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Tome quatrième. M - P.
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Les autres ne font sénéchaux que dans leur ressort. Cesfé Déchaussées ont été établies à

I I OF

Aix,

Marseille,Arles,

Forcalquier ,Grasse,Brignoles,

Toulon ,Draguignan >Digne,Siíìeron,Castelane 4Hieres.

Outre ces jurisdictions subalternes, il y a encore dans IeSprincipales villes un officier royal de robe-courte , qu’onappelle Viguier. 11 marche avec les consuls ou échevinsdans les cérémonies publiques, affilie aux assemblées dela ville, & a toujours la préséance. 11 y a aussi des jugesde police établis depuis peu, des juges pour les mar-chands, des lièges d amirauté dans tous les ports de mer,& un tribunal qu’on appelle Pntd’bommie, parce que cefont quatre pêcheurs qu’on nomme Prud'hommes , quiy administrent la justice en dernier ressort Ces quatrejuges font élus tous les ans, Sc prêtent leur serment entreles mains du viguier Sc des consuls. Ils connoissent desdifférens qui surviennent entre eux pour la pêche , Sc dece qui y a du rapport. Presque toutes ces jurisdictionsressorti'ssenr au parlement d’Aix . établi par Louis XII,le iode Juillet 1501. Ce parlement est aujourd’hui com-posé de la grand’chambre , de la tournelie , & dunechambre des enquêtes. II y a huit présidons à mortier.trois aux enquêtes, & cinquante un conseillers, dont ily en a un qui est d'église. Le parquer consiste en deuxavocats Sc deux procureurs généraux. On juge les pro-cès dans toute cette province, selon les ordonnances desrois, & selon les loix romaines.

Quanta la finance , 011 assemble en Provence les princi-paux des trois ordres,pour imposerles sommes que chacundoit payer, & que la province donne au roi. Par ces troisordres,on entend le clergé, la noblesse , Sc les députés descommunautés les plus considérables Sous Tordre dúclergé , on entend les archevêques , les êveques, lesabbés crossés. le prévôt de Pigna u, les prévôts des cathé-drales , Sc quelques autres ecclésiastiques , qui possedentdes bénéfices consistoriaux. Sous Tordre de la noblessefont compris les nobles d’oiigine& les roturiers qui posse-dent des fiefs en toute justice Sc à fouage. II y eutautrefois un règlement qui excluoit les roturiers qui nepossédoient que des arriere-fiefs ; mais ce règlement n’ajamais été observé. Sous le troisième ordre ou riers-état,on met les députés detrente-sept communautés, & ceuxde vingt vigueries. Depuis Tassemblée des états, qui setint à Aix en 1639, il ne leur a pas été permis de s’as-sembler ; mais on y a suppléé par des assemblées généra-les qu’on convoque tous les ans par ordre du roi.C’est l’archevêque d’Aix qui y préside, & en son absenceleplus ancien prélat. II y a toujours un commissaire duroi ; c’est ordinairement Tintendant. Celui qui commandedans la province fait Ton vertu te de Tassemblée par uneharangue qui est suivie de celle que fait le commissaire,après quoi celui qui commande , soit gouverneur , soitlieutenant-général de la province neutre plus dans Tas-semblée. Le commissaire", suivi des députés, qui font lesprincipaux de la noblesse, vont à Tissue de chaque séancechez le commandant pour Tinformer de tout ce quis’y est passé. Ces assemblées générales se tiennent depuisquelque rems dans la petite ville de Lambesc.

Quant aux Jurisdictions qui concernent les finances ,il y a à Aix un bureau de vingt-trois trésoriers généraux,dont !e doyen est président. Outre ce nombre, il y a unavocat & un procureur du roi, & deux greffiers, Tun pourla finance, & Tautrepour lc domaine. Dans toute la Pro-vence > il n’y a eu qu’un trésorier général des financesjusqu’en iy sa. Laêhambre des coffipres,aides & finances,existoit dès le rems des comtes de Provence. Ce nefut néanmoins que fous Henri II, qu’elle fut érigée fur3 e pied qu’elle est aujourd’hui. On y compte quatreprésidens, vingt-trois conseillers, deux avocats généraux,un procureur général . huit auditeurs, & cinq corre-cteurs. Ledit d’Henri II, fur donné à Anet en iyyy. IIporte établissement de la chambre des comptes, & créationde la cour des aides au pays de Provence. Les tailles font

réelles en Provence , & il y a deux chambres des mon*noies, l une & Tautre à Marseille.

La maréchaussée de cette province étoit composée d’imprévôt en chef. de deux lieutenans, d’un assesseur, d’ungreffier, & de deux archers entretenus. Le roi par sonédit du mois de mars 1710, ayant supprimé tous les offi-ciers & archers des maréchaussées, a établi de nouvellescompagnies de maréchaussées dans toute letendue duroyaume. Par son édit, le roi crée, forme Sc établieen chaque généralité ou département du royaume unecompagnie de maréchaussée, qui doit être composée d’unprévôt général , d’un nombre de lieutenans , asses-seurs , greffiers, exempts, brigadiers , soubrigadiers ,archers Sc trompettes, fixé par Tétât qui en a été arrêté.C est en conséquence de cet édit que le roi a établi unprévôt général à Aix , un lieutenant, un assesseur, unProcureur du roi 8 c un greffier; Sc à Digne un lieutenant,un assesseur , un procureur du Roi & un greffier.

Outre les collèges où différens ordres de religieux en-seignent les humanités Sc la philosophie , il y a à Aix uneuniversité fondée par le pape Alexandre V, en 1409. Lesétudians doivent jouir des mêmes privilèges que ceux deTuniversiré de Taris, ainsi que les rois de France l’oncordonné, & fur-tout Louis le Grand en 1660. On aaussi établi à Arles une accadémie des belles-let-tres , qui doit être composée de quarante académi-ciens. Les lettres patentes en furent expédiées en 1668 ,Sc vérifiées au parlement d’Aix le 8 du mois de juini6Cp,

Le commerce de Provence est très-considérable ; carpresque tout le commerce que la France fait avec TltalieSc TEspagne, Sc tout celui qu’elle a dans les échelles duLevant, lê fait à Marseille.

On porte tous les ans de Marseille en Italie pourenviron crois millions cinquante mille livres de mar-chandises , qui consistent en draps , serges, amendes,miel , prunes, figues, anguilles salées, captes, olives,anenois, huile, graine Sc fleur d aspic, toiles cotronidcsà voile, eau de vie, chemisettes pour hommes, femmesSc enfans. bas de fil Sc de laine travaillés à Taiguille.Enretour, on rapporte du chanvre Sc du riz de PiémontSc de Lombardie , du bled de Venise,d’Ancone , deSardaigne, de Sicile , Sc de Civita-Vecchia;du soufre,de Civita-Vecchia & d’Ancone ; de Panis des états deRome , de la manne qu’on prend en Sicile , dans lesétats de Rome, & au mont Saint-Ange en Calabre ; dela soie fine du crû de Savoye , de Piémont, du Mila-nez , de Lombardie , de Bologne , de Ferrare &de Sicile.Le commerce de Marseille avec Tltalie produit envi-ron trois millions trois cens trente-cinq mille troiscens cinquante livres.

Le commerce qu’on fait de Marseille en Espagne estbeaucoup plus considérable que celui qu’on fait avec Tl-talie. II consiste en toiles, cn étoffes de Tours, brocards& tafetas de soie , galons d'or & d’argent, en dentellesd’or Sc d’argent , en dentelles & galons faux - enépingles , en peignes de buis & de figuier qui sefont à Marseille & aux environs. On envoie enoutre une prodigieuse quantité d’étoffes de Lyon ,brocards Sc soie , or & argent dés rubans & den-telles de Saint Chaumont , des raseras d’Avignon , desclinquailleries de S. Etienne des dentelles de fil duPuy , des toiles de Bretagne , Rouen , & autres en-droits , des camelots Sc bouracans de Lille en Flandre,des cadis, bn rail les Sc scr»es de Nîmes , des bu raf-les d’Auvergne, des piéces°de futaines 5 c des basins , deschapeaux , galles légeres du pays, papier à la cloche ,castors a l’Espagnole , tabac de Clerac , prunes deBrignoles, toiles delin crues > bufles , ôcc, des cotons fi-lés de Jérusalem , encens , gomme arabique , gallesd’Alep , drogueries de toutes forces > sâfrans Sc autres :enfin le produit du commerce de Marseille avec TEspa-gneestd’environ neuf millions cent soixante-dix mille li-vres. On retire d’Espagne pour huit millions cent quatvc-vingt-cinq mill^ livres en cochenille, quinquina,indigo,bois de Campêche, laines de Segovie.&aurres, salsepareil-le . sucre en cabas, grain de vermillon , soies. réglisse.piastres , huiles , raisins secs , & autres effets.

Le commerce de Marseille aù Levant est très-vif. Le:Vénitiens Sc les Génois ònt été les premiers qui ouïTfom.lV. Aaaa aaa