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Tome quatrième. M - P.
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ìí est proprement comme le coadjuteur du Sadre-Cajfa :il fait dans tout le royaume ce que le premier pontife nefait que dans la maison du roi, & dans le district d’Is-pahan. II est outre cela l’assesseur du Divan-Begui, quine peut rendre aucun jugement fans fa participation,Sc il a, comme le premier Sadre > des vicaires dans tousles tribunaux du royaume. Le troisième pontife de Per-se, se nomme Akpnd, ou bien Cbiek-Aiijlam , c’est-à-dire , le savant par excellence » le vieillard , ou le véné-rable de la loi de Mahomet. Ce juge est proprement lepremier lieutenant civil, qui connoît des causes des pu-pilles, des veuves, des contrats & des autres matièresciviles. II est de plus le chef de l’école du droit ; il en don-ne des leçons le mercredi & le samedi, & il a des substi-tuts dans tous les tribunaux du royaume, qui avec ceuxdu second Sadre , font tous les contrats. Le quatrièmepontife est le Kazj , qui peut passer pour le second lieu-tenant civil. II connoît des mêmes causes , fait les mêmesfonctions ,8c a dans chaque tribunal deux substituts quiterminent les petits différens dans les cabarets de café ,8 c que les gouverneurs appellent toujours pour les con-sulter dans les causes d’importance. Outre ces quatrepontifes le roi a une espèce de grand-aumônier , appellePicbe-Nabmaz. II fait dans la maison du roi lapriere,les circoncisions, les mariages , les enterremens & toutesles autres fonctions de religion. II est de plus comme lethéologal de l’empire ; car c’est lui qui fait les conféren-ces de religion, à la différence des deux lieurenans ci-vils , dont les conférences ne font que fur les matièresde droit.

II y a six ministres d’état dans la Perse. On les appelleRbona-Dolvet , c’est-à-dire . les colonnes qui soutiennentLempire. Le premier est le grand-visir, appellé E tma-doulet , c’est-à-dire, l’appui de la puissance. 11 est le chan-celier du royaume , le chef du conseil, le surintendantdes finances : il prend foin des affaires étrangères & ducommerce, 8c toutes les gratifications &c les pensionsne se payent que par son ordre. II a sous lui six visirs ousubstituts qui lui aident à manier les finances, qui fontdu conseil du roi, & qui ont séance aux festins & auxaudiences publiques. Outre cela, il a fous lui deux se-crétaires qui expédient tous les mandemens de la cour.Le second ministre d’érat, ou la seconde colonne de l'em-pire , s’appelle Kortchi-Bacbi. II n’est plus maintenantque la seconde personne du royaume , au lieu qu’il étoitautrefois la premiere , & le général des aimées ; maisle roi donne présentement le commandement de ses trou-pes à qui il lui plaît. II est encore le chef des cavaliersnommés Kortcbis , qui font destinés pour couvrir lesfrontières - , & il ne quitte jamais la cour, que lorsqu’on luidonne le commandement des armées : ce que le roi nefait pas volontiers ; car il est obligé de lui faire fa mai-son, 8c de lui donner fa vaisselle d’or, & une partie defes gardes, quand il le met à la tête de ses troupes. Latroisième colonne de l’empire est le Kouicr-Agaft , ouchef des troupes d’esclaves. C’esl un corps composé degens de qualité , qui fe diseur esclaves du roi. Ceux quiVeulent parvenir aux grandes charges, doivent passer parcette milice. La quatrième colonne est le Tefantkjtcbi-■dgasi, ou le général de l’infanterie, qui n’est composéetjue de deux mille carabiniers à pied. C’est proprementUn régiment des gardes. La cinquième colonne est leTopcbi-Bacbi , ou grand-maître de l’artillerie, II a fousLii quatre mille hommes, commandés par quatre colo-nels qui fe tiennent debout aux côtés du roi les joursde cérémonie. La sixième colonne est le Divan-Begui ,ou surintendant de la justice. II a tous les huissiers duPalais à son service. Ses ordonnances font respectées^ans tout le royaume , & 011 appelle à fou tribunal desJugetnens rendus par les gouverneurs. Entre les autresSrands officiers on compte 1 ' Ecbik.-Agaft-Bachi, qui estk grand-maître des cérémonies ; le Nazir ou premier^ître de l’hôtel dc la maison du roi ; le Vaki-Anevis ,si 11 ' est le seul secrétaire d’état ; le Monagden-Bachi ,qui est i e premier-mage, ou le grand astrologue -, le Ha-Kim-Bcicioi , ou premier médecin , qui est responsable de? fnort du roi , & dont la vie paye toujours pour celle11 prince ; le Meheurdàr , ou garde des sceaux ; le Mi-ra kvr-Ba C hi , ou grand écuyer ; le Mir-Cbek^r-Bachì ,ou gc^id veneur fie Rc^b-Kana-Jgafî , ou maître de la

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gârde-ròbe ; le Va\miat- Vijïri , ou le payeur des legs pieux ;le Koulam-Vifìri , ou le payeur des troupes esclaves ; leMoucheras , qui donne la paye aux officiers & aux com-mensaux ; le Mehmondar-Bachi > ou introducteur desambassadeurs ; le Kodafa , ou chef de l’ordre des So-phis dont le roi est le grand maître, ce qui fait quebeaucoup d’étrangers appellent mal à-propos ce princele grand Sophi. On compte encore parmi les grands duroyaume six fortes de Khans ou de gouverneurs, savoirles Valií , les Beguler-Beguis , les Col Beguis , les Vi-Jïrs , les Sultans & les Derogats. Tous ces seigneursfont Megdeles-Rou , c’est à-dire, qu’ils ont tous leursplaces aux festins du roi ; il en faut pourtant excepter legrand maître de la maison du roi 8c le maître des céré-monies 5 qui ne s’asseient jamais au festin royal, l’un nedevant pas détourner les yeux de dessus la personne duroi, 8c l’autre ayant soin de faire servir.

L’usage des festins publics est bien ancien en Perse »puisque le livre d’Esther fait mention de la somptuositedu banquet d’Assuérus j mais ceux qu’on y fait mainte-nant font plutôt des festins d’audience que des banquetsde réjouissance. C’est dans ces festins que le roi traitedes affaires d’état, 8c qu’il donne audience aux ministresdes princes étrangers. II y en a d’ordinaires qu’on faitles jours de grande fête, & d’extraordinaires, qui foutcomme une convocation des états pour quelques affai-res pressantes ; mais dans quelque rems qu’on les fasse *ils font toujours somptueux 8c superbes , car on y éta-le tout ee qu’il y a de plus précieux dans la maison du

roi.

On peut dire que toute la Perse est du domaine duroi - , car si les seigneurs poffedent des terres, ce n’estque par gratification du prince, qui les kur ôte pourles réunir à son domaine, quand ces seigneurs tombentdans fa disgrâce. Les enfans même de ceux qui sontdemeurés fidèles n’héritent de ces terres que fous lebon plaisir du roi. II n’y a de finances extraordinairesque les tailles 8c les aides. Les tailles sont réelles. Leroi retire environ quinze sols, monnoie de France, dechaque arpent. Cet impôt produiroit bien des millions ,si la Perse étoit comme la France. Le tribut des Chrétiensn’est pas comme celui des terres. Ils payent par tête septlivres dix fols jusqu’à l’àge de quinze ans exclusivement *ÔC quinze livres depuis celui de vingt ans. Les douanes dela Perse sont celles du Golfe Persique , de Guilam . dutabac & de l’huile de Naphte. On tire un tribut fur lapêche du poisson au Guilam > fur la Momie qu’on tiredes puits en certains endroits de la Perse ; sur le poidsdes marchandises , fur le pied fourchu , 8c fur les lieuxde débauche. 11 y a dans chaque ville un visir qui recueil-le ces droits. Les troupes de la maison du roi , qui estcomposée de quatorze mille hommes, sont entretenuesfur les terres du domaine. On donne une contrée à uncolonel, & quelques villages à un capitaine, à condi-tion qu’ds en tireront la paye de leurs cavaliers, quiretirent chacun cent écus par an. Les généraux fontpourvus de gouvernements pour leur entretien , & lespr neesqui se retirent en Perse , les ambassadeurs & leshôtes qui sont tous entretenus à la cour , sont défrayéssor les terres du domaine qui fournisseur aussi à la dépen-se de la maison du roi. On compte que ce prince , tousfrais faits, touche tous les ans huit cens mille romans,qui font huit millions de livres,

Le rovaume de Perse étant vaste, & tous fes voisinsétant d’une secte mahométane, différente de celle desPersans, le roi pour couvrir fes frontières, est obligéd’enrrerenir des troupes nombreuses. En y joignant cellesde la maison du roi, le nombre de ces troupes peurmonter à cent cinquante mille cavaliers, fans y com-prendre les garnisons des villes qui sont dans le cceur duroyaume. Tour cela est entretenu fur le domainesdurles biens que le roi y réunir. Je ne parle point d infan-terie. Le roi de Perse n’en a pas, parce qu’cllc ne pour-roit soutenir les sarigues des déserts Sc des montagnesdont la Perse est remplie. On ne se feu P oint d artil-lerie pour la même raison. On n’en a pas besoin pour dé-fendre les villes qui n’onr ni nuirail es m fortifications ,& quelques châteaux qui font fur les frontières n au-roient pas de résistance. Le roi de 1 erse n a pas nonplus de force sor mer. il ne tiendroit qu’à lui d’être le

Tm.lY. Zizzi