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Tome quatrième. M - P.
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ï an 63 1 de Rouie , 8c 11$ ans avant J. C. Ainlì les Ro-mains; commencerent alors à avoir k pied dans la GauleTransalpine, 6e fk ne perdirent ce pays qu’après la prisede Rome par Odoacre.

Euric, roi des Visigoths, s’empara de ia Provence, &ib n fils Alaric en jouit jusqu’à ce qu’il fut vaincu & tuépar Clovis. Les Oslrogoths partagèrent ce'pays avec les•francs ;& ces derniers en resterenc enrierement maî-tres, lorsque Iklifaire eut défait les Oílrogoths.

Sous les Carlovingiens, la Provence fut possédée pàrî’empereur Lothaire , òe par ses fils Charles 8c Lothaire,& ensuite par Charles le Chauve & son fils Louis le Bè-gue , après la mort duquel 60 son se fit couronner roi, 6efut détrôné par Carloman, puis rétabli par Charles leGros. Boíbn étant mort, & Charles le Gros ayant étédétrôné , k Viennois & la Provence demeurèrent quel-que tems dans 1 anarchie & la confusion ; ce qui donnalieu aux Sarrazins de faire descente à la côte voisine de-Frêjus , à un lieu nommé Fraxinet ou Fraìjfinet , danslequel ils se fortifièrent, & delà ils ravagèrent la Proven-ce , pénétrant jusque dans les Alpes.

Les sujets de Boson élurent enfin roi son fils Louis, quieut l’ambitìon de se faire empereur 8c roi d’Italie , cequi lui réussie mal. Après qu’on lui eût crevé les yeux , ilfut contraint de se retirer dans son premier royaume, oùun seigneur , nommé Hugues, avoit usurpé toute l’au-torité ; c’esl lui qui le premier s’empara du comté d’Ar-îes, 8c après la mort du roi Louis son souverain, il se ren-dit maître absolu de tout son royaume , sans prendrenéanmoins la qualité de roi ; car il ne l ent qu’après avoirété couronné roi d’Italie l’an 92.6. Alors il céda le royau-me de Bourgogne à Rodolphe , roi de la BourgogneTransjurane , qui avoit quitté litasse , & Hugues 11ese réserva dans le pays , qui est à l’occidcnt des Al-pes , que le comté d Arles , qui est 1 e même que celuide Provence. Hugues craignant le retour de Rodolpheen Italie, lui céda l’anpzo, ce qui lui resloit entre lesAlpes & le Rhône, en forte que Rodolphe se vit roi detoutes les provinces, qui s’étendenr depuisle haut Rhin ,jusqu’à la mer Méditerranée. II souffrir néanmoins qu’unseigneur, nommé Boson, qui avoit épousé Berthe,niècede Hugues, fût reconnu comte d’Arles. Boson joiiiffoit dece comté, comme vassal de Rodolphe l’an 934, 8c ce roimourut lan 937.

Conrad 1e Pacifique , fils 8c successeur de Rodolphe,donna le comté d’Arles à un arme Boson, après la mortdu premier Boson , qui n’avoit point laissé d’enfans.Ensuite le roi Hugues > ayant été chassé d’ítalie, íejetra dans le monastère de Saint Pierre áe Vienne, oùil mourut.

Boson lì, qu’on croit nette pas parent du premier,eutpour successeur son fils Guillaume. Celui-ci chassa lesSarrazins de Fraxinet, & rétablit les villes maritimes deProvence qui avoient été détruites par les Barbares.C’est de ce Guillaume que font descendus par mâles lespremiers comtes de Provence jusqu’à Bertrand, qui étantmort vers l’an 1070 ne laissa qu’une fille nommée Gober-ge > ouTiburge selon quelques-uns, qui épousa Gilbert,comte de Millau en Rouergue. Raymond de SaintGilles lui fit la guerre pour 1 e dépouiller de ses états ,8c il ne ie laissa en repos que pour aller à la premiere croi-sade.

Gilbert n’eut de la comtesse sa femme > qu’une fillenommée Douce ou Doiilce, qui épousa RaimondBéren-ger, comte de Barcelone. Ce sot ce prince qui accom-moda les différens que les comtes de Toulouse avoienteus avec ceux de Provence. Plusieurs modernes ont pré-tendu que Douce, comtesse de Provence , & Faydide ,comtesse de Toulouse, étoient soeurs; mais cette opi-nion n’est appuyée sor aucun témoignage certain.Le comté de Provence après avoir passé dans diffé-rentes maisons, sot donné à Louis XI, roi de France8c à ses successeurs par Charles, roi de Sicile, l’an 1481.Le roi de France prie en conséquence possession dela Provence après la mort de Charles : mais il pro-mit aux Provençaux qu’on leur conscrveroit leurs loixParticulières 8c leurs privilèges, fans que par l’union à lacouronne leur pays pût devenir province de France. C’estP°ur cei a que dans les arrêts rendus au parlement d’Aix,on met , Far le roi, comte d% Trovence 3 8c lçs rois, dans

PRO

íeurs lettres adressées à ce pays-là, prennent la qualité decomtes de Provence.

Après la mort de Louis XI, pendant la minorité deCharles VIII , René , duc de Lorraine , profitant dela foiblesse du gouvernement » voulut faire valoir sesdroits fur la Provence, mais il sot débouté de ses préten-tions par une sentence arbitrale, après quoi 1 e roi Char-les unicou annexa à perpétuité la Provence à la couronnel’an 1487, à la priete des ttois états du pays.

Les Provençaux prétendent que l’églíse de Marseille6e celles d’Aix sont des premières des Gaules. 11 s disentque les Juifs chassèrent de Jérusalem Lazare, avec Mar-the , 8c Marie Magdeléne ses sœurs, Marcelle leur ser-vante , Maximin , S.Célidoine qu’on croit être l’aveuglené, Joseph d’Arimatbie, disciple de Jesus-Christ , &qu’ils lesi exposèrent dans un vaisseau fans gouvernail,fans voiles 8c fans armes ; mais qu’ils arrivèrent heu-reusement à Marseille. Delà ils allerent prêcher l’évan-gile dans laProvence, Maximin 8c Célidoine plantèrentla foi dans la ville d’Aix, dont ils ont été les premiersévê-ques. Marthe 8c Marcelle , allerent faire la même cho-se à Tarascon , òe Madelaine 8c Lazare demeurèrent àMarseille , dont Lazare soc k premier évêque. II y ade fort bonnes raisons pour prouver k contraire de cestraditions, mais il ne faut pas les contredire. Les Proven-çaux sont si peu traitables sor cet article, que le parle-ment d’Aix condamna au feu un livre de de Launoy , oùce fameux critique combattoit ces traditions. * Tiganiol ,Descr. de la France , t. 4. p. 84. & í'uiv.

11 y a en Provence deux archevêchés, & onze évê-chés savoir,

cApt,

Archevêché ) Frejus,

dlA 1 x. ^Riez, V En Trovence.

< Sisteron.

i Gap. \ Un Dauphine.

5 Marseille ,

Toulon ,

Saint Paul trois ^ En Dauphine,ì Châteaux,

^Orange.

S Digne,

Glandeves,

Grasse, V En Trovence.

Senez,

Vencc.

La Provence n’ayant point été comprise , dans leconcordat. k roi ne nomme aux évêchés & aux abbayesqui font dans cette province qu’en vertu d’un induit dupape.

La religion de Malthe possede de grands biens danscette Province : aussi l’auberge de Provence est-elle lapremiere de cette religion. Elle a deux grands prieurés ,qui sont celui de S. Gilles ,& celui de Toulouse. Cin-quante commenderies dépendent du grand prieuré de S.Gilles, 8 c vingt-une ou vingt-deux de celuideToulouse.Parmi toutes ces commenderies il y en a huit d’affectéesaux chevaliers servans , 8 c aux diacots ou d’église. Leplus considérable de ces huit benéfices , est k prieurede S. Jean d’Aix.

On a établi en différens tems douze sièges ou sene-chaussées royales en Provence. Elles ontchacune un séné-chal d*épée , dont la charge étoit héréditaire, 8c tappot'toit cent cinquante liv. de gages 5 e unminot de sel; niai*'l’hérédité a été supprimée par les arrêts du conseil d’ef atdu roi des 16 octobre & 16 décembre 1719.11 sot dit q u *lorsque ces charges viendroient à vaquer, S. M- y P 01 ' 1-voiroit conformément aux ordonnances des années >5 ,6e 1379. Quand ces sénéchaux vont dans le° rs ‘ e nc-chaussées, ils y siègent l’épée au côté , &c ont la place laplus honorable. S’ils assistent aux jugemens, ils y ont voixdélibérative , & leurs lieurenans généraux prononcentainsi : Monsieur lesénéchal dit , &c. au lieu que quand 1 sn’y sont pas pré sens, 011 ne parle point d’eux. H a T, c1 e sénéchal d’Aix qui porte la qualité de gran iene-

çlial de Provence. T „

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