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Tome sixième. T - Z.
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messe. Marmol, Numidie , 7, c. 2 z, qai parle de cetteforterefle, dit que les habitans de la province de Sugul-meíle la bâtirent, après que leur ville.capitale eut étédétruite. Quelques-uns lui donnent environ mille mai-sons , & d’autres seulement cinq ou six cents habitans,parmi lesquels il y a quelques artisans Sc quelques mar-chands. , .

TENEHOA , province du royaume de Tunkin, aucouchant de R.okbo ; elle a la province de l’ouest au nord,Aynam à l’ouest , Sc la mer au sud. Cette province est unpays bas, abondant principalement en riz Sc en bétail. Ony fait un grand négoce de poiflon , comme on fait généra-lement fur toutes les côtes de la mer. * Dampier , Voyageautour du monde , t. 3 , p. 19.

TENENDEZ, montagne d’Afrique , au royaume deMaroc. C’est une grande montagne de TAtlas, qui regardele midi ; c’est pourquoi, quelques-uns ne la compren-nent point dans la province d’Escure ; mais d’autres l’ymettent ,parce quelle est de la Barbarie. Elle est bien peu-plée de Bérebéres, qui font farouches, mais braves , &qui se piquent fort de noblesse. Ils ont quantité de petitsbarbes, très-légers Sc très-vigoureux. Le pays ne portepoint de froment, mais quantité d’orge;&les habitansont grand nombre de gros Sc menu bétail. Le sommet dela montagne est couvert de neige durant toute Tannée. Ily a beaucoup de noblesse , qui a ttn chef pour la gouver-ner. Il n’y a dans toute la montagne ni ville ni bourgadefermée, mais plusieurs villages fort peuplés ; car bien quele pays soit froid , il ne laistè pas d’être abondant en pâtu-rages , & lapreté de la montagne, qui est fort roide, fercassez de défense aux habitans. Les seigneurs de cette mon.tagne Sc de celle de Tensit, aussi-bien que ceux de la pro-vince de Dara , étoient tous parens , Sc on les nommoitles Mezuares ; mais leurs divisions donnèrent lieu au ché-ris de se rendre maître de leurs pays. Ils auroient été ca-pables de lui résister, s’ils eussent été bien d’accord. Ils luidonnent encore aílcz de peine par leurs fréquentes révoltes.* Marmol , Royaume de Maroc , 1 . ) , c. 75 , p. 123 ,114. .

TENERAND , bourg de France , dans la Saintonge ,au diocèse de Saintes, de sélection de Saint-Jean-d’An-gely.

TENERICUS, champ de la Bœotie,au voisinage du lacde Copaïs. Strabon , l. 9 , p. 411,415 , & Pausanias,l. 9 , c. 2.6, en parlent. Il tiroir son nom du poète Tenerus ;fils d’Apollon Sc de Melia.

x. TENERIFFE , isie d’Afrique, Sc Tune des Canaries.C’est la Nivaria de Pline. Son nom est composé de Tenet ,qui dans la langue des habitans signifie neige , & d’Iffe unemontagne. Elle a Tille de Salvages au nord , la grandeCanarie à Torient méridional, Tifle de Comète au midioccidental, Sc Tille de Palme à Toccident septentrional.Souchu de Rennefort , bist des Indes orient, z part. L 1 ,c. z, donne à Tifle de Teneriffe dix-huit lieues de lon-gueur , & huit de largeur. La principale forteresse, qui engarde T abord , Sc qui est située à 18^ de latitude , est com-posée de quatre bastions , & commande aussi fur un bourgnommé Santa-Crux. Vers le nord , en côtoyant la mer ,on trouve trois fortins , & au midi un fort, en forme detour. En allant à la ville , on rencontre deux petits fortsquartés , Sc route la défense de cette ville n’est que dans ladifficulté de les passer. Cette ville se nomme Lagone ouL-aguna , autrement San Christoval db t a Lagona.Voyez ce mot. Ihy a quatre maisons de religieux, qui fontdes dominicains, de saint François, de saint Diego Sc desaugustins f deux* monastères de filles, & deux églises pa-roissiales. A deux lieues au-deífos de Lagone ,il sort dunemontagne une groste fontaine, ombragée dune haute fu-taie fort épaisse. Les coteaux font remplis d’orangers , decitronniers Sc de grenadiers. Au pied de la montagne estun hérmitage , par les côtés duquel l’eau descendue avecimpétuosité , s’assemble au dessous, dans un cánal , &coule tranquillement Tespace dune lieue 8C demie dans laplaine. Cette eau est ensuite conduite, pendant une demi-lieue , par un aqueduc, jusqu’à deux cents pas à la ville,dont les habitans se fourniflent de cette eau. Les bestiauxsont abrevés dans un lac voisin , qui est sor une monta-gne , entourée d autres montagnes plus hautes, qui labordent. Le bled que Ton recueille dans cette isle ressem-ble au bled de Turquie : le vin de Malvoisie s’y trouve en

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abondance ; la pipe coute ordinairement vingt ducats, &les droits de sortie dix-sept reaux : ainsi , elle revient àquatre-vingt neuf livres de France , Sc contient quatrecents quatre-vings pintes de Paris. L’argent est fort com-mun dans cette iíle , les marchands étrangers y font très-bien leur compte. Les épées, pistolets , couteaux , peignes ,habits, manteaux longs , noirs Sc gris , chapeaux à grandsbords, toiles & rubans, tout cela y est d’un fort bon débit.Presque toute Tifle est entourée de montagnes inaccessi-bles. On trouve dans cette ifle beaucoup de soufre miné-ral , qu’on transporte en Europe. II y croît une planteappellée Legnan , par les insulaires. On en porte unegrande quantité en Angleterre , où Ton s’en sert au lieu deréglisse. Il y a aussi des abricotiers , des pêchers & autresarbres fruitiers , qui portent deux fois Tannée ; des poi-riers & des amandiers » dont le fruit a une couverturemince Sc tendre, Sc des limons , nommés prefiados parles Espagnols ; c’est-à-dire, gros ou pleins, parce qu’ils enont d’autres petits enfermés tous leur écorce. On y trouvedes cannes de sucre , un peu de coton , des pommes decoloquinte & d’autres fruits de plusieurs espèces. Le rosiery fleurit à Noël ; mais les tulipes ne s’y plaisent pas. Il croîtau bord de la mer une herbe à feuilles larges : les chevauxqui en mangent en meurent presque toujours, quoiqu’au-cun autre animal ne s’en trouve incommodé. On a vu àTeneriffe des tuyaux de bled chargés de quatre-vingts épis,Sc cependant ils n’y croiflenc pas bien haut. Il y a eu desannées qui ont produit une si abondante récolte , que cha-que muid de bled en a rapporté cent trente. On y trouvedes serins , des cailles, des perdrix plus greffes que les no-,tres , des ramiers , des tourterelles , des corneilles, & derems à autres on y voir quelques faucons qui y passent descôtes de Barbarie. Quant aux^poiflons , il y a lecherna,poisson fort large Sc très-bon, des meros, des dauphins ,des écrevisses de mer qui n’ont point de pieds, des moules& des clacas. Lç clacas est un poiflon à coquille, il est fortrare Sc croît dans les rochers ; on en trouve d’ordinairecinq ou six dans une feule & grande coquille, au coin delaquelle ils montrent quelquefois leur tête. C’est par-iàqu’on les tire, après avoir élargi un peu davantage , Scrompu ces ouvertures avec une pierre. Il y a aussi une autreespèce de poiflon qui ressemble à une anguille ; il a six ousept queues d’environ un pied, qui s’unilîènt toutes à unefeule tête & à un corps de même longueur que ces queues.L’ifle de Teneriffe est remplie de fontaines & de sourcesd’eau fraîche, qui a le goût de lait ; mais parce qu’à La-gone elle n’est pas si claire que dans les autres endroits, onla fait palier au travers d’une certaine espèce de pierrespongieuse taillée en maniéré de bassin, pour Téclaircir.Les vignes qui produisent le plus excellent vin de Cana-rie , croiflènt toutes dans Tespace d’une. lieue aux environsdu rivage de cette ifle. Celles qu’on plante à une distanceplus éloignée, n’ont pas le même succès , & si Ton portedu même plant dans quelqu’autre de ces iíles , il n’y pro-duit point de fruit. * De f Ifle ,' Atlas.

Corneille dit qu’uo ssomme de beaucoup d’esprit qui ya passé vingt ans ep qualité de marchand & de médecin,en s’att£chant avec beaucoup d’exactitude à la bien con-noître, a jugé que cette ifle , dont le fond est extraordi-nairement chargé de soufre , étoit autrefois en feu , Scquelle fauta tout-à-coup en Fair, ou toute entiere , oudu moins en fa plus grande partie; que plusieurs montagnescomposées de grands quartiers de pierres Sc de rochersnoirs & brûlés , entassés les uns sor les autres, telles qu’onles voit de tous côtés aux environs de cette ifle , Sc sur-tout en sa partie méridionale, avoient été comme vomiesdes entrailles de la terre dans 16 rems de ce grand embra-sement; & que le plus grand monceau de soufre s’étanctrouvé environ au centre de Tifle , avoir élevé le pic à lahauteur où Ton voit à présent cette montagne. 11 ajouteque quiconque fera une sérieuse attention sur la situationSc Tarrangement de ces rocheçs, ne pourra s éloigner decette pensée ; puisqu’ils sont disposés de telle sorte près «letrois ou quatre lieues aux environs du pic, Sc dans un telordre Tu n au-dessus de Tordre, presque jusqu’au pain desucre , qu’il faut nécessairement íè représenter que tout lefond venant à s’enflet & à crever en même rems par l’agi-tacion & par le soulèvement des ruisseaux Sc des torrens desoufre contenus dans son sein, dans ce bouleversement uni-versel de Tifle, les uns s’arrêterent Sc Raffermirent au plus