemple : dedépit de n avoir pli forcer cette ville , il s'en vengea en ra-vageant le plat pays.

Un pays plat est autre chose. C’est un pays qui n’estqu’une vaste pláine, fans montagnes ni hauteurs bienremarquables. Le Bas-Poicdu & l’Aunis sont des paysplats dans ce scns-là.

En France on appelle Pays d’Etats les provinces où lesimpositions se font pat Passemblée des états de la provin-ce; P ay s d’EleElion , celles où il y a des généralités ôc.des élections établies; & Pays d Obédience, les provincesoù le pape nomme à certains petits bénéfices. On ditaussi Pays Coutumier, de celui où l’on. soit une coutumeprovinciale & locale, & Pays de Droit écrit , de ce-lui où l’on fuir le droit Romain. On appelle prover-bialement Pays de Cocagne , un pays où l’on fait bon-ne chere & où l’on ne travaille guère. On a dit lepays Latin dans le sens propre , pour signifier la par-tie de lítalie appellée le Latium, & on le dit figu-rément pour signifier à Paris le quartier de PU Diversité,Les gens de mer appellent Pays-Stmme le fond où ily a peu d’eau. Us disent aussi Bas-Fond pour signifierla même chose.

Le mot Pays 11’èst qu’une traduction du mot Pagus;comme les mots Païen & Paysan viennent de P aga-mis. Voyez. Pagus.

i. PAYS, isles de la mer des Indes, áu sud des islesMarianes. Elles ne furent découvertes qu’en 1697, com-me nous l’apprenons par une lettre du pere le Gain, Jé-suite. Ces isles sont au nombre de trente-deux. Il y cri.a trois qui ne sont habitées que par des oiseaux ; maisles autres sont peuplées. On les nomme :

Pays .

Lamululùtup,Saraon,Yaropie »Valayyay,

Satavan,Cutac,Yfaluc,Pirattlop,

Yrat,

Pic,

Piga,Lamnncc,

Pue,

Falait,

Caruváruvong ;Ylátu ,Làmuliur,

lavas,Saypen,Tacaulap »Rapiyang,

Ta von ,Mutacufan,Piylu,

Olatan,

Palu,

Cucumyat,

Piyalucunung.

Les trois qui ne sont habitées que par des oiseaux sont :

Picular, Hulatan, Tagian.

* Lettres édifiantes, t. ì.p. 114, &f u i v _

Lamurrec est la plus considérable de toutes ces isles;C’est où le roi de tout ce pays tient fa cour ; les chefsde toutes ces habitations lui sont soumis. La premiè-re connoissance que l’on a eue de ces isles a été tiricoup du hazard. Le pere Paul le Gain, Jésuite , étantarrivé à la bourgade de Guivam , dans l’ifle de SamaLla derniere & la plus méridionale des Pintados orien-taux , ou il faiseur la visite des maisons des Séminai-res , avec le provincial de la province, il y trouvavingt-neuf des habitans de ces isles Pays, que les ventsd eít qui règnent fur ces mers , depriis le mois de Dé-cembre jusqu’au moi s de Mai > y avoient jettes a troiscens lieues de leurs isleS. 11 s s’étoieiit embarques sor depetits vaisseaux au nombre de rrenre-cinq, pour passesà une isle voisiné, qu’il leur sut impossible de gagner,ni aucune autre de leur connoissance, a cause d un ventviolent qui les emporta en hautè met, ou ils voguè-rent soixante & dix jours > fans pouvoir prendre ter-re, jusqu’à ce qu’ehfîn lis ^íc trouvèrent à la vue dela bourgade de Guivam, ou un Guìvamois, qui étoitau bord de ía mer, leur servir de guidé, & ses fseen-

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