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Tome sixième. T - Z.
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ou l’on dit qu’Osiris, dieu des Egyptiens, est enterré. Ju-stinien a fait bâtir un grand nombre d’ouvrages dans cetteville , mais principalement un bain public ôc des palaispour loger les magistrats..

z. TAPOSIRIS ou Parva Taposiris, ville d’E-gypte, selon Strabon , /. 17 ,p. 800. Il y avoit, dit-il, uncanal qui conduiíoit de Canope à Alexandrie , & entre cecanal Sc la mer il restoit une langue de terre étroite , furlaquelle est la petite Taposiris.

Si nous en croyons Etienne le géographe, on appel-loit Taposiris celle qui étoic voisine d'Alexandrie, &Taphosiris celle où l’on disoit qu’Osiris étoit enterré.

TAPQUYTAPERE, contrée de l’Amérique méridio-nale au brésil, fur. la cote septentrionale, ôc présente-ment dans la capitainerie de Para. Vers l’ouest de l’ifle deMaragnan, dit de Laet, Descr. des Indes occid. I. 16 »c. 17,il y a une province qui fait partie du- continent, & queles Sauvages nomment Tapouytapere. Elle est éloignée dctrois ou quatre lieues, & elle en est séparée par un canal quiva jusque dans la baie de Maragnan. Je dis que c’est unepartie du continent : car, quoiqu’aux plus hautes maréeson la voye toute environnée de la mer, dans les balles ma-rées , néanmoins elle paroít jointe avec la terre ferme, &n’en être léparée que par une vallée sablonneuse. Cette pro-vince n est pas par fa nature aulîì forte que l’ifle, maiselle est plus fertile & plus belle. Elle est habitée par unepartie de la nation des Toupinambous qui y ont quinzevillages ou plus, & dont le principal fe nomme Tapouy-tapere , ce qui signifie en leur langue demeure desTa-puyes, qui s’en font retirés de leur gré , ou qui en ont étéchastes par les Toupinambous. Les plus considérables desautres villages font :

Sery-ieu, Pindotuue,

Jeneupa eupe ; Aroueupe,

Meurenti eupe, Tapanytinîngue,

Caagouire, Eugarete-quitaue,

Oraboutin-Eugouaue.

Tous ces villages font plus peuplés que ceux de l’ifle deMaragnan.

TAPROBANE, l’ifle de) Taprobathty ifle de la merdes Indes. On ne connoistòit que Ion nom, & l’on ne savoirmême si e étoit une iste avant la conquête d’Alexandre.II paroít que depuis on n’en avoir encore qu’une idéeconfuse ; Pomponius Mêla n’en parle qu’avec incertitude :mais fous t’empereur Claude, un vaisseau des Romains ,qui navigeoit lur les côtes de l’Arabie, fut poussé fur lesbords de cette iste. Celui qui y tégnoh alors, s’informa

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Les difficultés qui fe trouvent à concilier ces différen-tes opinions, ont porté M. Caffini à placer l’ifle de Ta-ptobane dans un autre endroit \ ôc voici son système.

La situation de l’ifle de Taprobane , suivant Ptolo-mée, au septième livre de sa géographie, étoit vis-à-vis dupromontoire Cory.Ce promontoire est , suivant lui, entrel’Inde ôc le Gange, plus près de l’Inde que du Gange.L’iste Taprobane étoit divisée par la ligne équinoxiale endeux parties inégales, dont la plus grande étoit dans l’hé*mifphere boréal. La plus petite étoit dans l’hémisphereaustral, s’étendant jusqu’à deux degrés & demi de latitudeaustrale. Autour de cette ifle il y avoit treize cents soi-xante-dix-huit petites ifles , parmi lesquelles il y en avoirdix-neuf plus considérables, dont le nom étoit connu enoccident. Le promontoire Cory ne fauroit être autre,que le Comori ou Comorin, qui est entre l’Inde 8c leGange, Sc plus près de l’Inde que du Gange. Vis-à-visce cap il n’y a pas présentement une austì grande iste quela Taprobane qui soit divisée par 1 équinoxial, & environ-née de treize cents foixante-dix huit ifles : mais il y a unemultitude de petites ifles , appellées Maldives , que les ha-bitans disent être au nombre de douze mille, suivant la re-lation de Pirard, qui y a demeuré cinq années ; ces iflesont un roi, qui fe donne le titre de roi de treize provinces& de douze mille ifles. Chacune de ces treize provincesest un amas de petites ifles, dont chacune est environnéed’un grand banc de pierres , qui la ferme tout autour com-me une grande muraille ; on les appelle Attolons. Ellesont chacune trente lieues de tour, un peu plus ou unpeu moins , ÔC font de figure à peu près ronde ou ova-le. Estes font bout à bout l’une de l’autre , depuis lenord jusqu’au sud, Sc séparées par des canaux de mer,les unes larges , les autres fort étroites. Ces bancs dcpierres, qui environnent chaque attolon , font si élevés,& la mer s’y rompt avec une telle impétuosité, que ceux quifont au milieu d’un attolon, voient ces bancs tout autouravec les vagues de la mer qui semblent hautes commedes maisons. L’enclos d’un attolon n’a que quatre ouver-tures , deux au nord Sc deux autres au sud, dont une està Test , sautre à l’ouest ; la plus large est de deux cents pas »& la plus étroite un peu moins de trente. Aux deux côtésde chacune de ces entrées, il y a des ifles, mais les cou-rans ôc les grandes marées en diminuent tous les jours lenombre. Pirard ajoute qu’à voir le dedans d’un de ces atto-lons , on diroit que toutes ces petites ifles , & les canaux demer qu’il enferme , ne font qu’une plaine continue , & quece n’étoit anciennement qu’une feule ifle » coupée 8c divi-sée depuis en plusieurs. On voit presque par-tout le fonddes canaux qui les divisent, tant ils font peu profonds , à

d’où croient ceux qui montoient ce vaiflèau. Sur leur récit la réserve de quelques endroits : ôc quand la mer est baise,il conçut l’envie de faire alliance avec les Romains, & seau n’y vient qu a mi-jambe presque par-tout. Il y a unenvoya une ambassade à Rome : c’étoit fous le régné de courant violent Sc perpétuel, qui, du mois d’avril jusqu’auClaude. Ces ambafladeurs firent une description de leur mois d’octobre, vient impétueusement du côté de l’ouest »ifle , laquelle est rapportée par Pline , /. 6 , c. 12. Il y & cause des pluies continuelles qui y font l’hiver ; & aux

avoit cinq cents villes ou bourgades. On trouvoit au midiun port avec une ville considérable, appellée Palaesimua-das , capitale de l’ifle : on y comptoir jusqu’à deux centsmille habitans. Au-dedans de l’ifle , on y trouvoit un étangnommé Mégiíba , de trois cents mille pas de circuit, le-quel renfermoit des ifles qui fournifloient d’excellens pâ-turages. De cet étang sortoient deux fleuves, l’un appelleTaUfimundus , qui se rendort dans le port de la villede même nom , où il fe déchargeoit par trois embouchu-res , dont la plus étroite étoit de cinq stades Sc la plus largede quinze ; l’autre fleuve nomme Cidara , couloir vers leseptentrion , du côté de l’Inde. Le promontoire de l’Indenommé Coliacum , en étoit éloigne de quatre jours de na-vigation , Sc fur la route on rencontroit l’ifle du Soleil.

Ptolomée , /. 7 , c. 4, en donne une description tout-à- fait différente. Loin de mettre cette ifle à quatre jour-nées de navigation du promontoire de 1 Inde , qui est au-jourd’hui le cap Comorin , il la met tout au plus à la dis-tance de r d de latitude. Il l’étend beaucoup au-delà del’équateur, 8c compte à peine trente villes ou villages, lloe dit rien du lac Mégisba , ni des deux fleuves qui ensortent.

Cette diflèmblance a fait croire à beaucoup, que cesdeux écrivains ont donné la description de deux pays dis-férens. Les uns prétendent que c’est l’ifle qu’on nommeaujourd’hui le CejUn , d’autres que c est l’ifle de Sumatra.

autres six mois les vents font fixes du côté de lest, Sc por-tent une grande chaleur, fans qu’il y pleuve jamais, cequi cause leur été. Au fond de ces canaux il y a de groflespierres, dont les habitans se servent à bâtir, ôc il y aaussi une espèce de brouílailles, qui reflemblent au corail ;ce qui y rend le paflàge des bâteaux difficile. Linscot té-moigne que, suivant les Malabares, ces peuces ifles ont étéautrefois jointes à la terre ferme, ôc que par la successiondes tems , elles en . onc été détachées par la violence de lamer, à cause de la baíseíse du terrein. ll y a donc appa-rence que les Maldives font un reste de la grande ifle Ta-probane , ôc des treize cents foixante-dix- huit ifles quil’environnoient, lesquelles ont ete emportées ou diminuéespar les courans, fans qu’il en soit resté autre chose que cesrochers, qui dévoient être autrefois les bases des monta-gnes , ce qui reste dans 1 enclos de ces rochers où la mer serompt ; de forte qu elle n est plus capable que de diviser ,mais non pas d’emporter les terres qui font enfermées au-dedans de leur circuit, ll est certain que ces ifles ont lamême situation à 1 égard, de l’équinoxial, du promontoire,4 e l’Inde ôc du Gange , que Ptolomée assigne à divers en-droits de l’ifle Taprobane. *Casiini, dans un mémoire à lafin de la description de Siam , par la Loubere , t. 2 ,/>. z 21.

Les anciens ont donné plus d un nom a cette isle,mais celui de Taprobane est le plus célébré. On l’a auífiTome V. Fffífij