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Persans, ainsi que tous les autres Orientaux , ignorentl’usage des lits élevés de terre Ils couchent fur leplancher couvert d’un tapis avec un matelas & unecouverture piquée. L’été ils passent la nuit à l’air furleurs terrasses ; & comme les femmes y couchent aus-si » on a obtenu que les Moullahs, qui vont chanterfur les Mosquées ne montent point le matin fur lestours aux Minarets.
Les fleurs que produit la Perse n’ont ni l'éclat, nila variété des nôtres. Dès qu’on a passé le Tigre, entirant vers ce royaume, on ne trouve que des roses&c des lis, Sc quelques autres petites fleurs du pays.11 y a beaucoup de roses, ôc les Persans en distilenttine grande quantité, de même .que de la fleur de na-ble, ôc ces eaux se transportent dans toute l’Asie ducôté de TOtient. II y a des pommes, des poires, desoranges , des grenades , des prunes, des cerises , desabricots, des coins , des châtaignes , des nefles , desmelons, des pistaches, des amandes , des signes,quelques noisettes & quelques noix. Les seules pro-vinces de Guilan & de Mazandran fournissent de 1 hui-le & des olives. Mais il n’y a point de province quine produise du coton. L’arbre vient en buisson de lahauteur de deux ou trois pieds : il a des feuilles semblablesà celles des vignes, quoique beaucoup plus petites, &porte au bout de ses branches un bouton de la gros-seur d une noix, qui, dans fa pleine maturité, s'ou-Vre en plusieurs endroits, ôc pousse le coton par lesfentes de son brou. Le climat est sur-touc admirablepour la vigne. II y a entre autres trois sortes de vinsqui font excellons. Celui de Schiras, comme le meilleur,est gardé pour le roi, & pour les grands de la cour ;celui d’Yesd. est fort délicat, & on le transporte àLar & à Ormus, Le vin d’Ispaban ne se fait que d’unseul raisin fort doux à la bouche, ôc qui, prenantenfin à la gorge , l’échauffe beaucoup, si l’on en man-ge trop. On met le vin dans de grands pots de ter-re cuits au four, les uns vernis par dedans, & lesautres enduits de graisse de queue de mouton, fansquoi la terre boiroit le vin. Quelques-uns de ces potstiennent jusqu’à un muid ; les autres n’en tiennent quela moitié. Presque tous les jardins des Persans fonttemphs de mûriers blancs ôc noirs : on les plante siferrés , qu’à peine un homme peut-il passer entre lesarbres ; mais on les taille en forme de buisson ^ ôc 011ne les laisse pas croître au-delà de cinq pieds & de-mi , asm que l’on puisse atteindre à toutes les bran-ches. Dès qu’au primeras ces arbres commencent àpousser leurs feuilles, les Persans commencent à faireéclorre lés vers à foie. La foie fait le premier com-merce de route la Perse ôc de presque tout l’Orienr;On prétend que la Perse en produit tous les ansvingt mille balles, chaque balle pesant deux cens sei-ze livres. On n'en emploie pas plus de mille ballesdans le pays. Le reste se vend en Turquie > dans lesIndes, en Italie, aux Anglois & Hollandois, quitrafiquent à Ormus. La Perse produit assez de racines;mais il y croît peu de légumes, & on 11 ’a pu encorey faire venir des pois. On prend des turquoises àtrois ou quatre journées de Mesched , dans une mon-tagne nommée Pirouskpu* La vieille roche est gardéepour la feule maison du roi. 11 est libre a tout lemonde d’acheter des turquoises de la nouvelle ro-che. Les perles se pêchent près de fille de Bahren ,dans le golfe Persique, & le roi se réservé celles quifont dune certaine grosseur. Ce n est que depuis quel-ques années qu’on a découvert des mines dans les mon-tagnes. Ces mines font presque toutes de cuivre, ôcles Persans en font avec assez d’induslrie des ustensilesde ménage, n’ayanr point d’étaim, celui qu’on appor-te du dehors servant à étamer leur vaisselle de cuivre.
plomb vient de la province de Kerman ; le fer ôcI acier de Casbin ôc de Korafan , qui en soumissentWne quantité.
Les bêtes, que l’on emploie en Perse pour le scr-v ’ ce > font les chevaux, les mulets, les ânes & leschameaux. l.es chevaux font de taille médiocre, plusPetits que les nôtres, fort étroits, mais très-vifs &ttes-légers. II y a de deux sortes d’ânes ; ceux du pays nee tvent qu’à porter des charges ? on monte les autres
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qui font de race d’Arabie. II fe trouve aussi en quel-ques endroits de la Perse des lions, des ours , des léo-pards, & des porcs-épics. II y a quantité de carpesôc de brochets dans l a riviere d’Atras, ôc encore deplus belles trustes ; mais dans les autres rivières il n’ya guete qu’une sotte de poisson , qui est une espèce debarbeau. On voit en Perse ^ les mêmes espèces d’oi-seaux qui sont en France, à Texception des cailles :on y trouve aussi toutes fortes d’oisqaux de marais ôcde proie. Les Persans ont une bête appellée once,qui a la peau tachetée comme un tigre, mais qui estfort douce ôc privée. Un cavalier la porte en trousséà cheval ; & quand il découvre une gazelle, il faitdescendre 1 once, qui est si légere, qu’en trois sautselle se jette au cou de la gazelle qu’clle étrangle avecles dents.
Les Persans font d’une taille médiocre : Xénophortdit qu’ils étoient la plupart gros ôc gras& Am-mien Marcellin au contraire dit que de son tems ilsétoient maigres & secs. Ils le font encore aujourd’hui;mais ils font forts ôc robustes. Ils ont le visage oli-vâtre , le poil noir, & le nez àquiiín. Les hommesse font raser la tête tous les huit jours , contre làcoutume des anciens Perses qui Lriffoient croître leurscheveux, comme font encore aujourd’hui les Seid ;c’est à-dite, les parens de Mahomet qui, à ce qu’ondit, en u soit ainsi. Ils fe font aussi raser le menton ;mais ils laissent croître les moustaches., 11 n’y a que cer-tains religieux appelles Pyhr , qui se laissent croître làbarbe au menton & aux joues. Ces gens font en gran-de vénération, à cause de leur sainteté apparente, quiconsiste principalement en sabstinence. Ils aiment leàcheveux noirs & souffrent les blonds ; mais ils ont unegrande aversion pour les roux. 11s les peignent quandils pèchent en couleur. Ils se peignent aussi les mains;& sur tout les ongles d’unc couleur rouge , tirant furle jaune & fur l’orangé. Leurs habits n’ont pointde proportion âvec leurs corps. 11s portent des casa-ques & des vestes larges & lâches, & semblables au*habits des femmes. Leur coëffure, que les Turcs nom-ment tulbail on turban, est faste de toile de coton,ou, de quelque étoffe de foie fine & rayée de diffé-rentes couleurs, ôc qui fair plusieurs tours. Celle deleurs prêtres est blanche & tour leur habillement estde la même couleur. Les plus grands seigneurs duroyaume portent des bonnets fourrés, ôc comme, ilsfont presque tous rouges, les Turcs appellent les Per-sans Kifilbasck , c’est à dire, têtes rouges. Les Persansont ordinairement une tunique de coton, ou de foiede plusieurs couleurs, qui descend jusqu’au gras dela jambe. Les extrémités fe passent fous le bras gauche,ôc on fe.ceint d’une écharpe qui fait plusieurs fois letour du corps. Les riches mettent une belle ceinturefur cette écharpe. Le roi ôc les personnes de qualitémettent fur la tunique uhe inândiile fans manchesqui ne va que jusqu’aux hanches. Quánd ils sortent*ils mettent sur ces habits une veste de foie de diver-ses couleurs, & ouvragée d’or. Leurs chausses sont descaleçons qui descendent jusqu’à la cheville du pied;Leur chemise est de toile de coton , souvent rayée derouge. Leurs bas sont fort larges, & la plupart verds,ce qui offense les Turcs de voir que les Persans met-tent à leurs pieds la couleur que Mahomet mettoicà fa tête. Leurs souliers sont fort pointus, & ont lequartier très-bas. Les Persanes n’ont point de turban.Leur front est couvert d’un bandeau de trois doigtsde large , d’or émaillé , chargé de rubis, de diamansou de perles, & la bordure qui leur pend fur le frontest d’écu d’or de Venise , qui fait une espèce de fran-ge assez agréable. Leurs cheveux, qui sont tressés, pen-dent par derrière. Leur tête est couverte d’un bonnetbrodé d’or, environné d’une écharpe richement bro-dée, & dont une partie voltige pat derrière. Elles oncdes colliers de perles ; leur veste de dessous est de bro-card d’or ou d’argent. Elles mettent pardessus des es-pèces de justes-au-corps fourrés de marne. Elles oncdes manches I’hivcr, Sc n’en ont point 1 été. Elles nemettent point de bas, paice que leurs caleçons des-cendent jusqu’au-dessous de la cheville du pied. L’hi-ver elles mettent des brodequins richement brodés. EÌ-'