Band 
Tome sixième. T - Z.
Seite
864
JPEG-Download
 

864 TEZ .

'sort de divers lacs du pays de Letten ou Lettre. Ces diffe-rens ruisseaux s’étant raslèmblés, ne forment plus qu uneciviere , qui, prenant son cours du nord oriental au midioccidental, arrose V'olmer, g. Rop , d. Treiden , d.Sewold, g. Kremon , d. après quoi elle va se jetter dansSe golfe dc Livonie, près de Sernikon, à quelques lieuessu nord de la Duna.

TEYN, ville de Boheme. Voyez Teïn. r.

TEYSSE, riviere de Hongrie. Voyez Teisse.

TEYTONG, ville de la Chine, dans la province deNanking. La relation de l’ambalíade de la compagnie hol-landoise à la Chine, marque cette ville sur la route deCanton à Pékin, un peu au dessous de Nanking.Teytong,dit cette relation , est située derriere une iste à la droite dela riviere. On la peut voir de deux lieues de loin. C etoicautrefois une fore belle ville; mais les Tartares qui l’ontprise l’ont réduite dans un état déplorable, 8c ne lui ontlaide que trois tours, donc la hauteur marque encore au-jourd’hui l’ancienne magnificence de cette ville.

TEZAGA. Voyez Tergaza.

TEZAR ou Téza, ville d’Afrique, au royaume, deTez , dans une plaine fertile, à seize lieues de Fez, à douzede Dubudu, à vingt-cinq de Mélile , en traversant le dé-sert de Caret, Sc .à deux de la montagne de Macagara. Mar-mol en parle ainsi : Prolomée met certe ville à de longi-tude , & à $ 3 d io' de latitude , fous le nom de Teysor. Ellea été bâtie par les anciens Africains, & est la capitale de laprovince Cuzt. Il y a beaucoup de noblesse, & plus decinq mille maisons habitées ; mais ce ne font que de mé-dians logis faits de terre : les collèges Ôc les mosquées fontde pierres de taille. 11 paíse à travers de la ville une rivierequi descend de la montagne de Métagara, dont les habi-tans peuvent détourner le cours, ce qui oblige ceux deTézar à vivre en bonne intelligence avec eux, 8c à favo-riser leur parti. U y a en cette ville un grand concours demarchands. Elle fournit le bled à tous les habitans des plai-nes 8c des montagnes Pespace de plus de trente lieues d alen-tour. Ses rues & fes places font rangées comme dans Fez,

il y a au milieu une grande mosquée avec trois colleges.On y volt une juivene compofee de plus de cinq cents mai-sons , & tour auprès une belle forteresse où est 1e palais duprince Abdulac. Depuis que le premier roi des Bénimérinispartagea cette province entre sesparens , le second fils duroi de Fez a toujours eu cette place pour son apanage,comme étant un séjour très-agréable l’hiver & Pété ; Pairen est sain , & le pays fertile. Auíìî les rois des Bénimérinisy palíoient la plus grande partie de Pété, à cause de lafraîcheur de Pair. Le chéris y entretient une garnison àcause des Arabes qui y viennent tous les ans des déserts delaNumidie, acheter du bled, ou le troquer contre desdattes, & qui incommodent fort les habitans. Ce fut àTézar que le chérit Mahamet attendit Muley Buaçon &Salarrès, quand il eut avis qu’ils venoient pour l’attaquer.La plupart des habitans font riches & fe piquent de valeur.Il y a aux environs , dans les vallons, beaucoup de jardina-ges , qu’on arrose de Peau des fontaines qui descendentdes montagnes, & qui portent de meilleurs fruits que ceuxde Fez. Il y a auífi de grands vignobles fur les côtes; lesJuifs y font le meilleur vin de toute la Mauritanie. * Mar-mol , Royaume de Fez, /. 4 , c. 3 , p. 300.

TEZCUCO , ville de l’Amérique septentrionale , dansla nouvelle Espagne, fur le bord du lac de Mexique. Elleetoit presque égale a la ville de ce nom du tems de Cortezôc des premiers conquerans. Quand Cortez s en approchaavec son armée , quatre des principaux habitans allerentle trouver , portant une verge d’or 8c un petit drapeau ensigne de paix : ils lui dirent que leur seigneur Coacuacoyocinles envoyoic pour le prier de ne point faire de dégât dansleur ville , où il scroit très-bien reçu avec scs troupes.Cortez, appréhendant quelque trahison , poursuivit sonchemin , & avança à Quahutichan & à Huaxuta, quiétoient alors des fauxbourgs de Tezcuco , ôc qui ne fontplus présentement que de petits villages séparés ; il y sicrenverser les idoles , & entra dans la ville , où il occupaune grande maison qu on lui avoir préparée. Tous les Es-pagnols & une partie des Indiens qui le suivoient y logè-rent avec lui. Les Espagnols étant montés fur le soir dansles galeries de cette maison pour voir la ville, apperçu-rent un grand nombre d’habitans , qui s’enfuyoient avecleurs meubles, les uns vers les montagnes, les autres vers

,.T.E Z.

l'e bord de Beau , ou il y avoit du moins vingt mille petitsbateaux qu’ils remplirent, Cortez ayant sçu que Coacua-coyocin , alors roi de Tezcuco & des bourgades voisines ,avoir pris la fuite , fit venir plusieurs habitans, qui étoientdemeurés dans la ville, & leur dit que puisque leur roi lesavoit abandonnés , il leur offroit en (a place un jeune gen-tilhomme iíïïi d’une noble maison du pays , qui l’avoit ac-compagné ; qu’il étoit fils de Nizavalpicinthi, qu’ils avoienctoujours aimé , & qu’ayant été baptisé > il avoit reçu lenom de Ferdinand au baptême. Le bruit de ce changements’écanc répandu, plusieurs de ceux qui avoient fui retour-nèrent à Tezcuco , où ils furent traités favorablement parleur nouveau prince , qui demeura toujours fidèle auxEspagnols. Deux jours après que dom Fernand eut étéfait roi de Tezcuco & des territoires qui en dépendent,ôc qui s’étendent jusqu’aux frontières de Tlaxcallan, Cor-tez eut avis que les Mexiquains venoient l’attaquer , maisil alla au devant d’eux 8c les mit en fuite. Il rentra ensuitedans la ville, fit revenir toutes scs troupes, qu’il avoirdispersées en divers lieux , 8c se prépara à faire le siège deMexique. 11 fit faire un canal d’une demi-iieue de long ,de douze ou treize pieds de large & de deux toises de pro-fondeur. Cet ouvrage, où l’on employa cinquante jours »quoique quatre cents mille hommes y travaillassent fans au-cun relâche, a conservé la renomméedela ville de Tezcucojusqu’à présent, outre quelle est encore fameuse parmi lesEspagnols , à cause quelle est la premiere qui ait été gou-vernée par un roi chrétien ; cependant le nombre deshabitans est bien petit en comparaison de ce qu’il étoitautrefois. Le canal étant achevé l’on calfeutra les brigantinsavec du coton ôc des étoupes. Il y en a qui disent que fautede fuis ôc d’h uile , on fut obligé de sc servir de la graissede ceux des ennemis qui étoient tués dans les sorties quel’on faisoit du Méxique tous les jours pour empêcher cetouvrage. Les Indiens , qui étoient accoutumés à sacrifierdes hommes , les ouvroient aptes leur mort, afin d’en tirerla graisse. Lorque les brigantins eurent été mis à Beau ,Cortez fit la revue de les gens , & trouva neuf centsEspagnols, dont il y en avoit quatre-vingt-six â chevalôc cent dix-huit armés d’arbalêtes ôc d’arquebuses ; tout lereste avoit des épées , des poignards , des lances ôc deshallebardes, avec des cottes de maille & des corselets.Le nombre des Indiens étoit de plus de cent mille. Tousces grands préparatifs fait dans Tezcuco pour le siège deMéxique , font connoîtrc combien elle étoit grande &puissante dans ce tems-là , puisqu’elle pouvoit fournir tou-tes les choses nécessaires à tant de gens. Ce n’est plus au-jourd’hui que le chef-lieu d’un petit gouvernement , oùréside d’ordinaire un gouverneur Espagnol envoyé d’Espa-gne, ôc dont le pouvoir s’étend jusqu’aux frontières deTlaxcallan 8c de Quacocingo, ôc fur la plupart des petitsbourgs 8c villages de la plaine , qui formoient autrefois unroyaume, & ne fournilsent pas à présent plus de milleducats par an au gouverneur. Dans Tezcuco même, il n’ya pas aujourd’hui plus de cent Espagnols ôc trois cents In-diens qui y habitent, dont les richesses viennent des herbesôc des salades de leurs jardins, qu’ils chargent tous lesjours dans leurs canots pour les porter à Méxique. . Ilsretirent auffi quelque argent de leurs cèdres, qu ils y trans-portent pour servir aux bâtimens ; mais les Espagnols enont beaucoup ruinés par le grand nombre qu’ils en ontabattu pour bâtir leurs magnifiques maisons. Pamphile deNarnaez accusa Cortez d’avoir employé sept mille pou-tres de cèdre dans un seul palais. Il y avoir autrefois àTezcuco des vergers , où l’on voyoit plus de mille de cesarbres qui servoient de clôture ; quelques-uns avoient centvingt pieds de hauteur ôc douze de grosseur. Présentementon ne trouve pas cinquante cèdres dans les plus considéra-bles de ces vergers. * Thomas Gage , Relation des Indesoccidentales , 1 part. c. 13.

TEZEFARA, ville d'Astique, selon Gcorneille. -, quicite Marmol ; mais Marmol écrit Tefezara , & nonTezefara. Voyez Tefezara.

TEZEL CARAON , ç>u Latani , rivière de Syrie,se jette dans la mer Mediterranée, près des ruines deTyr.

TEZELA , ville fort ancienne d.’Astique , an royaumedé Trémécen , à six lieues d’Oran. Elle est située dans unegrande plaine , qui a plus de sept lieues de long. Abuhas-cen , quatrième roi des Bénimérinis, la ruina, lorqu’il fai-soit