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selon qu ils croient avoir raison de s’en louer ou de s euplaindre. Ils n’onc point d’autres prêtres que quelquesschammans , qu’ils consultent plutôt comme des sorciers,que comme des prêtres ; ils exposent leurs morts fur desarbres, jusqu'à ce qu’ils soient tout pourris , après quoi ilsen enterrent les os du côté de l’orient ; ils se font toutesfortes de marques noires dans le visage 8c sur les mains,ce qui sert d’embellistèment aux femmes 8c aux hommesde nom. Les Olennì Toungoufì vivent pareillement de lachaste 8c de la pêche ; mais ils nourrissent en même te msdes bestiaux , & s’habillent, tant en été qu en hiver, depeaux de brebis , ou de jeunes daims ; ils portent leurscheveux comme les autres Toungoufì , dont on vient deparler, & se servent de bonnets de peaux de renard,qu’ils peuvent abattre à l’eniour du cou lorsqu’il fait froid.Lorsqu’ils font un ferment, ils prennent un chien , le cou-chent à terre , lui enfoncent un couteau dans le ventre , fous2e pied gauche de devant, & lui sucent, par cette ouverture,tout le sang. Ils croient que ce sang suíïbqueroit, à i’ins-canc, celui qui feroìt un parjure. Les Conni Toungoufì fontles moins barbares de tous ces peuples , ils fe nourrissentquasi tous de leur bétail, 6c s’habillent à peu près commeies Moungales , ausquels ils ressemblent beaucoup en rou-tes choses. Ils coupent leurs cheveux à la façon des Call-moucks & des Moungales , 8c se servent des mêmesarmes qu’eux , au sabre près, dont ils n’pnt point Tissagejusqu’ici. Us ne cultivent point de terres , mais au lieu depain, ils se servent des oignons de lis jaunes, qui crois-sent en grande quantité en ces quartiers , dont ils saventfaire une lotte de farine , après les avoir séchés, & decette farine, ils préparent une bouillie , qu’ils trouventdélicieuse ; ils mangent auffi , bien souvent, les oignons ,lorsqu’ils font bien séchés, fans en faire de la farine. Ilsfont bons hommes de cheval , & leurs femmes 8c leursfilles montent aussi-bien â cheval queux mêmes, & nesortent jamais fans être bien armées ; auffi ont-elies la ré-putation de se servir fort bien de leurs armes. Tous lesToungouses en général font extrêmement braves 8c robus-tes ; ils habitent tous dans des butes ou maisons mouvan-tes ; leur religion est à peu près la même par-tout, & ilsprennent tous autant de femmes qu’ils en peuvent entre-tenir. Il n’y a qu’un petit nombre des Conni Toungoufì quiobéit à la Chine, roue le reste de ce peuple est íous Tobéis-sance de la Ruíïïe , qui en rire les plus belles pelleteries quiviennent de la Sibérie. * Histoire généalogique des Tatars ,p. 345 &fuiv.
TONGRES, eu flamand Tongeren , ville d’Allemagne,dans Tévêché , ou la principauté de Liège, au pays ap-pellé la Halbaye. Elle a été autrefois la capitale d’un foregrand pays , 8c éroit déja célébré du rems de Jules-Cefar :on Tappeíloic alors Aduatuca. Les Tongriens, ayant occupéle territoire des Eburons, ne changèrent point le nomde la capitale ; de forte que Ptolomée met Atuacmtim ,ou plutôt Atuatucum , pour la capitale des Tongriens : furla fin du quatrième siécle . 8c dans le cinquième , on re-trancha une syllabe de ce nom , de sorte que Titinéraircd’Antonio marque Aduaco -Tongrorum , & la carte dePeutinger Atuaca. Ce nom fut, par la fuite, aboli en-tieremenc , & on lui substitua celui du peuple Tungri.Cette ville n’a jamais pu réparer le dommage que lui causaAttila , & elle n’a été depuis qu’une ville médiocre. LesFrançois s'en saisirent en 1672. , afin qu’elle leur servird'entrepôt, pour aller de France en Hollande ; mais aprèsqu’ils eurent pris Mastrichc, en 167;, ils abandonnèrentTongres, qui leur étoit devenue inutile, & la démante-lèrent , de forte que ce n’est plus qu un gros bourg , oùil y a une très-ancienne égide collégiale dediee à la sainteVierge. Tongres est située íur la rivière de Jars, appelléeen flamand Jecker, & en latin Jecora : elle se déchargedans la Meuse à Màstricht. Tongres appartenoit , il y après de huit cents ans, à levêque de Liège & à son église.Otton II, dans fa patente de 981 , met Tongres au nom-bre des principaux biens de Téglisc de saint Lambert »inter atpitalifìimas pojfejfìones , comme on le peut voir dans .Thistoire du chanoine Anselme. * Longuerue , Descr. de laFrance , part. 2, p- 1 r6.
Guichardin , description àu Brabant , p. z 13 , dit queTongres est la premiere ville de toute la France & de2’Allemagne , qui fut convertie à la foi chrétienne : il enîaet l'époque à Tan 101, Ôc dit que l’évangile y fut prêché
TON
par S. Materne, qui y mourut en 133. On le compte pourpremier évêque de Tongres. Saint Servais , qui en fut leneuvième évêque, transporta le siège épiscopal à Mas-trichc , d’où le faine évêque Hubert le transféra à Liège.
TONGUE , petite rivière de France , dans le Langue-doc : elle passe à Gabian , à Ponfoule, & se rend dans larivière d’Erault, à Saint-Thibery.
TONGUSES ouTongusi , peuples de la grande Tar-tarie , à l’orient des Ostiakes , font fort vites à la course ,vont tout nuds pendant Tété, 8c mènent une vie miséra-ble. Ils n’enterrent point leurs morts , mais ils les pendentà de grands arbres : ils n’ont point d’habitation fixe, &ils errent d’un lieu à l’autre : ils se défigurent le visage ,en se cousant les joues avec du fil noir , pendant leurjeunestè, 8c ils retirent le fil, qui leur laistè des points noirsfur le visage : ils ne connoiflent point de Dieu ni de pro-vidence.
TONI, étang de TEspagneTarragonnoise, selon Avie-nus, cité par Ortélius, qui dit que le même auteur faitmention d’un rocher aux environs des Pyrénées, & qu’ilnomme Tonita-rupes.
TONICA, entrepôt d’Afrique, dans 1 c golfe de Bar-barie , selon Ptolomée, /. 4, c. 7 , qui le marque entre lepromontoire de Sérapion & Tembouchure du fleuveRaptutn. Dans un autre endroit, Ptolomée , /. 1 , c. 17,aulieu de Tonica , écrit Nici. C’est le Niconis-Dromusqu’Arrien , p. 9 , dans son périple de la mer Rouge, mar-que après le Serapionis-Dromus. Le nom moderne est Za-zella , selon Ortélius , qui cite Stuckius.
TONICAS, peuples de T Amérique septentrionale, dansla nouvelle France : ils habitent le long du Miffiffipi.
TONIHABA , petite iste dune demi-lieue de long,dans le fleuve Saint-Laurent, à treize lieues au-dessousdu Cataroconi, ou fort Frontenac. En 1721 , elle étoithabitée par un sauvage Iroquois, à qui le comte de Fron-tenac Tavoit concédée, & qui y avoir astèmblé dix-huitou vingt familles de fa nation , qui y cultivoient la ter-re , laquelle est aííèz fertile. * Journal du pere de Char -levoìx,
TONINS. Voyez Tonneins.
TONITA. Voyez Toni.
TONKAT. Voyez Toncat.
TONKOUA, lieu de Tempire des Abiffins,où quel-ques-uns mettent Torigine du Nil. Ce lieu est dans le paysdes Agous, peuples de la partie occidentale du royaumede Goiam. * Corneille , Dictionnaire. Bernier , Histoire duMogol.
TONNA, seigneurie d’Allemagne, dans la Thuringe.Cette seigneurie renferme deux petites villes , dont Tuneest appellée Burg-Tonna , & Tautre Graffin-Tonna ;elles íont situées à un quart de mille Tune de Tautre ,proche de Langenfalza 8c d’Unstrult, à trois milles d’Er-furt, & à deux milles de Gotha. A Burg-Tonna , il y aune commanderie de Tordre teutonique. En 1558 , le17 & le 18 de mai,une tempête inonda tellement cettecontrée, qu’il y eut plus de quarante - six personnes denoyées, & entr autres , un enfant fut emporté par Teau ,avec son berceau, sur un pommier , où on le trouva en-core vivant trois jours après, du moins c’est ce que ditJean B auge dans la chronique de Thuringe. A Graffin-Tonna, il y a un château , avec des fossés & un pontlevis , qui étoit autrefois la résidence des comtes de Glei-chen. Cette famille étant éteinte , Chrétien Schenk , sei-gneur de Tautenberg , Frauen-Priesniz. & Nidern , Treba ,hérita de cette seigneurie ; mais étant auffi décédé .fanshéritiers, en 1640 , elle retourna, en qualité de fief ca-duc , au duc de Saxe-Weimar. En 1375, Frédéric , land-grave de Thuringe, ravagea cette contrée, & en 1631 ,le général Tilly pilla le château 8c la ville de Grafïin-Tonna, qui étoit Je douaire d’une comreste de Gleichen.
* Zeyler , Top. Saxon. p. 181.
TONNAY-BOUTONNE, en latin Tbalnayum , villede France , dans la Saintonge , an diocèse de Saintes,élection de Saint-Jean d’Angely. Cette ville est située furla rivière de Boutonne , à trois lieues de Saint - Jeand'Angely à l’occident, & à trois lieues à Toriem de Ton-nay-Charence.
TONNAY-CHARENTE , en latin Talniacum , Tau-niacutn , Tbalnayum , ville de France , dans la Saintonge ,diocèse de Saintes, élection de Saint-Jean d’Angeli, fut