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Tome quatrième. M - P.
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commencé-ce commerce. Les François n’y penseraitsérieusement que vers Lan ijjo. 11s firent alors desétabliffemens à Constantinople , dans l’i/le de Chypre,à la-core de Syrie, & à Alexandrie en Egypte. Dans cescommencemens, le plus ancien marchand faisoit lafonòtion de consul > & il n’y en eut point en titre jus-qu’au régné de Charles IX, Voici en gros l'état ordinairede ce commerce. J’avertirai pourtant que je donneraile nom d ‘Echelle'a des lieux qui dans la derniere exactitu-de ne le doivent pas porter ; car on n’a appelle propre-ment échelle qu’un endroit pour lequel on destine lesbìuinens, au lieu que conformément à 1 usage je le don-nerai à quelques lieux où les bâtimens touchent , & oùils ne chargent que par occasion.

II part tous les ans de Maríéille pòur l ’Echelle de Con-fiaxtinople douze ou quinze voiles; savoir quatre ou cinqvaisseaux ct huit ou dix barques d’environ deux millecinq cens quintaux chacune. Pour Y Echelle de Smyrneil part sept ou huit vaisseaux de six ou huit mille quin-taux , & quatre ou cinq barques. U Echelle de Saloniqueest nouvelle, & les Juifs y font le plus grand commerce.Ii ne part aucun bâtiment de dessein prémédité pour/’E-ckelle -d’Athènes,8c ce n’est que par occasion qti’ony char-ge quelques effets.On ne peut pas fixer le nombre des bâ-timens qui vont dans t Echelle de la Canée en Candie;c’estla récolte de l’huile ou du bled qui en décide. II y a dansquelques isies de l’Archipel des consuls François, & les•Provençaux y font quelque commerce. Par exemple, il ya un consul François dans l’iíle de Tines, qui est Jafeulede l’Archipel qui soit restée aux Vénitiens,qui y font ungrand commerce de foie. Mais jusqu’à présent le com-merce de Marseille n’a pas eu beaucoup de succès de cecôté là. L’iffe de Malche ne produit rien ; mais les Pro-vençaux y vont quelquefois pour acheter des marchan-dises provenantes des prises. En tems de guerre il vaplusieurs bâtimens de Marseille a l’iíle de Naxe ,pour charger de l’huile, du vin & du fromage , qu’ilsportent d’une isle à Faune aux armées chrétienne &ottomane ; tuais , comme en tems de paix ce commer-ce est enricremenr libre, il n’y va point pour lors de bâti-mens fiançais. L ‘Echelle dc Scttalie est particulière àune feule compagnie de marchands de Marseille, qui yfont un commerce d’environ cinquante quatre mille sixcens quatie-vingt-neuf livres par an. Le commerce quel’on fait dans V Echelle de Larneca est fart bot né, à causede la roisere des habitans de Liste , qui font opprimés parles officiers de ìa Porte. Les bâtimens de Provence , quivont à Seyde 8c à Alexandrctte , passent à Larneca , &nio u lient dans la rade des Salines. Le commerce de 1 E-chdU dAUp , ou d ’Alexandrette , qui en est le port ,étoic autrefois très-considérable ; mais les droits exces-sifs que les bachas levaient fur les caravanes qui venaientde Perlé & des Indes,firent qu’on fe détourna pour passerà Smyrne, où la proximité de la Porte empêche qu’onne leve rien au-delà de ce qui est dû. II va tous les ans àAlexandrctte deux ou trois vaisseaux de Provence de sixà sept mille quintaux chacun , & autant de barques dedeux mille cinq cens quintaux chacune. On ne peutlien dire de précis fur le nombre des bâtimens quivont dans Y Echelle^ de Tripoli , parce qu’íls n’y touchentqu’en passant, âpres avoir chargé à Alep ou à Seyde.Le commerce de YLckclU de Seyde est fort diminuépar les mêmes raisons que celui de Tripoli. II y va tous lesans six on sept vaisseaux du port de six ou sept millequintaux, & quatre ou cinq barques de deux mille oudeux mille cinq cens quintaux chacune. On débarque àAlexandrie les marchandises qu’on destine pour le Caire,qui est à quarante lieues au-delà. On les porte à Roset-te , qui esta Feutrée du Nil, ct de là on lestransporte furce fleuve jusqu’au Boulac , bourg à une demi lieue duCaire. On envoie tous les ans, dans certe Echelle du Caire8c u’Alexandrie, dix ou douze vaisseaux , & quatre oucinq barques.

Cet état de commerce fut dressé dans le tems que lenégoce étoir fur un pied sloristant : il peut maintenant yavoir quelque diminution. Ceux qui voudront favoirl’es-péce & la quantité des marchandises qu’on porte dansces échelles, & de celles qn’on en rapporte , peuventavoir recours à la nouvelle description de la France parPigamol, t, 4. p. 109. b Jutv.

Dans la Provence l’air 8c le terroir ne font pas partoutles mêmes. La haute Provence est un pays assez tempéré,riche en pâturages & en bestiaux , qui produit du bled ,des pommes, des poires, & un peu de vin: celui de Riezressemble au vin de Volnai. Dans la bassé Provence l'airest excessivement chaud,ct il le scroit encore davantage lelong de la mer > fans un petit vent, qu’on appelle îa bise,qui régné ordinairement depuis neuf ou dix heures dumatin jusqu’au soir. Le vent de nord-ouest rafraîchit en-core beaucoup ce pays, quelquefois même un peu trop,c’est ordinairement quand il a plu. Outre cet inconvénientii dessèche tellement le terroir , qui l’eíì dé j a beaucoup ,qu’on dit en proverbe : Que le myfirau , le parlement &la Durance ,sont les trois fléaux de la Provence;. Godeaua eu raison d’appeller la basse Provence unegueuse parfu-mée , car on n’y recueille pas la moitié des grains qu’ilfaut pour nourrir les habitans,& son terroir sec ct sablon-neux est couvert de grenadiers,d’orangers,de citronniers,d’oliviers , de lentisques, de cyprès, de palmiers , de fi-guiers , d’acacias d’Afrique. 8c de plusieurs arbrisseaux ,rels que le bruc , l’arbouzier 8c Lazerollier. Le bru c res-semble assez au buis , mais sc s feuilles sont plus longues8c plus aiguës : son fruit est petit ct rouge ; il sc conservetoute l’année, ct il a cela de singulier qu’il naît du milieude la feuille. L’arbouzier a les feuilles comme celles dukermès, ct son fruit est de la grosseur ct de la couleurd’une grosse cerise. II a un goût de slipticité. L’azerollierproduit un petit fruit rouge qui a trois ou quatre noyaux,ct est d’un goût aigrelet ct agréable. Gatidel, dans sonhistoire des plantes , qui naissent aux environs d’Aix ,assure qu’on éleve en Provence de vingt & une espè-ces de figuiers, ct de quarante - sept sortes de seps devignes & de raisins. On y cultive encore de belles fleurs ;on vante fur tout lés tubéreuses ct ses narcisses de diffé-rentes espèces, fans parler des œillets d’Avignon , quifont beaucoup plus grands que ceux des autres pays; maisnéanmoins fore au-deffous de ceux de Flandre & de Pi-cardie pour la finesse des couleurs. La basse Provence pro-duit assez de vin ; mais communément il est gros, fumeuxct doux. Les muscats de Provence sont excellens, & lestruffes sc trouvent en quantité; mais elles ne valent rien,non plus que le gibier, à Fexception des becafigues. Lepoisson de la Méditerranée n’est pas non plus, à beaucoupprès, aussi bon que celui de l’Océan.

Le savant botaniste Gatidel remarque que le terroirde Provence est si avantageusement disposé, qu’il produitla plupart des plantes particulières aux autres pays. Cel-les des Alpes & des Pyrénées se trouvent fur les monta-gnes de Seine, de Colmars & antres : les marines ct lesmaritimes sc trouvent le long de la côte : les marécageu-ses du côté d’Arles & de Tarascon; les sauvages dansles forêts de LEslerel, d’Oulieres, de la Sainte Baume,& autres : celles de LEspagne , de LItalie, de la Grece, 8cmême del’Egypte, dans les isies de Porquerolies, ct dansles autres isies voisines. On trouve ausiì dans cette pro-vince des plantes qui sont fort rares dans le reste daroyaume , telles que le petit aconit, l’aloës vulgaire, lesespèces de fer-à-cheval,lebecde grue à aiguilles fort lon-gues , le lis asphodèle à fleur ponceau , l’arbre du storasà feuilles de coignassier , ct autres. Il assure que l’aloëscroît en haie dans le terroir de Cagne, 8c rapporte com-me un fait certain Lhisioíre fameuse de l’accroissemcntfu-bit de cette plante , jusqu’à cinq ou six pieds.

Pour les mines, on dit qu’il y en a de fer à Bâties, 8cprès de Trans, d’or, le long des côtes de la mer, prèsde la ville d’Hieres & du village de la Garde-Freynet.Paul de Rochas, sieur d’Aiglun , dans le chapitre où iltraite des eaux ensoufrées , rapporte qu’un potier de terreétant allé chercher du bois fur une montagne assez près deToulon , appellée Quarqueyrane , ou Coleneo r£ »entendit dans une fosse un agneau, ct qu’y étant descen-du il y trouva un lingot d’or. Aux Maures du Luc ,terre appartenante aux marquis du Luc, on prétend qu’ily a des mines d’or , d’argent, de cuivre , d’étain ct deplomb On y a fait construire en 1720 un grand bâtimentrenfermant plusieurs fourneaux , les logemens des offi-ciers , fondeurs , mineurs & commis ; les magasins pourles mines ct matières, & une forge pour forger les grosfers & les outils nécessaires. Le zz de septembre de cetremême année, on fit les prémieres fontes, ct 1 on eut trois