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Tome sixième. T - Z.
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T H U.

degrés de Téquateur. Agathamere a repete depuis la memechose , & Etienne le géographe, lib. i, extremo , ne donnepas non plus au-delà de vingt heures au jour le plus longdans Tisle de Thule. De-là , Cellarius, Geogr. ant. lib. z »cap. 4 , conclut que par l’isle de Thule , les anciens n’oncpoint entendu l’Islande , mais l’ísle de Schetland ou Hit-land , ou Tisle de Fero , dont la pofition s’accorde aveccelle que Ptolomée donne à Tisle de Thule. Le témoignagede Tacite , Agric. cap. io , confirme ce sentiment : car ildit qu’en navigeant autour- de la Grande Bretagne , onappercevoit Tisle de Thule : or, Tlflande est trop éloi-gnée. pour pouvoir être apperçue des côtes de la GrandeBretajjpe.

On ne fait pas non plus si par Thule les anciens ont en-tendu une isle d’une médiocre étendue , comme les isles deShetland ou de Fero , ou s’ils ont entendu la grande pénin-sule de Scandinavie , qui comprend la Suéde 8c la Nor-wege, 8c qui a été prise pour une isle par plufieurs auteurs.

Si on s’en rapporte á Procope, lib. ; , de bill. Gotb. c. 14 ,il n’y a point à balancer, Tisle de Thule aura une très-vasteétendue. Une partie des Eruliens , dit-il, vaincus par lesLombards, alla chercher une demeure jusqu’aux extrémi-tés de la terre. Ils traveríerent tout le pays des Sclavons, 8censuite une vaste solitude , qui est au-delà. Ils entrerentdans le pays des Varnes 8c dans le Danemarck , arrivè-rent á TOcéan, où ils s’embarquerent, & abordèrent à TisledeTHULE.

Cette isle , ajoute Procope , est dix fois plus grande quela Grande-Bretagne, & en est assez éloignée. Du côté duseptentrion, la plus grande partie est déserte. Celle qui esthabitée contient treize peuples, commandés par autant derois. Tous les ans , vers le solstice d’été, le soleil paroitquarante jours continus fur Thorizon : six mois après, leshabitans ont quarante jours de nuit, qui íont pour eux desjours de douleur & de tristeslè, parce qu’ils ne peuvententretenir aucun commerce. Jamais, poursuit Procope , jeifai pu aller dans cette isle , quoique je l’aye fort désiré,afin d’y voir de mes yeux ce que j’en ai appris. J’ai doncdemandé à ceux qui y avoient été comment le soleil s’yleve 8c s’y couche ; ils m’ont répondu que le soleil éclairel’isle durant quarante jours de fuite , tantôt du côté del’orient 8c tantôt de celui d’occident, 8c que quand le so-leil est retourné au même point de Thorizon, où il a com-mencé à paroître , Ton compte un jour révolu. Dans lasaison des quarante nuits , ils mesurent le te ms par les lu-nes ; quand il y en a trente-cinq d’écoulées , quelques-unsmontent íur les montagnes les plus élevées , 8c avertissentceux qui font en bas que dans cinq jours ils reverront lesoleil ; ils se réjouissent de cette heureuse nouvelle par lacélébration d’une fête, qu’ils solemnisent dans les ténèbres,avec plus de cérémonie qu’aucune autre. Quoique celaarrive chaque année, il semble néanmoins que les habitansde cette isle appréhendent que le soleil ne les abandonneentierement. Parmi les nations barbares qui habitent Tislede Thule , il n’y en a point de si sauvages que les Scritifi-f es j ils ne savent point l’usage des habits 8c des souliers ;ils ne boivent point de vin , & ne mangent rien de ce quela terre produit.- ils ne prennent pas auffi la peine de lacultiver ; mais les hommes & les femmes «'adonnent uni-quement à la chasse. Les forêts & les montagnes leur four-nissent du gibier en abondance : ils vivent de la chair desbêtes, 8c se couvrent de leurs peaux, qu’ils attachent avecdes nerfs, ne sçachant pas Tari découdre, Ilznourrissentleurs enfans de la moële des bêtes ,au lieu de les nourrir dulait de leurs meres. Quand une femme est accouchée , elleenvelope son enfant dans une peau, Tattache à une autrp ,lui met de la moële dans la bouche , & va auffi-tôt à lachaste , où les femmes ne «exercent pas moins que leshommes. Ces peuples adorent plusieurs dieux & plusieursgénies , dont ils disent que les uns habitent dans le ciel, lesautres dans Tair, les autres sur la terre & sur la mer , Scquelques petits dans les fleuves & dans les fontaines ; ilsoffrenc souvent des sacrifices Sc immolent toutes sortes devictimes ; mais ils croient que la plus excellente est le pre-^ier homme qu’ils prennent à la guerre , & qu’ils sacrifient? ^dars, se plus grand de tous leurs dieux. La forme de

e ur sacrifice n’est pas simplement de le tuer ; mais c’est de

e pendre à un arbre , ou de le rouler fur des épines , ou de

e aire périr par quelque autre genre de mort cruelle. DuSombre des habitans de cette isle font les Gaules, nation

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nombreuse, qui reçut les Eruliens, Iorsqu’ils s’y allerencétablir. Les Eruliens, qui demeuraient parmi les Romains,

8c qui avoient rué leur roi, envoyerent des plus considéra-bles >d’entr’eux à Tisle de Thule , pour vpir s’ils y trouve-raient quelqu’un qui fût de la famille royale : ces députésen trouvèrent plusieurs, entre lesquels ils en choisirent un ;mais comme il mourut en chemin , ils y retournèrent, &cen prirent un autre , qui se nommoit Todasius, & qui em-mena son frère nommé Aordus & deux cents jeunes hom-mes de Tisle.

Cette description de Tisle de Thule n’a aucun rapportavec Tlslande, mais bien avec la grande Scandinavie , 011avec une partie de cette contrée ; car , Pline , /. 4 , c. 6 ,semble séparer la Norwege de Thule. Sunt , dit-il, qui &altias ( insistas ) prodant Scandiam , Dumnatn , Bergos :maximum que omnium Nerigon ex quo in Thulen navigatur.Ortélius veut que Thule toit une partie de la Norwege ,que le nom se soit conservé dans celui de Tilemarckprovince de ce royaume. Ce qui le détermine principale-ment , c’est la convenance qui te trouve entre la latitude 8 cla longitude de Tilemarck , avec celles que Ptoloméedonne à Tisle de Thule.

1. THUMATHA , ville des Arabes , selon Pline , 6,c. 28 , qui la met sur le bord du Tigre : il dit qu’elle étoicéloignée de Petra de dix journées de navigation, 8 c qu’elleobéiííòit au roi des Characéniens.

z. THUM ATHA, ville de T Arabie heureuse. Ptolo-mée , /. 6, c. 7 , la marque dans les terres , entre Chabuata8 c Olaphia. Cette ville semble être différente de la Thum a-tha de Pline.

THUMELITHA , ville de la Libye intérieure. Elle estcomptée par Ptolomée , 1. 4 , c. 6 , au nombre des villes quiétoient aux environs de la source du fleuve Cinyphis.

THUMLESCH , vallée des Grisons , dans la ligneCadée.

THUMNA , ville de T Arabie heureuse. Ptolomée,l. 6 ,c. 7 , connoît deux villes de ce nom dans le mêmepays , & toutes deux dans les terres : il place Tune entreMochura 8 c Aluare , 8 c l’autre entre Manama 8 c Vodona.VoyezTAMNA.

THUN ou Thoun. Voyez Thoun.

THUNATAL, peuple de la Dardanie, en Europe, selonStrabon , 7 , p. 3 1 G , qui dit qu’ils étoient du côté de

Torient, limitrophes des Médes , peuples de Thrace.

THUNICATES , peuples de la Vindeiicie , dans lapartie la plus septentrionale de cette contrée. C’est Aven-tinus qui lit 'Tbunicates dans Ptolomée , /. 1, c. 13 ; car lesdifférentes éditions de cet ancien géographe portent Rhu-nicatœ. Schudus prétend que ce font les Virucinates dePline. Ces peuples , selon Aventinus , habicoient le cantonde la Bavière appellé présentement Im Thunca.

THUNGEN-IM-KLATTGOW , petite ville & châteaud’Allemagne , dans la Suabe, appartenante aux comtes deSuítz. Elle est située fur la riviere Wutach , á deux lieues8 c demie de Schaffhaufen. Cet endroit étoit autrefois auxbarons de Krenckingen, dont un de la famille , lorsqueFrédéric paslà par cette ville , ne voulut pas se lever de tonsiège devant Tempereur, parce qu’il ne polfédoit aucuneterre en fief ; sur quoi Tempereur lui accorda le privilège depouvoir battre monnoie. L’an 1499 , dans la g uerr ® ,Suabe , les Suisses prirent cette ville , la saccagèrent 8 c labrûlèrent. Le territoire de Klattgow, dans lequel est situescette ville, s’étend de la ville de Schaffhaufen le long duRhin, Tespace de quatre lieues, jusqu’á la riviere Wutach ,vers la ville de Waldshut. C’est un beau pays, abondant envin, bled 8 c fruits. II y entre des rivières 8 c u n en fortpoint. * Zeyler , Topogr. Sueviœ , p. 74*

THUNNI. Voyez Unni 8 c Torche.

THUNUBA. Voyez Thorunuba.

THUNUDROMUM, ville de T Afrique propre, avectitre de colonie. Ptolomee, l. 4 , c. 3 , la place dans lanouvelle Numidie , entre Culcua colonta 8 c Aspucca. C’estk même ville qui est nommée Tjntdrumenfe oppidum parPline 4-

THUNUSDA , ville de TAfrique propre. Ptolomee ,/. 4 , c. }:, k marque entre Tebesca 8 c Madurus. Les édi-tions latines portent Thumusda pour Tbunusda. C est leThtmufidenfe oppidum de Pline , /. 5 , c. 4.

THUPffi ou Thupp^e , ville de la Libye intérieure ,selon lseolomée, /. 4, c. 6 , qui la marque sur la rive méri-Tme V. Z z z z z