Band 
Tome quatrième. M - P.
Seite
914
JPEG-Download
 

9*4 PER.

maître du golfe d’Ormus, de la mer d’Arabie & de lamer Caspienne ; mais les Persans n’aiment point la na-vigation ; ils en ont même tant d’horreur, qu’ils appel-lent Nacoda , c’esi-à-dire, Athées, ceux qui exposentleur vie fur un élément si peu assuré.

La religion des Persans d’aujourd’hui est le. maho-inétisme ; mais il y est tellement partagé qu’il y a pres-qu’autant de différentes croyances, qu il y a de différen-tes conditions. Les gens de cour qui font instruits , necroient ni à Mahomet ni à l’alcoran ; mais ils professentcependant le mahométisme. Les Persans sont regardéspar les autres Mahométans comme des hérétiques. Lacontestation regarde le successeur de Mahomet. Les Per-sans soutiennent que c’est Ali ; les Mahométans préten-dent que c’est Omar : ^interprétation de l’alcoran estdifférente de part ôc d’autre. Leurs cérémonies de re-ligion sont aussi différentes. Les Persans se moquent dela superstition que les Ottomans ont pour la couleur ver-te. On prétend qu’Amurat ayant envoye un ambassa-deur à Cha-Abbas, pour fe plaindre de ce qu’il aban-donnoir cette couleur à la profanation des Chrétiens >Cha-Abbas répondit : J’empêcherai cette couleur d’êtreprofanée par les Chrétiens, quand Amurat aura empê-ché que la verdure des prairies soit profanée par lesanimaux qui y paissent.

11 y a encore aujourd’hui en Perse beaucoup de cesanciens Persans, quin’ont pas voulu changer la religionde leurs peres en celle de Mahomet ; mais ce peuplen’a plus rien de la politesse, du savoir & de la valeurde ses ancêtres. 11 gémit dans une dure servitude : onlui interdit les arts libéraux ; on ne lui permet d’exercerque les plus méchaniques, comme de laboureurs, dejardiniers ôc de porte-faix : on l’emploie aux travaux pu-blics les plus vils ôc les plus pénibles. L’esclavage rendces peuples timides, simples > ignorans & grossiers. Ilsont retenu Lancier, idiome persan ; ils l’écrivent avecles mêmes caractères dont on usoit anciennement. Cettelangue est toute différente de celle des Persans moder-nes ; mais peu de personnes parmi eux la savent lire& écrire : ils n’ont pas occasion de Rapprendre, n’étantdestines ni aux affaires ni au commerce. Leur croyanceest contenue dans des membranes que leurs mages ouprêtres leur lisent dans de certains rems. Ces membranesne contiennent que des fables ôc des traditions supersti-tieuses : toure leur habileté consiste à cacher ces mem-branes, ôc il semble qisils se font un point de religionde ne les monner à personne. On ne sait de leurs mystèresÔc de leur croyance que ce qu’on en peur apprendre deleurs mages, qui ne font guère plus éclairés que ceuxqu’ils enseignent. Les Persans modernes les appellent Ga-vr'es ou Gnebres , c’est ; à-dire, idolâtres. Ils les accusentd’adorer le soleil & le feu. CesGavres n’ont cependantpoint d’idoles, ôc ils ont en horreur ceux qui les ado-rent. Ils rendent leurs hommages au soleil, parce qu’ilsle regardent comme la créature la plus parfaite aprèsrhomme. Ils disent que Dieu y a établi son trône, ôc quec’est ce trône qu’ils saluent. 11s ont aussi beaucoup derespect pour le feu comme étant le plus pur des élé-mens. Les mages, au lieu de baptême ôc de circoncision>présentent les enfans au soleil, & ils les croient sanctifiéspar cette cérémonie. ll s crojent un paradis qu’ils placentdans la sphère du soleil. Ii s croient un enfer qu’ils di-sent être une prison souterreine , humide, puante, rem-plie d’animaux carnassiers, de serpens , & de toutes fer-les d’inscctes, sur-tout de grenouilles & de corbeauxpour lesquels ils ont beaucoup d’aversion. Ils appellentles corbeaux les messagers du démon, ôc les grenouillesles musiciennes des damnés. Les Gavres » pour connoî-tre quel fera le fort des morts, portent les cadavreshors de la ville, les dressent contre une muraille, laface tournée vers l’onenr. Les mages Sc les parens dumort se tiennent à l’écart pour examiner la curée queles corbeaux en font. Si ces oiseaux mangent d’abordl’œil droit, c’est une marque de prédestination : on joue,on danse, on se divertit à leurs funérailles : si c’est l’ceilgauche , c’est une marque qu’ils ne sont ni assez purspour être admis dans la sphère du soleil, ni assez im-purs pour être condamnés à la prison obscure de l’en-ser. lls doivent demeurer quelque rems dans la moyennerégion de r a ; r , p 0ur y souffrir le froid, ôc de là dans la

.î

P ere du feu , pour y être purifiés. On pleure aux fu-nera, les de ceux-là. Si les corbeaux mangent les deuxyeux, les mages jugent que le mort est damné, parceque n ayant plus d’yeux, il ne peut plus voir la lumièregubr° Cl ' ànérailles de ce dernier font plus lu-

La Perse contient treize provinces, savoir :

Seî!S.

VI. A l’Ornnt,

j-Sarusan,J Candayl,\Debil.

Sitzistan.

pGuadel , Títz . Ma»Masserais. J ssran.

(^Fihr, Chalacss.

f" Fardan , Kets, Cha3j Jucss,

J STtzistan, Malurgian,( Masnih, Araba.

•Bechsabath , Btist, §2-renez,

Sarvan , Aíbe , Me*j mend,

JRabel Emir , Kand 3 'j har,

[Cuseechanna , Gte es >Curvan,

Duke, Alunkan.

-Balbachi , Herat ,

| Thun ,

'Chorassan, Mesched»

| Nifabur , ôc Nich* ;bour.

,-Eslarabad, Damssan >

1 Amul.

Sablustan,

Chorassan.

Eslarabad.

IV. Au Nord,

«Firuz-Kuh , 5ukOAbad.

Mafanderan, 3 Mionikielle, Gird - 1ouTabristan,^Talarapeskc , Sar#*Ciarman,

"Ferh-Abad, Eskkev

Schirwan. Z^ent , BaksoL Schamacie.

: Adirbeitzan. Tamis.

! î-SoItama.

'Casbin , & C^' ltì *_ Sawa , KoíU »

Frak-Atzem.)f asc , han ’^fJeàèlA< Ispahan, Capi [ai

f Perse,

Zulfa, Yezd.

Chusistan.

'Sus, Ardgafì, Ranûo^

i NOUS, „ .

IAhawas, Skabar, ^ 3n '| der Rik ,

' Bander BakeJ.

"Kafìron , AstasssG SchR

HI. Au Midi. ^Farfiílan Sc ^Benarou , Firus, Abat,- J ^Daragierd, W > Ban '/ der, ~

' Bander ~ K° n S° 1mus, Ist e *

Fars.

birman, Y BermaiJr , Kirman.

Z Jasques, Kuheílek.