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Tome sixième. T - Z.
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abbé de S. Germain des Prés, Sc en I’an 1240 fur ce quifut représenté au légat Jacques, évêque de Paleílrine , queles revenus de Finsirmerie de cette abbaye étoient fort di-minués , il ordonna que ceux de Tiverni feroient affectésau soulagement des malades. * Histoire de l’abbaye de saintGermain.

1. TIVOLI, en latin Tibnr , ville d’Italie , dans la Cam-pagne de Rome, à seize milles de la ville de ce nom , ádouze de Frascati, & à pareille distance de Palestrine.Cette ville est située fur le sommet applati d’une montagne,tout auprès des hautes montagnes qui séparent la Sabinede l’Abruzze. Cette ville est plus ancienne que Rome, &étoic très-célébre par ses richesses, íòn commerce & sesforces ; ses peuples étoient fiers & redoutables à leurs voi-sins. On l’appelloit communément Tibur la superbe , Su-ferbum Tibur,Sc on conserve encore aujourd’hui cette de-vise autour des armes Sc du sceau de la ville. Dès Fan 400de Rome, elle fut soumise par Camille; sa situation qui luidonne un air frais, sain, & la plus belle vue du monde , en-• gagea les Romains d’y bâtir un grand nombre de maisons deplaisance, dont on voit encore bien des restes. La plus.belle, la plus grande & la plus fameuse étoit celle de l’em-pereur Adrien. On appelle encore aujourd’hui le lieu oùelle étoit villa Adriant. Entre quantité de restes qu’on ytrouve fous terre, on admire la hauteur & la solidité desvoûtes qui ont résisté au tems. Elles font couvertes de ter-res labourables Sc labourées. Toutes ces voûtes font enplein ceintre, il y a, en bien des endroits, des restes de petitscarreaux vernissés, dont les murs étoient incrustés. On voiedans d’autres des carrés plus grands, qui probablementétoient garnis de marbre. Voyez Farticle suivantvEn ap-prochant de Tivoli, on pâlie sur un pont appelle Ponte -Lucano , où il y a un beau mausolée avec deux ou troisgrandes inscriptions de Plautius Sylvanus consul Romain,l’un des sept intendans du banquet des Dieux, & à qui lesénat avoit accordé le triomphe pour les belles actions qu’ilavoir faites dans Flilyrie. On voit aussi dans la ville quel-ques inscriptions & quelques masures. Dans la place il y adeux statues parfaitement belles, d'un beau marbre graniterougeâtre, moucheté de grostes taches noires, & dont ilne se trouve guère ailleurs de semblable. Elles représen-tent routes deux la déeíîe Isis adorée dans FEgypre, d’oùl’empereur Adrien les avoit apparemment fait venir pourservir d’ornement à sa maison de plaisance deTivoli. Tivoliest à présent une ville médiocre , mal percée : les ruesfont fort inégales , hautes Sc bossues , toutes mal pavées,sales, incommodes. Les maisons bourgeoises n'ont nibeauté , ni commodité ; mais il y a un petit nombre demaisons à porte cochere appartenantes à des personnes ri-ches de Rome, qui ont quelque apparence. La ville est astèzpeuplée , par ce que la riviere de Teveronne a donné lieu<Fy faire des moulins à papier, à valonnée, à cuivre, à forer& blanchir les canons de fusil,à fouler les étoffes.On y com-pte sept églises paroissiales , une église cathédrale, plusieurscou vens de religieux & de religieuses, deux hôpitaux , uncollège de jésuites , un séminaire , un temple de la sibylleTiburtine, Sc une forteresse qui consiste en un donjon car-re , renfermé en quatre tours rondes. L’évêché de cetteville est de deux mille écus romains de revenu. Il est aísezsouvent rempli par des cardinaux auxquels le pape donne«les bénéfices, s’ils n’ont pas un patrimoine suffisant. Lechapitre est composé de seize chanoines , dont les prében-des se ressentent de la pauvreté de la man se épiscopale. 11 ya outre cela quelques bénéficiers Sc une musique entretenue.L'église cathédrale est dédiée à saint Laurent. Le tableau dugrand-autel représente ce saint étendu sur le gril. Lest unouvrage d'un éleve d’Annibal Carache , que l’on estimea .'j ec beaucoup de raison. Cette église n’est pas fort grande :o le n a point de bas côtés ; mais seulement quatre chapelles? c haque côté, Sc un vestibule soutenu de colonnes depierres qui lui sert d’cntrée ; elle est sort propre & astèzoenee. Le chœur des chanoines est derrière Fautel qui est àa romaine , de maniéré que ce tableau de saint Laurent,est p as directement fur Fautel ; mais dans le fond duo C’est le cardinal Roma, alors évêque de Tivoli,fl* . a .faic bâtir, qui Fa ornée, & qui a fait faire lesuív 10 ^’ * L abat , Voyage d’Itaíie , t. ; , p. ffç

en ^ aCasc . a d e de Tivoli est ce qui attire le plus de curieux

cette ville. C’est une chute précipitée de la riviere appel-

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lée autrefois Lanitis ou Lanio , Sc â présent Teverone, doncle lit, d’une largeur astez médiocre, fe rétrécit en cet en-droit de maniéré, qu’il n’a qu’environ quarante à quarante-cinq pieds de large. L’eau de ce fleuve est claire, nette Scpure , quand il ne pleut point ; mais pour peu qu'il tombede la pluie, elle fe charge de beaucoup de limon Sc debourbe qui l’épaistit, la trouble Sc la rend malsaine. Sapremiere chute ou cascade est environ à dix toises au-destùsdu pont, elle peut avoir cent quarante à cent cinquantepieds de hauteur. Le rocher qui sert de lit à la riviere, Scd’où elle tombe en nappe, est coupé à plomb comme unmur ; elle se précipite fur des rochers inégaux, divisés enplusieurs pointes qui laistènt entr’elles des vuides, & commedes chemins tortus Si raboteux fort en pente , où l’eau fepartage en une infinité de parcelles , comme une pluie dé-liée , fur laquelle le soleil dardant sos rayons , fait paroîtreune espèce d’arc en ciel à ceux qui sont dans une cer-taine situation. Il y a une autre chute ou cascade au des-sous du pont moins considérable que la premiere, & unetroisième encore plus petite ; la riviere semble se cachertout-à-fait sous terre entre la seconde Sc la troisième chute.* Labat, Voyage d’Italie , t. 3 , p. 137 Sisuiv. t. 4, p. 1 Scsuiv.

On voit à la gauche de la riviere, sur une hauteur unpeu au delsous du pont, les restes d’un petit temple rond ,que le vulgaire croit avoir été le lieu de dévotion de lasibylle Tiburtine; des arcades qui font en partie fous cetemple , & en partie creusées dans le rocher , pastènr poucles appartemens de cette prophétestè. Le temple étoit pe-tit, rond , d’ordre corinthien : ce qui en reste fait connoîtreque l’architecture étoit très-correcte ; la porte est encoreentiere. Il y en a pourtant qui veulent que ce temple ait étédédié à Hercule , à cause d’une inscription qui s’est trouvéedans cette ville , Sc qui est consacrée à un Hercule Saxanus,c’est-à-dire, un Hercule du rocher, parce que son tem-ple étoit fur le roc. Avant que la riviere se précipite Scqu’elle faste fa premiere chute , on en a tiré par des rigollesl’eau qui est nécestaire pour les besoins de la ville, Sc pourles distérens moulins qui sont aux environs ; le premier estune forge où l’on travaille le fer & le cuivre.

Toute la montagne de Tivoli qui regarde la mer, !acampagne & la ville de Rome, est couverte de beaux vesti-ges d’antiquité On remarque encore fur le chemin, entreles oliviers, plusieurs entrées de canaux, dont la montagneavoit été percée avec un travail inoui, pour porter auxmaisons l’eau de fontaine qu’on recueilloit du côté de Su-biaco, Sc même beaucoup plus loin, comme il est aisé de leconjecturer par les restes des aqueducs qui sont encore furpied ; il y a des canaux creusés dans la montagne , qui ontprès de cinq pieds de hauteur fur trois de largeur. Les jar-dins aussi-bien que les palais, que le cardinal Hippolyred’Est fit faire, avec une dépense exorbitante dans le sei-ziéme siécle â Tivoli , y attiroient autrefois les étrangerscurieux, mais ils ne méritent plus guères qu’on se donne lapeine de les aller voir. Ces jardins font íur le penchant dela montagne , partagés en trois ou quatre terrasses. On des-cend de l’une á l’autre par des escaliers ou par des routes enpente douce de différentes figures, soutenues par des murs,qui étoient dans le tems passé ornés de statues Sc de vases.Dans les parteres il y a quantité de fontaines, de jets d’eau ,des girandoles, qui diminuenr pourtant tous les jours fainede réparations. Dans le palais qui est fur la hauteur, il n’yreste à voir que quelques peintures à fresque. Ce bâtimentSc les jardins se ressentent infiniment de I absence du ducde Modène.

Il est peu de lieux au monde ou I on trouve aussi aisé-ment, & en si grande abondance, toutes sortes de maté-riaux pour bâtir. La pierre ^pp eueeTravertine ou Traver-tin, Sc qu’on devroit appeller Tiburtine, se trouve partout le territoire de Tivoli, dans la plaine comme dansles montagnes, de telle groíletir &. de telle longueur qu’onen a besoin. Il suffit de découvrir la terre , on la rencon-tre à six à sept pieds, il n y a qu'à suivre les veines. L églisede S. Pierre en est bâtie entieremènt, & tout ce qu’il ya d’édifices de pierre de raille à Rome. Cette pierre estdure, on ne la peut travailler qu’à la pointe dn ciseau & àla masse de fer; elle a le grain fin, elle est compacte Scpesante, point du tout sujette à se délier, elle est capablede toutes sortes de poids ; l’air ne la ronge jamais, il fautpourtant faite choix des lieux d’où on la tire ; car il s’enTome F. DDdddd