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Tome sixième. T - Z.
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difficilement, du propre aven de Xéuophon. D’ailleurs ,Epaminondas appréhendoit de s’attirer fur les bras tontesles forces du Péloponnése , Sc plus encore d’exciter la ja-lousie des Grecs, qui n’auroient pu lui pardonner d’avoirpour son coup d’essai détruit une si puissante république,Sc arraché, comme le disoit Pepsines , un œil à la Grece.Il se borna donc à la gloire d’avoir terrassé des superbes,cn qui le langage laconique redoubloit la fierté du com-mandement ; Sc de les avoir , ainsi que lui même s’envantoit, réduits à la nécessité d’allonger leurs monosyl-labes ; mais il perpétua le souvenir de sa victoire par unmonument de justice & d’humanité. Ce fut le rétablissi-ment de Messéne , dont il y avoir trois cents ans que lesLacédémoniens avoient chaste ou mis aux fers les habitans.Il rappelle de tous côtés les Messéniens épars , les remeten possission de leurs terres , qu’un long exil leur faifoitregarder comme étrangères , Sc forme de ces gens rasiem-blés une république, qui depuis l’honora toujours commeson second fondateur. Il n’en demeura pas là : ce grandhomme si retenu , si modéré pour lui-même, avoir une am-bition fans bornes pour fa patrie ; non content de savoirrendue supérieure par terre , il vouloir lui donner sur merune même supériorité ; sa mort renversa ce beau projetque lui seul pouvoir soutenir. U mourut entre les bras dela victoire à la bataille de Mantinée, Sc selon quelques-uns de la main de Gryllus, fils de Xenophon. Les Thé-bains , malgré la perte de leur héros , voulurent fe main-tenir où il les avoir placés ; mais , comme dit Justin , leurgloire naquit Sc mourut avec Epimanondas. ( a ) Spon ,Voyage de Gréce , t. 2 , p. 5 1. ( b ) De Toureil , Préfacehist, fur la I e . Philippjque , &c. p. 49. ( c ) Hérodote ,Lib.7,8 & 9. Xenophon , Hist.Gratc. lib.7. ( à )Ibid. Lib. 6 .

J’ai déja dit que Cadmus, fils d’Agénor, étoit tenu pourle premier fondateur de cette ville. Varron, dere Rufliqua ,lib.'i , cap. 1 , attribue la fondation au roi Ogigès. Quoiqu’il en loir, on dit aííèz communément que Cadmus bâtitcette ville , lorsqu’après avoir inutilement cherche Europefa sœur, enlevée par Jupiter, il n’osa plus retourner verston pere. Amphion, roi de Thébes, 1 entoura de murail-les , Sc persuada par son éloquence les peuples qui babi-toient la campagne Sc les rochers de venir habiter dans faville. Cela fit dire aux poètes qu’Amphion avoir bâti lesmurailles de Thébes au son de sa lyre , qui obligeoit lespierres à le suivre, & quelles venoient d'elles-mêmes feplacer où il falloir. Alexandre le Grand la fit raser. L'éloi-gnement de ce prince & un faux bruit de fa mort, avoientinspiré aux Thébains une audace qui les perdit. Ils égorgè-rent la garnison macédonienne qu’ils avoient dans leur ci-tadelle. L’attentat ne demeura pas long-tems impuni. Lejeune roi íutvint avec une telle diligence, qu’à son arrivéeles Thébains n’en peuvent croire leurs propres yeux, &«'aveuglent au point qu’à l’instigation de leurs chefs, ilsnégligent de profiter du tems qu’il leur donne de fe repen-tir. Alexandre attaque donc leur ville , qui ne lui coure quetrois jours de siège , la saccage, la détruit, massacre sixmilles de ses habitans, enchaîne ou vend le reste. Il y ena qui veulent qu’Alexandre ait traité si léverement les Thé-bains à la sollicitation de leurs voisins, avec qui ils avoienteu la guerre depuis long tems. Ce qu’il y a de constant,c’est que Thébes ne s’en est jamais bien pu relever. Stra-bon dit que de son tems elle étoit réduite à un village peuconsidérable. Ovide , par une expression poétique , ditqu’il n’en restoit que le nom. Paufanias , qui vivoit aprèseux, fait néanmoins mention de plusieurs statues, de tem-ples Sc de monumens qui y étoienr ; mais il seroit présen-tement bien difficile d’en pouvoir justifier quelque chose,la ville etant réduite à ce qui n etoit autrefois que la for-teresse nommée , nommée Cadmée, dont les murailles Scquelques tours carrées qui y restent font fort antiques. Elleest fur une éminence d’environ une lieue de tour. En y ar-rivant , dit Spon , nous passâmes un petit ruisseau qui coulele long des murailles ; & C e doit être la riviere d’ifmenus,que d’autres , avec plus de raison , n’appellent qu’unefontaine. Wheler, Voyage d’Athènes , t. 2, p 82 , aprèsavoir remarqué que Thébes owThiva esta; 8^ tz de la-titude , comme Vernon l’a observé , ajoute : Elle est entredeux petites rivières , l’une au levant & faurre au cou-chant. Je prendrois, poursuit-il, la premiere pour 1 ’lsme-nus , Sc la seconde pour Dirce : car je ne comprens pas cequi oblige Spon à être d une autre opinion ; puisque Pau-

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saniaî, après avoir décrit les côtés du nord & de l’est dc laporte Prœtida , vers la Chalcide, recommence à la porteNeitis , Sc après avoir remarqué quelques monumens quiy font, pastè cette riviere de Dirce , Sc va delà au templede Cabira Sc de Thespia, ce qui est au couchant de la ville.II ajoute que la riviere Ismenus est hors de la ville, à maindroite de la porte Homoldides , Sc paste proche d’une mon-tagne appellée aussi Ismenus ; ce qui ne répond point dutout au couchant, mais bien au levant. La figure de laforterestè est ovale ; & tout ce qui est renfermé dans lesmurailles est beaucoup mieux bâti & plus élevé que ce quel’on bâtit aujourd’hui dans le pays.On croit quelle a unelieue Sc demie de tour , Si qu’il y a trois ou quatre centshabitans. Les Turcs qui en font la moindre partie y ontdeux mosquées, Sc les chrétiens y ont plusieurs églises,dont la cathédrale s’appelle Panagia Chrjfaphoritaa. Onn’y volt rien de remarquable que quelques fragmens d’an-ciennes inscriptions parmi les carreaux du pavé. On trouvedeux kans dans cette ville. Au lieu de trois à quatre centshabitans, Spon en met trois à quatre mille , en y compre-nant les faux bourgs , dont le plus beau est celui de saintThéodore , où il y a une très-belle fontaine , qui vient d’unréservoir sur le chemin d’Athènes. C’est ce ruisièau queSpon prend pour le Dirce des anciens. * Spon , Voyage deGrece , t. z, p. 53.

On voit vers le chemin de Négrepont le lieu d’où l’ontire la matière dont on fait les pipes à fumer du tabac.Ceuxqui jugent qu’il y a de cette matière dans un endroit, enachetent le terroir du vayvode , Sc y font creuser à quinzeou vingt pieds de profondeur, & de la largeur d’un puitsordinaire. Ensuite ils y font descendre des gens qui tirentune terre fort blanche qui s’y trouve ; elle est molle commede la cire. On la travaille, ou fur le lieu même, ou dansles boutiques avec un couteau ; Sc ensuite on les façonneavec des fers, pour en faite des bottes de pipes à la turque,c’est-à-dire , fans manche , parce qu’on y ajoute de grandstuyaux de bois. Cette terre, ainsi figurée , «endurcit àl’air , fans la faire cuire ; & avec le tems elle devient aussidure que la pierre. La plus pesante est la meilleure Sc Umoins sujette à se casier. Les moindres fe vendent cinqaspres la piéce , & Jes plus belles neuf Sc dix. Les meil-leures & les moins fragiles font les plus grossis.

La notice épiscopale de Nilus Doxapatrius , appellscette ville Thebœ Gracia , Sc en fait une province ecclésias-tique avec trois évêchés quelle ne nomme point. Il paroîtpar la notice de l’empereur Andronic Paléoíogue le Vieux ,que Thébes étoit une métropole fous le patriarchar deConstantinople , Sc que du cinquante-septiéme rang ellepasià au soixante-neuvième. Dans la même notice , elle estcomptée parmi les villes qui avoient changé de nom, Bœo-tia , nunc Thebœ.

3. THEB/E , ville de la Macédoine , dans la Phthioti-de. Ptolomée, /. 3 , c. 13 , la nomme Thebœ-Pbthiotidis :elle est appellée Thebœ-Pbthiotidis , & Thebœ-Phthiotidespar Strabon, /. 9 , p. 431 & p. 434 ; Thebœ Phtbtœ , parPolybe , leg. 6 , & par Tite-Live, /. 32 , c. 33 , qui dansun autre endroit dit, Thebœ Phthioticœ, Sc Thebœ Theffalûtpar Pline , /. 28 , c. 7. Ptolomée, /. 4 , c. 8 , la place en-tre celle de Sperchia Sc l’embouchure du fleuve Sperchìus ;en quoi, dit Cellarius, geogr. ant. I. 2 , c. 1 3 , ou fauteurou ses copistes se font trompés ; car qui doute que la villeSperchia tiroir son nom du fleuve fur lequel elle étoitsituée ; au lieu que , si on s’en rapportoit à Ptolomée, elles’en trouveroit éloignée , puisqu’il met la ville de Thébesentre deux. Strabon la met au-dessins de la campagneappellée Crocius , Sc à cent stades de la ville d’Alos, & parconséquent vers les confins de la Pththiotide du côté duseptentrion. Quoi qu’il en soit, il est certain que cette villede Thébes étoit fur la côte de la mer, car ses habitans íeplaignent dans Tite-Live, l. 39 >/• M , de ce que Phi-lippe de Macédoine leur avoir oté leur commerce mariti-me. Ce même roi établit une colonie à Thébes, dont ilchangea le nom en celui de Philippopolis. * Polybius , 1 . 5 ,c. 100.

4. THEB-tE ou Theb^e Lucane, félon Pline > /. 3 ,c. 11, Sc ThebjS Italie , selon Etienne le géographe,ville d’Italie , dans la Lucanie. Elle ne fubsistoit plus dutems de Pline , qui dit que fa destruction étoit rapportéepar Caton , dans fes origines.

y THEBdè ou Jheb^ Corsic^e , nom que Pline, /. 4,