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Rlême Étienne le géographe, cette ville de Philippesest en Thessalie, aussi-bien que Pharsale , Mmutsoi ko ùi, (díifixi ©nTs-aXíxç. En effet, dans les cartes anciennesde la Grece » on trouve une ville du nom de Tbeba ,c’est-à-dire cette Thebes qui eut aussi le nom de Philip-pes , selon Etienne le géographe, placée dans la plainemême de Pharsale. Que faut-il de plus pour nous con-vaincre que Pharsale, & que Philippes ont pu voirles deux batailles & de Pharsale & de Philippes sc don-ner précisément au même lieu ?
Aussi Servius, fur cet endroit de Virgile, place lá scè-ne des deux batailles , que lrvrerent Jules Octavien Cé-sar , proche d’une ville de Philippes, en Thessalie. Voicises paroles: Ci vit as efi Thejsalia ( Philippi) in qua pri-mo .César & Pompent S , pofleà Augttftus O" Brut us curfiCaJJio dimicaverunt. 11 n est point ici question de laville de Philippes en Thrace. Paul Diacre se joint auxautres auteurs latins , & prétend qu’à la bataille oùBrutus Se Cassius furent vaincus , Octavien César cam-poit dans la plaine de Pharsale. A la vérité on pour-roit nous objecter, que selon Virgile même, le montHtemus fut engraissé du san§ répandu devant Philippes,&latos Hœmipinguescere campos. On fait d’ailieurs quel’Haemus est de Thrace. Mais peut-on prouver , dira r-on , qu’il s’étende jusqu’en Thessalie ? Certainement Ser-vius l’assure, H. mut s Mons Thejsalia. Quelques-unsméprisent son autorité ; mais il fuit celle de fauteurqu’il commente. Virgile au second livre des Géorgi-ques , soupire sans doute après la Thessalie, &non pasaprès la Thrace , lorsqu’il s’écrie : O qui me gelidis inVallibus Hr.mi sistat ! Horace de son côté joint l’Hae-mus avec le Pinde en Thessalie, £«r super Pindo,geli-dove in Hamo. Soir vérité, soit tradition poétique,l’Haemus est souvent attribué à lá Thessalie , & c’est assezpour nous.
A la vérité, Appien fans délibérer met la batailled’Augusle contre Brutus dans les champs de Philippesen Thrace, & assure que la ville nommée Philippesqui vit cette importante action, fut Vancienne Crénides :mais il étoit Egyptien, & n’écrivoit que sous Adrien;ainsi son autorité n est nullement comparable à des Ro-mains contemporains. Au reste , il parost incontesta-ble que Virgile & les trois autres poètes qui Pont suivi,ont mis les deux batailles de Pharsale & de Philippes aumême lieu.
Quelqu’ingénieux & quelque probable que paroissele système du pere Catrou , il ne faut pas cependant l’a-dopter comme une vérité. i°. II ne l’appuie que furiepassage des poètes qui ordinairement n’ont que leurimagination pour guide. z°. 11 rejette le témoignaged’Appien comme étranger & postérieur : mais Plutar-que , in Bruto , dit que Brutus avoir déjà réduit fousson obéissance la plupart des peuples des environs dcPhilippes ( de Thrace ) que s’il resloit quelque ville ouquelque prince à subjuguer, Cassius & lui acheverentde les réduire & assujettirent tout le pays jusqu’à la mer,vis-à-vis de Piste de T hasos ; que Brutus surprit Nor-banus campé dans les détroits , près d’un lieu appelleSymbolon , qu’il campa avec Cassius dans ce lieu, vis-à-vis du camp de César & d’Antoine ; Se que tout Pes-pace , qui étoit entre les deux armées , fut appelle parles Romains la Plaine de Philippes. Or il n’y avoir,comme on fait, ni villes ni princes à réduire aux en-virons de Pharsale : Piste de Thasos n'est point sur la côtede la Thessalie, mais fur celle de la Thrace -,ScSym-bolum est au voisinage de Philippes de Thrace ; il nerelie donc aucun doute fur la ville , à la vue de laquellese donna la bataille en question. Dion Cassius sc jointà Appien & à Plurarque. II dit,/. 47. p. 347& 348.pourdésigner la ville près de laquelle fe donna la bataille :Philippi Oppidum est Pangao & Symbolo adjacens. Sym-bolum autem vocatur iste Loctts à Gracis , quia is Monsatlio in mediam terrain se extendentì committitur : eflqueis Lochs intra Neapolim & Philippos , quorum Oppido-rum illud quident ad Mare, è regione Thafi, sttumest :hoC verà in Campo inter Montes. II n’est pas pos-sible de transporter tous ces lieux dans la Thessalie.
Si les historiens Grecs font contraires au pere Catrou,les Latins ne lui sont pas favorables. Suétone place lesautels qu’ékverent les légions victorieuses après la ba-
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taiUe de Phihppes ; Et ingrejso, dit Suétone en parlantde I ibere, primam expeàitionem , ac per Macedoniantducente exerenum m Syriam , a ccidit , ut apud Philip-pos sacrata olmvitìrtcum LegionumAr* sjpontcjubi-tis collucerent ignibus , &c. Si ces autels élevés nrès dePhilippes sc trouvent fur la route de Tibere, qùi menepar terre son armée de la Macédoine dans* la Syrie,où fera cette ville de Philippes, sinon dans ia Thnmce? Et quelle apparence y auroit il à la placer dansjSThessalie , qui étoit diamétralement opposée à laque tenoit Tibere? L’admirarion qu’avoit le pere Ca-trou pour Virgile, & l’envie qu’il ávoit que ce poèteparût aussi exact qu’un historien , Pont séduit, Se lui ontfait avancer un système faux,comme s’il eut été véritable.
PHILIPPEVILLE , Fhilippopolis , ville de France ,dans le Hainanit, à dix lieues sod-est de Mons , & àcinquante sod-est de Paris. Ce n’étoit autrefois qu'unbourg appellé Corbigni, furie fond dn pays de Liège.En 1535, Marie, reine d’Hongrie, sœur de Charles V& gouvernante des Pays Bas, le fit fortifier, & lui don-na le nom de Philippe II, son neveu, avec promesse dedonner en récompense à l’état de Liège Herslal & plu-sieurs autres lieux du Brabant. Cependant les Liégeoisne purent obtenir ['exécution de ce traité : en vain ilsfirent appuyer leurs plaintes de la France. Louis XIVreçut au traité des Pyrénées le transport des places deMarienbourg & de Philippe ville, qui lui sot fait parPhilippe IV , roi d’Espagne ; & enfin il eut du roi Char-les II, Charlemont & la terre d’Agimont, les Liégeoisn’ayant plus fait d’inltances ni de poursuites pour leursanciennes prétentions, * Longuesue , Desc. de la France,part. z. p. 134.
Quoique Philippeville soit une petite place, elle est très-forte : Louis XIV y fit faire quantité de travaux. Elleest située sor une hauteur, dont la pente est assez douce,Se on y entre par deux portes différentes. C’est un pen-tagone irrégulier, composé de cinq grands bastions »dans deux desquels font des tours bastionnécs de. la fa-çon du maréchal de Vauban. II y en a une autre re-tranchée en forme de réduit. Le devant des courtinesest couvert de tenaillons à flancs, les uns plus grandsque les autres, à cause de l'irrégularité des côtés. Cetteplace est enfermée d’un grand fossé , dans lequel est unecunette qui régné le long'des bastions. Dans ce fossé sontcinq demi-lunes, une vis-à-vis chaque front. Quelques-unes de ces demi-lunes sont irrégulieres, toutes retran-chées, d’un réduit au milieu , & flanquées, à chaque anglerentrant de la contrescarpe , de lunettes qui sont des es-pèces de petites demi lunes dé chaque côté dc la gfandequ’elles accompagnent. Tous ces ouvrages sont enve-loppés de fossés, d’un chemin.cou vert & de son glacisau-delà duquel sont placées dix petites redoutes pen-tagonales, qui donnent fur la campagne, & empêchentles approches. Chacune de ces redoutes est entouréed’un petit fossé & d’un chemin couvert. Les dedans dela ville sont distribués en plusieurs tuez, tirées au cor-deau, assez larges, bien percées, Se qui aboutissent toutesà une grande piace petitagonale, un peu irréguliere.O11 compte dans Philippeville deux cens dix-huit feux,Se environ huit cens habitans. II y a nn curé qui estnomme par le toi, & qui jouit de sept cens cinquantelivres de revenu, mais dont cent cinquante font pour[ organiste de 1 église paroissiale. Les deux vicaires sontà deux cens livres de gages chacun. II y a aussi un cou-vent de religieuses Recollectines; Les officiers de ju-stice sont un prévôt, un procureur du roi & un greffier.La juridiction de Philippeville s’étend fur treize censJournels de terres labourables , qui ne produisent qu’àforce de fumier & de chaux ; Sc fur mille vingt-nois Jour-nels de prairies. II y a quantité de mines de fer & autres aune demi lieue fur les terres de Liège; & aiix environsde la ville on trouve quantité de carnet es de pierresbrunes , qui servent comme la pierre dc taille, Se qu’onemploie aussi brutes pour la maçonnerie commune. Lescarrières de marbre sont fur les terres etiangeres. II j] Cpasse point de rivière par cetre ville. II y a feulementdeux ruisseaux : celui de Jaimagne, sor lequel on pour-voi r établir une manufacture de cuirs de toute espèce •& celui de Bridou , fur lequel on pourroit établir unemanufacture de cariées ou serges. Ce qui seroit d’une