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les voyages de ce pays-la ; ajoutez ce passage d’EufebeQœpïstç tQiQvi$íç , Tharsis ex quo Iberi j Tharsis dc quifont venus les Ibériens ou les Espagnols ; vous trouvez unefuite de convenances qui rendent moins étranges les di-veríes opinions qui placent Tharsis, ou dans la Méditerra-née ,ou au voisinage de cette mer.
Il ne faut qu une feule Tharsis, dira-t on , la plupartdes auteurs , dont j’ai rapporté le sentiment, le souhaitentainsi. Il est ailé de les satisfaire, pourvu qu’ils conviennentqu’il a pu arriver au nom de Tharsis la même choie qu’aumot Indes. C’étoit le nom particulier d’un fleuve ; eníuited’une contrée en deçà 8c au-delà du Gange , Lc encoreaujourd’hui le mot d’Indes est devenu commun à des paystrès-différens les uns des autres. Il peut en avoir été demême de Tharsis ; Tharfe 8c la Cilicie ont pu être lespremiers estais de la navigation phénicienne. Le nom deTharsis aura fans doute pris de-là son origine dans la languehébraïque. Si l’on a lu ce que nous avons dit à l’articleGré ce , on aura de la disposition à croire que ces mêmesHébreux , qui nommoient Javan les habitans de la Gréce ,à cause de Javan , pere des Ioniens , ont pu appellerTharsis la Cilicie & les Ciliciens descendus de Tharsis.
On a fait voir à l’article de Carthage , que vers le temsde Jofué , les Phéniciens étoient pallés en Afrique. Desvaisseaux, qui rafoient la côte de Phénicie , & ensuite cellede Cilicie , arrivoient aisément â l’ifle de Candie 8c auxautres isles, qui font au midi de la Morée , de-là , ils neperdoient point la vue des terres , pour cotoyer la Gréce ,la côte méridionale d’Itâlie 8c celle de Sicile , à la pointeoccidentale, de laquelle ils touchoient presque aux côtesd’Afrique , où étoit leur colonie de Carthage. De-là , ensuivant cette côte , ils trouvoient le détroit de Gibraltar.Je ne dis rien là qui ne soit conforme aux témoignages del’antiquité & à la plus faine géographie. Ce voyage deCilicie j de Carthage & du détroit, a pu être appelle levoyage de Tharsis, parce que Tharsis etoit le premierterme.
A 1 égard de Tharsis en Espagne, la difference qu il y aentre ce nom & celui de Tartejsus , ne doit point faire depeine ; car les Phéniciens peuvent avoir change le premierr c-n n, c’est-à-dire , l’j en t , comme on a dit 1 ’Aturie pour\' Assyrie > la Basanée pour le pays de Bas an peut-êtreaustì n’ont-ils rien changé à ce nom. Polybe rapportant lesconditions d’un traité fait entre les Romains 8c les Cartha-ginois , dit : Il ne íera point permis aux Romains de fairedes prifes*au-delà de Maftia 8c de Tarseium , ni d’y allertrafiquer , ni d’y bâtir des villes, Tarseium , selon
Etienne le géographe, est une ville auprès des Colonnesd’Hercule. Le nom de Tharsis est bien reconnoiflable encelui de Tbarseium. Austì Goropius , Hispan. /. 5 ; r. 7 ,Grotius, in IIl Reg. c. 10 , v. 2.8 , Pineda , de rébusSalom. I. 4 , c. 14 , Emmanuel Sa, in Paralip. L 2. , c. 9 ,V- 11 , 8c Bocharr, Phaleg. L 3 , c. 7 , & Chanaan , l. 1 ,c. 54 , n’ont-ils fait nulle difficulté d’assurer que c’étoit lemême nom & le même lieu.
Des marchandises que ton apportoit de Tharsis.
Après avoir rapporté Tharsis en fa place, malgré lesillusions de quelques critiques; voyons si l’on y trouvoit lesmarchandises, dont il est dit que la flotte de Tharsis fechargeoit en revenant. Ces marchandises étoient de Lar-geur en masse , ou en lame , la chryíolite , de 1 y voire ,des singes, des perroquets 8c des esclaves Ethiopiens, c’est-à-dire , des Nègres. Il n’y a nulle difficulté fur Largeur.Le pays où nous mettons Tharsis , c’est-à-dire , la Béthi-que -, en produifoit alors en abondance , comme on La vupar le témoignage d’Aristote & d’Hérodote. II n’y en a pasdavantage fur les chryfolites. Pline parlant de cette pierredit : Bocchus aucior est & in Hispania repertas quo in lococrystallum dic.it ad liberamentum aqUA puteis depreffìs eru -tam , chrysoliton XIÌ p on dú à se visant. Ce témoignage estbien suffisant. Un pays qui produifoit des chryfolites dupoids de douze livres , à douze onces la livre , comme étoitcelle des anciens, ne devoir pas être stérile de cette forte depierre.
Les Phéniciens a voient des établissemens au.delà dudétroit vers la Nigritie. Ils étoient fur les flottes de Salo-mon ; ils fa voient bien comment lui procurer de l’y voire ,des singes, des Nègres 8c des perroquets. La côte occiden-
tale d’Afrique ne manque point de tout cela, &iln’estpas nécessaire daller bien loin ,ni jusqu’au coin de laGuinée , pour en trouver ; encore moins de faire le toucde L Afrique. Les Phéniciens de la Bétique avoient foin defe fournir d’une marchandise, qu’ils voyoient que la flottecombinée de Elira m 8c de Salomon emporteroit avec plai-sir ; & le terme de trois ans , qui s’écouloit d’un voyage àl’autre , étoit bien assez long pour les amasser , au lieu oùla flotte abordoit, fans qu’elle eut la peine de les aller cher-cher ailleurs qu’à Tharsis.
M. Huet réfute ce sentiment de cette maniéré, aprèsavoir supposé que les vaisseaux destinés pour Tharsis dé-voient , chemin faisant, pafler par Ophir, il ajoute : " Il» est facile de juger, par ce qui vient d’être dit, combien» Bocharr, 8c ceux de qui il avoir adopté le sentiment, fe>, font trompés grossièrement en plaçant Tharsis dans la-> Bétique , puisqu’on ne fauroit prouver qu’elle produise„ aucune des marchandises que l’écriture dit que ces vais--, seaux apportèrent. Il leur feroit austì inutile de prétendre-, qu’il y avoir dans les villes de la Bétique des foires & des-- marchés, où,l’on pouvoit acheter ces fortes de mar-•„ chandifes que l’on y portoit des pays éloignés ; car il feroit-, ridicule de penser que les Israélites 8c les Phéniciens-, partis d’un port de 'la mer Rouge, enflent côtoyé les55 rivages de l’Afrique , fans s’y arrêter, pour aller en Es--, pagne chercher des marchandises que les Espagnols eux--, mêmes tiroient de l’Afrique. -, Ce ridicule n’est doncqu’au cas que ces vaisseaux de Tharsis partissent de la merRouge , doublastent le cap de Bonne-Espérance , & vins-sent â la Bétique par l’Océan le long de l’Ethiopie, de laGuinée, de la Nigritie, &c. jusqu’au détroit ; en ce cas, ilétoit plus naturel qu’ils pristènt eux-mêmes fur les lieux ,les singes , les Nègres 8c les perroquets ; mais ce tour dcl’Afrique n’étant qu’une chimère , le ridicule cesse, On nedoit pas s’étonner que les Israélites & les Phéniciens pris-sent dans la Betique des marchandises qu’ils n’avoient pastrouvées fur leur route, étant venus par la'Méditerrance.Il suffit qu’au premier voyage ils ay en t témoigné quelquegoût pour ces marchandises , pour en trouver en abon-dance au voyage suivant ; fans qu’ils fussent réduits à lesaller chercher eux-mêmes. Or, je dis que les vaisseaux deTharsis aboient par la Méditerranée. La prophétie deJonas 8c celle d’Ezéchiel le marquent. Ils ne partoientpoint d’Asiongaber ni de la mer Rouge, & les deux passa-ges dont on abuse pour le prouver ne le disent point. Onles a astèz examiné dans cet article, pour fe dispenser dele faire encore ici. Jonas ne veut point aller en orient oùest Ninive , il s’enfuit vers Tharsis à Loccident , cela estnaturel. Les marchands de Tharsis viennent aux foires deTyr , rien de plus facile à concevoir dès que Tharsis estdans la mer Méditerranée , ou près du détroit de Gi-braltar. Le passage de Judith ne fe peut expliquer de l’Afri-que occidentale. Eloloferne n’alla point de ce côté-là. LeReges ‘Tharsis & insulaàz David y vient austì mal. Rédui-sons à un petit nombre de propositions ce que nous avonstâché de faire voir dans cet article.
Il n’y avoit qu’une Tharsis proprement dite , que l’onconnût d’abord ; savoir Tharfe, & les environs connus en-íuite fous le nom de Cilicie.
Les Phéniciens, vers le tems de Jofué , ayant fait desétabliífemens en Afrique , leurs vaisseaux fréquentèrent leport de Carthage.
Cette navigation les mena peu à peu vers le détroit deGibraltar , 8c leur fit découvrir le pays de Tharsis en Es-pagne; c’est de cette Tharsis, du détroit, ou des environs ,que Salomon tiroir tant d’argent, d’y voire, 8cc.
La Tharsis d’Holoferne est la Tharsis de Cilicie & nepeut être l’Arabie. C’est austì celle du pfeaume , où il estparlé des rois de Tharsis 8c des illes.
Pour aller à Tharsis, on s’erobarquoit à Joppé commeJonas ,011 à Tyr, fur les vaisseaux des marchands dontparle Ezéchiel.
Les passages que l’on cite du livre des Rois 8c des Paralí-poménes , pour en conclure que la flotte de Tharsis partoitd’Asiongaber, ne le disent point, & il est plus naturel 8cplus raisonnable d’enrendre , dans les paroles même del'écriture, une distinction reelle entre ces deux flottes 8cces deux voyages , que de donner lieu à une contradictiondont on ne fait comment sortir.
THARSOUS, nom que les Arabes & les Turcs donnent
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