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Tome sixième. T - Z.
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vêtus dc capes blanches sort grandes, prennent foin d’at-tifer. G'est autour ne cet autel que tout le monde fait sesprières, avec des hurlemens extraordinaires. Ces prièresse sont au lever du soleil, à midi & à son coucher. Il y au 1 cabinet ménagé dans la muraille, le dedans en est très-b.-aiii au haut de la voûte font suspendus les corps ded ;ux aigles éployées & tournées vers le soleil. C’est le ta-bernacle de leur dieu , où il n’est permis qu’au grand prê-tre d’entrer. C’est aussi le lieu destiné pour la garde de leursthrésors & de leurs richelíès, comme perles fines, piècesd'argent, pierreries & marchandises Européennes, qu’ilstrafiquent avec leurs voisins. Ils ne se gouvernent que parla volonté de leur chef: ils reconhoistènt ses enfans pourses légitimes successeurs. Lorsqu’il meurt on lui sacrifie sapremiere femme , son premier maître d’hôtel Sc vingthommes de (a nation , pour Raccompagner dans l’autremonde. Durant fa vie > personne ne boit dans ía taste, nemange dans son plat, ni n’oseroit palier devant lui. Quandil marche , on prend soin de nettoyer le chemin paroù il pallè, & de le joncher d’herbes Sc de fleurs odorifé-rantes ; ceux à qui il parle ne lui répondent qu’aptès avoirfrit de grands hurlemens , qui sont chez eux des marquesd’admiration Sc de respect;. Ils adorent le soleil. Us entre-tiennent dans les temples un feu perpétuel, comme le sym-bole du soleil ; à tous les déclins de la lune, ils portent parforme de sacrifice à la porte du temple , un grand plat deleurs mets les plus délicats, dont leurs prêtres font uneoffrande à leur dieu , après quoi ils l’emportent chez eux.A l’égard de leurs coutumes, tous les prmtems ils vont entroupe dans quelque lieu écarté défricher un grand espacede terre qu’ils labourent tous au bruit du tambour ; ensuiteils prennent soin d’applanir la terre , d’en faire un grandchamp qu’ils appellent lc Désert ou le champ de l’Esprit,En effet, c’est là qu’ils vont entretenir leurs reveries Sc at-tendre les inspirations de leurs prétendues divinités. Cepen-dant , comme tous les ans cet exercice fe renouvelle , ilari ive qu ils défrichent insensiblement toutes leurs terres. Enautomne ils cueillent leur bled d’inde , ils le gardent dans.de grands paniers jusqu’à la premiere lune du mois de juinde Tannée suivante.En ce tems-là les familles s’aflèmblent,& chacun invite fes amis ou fes voisins à venir manger debons gateaux, à quoi ils joignent de la viande, & ainsi ilspalíènt la journée en festins.

Cette nation, qui du tems de M.,de la Salle , étoit très-nombreuse , a enrierement disparu. Le pays quelle habi-toit est le plus bel endroit & le meilleur terroir de toute laLouysiane.

TAENUR , ville de l’Inde, en deçà du Gange. Ptolo-mée, /. 7 , c. i, la donne aux Pandioni , & la place dansles terres près de Perincari.

TAEPA , ville de la Perfide. Elle étoit dans les terres,scion Ptolomée , /. 6 , c. 4 , qui la place entre Paroâana 8c'Tïdgonice.

TAESE , ville de l’Arabie heureuse , à trois journées deSana. Davity, Asie , p. 234, dit quelle est bâtie fur unemontagne , Sc habitée de riches marchands.

TAFA. Voyez Taua.

TAFALISGA , ville d’Afrique , au royaume de Galam,fur le bord méridional du Sénégal, à l’est deTuabo, pro-che l’embouchure de la rìviere de Falemé. Cette ville estfort bien peuplée, & célébré par son commerce. On yvoit une mosquée, & proche la ville, on trouve une mon-tagne de marbre rouge mêlé de veines blanches. * Voyagede Brue ,fur le Sénégal.

TAFALLA , ville d’Espagne, dans la Navarre, près dela petite riviere de Cidaço , à cinq lieues de Pampelune.Tafalla est une fort jolie ville , fermée de murailles Sc dé-fendue par un château. ( 3 ) La princeflè Eleonore, fille &héritière du roi Jean II, y tint une aflemblée des états,après la mort de son perc. Le roi François Phœbus y futreconnu en 1481. Dans le quinzième siécle , Charles III,roi de Navarre , ( b ) y bâtit un palais , où il faisoit ordi-nairement fa résidence , & le roi Philippe IV i’honora dutitre de cité en 1630. Les Espagnols appellent cette ville lafleur de la Navarre , parce quelle est le liège dune univer-sité où la jeunefle du royaume va faire fes études. Tafallaest dans un bon terroir fertile en vin , comme tout le quar-tier du pays qui est au bord du Cidaço , & le vin que l’ony recueille est excellent. ( 3 ) Silva Pobl. de Espana , p. 199.

( b ) Délices d’Espagne, p. 67 5 •

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TAFANIA , lieu d’kalie, dans le Florentin , aux con-fins du Siénois, â une petite lieue de Poggio-Bonz.i, versl’occidcnt. Ce lieu est bâti fur les ruines de la ville Semhsons. * Bàudrand, Dicl. éd. 1682.

TAFF. Voyez Tave,

i.TAFILET, royaume d’Afrique, dans la Barbarie,& compris aujourd'hui dans ce qu’on appelle les états duroi de Maroc. Il est borné au nord par les royaumes de fez& de Tremecen , à l’orient par le pays des Beréberes, aumidi par le Sara ou désert de Barbarie, Sc à l’occident parles royaumes de Fez , de Maroc Si de Sus. Mouley Chéris,roi de Tailler, prétendoit descendre de Mahomet, par fafille Fatime. En mourant, il laillà, pour son íuccefleur, Mu-ley Hatnetjl’aîné de quatre-vingt-quatre enfans mâles, outrecent vingt-quatre filles qu’il a volt eues. Muley Damer nejouit pas long tems du royaume. Muley Archy, un de fesfreres, trouva le moyen de lever une tfrmée, l’attaqtia, lebattit. Damer cn mourut de douleur Sc laiflà le trône àArchy , qui fut tué peu après en caracolant sor un chevalfougueux, l'an 1672. * S. Olon, Etat de Fempire de Ma-roc , p. í & fuiv.

L’ordre Sc la paix qu’il avoir commencé à établir dansfes états, furent bientôt troublés. Ceux de fa famille aus-quels il avoir confie le gouvernement de íes royaumes,voulurent le rendre maîtres du pays où chacun d’enrr’euxcotumandoit, mais Moussa Ismaël, le plus entreprenantle plus estimé, fe fit d’abord reconnoîrre roi de Tafiiet; ,1s’empara des trésors de son frété , íè mit en campagne avecle plus de monde qu’il put ramasser, Sc après en avoir ga-gné quelques-uns par promefles ou par préfens, il vainquitles autres par les armes, & fe rendit maître de tout. Celuid’entre fes concurrens qu’tl lui fit plus de peine, fut MouleyDameth , son neveu , qui s’étant fait reconnoître roi deMaroc Sc de Suz, résista pendant deux ou trois ans ; maisà la fin il fut obligé de fe soumettre comme Íes autres. Lesmêmes révolutions font arrivées depuis ou à la mort de cha-que roi, ou dans le tems qu’ils fe croyoienttranquilles pos-sesseurs de l’Empire, appelle aujourd’hui 1 empire de Ma-roc , parce que le souverain a transporté fa résidence dans lacapitale du royaume de ce nom ; mais comme les peuplesdu royaume de Tafiiet tiendraient à déshonneur d’êtregouvernés par d’autres que par des descendans de leur pro-phète , le roi y établir toujours un de fes fils pour gouver-neur.

Généralement parlant le terrein est fort sablonneux dansle royaume de Tafiiet , & par conséquent sort stérile , àquoi contribuent encore Ies chaleurs exceisivesqui y règnenttoute Tannée. Il ne produit du bled & de Forge que le longdes rivières ; ainsi les chétifs seuls & les alcaïdes qui font lesnobles du pays, se trouvent en pouvoir d’en acheter , parcequ’il est trop cher pour le peuple qui est très-pauvre , Sc quine vit que de dattes & de chair de chameau. La disette d’eauest sort grande aux lieux éloignés des rivières ; en forte qu’onn’en a point d’autre que celle de pluie, qui tombe quelque-fois avec assez d’abondance en hiver, Sc qu’on prend soinde recueillir & de conserver dans des citernes.

Les peuples de cet état sont composés de cherifs, d’Ara-rabes Sc dc Barbares. Ces derniers (ont Ies anciens habitansdu pays. Ce sont des gens secs Sc basanés qui demeurentdans des villages, entre des montagnes, Sc qui nourriflentquelques bestiaux qu’ils échangent pour des dattes avec lesArabes. Ceux-ci ont été amenés dans le pays avec les ché-tifs Sc avec Mouley Mehercz leur prince, par Mouley Al-mansor. Les cherifs qui se prétendent descendus de Maho-met , demeurent dans des espèces de châteaux ou dans lesvilles. Les Arabes tiennent la campagne Sc sont divisés partribus. Le chef ou ancien de la race est le commandant, &s’appelle checq 011 capitaine. Us paflent toute leur vie sousdes tentes faites avec de la laine & du poil de chevre, & oc-cupent des plaines par adouards. Un adouard est un aílem-blage de quarante ou cinquante tentes élevées en rond ; &une tribu, suivant quelle est devenue nombreuse , auraquelquefois cinquante adouards. Les cherifs & les Arabesprétendent être les seuls qui soivent la véritable religion deMahomet. Ils disent qu’elle a commencé par Jesos-Christ,qui, disent-ils encore , leur ordonna l’habit qu’ils portent.Ils n’ont ni or, ni argent, ni soie, & ne sont vêtus qued’uneétoffe de laine qui leur entoure deux ou trois sois le corps,&qui leur laisse les jambes Si les bras nuds. Ils appellent cethabillement une hoqite , Sc FétofFe en doit toujours être