LE GRAND
DICTIONNAIRE
GEOGRAPHIQUE,
HISTORIQUE ET CRITIQUE.
T A T A A
T A A
A grande rivière de la Chine. Elle asa íource dans la partie orientale de laprovince d’Iùnnan, d’où prenant soncours d’occident en orient, elle mouilleau midi la province de Queicheu, tra-veríe ensuite en serpentant les provin-ces de Quangsi & de Quantung, où elleva se jettes dans la mer près de Quangcheu. * uitlat Si-iiensis.
2. TA , ville de la Chine, avec forteresse dans la pro-vince de Suchuen , au département de Queicheu , sixièmemétropole de la province. Elle .est de c> d i8' plus occiden-tale que Pékin, lous les ji d 38' de latitude septentrio-nale.
TA AS, riviere de l’empire Russien dans la Sibérie , aupays des Samoïedes. La description de la Sibérie inséréedans le recueil des voyages de la compagnie des Indesorientales, t. 1 , p. 2 51 , édit. de Rouen , dit, qu’il y a uneriviere nommée Taas, qui se jette dans l’Oby à la gauchede ce fleuve , & qui semble venir d’un grand bois près deJéniscea , d’où fore aussi une autre riviere peu éloignée decelle de Taas, & qui tombe dans Jéniscea. Ainsi de l’Oby,par le moyen du Taas, on peut voyager au travers du paysdes Samoïedes, & ne faire que deux lieues par terre pour serendre furies bords d’uneautre riviere nomméeT orgalf,& on descendroit de-là avec le cours de l’eau dans le Jé-niscea.
TAATA, ville de la haute Egypte près du Nil, à lagauche, entre Girgé & Cardouflè, mais beaucoup plus voi-sine de cette riviere. Taata est environ a un demi-mille durivage du Nil. Elle est coure pleine de palmiers. On n’y voirpoint d’enceinte, & an-dessins de presque tous les bâtimensil y a un colombier rempli dc pigeons. C est la même choiedans toutes les villes de ce pays. Les voyageurs trouvent àl’entrée de Taata plusieurs jeunes filles qui viennent s’offtirà eux , pour qu’ilsen disposent à leur volonté, sans qu’ellesexigent'aucun salaire. La même chose sc pratique en diversantres lieux du pays, où l’usoge est d’avoir un lieu d’hospi-talité toujours rempli de filles, avec un revenu pour leurentretien, afin quelles ne prennent rien de ceux qui se ser-Tome FL
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vent d’elles. Les riches du pays, avant de mourir, se font undevoir d’en acheter pour les y placer , afin qu’il s’y entrouve toujours. Quand ces filles deviennent grofles SCquelles accouchent d’un garçon, la mere est obligée de i’é-lever jusqu’à lage de trois ou quatre ans qu’on le mene chezle patron ou chez ses parens, & il est regardé commeesclave. Les filles demeurent toujours chez leurs meres,& servent de même dans les autres endroits où il n’y en apas un astèz grand nombre. La maison dti gouverneur estassez belle en apparence , quoique bâtie de terre, commetoutes les autres du pays, où les appartemens font au rez-de-chaussé.
Dans le voisinage de Taata, on trouve beaucoup desruines de divers palais & temples bâtis de très-grosses pier-res , la plupart revêtus de marbre, &c d’une très-belle ar-chitecture -, il y a quantité de serpens aveugles, donc lamorsure est sans remede. A une heure de chemin de cetteville , on voit comme une grande église de chrétiens toutedécouverte par le haut. Elie a un très-beau portail soutenude belles colonnes de granit. Au-dedans il reste encorequatorze grands pilliers debout : ils soutenoient apparem-ment la voûte qui est toute tombée. U y a a pparence qu’ily a eu autrefois une grande ville dans ce heu ; car on y voiequantité de ruines , & plusieurs pierres chargées d’inscrip-rions en caractères des anciens Egyptiens. Vis-à-vis deTaata fur le bord du Nil, niais de 1 autre côté du fleuve,on apperçoit une montagne qui est égale depuis son com-mencement jusqu’à la fin > & pleine de grottes creu-sées dans le roc. Comme cette montagne a plus de soixantemilles de longueur, elle reíïemble à une grande muraillequi borde le Nil.
Paul Lucas ayant oui dire des choses singulières d’unserpent qui étoit dans une des grottes de.cette montagne,s’y fit conduire. L’entrée de fa grotte qu’on trouve dansla montagne qui régné le long du Nil, est plus grandequ’aucune porte cochere. On apperçoit d’abord à droite Scà gauche deux tombeaux d’un bois incorruptible. Tes con-ducteurs lui apprirent que le tombeau qui est à la droiteétoit de Daríde, & celui qui est â la gauche étoit de fa fillenommée Assure. Pendant qu’il regardoit attentivement ces
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