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les se servent, comme les hommes, de pantoufles dechagrin. Eiles usent d’une certaine poudre pour pein-dre en rouge le dedans de leurs mains, la plante deleurs pieds ôc les extrémités de leurs ongles. Elles senoircissent les yeux avec de la tutye. Les yeux dieux,gris, ou cendrés, ne font pas les plus beaux selonelles, ce font les noirs. * Etat présent du royaumede Perse.
Les Persans font extrêmement propres en leursmeubles & en leurs habits , où ils ne souffriroienrpas la moindre tache. Ils ont l’esprit vif, & le juge-ment bon. 11s s’appliquent à l’étude, & réussissent prin-cipalement dans la poesie. Leurs inventions font ri-ches , & leurs pensées belles, subtiles ôc pleines. Ilsont la réputation de ne pas dire toujours la vérité,en quoi ils ont bien changé de ce qu’ils' étoient durems d’Hérodote , qui dit que les Perses avoient unfoin particulier de faire apprendre à leur jeunesse àmonter à cheval, à bien tirer de Lare, & à dire lavérité. Ils sont fidèles dans leurs amitiés, ôc ils fontdes fraternités qui durent toute leur vie, Ôc qu’iJspréfèrent aux liaisons du sang & de la naissance. Aconsidérer quelques-unes de leurs démarches , on lesjugeroic chastes ôc amis de la pudeur ; mais tout celan’est qu’à Lextérieur : non contens d épouser plusieursfemmes & d’avoir plusieurs concubines, ils courentencore après les prostituées : aussi n’y a-t-il point deville dans la Perse , à la réserve d’Ardebil, où l’on nevoie des lieux de débauche sous la protection du ma-gistrat. * Olearíus , Voy. de Perse, /. y. p. f 68 . ôcsuiv.
La dépense du ménage chez les Persans est fort mé-diocre pour la cave ôc la cuisine , si ce n’est dans lesfamilles où le nombre des femmes l’augmente. Ceuxqui ne sc contentent pas d’eau pure y mêlent du dus-chab ôc du vinaigre. D’aurres boivent du vin fansscrupule, quoique la loi le défende. Ils se persuadentque ce péché leur sera pardonné, pourvu qu’ils nefassent pas eux-mémes le vin. L’usage de Lopium estfort commun. On en fait des pilules de la grosseurd’un pois, ôc ôn en avale z ou 3 rous les deux outrois jours. On cherche par-là à s’assoupir & à s’en-yvrer. 11 n’y a presque point de Persan de quelquecondition que ce soit, qui ne prenne du tabac en pou-dre ôc en fumée. En le prenant de cette derniere fa-çon , ils boivent une certaine eau noire qu’ils appel-lent Cahwa, faite d’un fruit qu’on leur apporte d’E-gypte. Elle a une faculté rafraîchissante. Ou croît qu’el-le éteint la chaleur naturelle, Sc on en use parcequ’on n’aime point à se voir chargé d’cnfans.
Quand un jeune homme veut se marier, il s’infor-me des qualités du corps & de l'esprit de la fille qu’ila dessein d’épouser, parce qu’il ne lui est pas permisde la voir. S’il est content du rapport, il fait faire lademande par quelques-uns de ses amis.Si la recherchene déplaît pas, on traite de la dor que donnent les pa-ïens d u marié. Elle se constitue en argent, que lefiance envoie à la fiancée peu de jours avant le maria-ge > comme une récompense an pere & à la mere dusoin qu’ils ont eu d’élever leur fille , ou bien il lui pro-met certaine somme d’argent, ou une quantité de soieou d’étoffes, payable en cas de divorce. La loi permetau mari de tuer 1 adultéré avec la femme , quand il lestrouve en flagrant délit, & le juge récompense d’uneveste neuve celui qui sait une exécution de cette na-ture.
On ne fait plus nourrir les en fans parmi les femmes,ôc les peres ne les éloignent plus d’eux jusqu’à l’âge dequatre ou cinq ans , comme l’on faisoic anciennement.On ne les exerce point non plus à tirer de l’arc ôc àmonter à cheval ; mais on les envoie à l’école pour ap-prendre à lire ôc à écrire, n’y ayant presque point dePersan, de quelque condition qu’il soit, qui ne sachel’un & sature. Les metzid ou mosquées qui servent pourla prière , servent aussi pour les écoles. II n’y a pointde ville qui n’ait autant de metzid qu’elle a de rues,chaque rue étant obligée d’entretènir un metzid avecson molJa, qui est comme le principal du collège, ôc* e califa , qui est comme le régent. Tout le monde écrits«r le genou, parce qu’on n’a point en Perse l’usage des
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tables, ni celui des sièges. Leur papier est fait avechaillons de foie ou de coton. Leur encre est ortépaisse. . .
Les Persans ont leur langue particulière, qui tienbeaucoup de l’Arabe, ôc point du tout du Turc. Un ytrouve plusieurs mots étrangers > comme allemands clatins. Elle est assez facile à apprendre, parce A” efort peu de verbes irréguiiers. Tout ce qu’elle a de 1 -ficile, c’est la prononciation du gosier. La plupart esPersans apprennent avec leur langue, celle des turcs,qui est devenue si familière à la cour , qu’à peine y entend r-on quelqu’un parler persan. On ne connoit ml’hébreu, ni le grec, ni le latin ; au lieu de ces languessavantes, ils ont l’arabe » qui est chez eux la »chose que la langue latine en Europe. L’alcoran ôc to _ses interprètes s’en fervent, aussi-bien que ceux quiécrivent des livres de philosophie ôc de médecine. Uutre ces deux sciences , les Persans étudient encore 1 ant -métique, la géométrie, l’éloquence , la poésie, aphysique, la morale , l’aslronomie , Lastrologie & ajurisprudence. Us apprennent toutes ces choses dansleurs collèges ou universités , qu’ils appellent Me*,dressa.
Le royaume étant monarchique & despotique, b v0 "lonté du monarque sert de loi. Quelques écrivains don-nent aux rois de Perse de la derniere race le titre &eSophi ; Ôc les rois même , particulièrement ceux qui onCdu zèle pour leur religion , prennent plaisir à ajoutetcette qualité à leurs titres, en mémoire de Schich Ses*ou Sephi , premier instituteur de leur secte. Les Persanscroient que Mortus Ali, cousin & gendre de Maho-met , fut établi Lhéritier de la grandeur de son oncle& de son prétendu esprit prophétique, au préjudi ced’Omar, à qui les Ottomans attribuent ces prérogati-ves ; ôc c’est fur ce différent que ces deux nations seportent une haine irréconciliable. En qualité de fils deprophète, Je roi se dit le chef de la religion, ScJ&Persans tiennent qu’il ne peut être damné , ni mein cjugé , quelque mal qu’il fasse : aussi ne se scandalisent'ils point, s’il n’obscrve pas le ramazan , ôc s’il boit d nvin. Us Je regardent comme impeccable & exemt detoutes les observations légales, en vertu de fa quali tede fils de sainr, issu de prophète.
Le royaume est héréditaire -, les enfans légitimes fise'cedent ; & à leur défaut 011 appelle au trône les bâ-tards & les fils de concubines s qui sont préférés 3U *plus proches parens collatéraux. Si le roi ne laisse poin cd’enfansmâles, on a recours au plus proche parentcôté paternel. Ce sont comme les princes du sang»mais la figure qu’ils font en Perse est bien triste. l\ss o! \^ordinairement si pauvres , qu’ils ont de la peine a vjvre. Les fils du roi sont encore plus malheureux, jne voient jamais le jour que dans le fond du serran ,d’où ils ne sortent pas du vivant du roi. U n’^ 3celui qui lui succédé qui voie le jour ; car aussi-tôt qu .Pa mis fur le trône, il fait ôter l’usage de la vll£ ^ eSses frétés, en leur faisant passer un fer rouge devase
yeux
Ce sont les ministres de la religion Maho'mérane fltiennent le premier rang à la cour de Perse. Ils P r ^ ntnenr le pas fur les officiers de la couronne , ôcla préséance dans le conseil, dans les festins çobudans les audiences que le roi donne aux minist seS ^j eprinces étrangers. Le premier pontife de Perse s apP ^Sadre-Cajfa, c'eA-à-ditc, le pontife principal. U e echef de l’empire pour le spirituel ; mais il ne s’oecqu’à gouverner la consoienee du roi, ôc à régler la jj& la ville d’Hispahan, selon les régies de l’alcota^ '^commet le second pontife pour avoir soin àa re eíl croyaume. 11 est tellement révéré, que les rfii s P 1 Q n luiordinairement les filles des Sadres pour semw^- ^ ro idonne la qsialité de navab , qui veut dire vl ' cair £lman“ôc de Mahomet ; ôc il n’y a que lui, le 8acsseAlek, & LEtmadoulet, qui ayenr ce titre. j £S j esCassa a des vicaires dans toutes les villes cap ^provinces ; ce sont comme des évêques, qui ° nc s cc lé~spirituel ôc de la justice, que nous appelle 1 ' 10 ”? ; a ge-fiastiques. Les gouverneurs fie peuvent ieiic * r 5 p eco ndement fans leur décision , qui s’appelleTet/^, ^^
personne dans le spirituel, s’appellc $adre- U