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» à portée de Tyr, & il n’y a guères d’apparence qu’on y-- vînt trafiquer des côtes de l’Océan. Enfin le Pfalmiste» met les rois de Tharsis avec ceux des iíles : Reges ‘Thar--, fis & Infula. Or les iíles marquent ordinairement celles-> de la Méditerranée Sc les pays maritimes, où les Hé-» breux avoient accoutumé d’aller par cette mer. -- De tousces passages on peut conclure , selon D. Calmet, que lepays de Tharsis étoit fur la Méditerranée , & qu’apparem-ment c’est la Cilicie.
Après avoir raisonné ainsi , le pasiàge des Paralipomê-nes le rappelle, & lui fait tirer un double conséquence quin’est pas fort justeparce quelle porte à faux , comme jele ferai voir dans la fuite. « Lors donc , dit-il,, qu on voit» équiper des vaistèaux destinés d aller à Tharsis, dans la» mer rouge & à Asiongaber, ori doit conclure, ou qu il» y a deux pays de Tharíîs, l’un fur 1 Océan , 1 autre fur la-, Méditerranée, ce qui ne r.ousparoît nullement probable : ou„ que les vaistèaux de Tharsis en général, ne lignifient que-, des vaistèaux de long cours , de grands vaistèaux oppo-,, fés aux barques & aux nacelles. >,
Cette explication , qu’il donne en dernier lieu, touchantles vaistèaux de Tharsis, n'est qu’une alternative qui lui aparu nécessaire pour concilier une feule Tharsis, où l’onalloit par la Méditerranée , avec le passage des Paralipo-ménes. Cette conciliation est inutile, Sc par conséquentl’alternative qui n’a d’autre fondement que cela , devientaussi inutile. Il n’est pas encore tems de le démontrer.
Sentiment da pere Bonfrerius.
Le pere Bonfrerius , savant jésuite , qiti a éclairci quan-tité de difficultés de la géographie des livres sacres, avoueque la question touchant Tharsis est très-obfcure. " Bien des-- gens j dit-il, ont été fort en peine de dire où elle étoit ,
„ principalement à cauíe que dans les endroits de récriture» où il est parlé de Tharíîs dans le texte hébreu C>ìcnn ,la vulgate Sc les Septante retiennent quelquefois ce mot,
” Sc quelquefois l’expriment par Carthage ou par le mot de„ Mer. Joleph l’explique de la mer de Tharfe Tharficum5, mare , ou par le pays de Tharíe ; d’atitres l’entendent» d’une contrée dans les Indes. Pineda, dans son grand ou-» vrage sur Salomon, prétend que c’est Tartestus en Espa-» gne. Certe diversité d’opinions est une preuve de l’obscu-« rité Sc de la difficulté. » Le pere Bonfrerius, après avoirrenvoyé son lecteur a son commentaire fur récriture ,Genese , chapitre io, v. 4, & fait espérer un plus grandéclaircistement dans son travail fur le III liv. des Rois ,ajoute : « Pour moi, je persiste encore à présent dans ce» sentiment, qu’il faut trouver une notion du mot Tharsis55 qui soit commune d tous les passiges de l’écriture sainte ;
55 de forte qu’on les y puiste tous rapporter. Et je crois que55 cefi celle-ci , que par ce nom on entende en général les55 lieux où il faut aller par mer, soit que ces lieux soient des55 istes ou des pays d’outre-mer , où l’on ne pourroit arriver» par terre fans un grand détour » Sc fans beaucoup d’in-», commodités. Il y a pourtant un lieu de récriture , ( J11-« dith, chap. 1 , vers. r ; , ) où il semble que les enfans de» Tharsis font nommés pour les habitans de Tharfe Sc les55 Ciliciens „.
Il est remarquable que Tharfenfes, les habitans de Thar-fe , & Mallota , les habitans de Mailos, en Cilicie , fontnommés ensemble en un même passage des Machabées ,liv. t , chap. 4, vers. 50. Contigit Tharfenfes s & Mallotasseiitionem movere ço quod Antiochi régis concubim dono ejfentdati. On ne peut pas douter qu’il ne soit là question deTharfe & de Mailos, villes voisines. Antiochus y vint d’a-bord , les soumit, Sc leur laissa pour son lieutenant, An-dronic. Cette remarque aura son usage si on regarde le pas-sage des Machabées comme une explication du pastàge deJudith. I5ne chose en quoi le pere Bonfrerius s’accorde avecHuet, c’est fa pensée sur la necestìte de trouver usse feuleTharsis , à laquelle conviennent tous les pastages de récri-ture où le nom se trouve employé. La duplicité de Tharsisieur déplaît à l’un & à l’autre, & je crois, comme eux ,qu’on doit l’éviter. « Il n’y avoir point de nécessité , dit55 Huet, de navigat. Salom. cap. ; - vers 1 z , de s’imaginer55 qu’il y eût deux Tharsis, comme a fait Joseph , qui pré-” tend que l’une étoit la ville de Tharfe de Cilicie, Sc” place l’autre dans les Indes ( J’ai déja fait voir que c’estHuet qui fe trompe, Sc que Joleph ne dit point cela , du
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moins aux endroits cités par Huet. ) « De même que» Théodoret, in Ezech. cap. 3 8 , vers. 13 fy in Jon. cap. 1,
55 in Psalm. 71 ,& Quasi. 36 ,in libr. Reg. qui place la pre-55 miere dans les Indes, Sc la seconde à Carthage. Saint Jé->5 rôme met au contraire la premiere à Carthage , la se-55 conde dans les Indes. Bochart du que l’une est à l’occidenc” dans l’Espagne , qui est celle où adorent les vaistèux qui55 partoient de Tyr , Sc 1 ’autre à l’orient dans les Indes, du» côté del’iíle de Taprobane , où les vaisseaux d’Asionga-55 ber abordoient. Ce qui a fait inventer cette opinion à ces» auteurs, c’est qu’ils ne pouvoient comprendre que des» vaistèaux partis de Joppé fur la mer Méditerranée, com-» me celui de Jonas &: d’autres partis d’Asiongaber fur la» mer Rouge, comme ceux de Salomon Sc d’Miram, ayenc» pu par des routes entierement opposées, arriver au même» pays de Tharsis. C’est encore ce qui avoir fait supposer à55 Bochart qu’il devoir y avoir deux Ophirs, ne pouvant au-» trement fe débarrasser de l’obscuriré Sc de la contradiction« apparente des livres saints
En ester, c’est cette prétendue contradiction qui a faitimaginer une Tharsis où l’on afloit par la mer Rouge.Huet croit la concilier par le système qu’il avance , Sc quenous rapporterons ci-après en son lieu. Il s’est appliqué àchercher uu lieu où l’on pût aller par la Méditerranée Scpar la mer Rouge, ce qui ne fe présentant qu’aux côtes oc-cidentales de l’Afrique , il íuppose que Bochart eût changéde sentiment, s’il eût fait attention que dès le tems de Salo-mon , on avoit commencé á doubler le cap qui esta l’extré-mité de l’Afrique, qui a été nommé depuis, cap de Bonne-Espérance , & quedès-lors on ne fe faifoit aucune peine defaire le tour de l’Asirique. Il emploie touc le quatrième cha-pitre de son livre à prouver que ce circuit avôic été fait vé-ritablement , en quoi il accuse juste ; mais. cette éruditiondevint inutile pour expliquer la Tharsis de récriture. Pourla trouver, il ne falloit pas faire une navigation si longue Scsi dangereuse. La Tharíîs des livres saints demande un lieuoù l’on alloit habituellement ; Sc quelques exemples singu-liers ne suffisent pas pour prouver que le tour de l’Afriquefût une chose ordinaire. Outre cela, cette navigation vio-lente n’est nécessaire que pour sauver le respect dû au pas-sage des Paralipoménes, Sc dès qu’on fait voir qu’il n’a’ pas besoin de cette explication, cette navigation est toute àpure perce.
Auteurs qui ont cherche' Tharsis dans la Méditerranée .
Tous les passages où il est parlé de Tharsis, à l’exceptionde deux, s’accordent très bien à chercher ce pays-lá dans laMéditerranée. Le troisième livre des Rois, le second desParalipoménes , chap. 9, les pfeaumes, Isaïe , Ezéchiel, Jo-nas , s’accommoderoient allez d une Tharsis, 011 située íurcette mer , ou placée quelque part ; de forte qu’en partantde Tyr, de Joppé , ou de quelque autre porc de la mêmecôte , on pouvoir arri ver à Tharsis, á proportion de l’étacoù pouvoir être alors la navigation. Le troisième livre desRois dit que la flotte d’Ophir s eqtiipoit á Asiongaber; maisil ne le dit pas de la flotte de Tharsis. Jonas s’embarque àJoppé , aujourd’hui Jassa, port de la Terre Sainte, íur laMéditerranée , Sc il fe met íur un vaisseau dont la destina-tion est póur Tharsis. Cela est clair, donc Tharsis est fur laMéditerranée, ou s’il est hors de cette mer, st ia fut traver-ser Sc en forcir pour arriver à Thârsis. Si la Tharsis ou alloitle vaistèau qui portoic Jonas avoit été dans les indes, feroit-il parti de Joppé ? Quel détour , long - périlleux & inutilen’auroic il point fait pour aller de là aux Indes. La mer Mé-diterranée renfermoit donc Tharsis, ou du moins en étoitle chemin ; mais si Tharsis étoit dans la mer Méditerranée,en quel lieu de cette mer faut-st chercher ce pays ? Est-ce enAfrique ? en Europe ou en Asie l Les íentimens font parta-gés. Je vais rapporter les principaux.
Le paraphraste chaldaïque croît que Tharsis est l’Afri-que, au troisième livre des Rois , chap. 10 , vers 11 , Sc au2.3 e chapitre d ilate , ou nous avons vu que les interprètesmettent Carthage pour Tharfis, ce qu’ils font encore fur le27 e chapitre d Ezechiel, j’entends les Septante ; car en cedernier endroit le paraphraste cité rend Tharsis par la mer,quoique fur Isaïe il eut adopté le mot de Carthage. Saint-Athanafe , Qu&fl. adAntioch. saint Cyrille ,lib. 5 , in Ifdi.ér in Jon. 1. Théodoret, in P film. 71 , in Ezech. 38 , fyin Jon. 1 , ont parlé de même.
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